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    Pensées pour nous-mêmes:

    (LES ETOILES QUI CLIGNOTENT
    SONT LES ÂMES DE TES PROCHES
    QUI CONTINUENT A T'AIMER)

    ***
    (Prince moderne tentant, par un baiser, de réveiller
    sa dulcinée figée par une méchante sorcière)


    Kaj Peters

    ***

    "Maman, je t'en supplie, ne va pas travailler
    ce dimanche... J'ai trop besoin de toi!"


    Jamais le dimanche ? 
    Xavier Timbeau

       (...) Dans le film culte de Jules Dassin, Ilya, prostituée œuvrant sur le port d’Athènes ne travaillait jamais le dimanche. Aujourd’hui, d’après l’Enquête emploi, près d’un tiers des salariés français déclarent travailler le dimanche occasionnellement et près d’un Français actif sur 6 le fait régulièrement. Comme dans la plupart des pays, le travail du dimanche est encadré par des législations complexes et contraignantes (voir ici), limité à certains secteurs (en France, le commerce alimentaire, les métiers de l’hôtellerie et de la restauration, l’industrie à feu continu, les services de santé ou de sécurité, les transports, à certaines zones (touristiques) ou soumis à une autorisation municipale ou préfectorale pour un nombre limité de jours dans l’année. Régulièrement cette législation plus que centenaire, mais déjà largement amendée aux réalités et aux nécessités de l’époque, est remise en cause.

       Pour les promoteurs du travail du dimanche, plus d’activité, plus d’emplois et plus de bien-être sont à attendre. L’expérience du terrain indique que le chiffre d’affaire augmente pour les enseignes qui ouvrent le dimanche. Conforama, Ikéa, Leroy Merlin ou les commerçants de la zone Plan de Campagne dans les Bouches du Rhône sont unanimes. Jusqu’à 25% de leur chiffre d’affaire serait ainsi réalisé le dimanche, un peu moins que le samedi. Pour ces commerces, on pourrait donc conclure qu’ouvrir le dimanche procurerait un gain substantiel d’activité. Qui dit activité dit emploi, et comme les gains pour des consommateurs qui arrivent à des magasins moins fréquentés par des routes moins embouteillées sont également importants, on aurait là une mesure « gagnant-gagnant » que quelques « archéos » combattraient pour le principe.

       Il faut pourtant refroidir les illusions de ces commerçants. Ouvrir un jour de plus apporte plus d’activité uniquement si les concurrents sont fermés au même moment. Il en va pour les meubles, les livres, les CD ou les vêtements comme pour les baguettes. Si tous les magasins qui vendent des meubles ou de l’électroménager sont ouverts tous les jours de la semaine, ils vendront autant que s’ils sont ouverts 6 jours par semaine. Si un seul d’entre eux est ouvert le dimanche et ses concurrents sont fermés, alors il capte une part importante du marché. Les achats de machines à laver, téléviseurs ou meubles sont plus faciles à faire le dimanche que les jours de la semaine. Celui qui ouvre en solitaire en profite largement. Mais au bout du compte, les consommateurs achètent des chambres d’enfants en fonction du nombre de leurs enfants, de leur âge ou de la taille de leur logement. Ils n’achètent pas davantage parce qu’ils peuvent faire leurs emplettes le dimanche. Ce sera leur revenu qui aura le dernier mot.

       A la marge, il est possible que l’on vende un peu plus de livres ou de meubles, achetés impulsivement le dimanche, si les grandes surfaces spécialisées dans ces articles sont ouvertes. Mais les budgets des consommateurs n’étant pas extensibles, les dépenses faites ici seront compensées par des dépenses réduites ailleurs. Année après année, de nouveaux produits, de nouveaux motifs de dépense, de nouvelles stimulations commerciales ou de nouvelles formes de distribution émergent. Ces bouleversements ne modifient pas les contraintes ou les choix des consommateurs.

       Dans le cas du commerce aux touristes étrangers, de passage sur notre territoire, l’ouverture le dimanche peut jouer en accroissant les ventes. Les touristes dépenseront moins dans un autre pays ou de retour chez eux. Cet effet positif est largement pris en compte par les dérogations existantes.

       En 2003, la législation allemande qui encadrait strictement les plages d’ouverture du commerce de détail a été assouplie. Cela n’a rien changé dans la consommation ou l’épargne des Allemands. La valeur ajoutée, l’emploi ou la masse salariale du commerce de détail sont restés sur une trajectoire identique. Ouvrir plus longtemps ne fait pas consommer plus.

       La question de l’ouverture du dimanche est une question de temps sociaux et de leur synchronisation, de confort du consommateur et de liberté réelle du salarié dans ses choix d’activité. Le travail du dimanche concerne de nombreux actifs, son extension est un choix de société, pas une affaire d’efficacité économique.

       Enfin, la complexité de la législation sur l’ouverture le dimanche et son instabilité permettent aux acteurs économiques des stratégies de contournement. Par exemple, Louis Vuitton, pour pouvoir ouvrir le dimanche, a installé une librairie (de voyage !) au 5e étage de son magasin des Champs Elysées (les autres magasins parisiens de Louis Vuitton sont fermés le dimanche). Par cette habileté, vendre des sacs de luxe est une activité culturelle. Des grandes surfaces alimentaires (et donc qui peuvent ouvrir le dimanche matin), vendent du textile ou de l’électroménager, justifiant d’autres détournements par des commerces non alimentaires qui y voient une concurrence déloyale. Ces contournements rendent la législation injuste et faussent le jeu concurrentiel en le doublant d’un bluff juridique.

       Toute modification de la législation devrait poursuivre l’objectif de la clarification et non introduire de nouvelles brèches (comme l’amendement récent (12/2007) à la loi Chatel du 3 janvier 2008 étendant au commerce de détail de meubles les dérogations antérieures).

       Homère, Américain cultivé en voyage à Athènes, entrepris d’extraire Ilya de sa vile condition en l’initiant aux arts et aux lettres. Mais Homère agissait pour le compte d’un proxénète du port d’Athènes qui voulait mettre un terme à l’influence subversive d’Ilya-la-libre sur les autres prostituées. Lorsqu’Ilya l’apprit, elle retourna à son commerce : se donner pour de l’argent. Sa dignité était de ne jamais le faire le dimanche. (...)

    * NDLR : Ce texte a été publié une première fois le 10 juin 2008 sur le site de l’OFCE dans la rubrique « Clair & net » lorsque la question du travail le dimanche était un sujet d’actualité brûlant. De nouveau objet de débats, il nous a semblé que le texte de Xavier Timbeau n’avait pas perdu de sa pertinence, c’est pourquoi nous le republions.


    ***

    "Vous avez vu? La porte est ouverte et on voit tout
    de Monty le Baraqué!
    - Encore un légende qui fiche le camp...
    - Ahahaha"


    Colby College Mountain Day c.1940s
    ***
    Benoît Barvin

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    Pensées pour nous-mêmes:

    (L'ACTION N'A PAS DE SENTIMENT)


    ***
    Long Texte au long cours (2/4). 
    Blanche Baptiste


       La jeune Lucie, lors de joyeuses vendanges, aime tomber amoureuse de certains travailleurs espagnols. Mais "son" Ricardo, lors de cette saison, est absent, hélas... 

    HAUTES DILUTIONS



    2

       En passant sur le pont de la Têt, Lucie regarde le lit du fleuve presque à sec. Des relents nauséabonds montent jusqu’à elle. Comme on dit dans son quartier sous forme de boutade : « On se prend trop la Têt ces temps-ci ! » De fait, avec ses souvenirs qui remontent en elle, elle ressent un arrière goût désagréable dans la bouche et une lourdeur dans les tempes.

       Enjamber le parapet, elle y a souvent pensé, mais elle est attendue chez elle.
     
       Un petit pavillon, à l’écart, au fond d’une impasse d’où s’échappent les plaintes d’un animal aux abois. Elle commence à les entendre pas plutôt passé l’angle de la rue, et bien qu’elle y soit habituée, cela lui fait toujours l’effet d’un coup de poignard. Et la question lancinante revient, quoi qu’elle fasse, pourquoi tout cela ?

       - Tu en as mis du temps ! lui reproche sa sœur Pepita. Il t’a gardée plus longtemps que d’habitude…

       Non, son RDV avec le psy n’a duré que trois quart d’heure. Après elle a flâné. Elle a réfléchi à son passé.

       - Vaï, tu as raison. Il y a peut-être de quoi se poser des questions. Té ! avec tous ses cris, j’ai la tête comme une pastèque. Bon, je te laisse. Tu n’as besoin de rien d’autre ?

       - Non, ça va, je te remercie. Je te mettrai encore à contribution vendredi. Ce sera la dernière séance.

       Sa sœur doit se demander à quoi lui ont servi toutes ces consultations, ces stages de numérologie, de tarots, de généalogie et autre fadaises. Elle est bien avancée maintenant ! Pour sa famille, elle réfléchit trop. Il n’y avait qu’une seule solution, deux, en fait. Et Lucie en a choisi une troisième qui n’est pas la bonne aux yeux de ses proches. Envers et contre tous, elle s’obstine à garder sa fille de dix-huit ans chez elle.

    ***

       Quand Aurore était née, elle avait tout de ces nourrissons que l’on voit dans les contes de fée, entourés de bonnes marraines dans des berceaux drapés de vaporeux voilages. Tout allait donc pour le mieux et du jour au lendemain tout alla pour le pire. Occlusion intestinale. Affolement général. Précipitation. Intervention et anesthésie trop lourde. Au sortir de l’opération, le bébé ne tarda pas à présenter des convulsions, des crises d’épilepsie à répétition dont les médecins ne mesurèrent pas les conséquences. Deux mois plus tard, le diagnostic d’un spécialiste fut formel. Le cerveau avait été gravement lésé. 

       On se rendit compte, les mois passant, que la petite Aurore était aveugle et quasiment sourde, les membres en partie inefficaces et l’entendement dans un si profond brouillard que personne, pas même Lucie, n’arrivait à le dissiper. Cette dernière se retrouva alors seule pour élever cette enfant dont plus personne ne voulait, pas même son père qui, dépassé par la situation, avait immédiatement déclaré forfait en quittant le domicile, préférant verser une pension plutôt que d’avoir sous les yeux cette blessure constante.

       Lucie refusa de placer Aurore en centre spécialisé. Elle voulait assumer le problème, s’occuper au mieux de sa fille. Elle opta donc pour un mi-temps au laboratoire et prit une aide à domicile pour garder la petite en son absence.

       - Tu t’empoisonnes trop la vie, avait fini par lui dire sa mère quand elle avait compris que tout progrès ou retour à la normale était bel et bien impossible. Tu devrais la mettre dans un institut.

       Mais Lucie s’obstinait. Elle savait que la petite la reconnaissait, qu’il existait un dialogue entre elles deux, quelque chose de basique et subtil à la fois, auquel les autres ne pouvaient avoir accès.. Elle seule sentait cet échange. Et qui pouvait lui affirmer qu’ailleurs, on allait la traiter aussi bien ? Depuis un an, elle la laissait déjà une fois par mois dans un centre d’accueil. Le GIHP venait la prendre le vendredi soir et la lui ramenait le mardi matin. Aurore était alors dans un état d’énervement extrême. Les éducateurs avaient fini par lui avouer qu’elle ne dormait pratiquement pas et qu’elle passait son temps à hurler ! Qu’est-ce que cela donnerait à plein temps ? N’allait-on pas la surmédicamenter, commettre une seconde erreur médicale qui la tuerait cette fois ?

       - Pour elle ce serait la mort assurée et vous le savez tous fort bien !

       - Ecoute, Lucie, ouvre les yeux une bonne fois, lui avait répondu sa mère excédée. Après tout, ce serait la meilleure solution, et pour elle, et pour toi. Vous vous empoisonnez mutuellement, alors que, toi, tu dois te sauver.

       Lucie avait préféré faire semblant de ne pas avoir compris. Combien de fois, lui avait-on suggéré d’en finir avec ce petit animal handicapé ?

       Dernièrement, une de ses collègues, une nouvelle laborantine, était venue prendre le thé chez elle. Aurore était sur le divan, en tailleur, se balançant de gauche à droite, en secouant convulsivement la tête d’avant en arrière, en hululant des sons aigus.

       - C’est ta fille ?… Oh, que je te plains !… Et tu me dis qu’elle a dix-sept ans… On dirait encore une fillette… Tu en as de la patience.

       - Elle aussi, avait répondu Lucie. J’aurais dû te prévenir.

       L’autre avait immédiatement ajouté qu’à sa place… au laboratoire c’était facile de se procurer des produits, des seringues… Personne ne viendrait faire d’enquête…

       Lucie avait blêmi et avait dit à la fille dont elle avait cru un moment pouvoir se faire une amie qu’il valait mieux en rester là, et à une simple relation de travail.

       En règle générale, elle avait toujours évité de faire venir des gens chez elle, en présence de la petite. Leurs regards étaient trop lourds, leurs réflexions trop blessantes. Même les voisins bien intentionnés ne pouvaient pas s’en empêcher, par maladresse, bêtise ou méchanceté, au choix. L’un d’eux lui avait même dit sur un ton qui se voulait conciliant :

       - Pour le bruit, on s’y fait, vous savez. Le chien des Plantu hurle, lui aussi, toute la journée et bien plus fort !

       Elle en avait pleuré, bien que son seuil de tolérance en la matière soit assez élevé.
    ***
    (A Suivre)
    ***

    "Alors, mon petit, on fait de beaux rêves?
    - AAAHHH!!!"

    Détail du tableau "La Nuit", de Ferdinand Hodler (1890)

    Lire les rêves des gens
     Adalanews

       (...) C’est par le biais du webjournal anglais BBC News que nous apprenons que des chercheurs japonais ont réussi à pénétrer les rêves ! En effet, les chercheurs du ATR Computational Neuroscience Laboratories de Kyoto, dirigé par le professeur Yukiyasu Kamitani, ont réussi à lire 60% des images que les gens ont vu durant leur sommeil léger.

       Objectif de l’étude :
       - Conserver et retranscrire les rêves pour les étudier (interprétations…)
       - Analyser les rêves pour étudier l’impact psychologique sur l’individu

       Étapes du Sommeil (schéma simplifié) :
         - Endormissement: Le cerveau ralentit, le calme s’installe, la respiration devient régulière. Cette phase peut durer quelques secondes à 10 minutes.
       - Sommeil lent léger: L’activité cérébrale ralentit. Cette période marque la perte de conscience.
       - Sommeil lent profond: Les muscles et le cœur sont au repos.
       - Sommeil paradoxal: Les yeux et le visage sont en mouvement. L’activité cérébrale est intense et s’agite (rêves les plus élaborés, fantastiques, riches en émotions et en images, détaillés et précis)

       Les Professeur Yukiyasu Kamitani & le Dr Mark Stokes (Neuroscientifique cognitif de l’université de Oxford) ont toujours cru qu’il était possible de « décoder les rêves ». Cependant, il faudra attendre encore plusieurs années avant d’avoir une machine qui lisent les rêves.

       Etudes : 3 volontaires ont été étudiés et scannés par IRM pendant leur sommeil & leur éveil

       1.) Quand les volontaires commencent à s’endormir (sommeil lent léger), les chercheurs les réveillent et leur demande de décrire ce dont ils étaient en train de rêver.

       2.) Cette procédure a été répétée 200 fois pour chaque volontaire et leurs réponses regroupées en catégorie et mis dans une base de donnée sophistiquée.

       3.) Les volontaires sont une nouvelle fois scannés pendant leur réveil et regardent des images liées à la base de donnée.

       4.) Les chercheurs ont alors pu détecter des modèles spécifiques à leurs activités cérébrales qui correspondaient à certaines images.

       5.) Dans une expérience suivante, les scientifiques ont été capables de prédire 60% de ce qu’on rêvé les volontaires par l’étude de leurs scanners du cerveau en les comparant à la base de donnée.

       Maintenant les scientifiques vont essayer d’explorer ce qui se passe dans un sommeil paradoxal afin de prédire en plus des images de leur rêve, ce qu’il ressentent au cours de ces rêves. Le Dr Mark Stokes prévient qu’il ne sera pas possible de construire un classificateur général qui pourrait lire les rêves de tout le monde.

       Les pensées et rêves de chaque personne sont uniques et spécifiques à l’individu. Donc, pour lire les rêves de quelqu’un, il faudra lui construire une base de donnée qui lui est personnelle.
    En savoir plus sur 

    ***

    "J'aime bien l'ambiance de cette taverne...
    Un peu  moins son laisser-aller..."


    Gary Cooper, 1932 (by pictosh)

    ***

    (Un de ces jeunes gens va bientôt s'emparer d'une part
    qui ne lui est pas destinée. Sauras-tu le désigner?"


    Hotel Gavarni | Hotel independant
     Ecolabel, Paris » Commerce équitable

    Equitable
    Thegreenwasher

       (...) Equitable adj. Un terme qui caractérise ce qui est conforme à l’équité, qui garantit un traitement selon le droit et le mérite. L’idée d’équité n’est pas une idée neuve en Europe et dans le monde entier, pourtant une question revient avec toujours plus d’insistance, pour des rapports économiques et sociaux justes non seulement entre pays du Nord et du Sud, mais aussi entre acteurs locaux, nationaux, européens.

       Un terme utilisé dans bien des contextes, vulgarisé dans le domaine de la consommation de biens par Max Havelaar, aux produits issus de contrées lointaines type café, sucre ou chocolat qui entrent dans le cadre d’un cahier des charges strict, assurant juste rémunération et conditions de travail décentes

       On voit fleurir pléthore d’expressions synonymes telles que respect des hommes et de l’environnement, ou soutien aux communautés locales (cf. note précédente). Mais aussi, plus près de nous, des concepts tels que Made in France, économie circulaire, circuits courts. Alter Eco propose d’ailleurs des produits français avec le label équitable.

       Un exemple. La collection Conscious d’H&M, en magasins aujourd’hui, met à l’honneur le coton bio et une mode durable. Le plan com’ est impeccable, l’égérie glamour mais proche des clientes d’H&M, des vêtements pile dans la tendance, une problématique (Mais pourquoi gaspiller la mode ?) digne des marques pionnières bio et/ou équitables. Un message à l’opposé de ceux communiqués dans les autres campagnes, où une collection chasse l’autre, où le prix est l’unique variable d’ajustement ; un message peu compatible avec les méthodes de distribution et de vente du géant du textile. 

       Une opération de ce style, d’une enseigne à forte notoriété est-elle équitable face à celle d’une pme engagée dans le bio qui communique à un public restreint ? Quat’rues a tranché, Youphil aussi.

       Autre exemple. Ekitinfo propose tout au long du mois d’avril et de mai (2013) de voter pour des idées innovantes permettant de faire avancer le recours aux produits issus du commerce équitable au travail. En réfléchissant à cette initiative, j’ai fait le lien – suivez-moi jusqu’au bout, lecteurs – avec l’architecte et designer India Mahdavi, dont les créations d’espaces de travail (restaurants, hôtels…) et son sens du mélange des couleurs/matières/influences me passionnent. L’illustration parfaite des réalisations possibles dans une société sans frontières. Sans forcément arriver à son niveau de sophistication, je m’interroge sur l’origine des matériaux qu’elle utilise. 

       Je voudrais connaître le prix social et humain de ces intérieurs, savoir s’il y a des éléments chinés ou des matériaux recyclés. Je trouverais équitable de lire sur une étiquette le nom de l’artisan qui façonne ce meuble. C’est d’ailleurs la question que je me pose pour une grande partie de mes achats – où est l’artisan, celui qui a le savoir-faire, la connaissance du processus de fabrication de A à Z… équitable, cette foule d’associations d’idées ?

    En savoir plus sur

    ***
    Luc Desle

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  • ***
    Pensées pour nous-mêmes:

    (TU NE TRAVERSERAS JAMAIS
    LA MONTAGNE PAR TES PROPRES MOYENS)


    *** 
    "Bon, maintenant enlevons les lunettes
    déformantes des journaliste, pour voir enfin
    la réalité droit dans les yeux..."


    Clark Kent



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    (Les fondamentaux des journalistes de la TNT)

    Cartes-postales vintage



    Sur la télévision (Pierre Bourdieu)
    Theux
    Livres · Médias

       (...) Le pouvoir de la télévision est indéniable. Nous avons pu le constater lors de l’élection présidentielle de 2012, où certains candidats se sont retrouvés pris en otage. La télévision est le meilleur moyen de toucher un maximum de Français, qui lisent de moins en moins la presse écrite alors même que la qualité de cette dernière ne cesse de décliner notamment avec l’émergence des journaux gratuits. Or se retrouver dans une émission de télévision implique 3 contraintes majeures : le sujet est imposé, les coupures sont incessantes et le temps est contraint. Ces 3 aspects limitent largement la bonne qualité de l’exposé des programmes qui correspond pourtant à un préalable fondamental au fonctionnement démocratique d’une élection.

       Pour espérer être entendus à la télévision, les petits candidats doivent accepter un traitement indigne. On se souvient notamment du passage de Nicolas Dupont-Aignant au grand journal ou d’autres candidats dans le « Daily Mouloud ». Un candidat comme Jean-Luc Mélenchon n’est parvenu à accroître ses passages dans les médias que grâce à sa capacité à émettre de bons mots.

       Pierre Bourdieu explique que les médias, et donc la télévision, sont sans cesse tiraillés entre deux logiques : le journalisme intellectuel et le journalisme commercial. Les deux logiques peuvent permettre d’obtenir une reconnaissance. La première, gage de qualité et de sérieux, peut-être considérée comme un modèle au sein de la profession grâce à la qualité de ses analyses et de ses commentaires. La seconde correspond à une logique de rentabilité et à une forme d’adhésion populaire. Elle se distingue par l’évènementiel et le scoop. Le problème est que la reconnaissance du journalisme intellectuel tend à décliner puisqu’elle se mesurait auparavant aux nombres de citations par ses pairs d’un journaliste. Or dans une société dictée par l’urgence et la chasse au scoop, la citation est devenue un procédé en voie de disparition essentiellement utilisé pour se couvrir en cas de doute sur la fiabilité de l’information.

       A l’inverse, le journalisme commercial augmente sa reconnaissance. La qualité des émissions de télévision se juge essentiellement sur l’audimat. La survie des journaux sur sa capacité à attirer des lecteurs pour accroître ses revenus auprès des annonceurs. Cette logique commerciale influence l’ensemble des médias qui cherchent à attirer le public quels que soient les procédés.

       La part belle est donc accordée au sensationnel et aux faits divers. Les médias commerciaux vont toujours plus loin (télé réalité, reportage sur la déchéance des stars…) et les journalistes intellectuels essayent tant bien que mal de suivre le mouvement afin d’éviter une trop forte érosion de leur audimat ou de leurs lecteurs.

       La logique de concurrence entre les médias provoque également des effets désastreux. Alors que l’on pourrait penser que chacun essaye de se spécialiser afin de trouver une niche qui lui assure un audimat stable, les médias se copient tous. Ils observent en permanence les moindres faits et les gestes de leurs concurrents afin de ne pas se laisser distancer s’ils sortent un scoop ou d’éviter de commettre les mêmes erreurs. A l’arrivée, on assiste à une uniformisation de l’information. Tout le monde parle de la même chose, même si le sujet n’a que peu d’intérêt. L’affaire DSK en est la meilleure illustration. (et aujourd'hui Gérard Depardieu) 

       Pierre Bourdieu montre qu’il s’agit d’une censure invisible puisque le fait d’évoquer en permanence des sujets mineurs permet d’occulter les sujets d’importance. Encore une fois la campagne présidentielle a mis en exergue ce phénomène au travers, par exemple, de l’affaire Merah qui a permis d’occulter des questions telles que le protectionnisme ou la sortie de l’euro. (...)

    Lire la suite sur:



    ***
    " Dieu du Ciel, qu'il est laid!
    - Ce n'est pas comme vous, Gentleman...
    - Qu'est-ce qui vous prend?
    - C'est le chapeau... Je ne peux résister
    à la symbolique érotique du chapeau..."

    Frankenstein-1931 (Boris Karloff, Lionel Atwill et Basil Rathbone)
    superchance100.kazeo.com


    ***
    "Qu'avez-vous, Maître?
    - Je m'interroge sur le conflit d'intérêt que
    représente ma liaison avec Mary Shelley...
    et ce Monstre."


    Frankenstein-1931-
    toutlecine.com

    Pilule et conflits d’intérêts : 
    l’incivilité médicale permanente
    Daniel Schneidermann 
    Fondateur d'@rrêt sur images

       (...) Ces liens avec les labos, les médecins qui en bénéficient les justifient toujours de la même manière : nécessité de financer leurs propres recherches, de se tenir au courant des dernières trouvailles de l’industrie pharmaceutique, etc. Soit. Dans sa sagesse, le législateur n’a donc pas cru bon de tenter de les interdire. Il a tout au moins souhaité que ces liens soient publics. Ainsi, les médecins « qui ont des liens avec des entreprises et établissements produisant ou exploitant des produits de santé, ou des organismes de conseil intervenant sur ces produits sont tenus de les faire connaître au public lorsqu’ils s’expriment lors d’une manifestation publique ou dans la presse écrite ou audiovisuelle. »

       C’est la loi. Une belle loi Kouchner de 2002. Onze ans déjà ! Dès 2008, nous vous racontions déjà comment cette loi était bafouée tous les jours, par toutes les radios et les télés. Trois ans plus tard, sur notre plateau, un consultant médical de TF1, Alain Ducardonnet, expliquait benoîtement qu’il ne voyait pas bien comment, pour sa part, déclarer ses conflits d’intérêts potentiels avant chacune de ses interventions télé. Donc, ça continue, et ça continuera.

       Depuis le début de l’affaire de la pilule de troisième génération, on a entendu un peu partout le professeur Nisand, une des vedettes de l’actuelle enquête du Monde. A-t-on entendu les journalistes rappeler ses conflits d’intérêts ? Et même dans Le Monde lui-même, quand le même Nisand est cité, l’an dernier, à propos de la préconisation de la gratuité de la pilule pour les mineures, ses liens ne sont pas mentionnés. Comme quoi rien n’est simple ! (...)

    Lire la suite sur:


    ***
    Benoît Barvin

    1 commentaire
  • µµµ
    Pensées pour nous-mêmes:

    (NE REGARDE PAS TES PIEDS: MARCHE.
    NE REGARDE PAS TES MAINS: AGIS)

    µµµ

    "Tu as ri! Je t'ai distinctement entendu rire!
    - Mais Bwana-Ben Sahib... Je ne pensais pas à mal...
    Je ne suis qu'un esclave..."



    µµµ

    "Nous-Sommes-La-Police-Commerciale-De-L'Internet-
    Et-Nous-Constatons-Que-Tu-N'as-Pas-Assez-
    Consommé-En-Conséquence-De-Quoi-Tu-Dois-
    Payer-Une-Amende-Qui-S'élèvera-A... etc"

    Archeologists Of Shadows Graphic Novel

    Tsunami on line
    JEAN-CHRISTOPHE FÉRAUD

       (...) «Internet, c’est le Viagra des affaires», a dit un jour l’ancien big boss de General Electric Jack Welsh. De fait, en quinze ans, le plus vieux métier du monde - à savoir le commerce - a connu une accélération sans précédent depuis l’invention de la marine marchande par les Phéniciens. En dématérialisant le magasin traditionnel, en affranchissant la transaction de toutes contraintes physiques, en rationalisant drastiquement la chaîne logistique, le Web a créé ex nihilo un nouveau continent du business. Le marché mondial du e-commerce passera le cap des 1 000 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2013, selon JP Morgan. En France, le secteur flirtera cette année avec les 45 milliards d’euros pour viser les 70 milliards en 2015. 

       Au pays de la vente en ligne, les arbres grimpent jusqu’au ciel avec des taux de croissance vertigineux. A lui seul, le géant Amazon a réalisé, en 2011, un chiffre d’affaires de 48 milliards de dollars (32 milliards d’euros), en hausse de 41% ! Incapables de rivaliser sur le front du low-cost, les enseignes traditionnelles les plus exposées sont aujourd’hui balayées par le tsunami on line. Le distributeur informatique Surcouf vient d’être placé en liquidation judiciaire. Et la Fnac, qui ferme ses magasins les uns après les autres, se jette entre les crocs de la Bourse, faute de repreneur. En fait de pilule bleue, Internet, c’est la débandade pour les «agitateurs culturels» d’hier. 

       Mais voilà que le vieux monde marchand se réveille. Hypers et marques branchées se réinventent un avenir numérique en abolissant les frontières entre linéaires physiques et virtuels. Connecté à tous les écrans, le vrai magasin en dur redevient un atout maître pour draguer le chaland avant d’être un coût. Voici le commerce 2.0. Avec lui, les «briques et mortier» tiennent peut-être leur revanche sur les pure players du clic. (...)


    µµµ

    "Tu comprends... C'est difficile à dire... 
    Mais, cette nuit...
    - C'était un accident... Je te promets
    que cela ne se reproduira pas...
    - On dit ça... et après... Sigh..."

    Princesse


    µµµ

    "Bon, OK, y'a pas grand-chose à manger,
    mais en cherchant bien, hein... Un peu de tendons...
    Ou de la peau desséchée, peut-être..."

    Alessandra Expósito. Winter, 2008. Mixed media on horse skeleton, 58 x 84 x 20”.
      

    Pourquoi l'humanité 
    va manquer de nourriture
    Audrey Chauvet

       (...) 868 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde, selon les derniers chiffres de l’organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture(FAO), tandis que dans les pays développés, 40% de la nourriture produite est gaspillée chaque année, selon un rapport de la FAO publié en 2008. Derrière ce paradoxe, la perspective de devoir nourrir neuf milliards de bouches fait craindre une pénurie alimentaire globale. Pourquoi l’humanité pourrait-elle manquer de nourriture? (...)

       (...) Avec la multiplication, prévue par les climatologues, des phénomènes météorologiques intenses type tornades, sécheresses ou précipitations violentes, les récoltes pourraient devenir de plus en plus aléatoires. Déjà cette année, la forte sécheresse qui a touché les Etats-Unis a mis à mal les réserves de céréales: selon la FAO, les Etats-Unis n’auraient actuellement en stock que 6,5% du maïs qu’ils consommeront dans l’année, un record historiquement bas. (...)

       (...) Conséquence de la diminution des stocks, les prix de l’alimentaire s’emballentSelon un rapport de Food Price Watch, entre septembre 2011 et septembre 2012, les prix du maïs et du blé ont augmenté d'environ 25%, rendant encore plus difficile pour les populations pauvres l’accès à la nourriture. Mais il n’y a pas que des raisons «naturelles» au renchérissement des denrées: beaucoup d’ONG, à l’image des Amis de la Terre, dénoncent la spéculation financière sur les matières premières. (...)

       (...) Les terres cultivables se font de plus en plus rares et que l’accroissement démographique pousse certains pays à sécuriser leur alimentation en achetant des terres agricoles à l’étranger. «L’Asie sera en déficit agricole intense dans les trente à quarante prochaines années, c’est pour cela qu’elle achète des terres en Amérique du sud ou en Afrique», expliquait l’hydrologue Ghislain de Marsily à 20Minutes, à l’occasion d’un colloque sur l’eau. Ce phénomène «d’accaparement de terres», régulièrement dénoncé par les ONG, menace l’alimentation des populations locales dans des régions souvent déjà défavorisées par un modèle agricole dicté par la concurrence mondiale: «On met en concurrence des gens équipés de tracteurs et de moissonneuses batteuses avec des gens qui travaillent à la main et sont donc contraints d’accepter les prix qui proviennent de l’exportation de nos surplus. C’est bien ça qui est la cause de la faim dans le monde», affirme l’agronome Marc Dufumier. (...)

       (...) Et si tout le monde mangeait comme un Américain? Avec la hausse du pouvoir d’achat dans des pays très peuplés comme la Chine, la consommation de viande explose et avec elle le besoin en céréales pour alimenter le bétail, en eau pour cultiver ces céréales et en surface pour élever les animaux. Les trois hamburgers hebdomadaires de l’Américain moyen ne pourront pas devenir le lot de neuf milliards d’humains. Sans compter le gaspillage dont les sociétés occidentales sont devenues expertes: «On surproduit à l’échelle internationale: pour nourrir correctement un homme, il faut produire 200 kilos de céréales, or la production mondiale est de 335 cette année. Ces 135 kilos représentent le gaspillage dans nos sociétés du Nord, l’alimentation du bétail et la fabrication d’éthanol pour nos voitures», rappelle Marc Dufumier. (...)
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