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    Pensées pour nous-mêmes:

    (RANGE DÉFINITIVEMENT TON

    PETIT MOI DANS TA POCHE)

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    Shape of You Carnatic | Indian Contemporary |

    Amit Patel | Indian Raga

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    Ed Sheeran - Shape of You | Robert Green Choreography

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    Shape of You - Ed Sheeran / Lia Kim Choreography

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    Nadine Estrella


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    Pensées pour nous-mêmes:

    (À CHACUN SELON LA PEINE

    QU'IL SE DONNE POUR VIVRE)

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     Water and Soap Xaviera López 

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    "Oh, pardonnez-moi. Vous aussi

    vous voulez un café?"

    (Le groupe Starkuck utilise maintenant des drones)

     https://www.pinterest.fr/lincdn/drone-funnies/

    Le silence meurtrier de l’Europe

    sur les drones armés

       La révélation récente de la présence d’une base de drones au Niger a de nouveau mis le programme américain d’assassinats sous les feux de la rampe internationale. Le rétropédalage du président Trump après les avancées timides effectuées par son prédécesseur Barack Obama sur la transparence et la responsabilité conduit à s’inquiéter encore davantage pour les années à venir.

       Avec les conflits qui se profilent à l’horizon, il est primordial que les États membres de l’UE et l’Union européenne elle-même s’expriment sur ces politiques meurtrières et repoussent les nouvelles tentatives de saper les principes juridiques internationaux et de la dignité humaine à travers le programme d’assassinats par drones.

       Une résolution adoptée le 12 septembre par le Parlement européen montre clairement que l’UE peut jouer un rôle dans ce dossier. Ce texte lançait un appel au Conseil de l’UE visant à "veiller à ce que l’utilisation de drones armés soit conforme aux obligations qui leur incombent en vertu du droit international, y compris le droit international relatifs aux  droits de l’homme et le droit international humanitaire, et à ce que soient établies des normes strictes et contraignantes régissant la prestation de toute forme d’assistance à des opérations impliquant l’utilisation de drones tueurs".

       Certes, il s’agit d’un appel opportun, car le développement et l’utilisation des drones armés en Europe se répandent rapidement. La France est en train d’armer son drone américain MQ-9 Reaper, les Pays-Bas et la Belgique viennent d’annoncer leur achat de Reapers américains "armables", tandis que l’Allemagne choisit de louer des drones Heron TP israéliens. Parallèlement, un consortium européen fabricant d’armes cherche également à augmenter les investissements dans la défense pour développer ses propres drones militaires.

       Alors que les drones tueurs montent en force, on peut difficilement s’attendre à ce que le programme secret américain de développement des drones, largement critiqué, soit stoppé. L’administration Obama a fait de timides avancées pour accroître la transparence, mais, fait inquiétant, le président actuel, Donald Trump, a très vite fait un pas en arrière et a intensifié les éliminations d’ennemis à distance à l’aide de drones armés au Yémen, en Somalie et au Pakistan.

       On s’attend à ce que davantage de drones américains et français survolent les plaines africaines dans le Sahel où la "guerre contre le terrorisme" prend de l’ampleur. Pourtant, aucune politique et aucun système de restrictions cohérents n’ont été mis en place. Cette situation peut s’avérer dramatique pour les populations ciblées par ces missiles, américains en général, lancés par les drones qui ont fait des centaines de victimes parmi les civils et davantage de blessés encore.

       Pourquoi la voix de l’Europe doit-elle se faire entendre ? Le besoin urgent de maintenir un cadre juridique solide et le respect des droits de l’homme nécessaires à la préservation des principes sur lesquels repose l’Union européenne résident au cœur des discussions entre Européens sur les drones tueurs.

       Les opérations utilisant une force meurtrière à distance, coïncidant avec l’intensification de la riposte anti-terroriste internationale, ont ouvert la voie à des pratiques mortelles qui risquent d’éroder les garanties établies de longue date concernant la vie et la dignité humaines. Les communautés touchées par les frappes de drones luttent pour la justice et leurs appels au secours ont été largement passés sous silence par la communauté internationale, alors que le programme américain d’assassinats ciblés en expansion risque de servir d’exemple pour les autres pays.

       L’Union européenne a indiqué qu’elle attachera plus d’attention à la lutte contre le terrorisme et à la sécurité dans le cadre de sa politique étrangère en coopérant avec les États dans lesquels des groupes armés sont actifs et en partageant les informations sur les réfugiés qui arrivent en Europe. Parallèlement, des membres de l’Union européenne tels que la France participent à des opérations de l’ONU ou des opérations militaires afin de combattre les groupes armés et les terroristes contre lesquels seront bientôt utilisés des drones armés. D’autres États ont sans doute contribué à ces pratiques en partageant des informations ou en accueillant des bases américaines desquelles décollent les drones de combat.

       Comme les actions antiterroristes prennent de l’ampleur dans les pays européens, il est urgent de définir clairement l’interprétation du droit international en vigueur qui établit des normes intemporelles de protection du droit à la vie et qui limite le recours à la force. Pour cela, il est nécessaire de garantir une plus grande transparence des opérations militaires menées et un contrôle du partage d’informations avec des tiers qui pourraient en profiter pour des assassinats ciblés clandestins. Une plus grande transparence renforce la responsabilité de l’État en ce qui concerne l’utilisation de la force létale, ce qui est nécessaire pour maintenir la garantie de légitimité des opérations militaires.

       Dans un monde où le secret, les mensonges et la désinformation tendent à dominer les discussions politiques, les États membres devraient prendre position en faveur des principes des démocraties libérales fondées sur les droits de l’homme. Enfin, comme le développement des technologies militaires est nécessaire, notamment  celles concernant les drones armés (de combat) et d’autres systèmes sans pilote, l’Union européenne devrait veiller à ce que le contrôle des exportations de ces systèmes soit adéquat et passe par une évaluation appropriée des risques ainsi que par des limitations d’exportations vers des pays qui pourraient en faire mauvais usage.

       Mais ni l’appel du Parlement européen à s’engager avec la Commission européenne par le biais d’une résolution forte et un projet de position commune sur les drones armés, ni les nouvelles tentatives des Verts visant à associer le Fonds européen de la défense à la formulation d’un cadre juridique, n’ont permis d’enregistrer des progrès substantiels dans la formulation claire de limites.

       Suite à une étude de l’Organisation des nations unies financée par l’Allemagne et les Pas-Bas, cette organisation a été appelée à adopter une résolution qui mènerait à "l’établissement d’un mandat relatif au travail sur l’amélioration de la transparence, de la responsabilité et du contrôle des drones dans tous leurs aspects". Un tel processus international doit en effet être amorcé de toute urgence pour aborder la menace de guerres impliquant des drones avant que la pratique ne prenne trop d’avance sur la politique.

       Si l’Union européenne ou les États membres aspirent à jouer un rôle clé dans un monde qui a clairement besoin de lignes directrices en la matière, alors le moment est venu. Le moment d’écouter les communautés décimées par la réalité de la guerre des drones. Le moment de limiter l’utilisation de la force létale dans des opérations militaires démesurées à l’étranger. Le moment d’adopter une position de principe sur la protection de la vie et de la dignité des êtres humains face à la terreur, aussi bien à l’intérieur du pays qu’à l’étranger. Le moment de relever les défis posés par le développement et la prolifération des nouvelles technologies militaires sans pilote qui risquent de porter atteinte à la paix, à la sécurité, à la stabilité et aux droits de l’homme.

    https://voxeurop.eu/fr/2018/d-fense-et-droits-de-l-homme-5122218

    $$$

    Luc Desle


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    Pensées pour nous-mêmes:

    (PAR UNE ÂME ÉTROITE

    LE BONHEUR NE PASSE PAS)

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    https://www.chappatte.com/gctag/liban/

    A Beyrouth, «l’écroulement

    est imminent»

    Hala Kodmani 

       26°C sous le soleil de novembre, une Méditerranée sans vague, des rues animées de voitures et de passants, des commerces débordants de gourmandises salées ou sucrées. Le Beyrouth de carte postale est toujours apparent. Pourtant, la catastrophe guette. Tout le monde le dit : «L’écroulement est imminent. Plus rien ne fonctionne. La situation est intenable. Cela ne peut plus durer.» Même s’il fait aussi partie du folklore libanais, cet alarmisme paraît aujourd’hui plus justifié que dans le passé.

       Les services publics de base ne sont pas assurés. L’eau tout d’abord est source de récits étonnants des habitants. Elle manque dans les robinets de nombreux quartiers de la ville qui connaissent des coupures quotidiennes. Et même quand elle est courante, elle peut être salée parce qu’infiltrée par l’eau de mer. Sa teneur en plastique place le Liban en deuxième position mondiale. Des traces de matières fécales ont été retrouvées dans l’eau du robinet de certains quartiers au sud de Beyrouth. Des citernes d’eau potable circulent dans les rues de la ville pour vendre des bidons de 20 ou 40 litres, pour faire la cuisine, le café ou les biberons.

       Mais c’est l’électricité qui est au centre des conversations et des polémiques ces jours-ci. Non parce que la plupart des rues de Beyrouth sont sans lumière et éclairées seulement par les néons des commerçants. Mais parce qu’elle est au cœur d’un imbroglio entre différents partis politiques et administrations libanaises opposées. Le ministère des Finances a en effet refusé de débloquer les crédits supplémentaires demandés par le ministère de l’Energie pour financer les quantités de fioul nécessaires au fonctionnement des centrales gérées par l’établissement public qui détient le monopole de la production dans le pays. Les coupures électriques sont toutefois compensées par des générateurs vendus ou loués par des entrepreneurs privés qui profitent de la défaillance publique pour accroître leur part de marché.

       L’absence de gouvernement au Liban depuis plus de six mois après les élections législatives de mai dernier, n’est pas exceptionnelle. Le pays a connu des périodes de vacances du pouvoir présidentiel ou gouvernemental plus longues encore. Les Libanais trouvent individuellement toutefois des solutions même aux problèmes de vie quotidienne les plus graves. Certains de ceux qui disent leur inquiétude pour le pays qui sombre sous leurs yeux n’en souffrent pas objectivement. Le soir venu, ils prennent leur 4x4, le confient à des voituriers devant les restaurants verdoyants où ils descendent retrouver leurs amis pour un verre et un mezzé en musique.

    https://www.liberation.fr/planete/2018/11/10/a-beyrouth-l-ecroulement-est-imminent_1691050

    §§§

    "Quelqu'un veut me voir?"

    Henri Gervex

    §§§

    Benoît Barvin


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    Pensées pour nous-mêmes:

    (LA VIE NE VAUT QUE PAR

    LES SOUCIS QU'ELLE NE

    NOUS DONNE PAS)

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     (Source: s0irenic, via it-sub-to-you)

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    https://jupit.hypotheses.org/961

    Pétain, la vie d’un salaud,

    la persistance des ordures.

       Pétain grand chef de guerre à Verdun : faux. Pétain complotant contre la République dès 1935 : vrai. Pétain complice des banques des financiers, des industriels pour que nous ayons Hitler plutôt que le Front Populaire : vrai. C'est vrai que ça méritait un éloge.

       J’aime beaucoup le Président Macron. Dans cette période où l’on doit chaque soir passer la balayette sous son lit afin de débusquer le terroriste qui doit s’y cacher, avec lui on rigole. Macron c’est, recyclé, le vieux slogan publicitaire d’un grand magasin : « A tout instant il se passe quelque chose aux Galeries Lafayette ». Cette fois le Président a décidé de nous distraire avec Pétain. C’est inattendu, ça fait vieux monde... Mais tant pis. Après avoir fait la guerre aux Russes – par son émanation de RT France – il était logique qu’il louât le Maréchal ; que revoilà.

       Pour être juste, car le temps est au certifié, à l’exact, au vérifié, à l’équitable, remarquons que ce malheureux Macron est mal entouré. Autour de lui s’ébat une nuée de jeunes gens qui ne l’aident guère. Paresseux ? Non. Mais le hasard fait que tous ces biens diplômés n’avaient qu’un seul livre d’histoire, et qu’ils ont fini de le colorier. Benalla aurait pu être un rempart en rendant, par l’écran de ses larges épaules, le discours pétainiste inaudible. Mais Benalla, « l’épaule droite », nous manque, j’espère que les prud’hommes vont le réintégrer.

       Personne, au Palais, aucun vieux bouc intello, mariné dans le jus des archives, pour indiquer au Président l’emplacement des champs de mines. Et l’histoire de Pétain, son action, sa philosophie sont du TNT. Une bombe à retardement qu’il ne faut pas toucher, pas plus que le sarcophage de Tchernobyl. Réactiver le Maréchal ça pue, ça déchire, ça blesse, ça injurie, ça offense, ça ment, ça met plus de boue qu’une crue de l’Aude. En plus on se demande quelle raison peut-il y avoir de parler de ce sycophante ? Pourtant, sur le ton de l’ancien bon élève de troisième, certains prétendent : « Mais il y a deux bouts au cadavre. Le très au poil des poilus, puis l’horreur de Montoire et des lois anti juives ». Eh non. Le Pétain c’est comme le merlu oublié l’avant-veille sur la table : tout est à jeter. Et que le président de l’Assemblée se nomme Ferrand n’est pas un argument ultime pour louer le Maréchal.

       Il y a des lustres – et même des lampadaires, mon merveilleux ami Alain Riou journaliste à l’ancienne – c’est-à-dire ultramoderne – m’avait prêté un livre (qui m’a été ensuite volé) : « L’affaire Pétain », signé Cassius (j’ai appris plus tard que c’était là le pseudo du grand chercheur Henri Guillemin). Ce bouquin avait été publié en Suisse juste après la guerre. C’est dans ses pages que j’ai découvert l’envers d’une histoire qui n’était donc qu’un décor, du Potemkine. Celle qui a conduit la France à la catastrophe de 1940.

       La véritable histoire, celle qui n’a pas été écrite à l’encre d’Epinal, nous dit que la défaite est le résultat d’un lent complot. Son ordre de mission, secret, s’inscrivait dans les petits papiers du Comité des Forges et ceux de son outil armé, la Cagoule : « Mieux vaut Hitler que le Front populaire ». Pétain, dans ce putsch, devait être notre Hitler, notre Mussolini, notre Franco français. Le guide gaulois au sein de l’Europe nouvelle. Etonnant pour un petit pépère, héros en retraite, qui, nous a-t-on claironné- n’a accepté le pouvoir qu’en faisant « don de sa personne à la France », pour nous « préserver du pire ».

       J’ai ensuite potassé L’étrange défaite de Marc Bloch, un homme qui devrait être au Panthéon. Ou plutôt non. Puisqu’on y trouve maintenant un peu n’importe qui, au gré des livres lus à Emmanuel par sa grand-mère. Bloch fut historien, militant de la paix, torturé et assassiné par la Gestapo le 16 juin 1944.

       Le fil de ce complot pétainiste est contenu dans l’ouvrage de Bloch écrit en 1940 mais publié six années plus tard. L’intellectuel résistant a déjà percé le mystère de la défaite d’une France qui, en 1939, avait « la première armée du monde ». Et Bloch de nous expliquer avec calme comment l’élite bancaire et la haute bourgeoise ont livré le pays aux nazis : pourquoi le Maréchal était là.

       Le dernier clou dans le cercueil de cette histoire fausse comme un jeton, je l’ai planté en dévorant Le Choix de la défaite d’Annie Lacroix-Riz. Une femme à laquelle, en guise de pardon, Macron devrait envoyer une gerbe de fleurs. Les preuves sur Pétain étirant son crime sont, dans cette Bible, les notes secrètes, les rencontres cachées, les extraits de livres et de journaux, les télégrammes, les arrêtés et lois scélérats. En lisant Lacroix-Riz, en devenant intime avec les bourreaux, on éprouve la honte rétroactive du complice. On devient le secrétaire, le greffier du complot de Laval et Pétain. Puisque ces deux-là ne se sont pas découverts en 1940, puisqu’ils ont préparé leur coup de l’Etat Français bien avant la débâcle. Ainsi c’est un comploteur factieux, un assassin de la République qui a pris le pouvoir. Pas du tout un maréchal gâteux, à moustaches, qui aimait les fleurs les chiens et prendre les petites filles sur ses genoux.

       Maintenant, tordons le bâton de ce Pétain « héros de Verdun », qui a fait image d’Epinal dans la pensée du Président. En 1940, alors ministre des Colonies, Georges Mandel écrit : « C’est une erreur que de nommer Pétain au cabinet. Il était défaitiste durant la guerre. Je crois que nous allons vers un armistice. Sa présence en est une preuve ». Tiens, ça coûte pas cher et ça peut éviter des grosses bêtises, abonnons l’Elysée à la revue Historia. Elle n’est pas de niveau universitaire mais écrit souvent juste. L’an dernier le magazine historique publie, sous la signature de Jean-Yves Le Naour, docteur en histoire, un article très clair intitulé : « Pétain l’imposture de Verdun ». Voilà. Au printemps, au moment de préparer les cérémonies de novembre, il suffisait de demander à Benalla (qui était encore au staff) de traverser la rue et de se procurer Historia. Pardon, cher docteur Le Naour, si je cite votre texte à la hache, il s’agit donc de Verdun en1916 :

       « ...la situation qui se rétablit in extremis le 26 février ne doit rien à sa présence ni à ses ordres, mais au sacrifice des poilus, d’une part, et aux instructions du général de Castelnau... il multiplie les ordres : il y fait avancer le 20e corps, arrivé en renfort... le 26 février, l’offensive allemande est enrayée. Sans cette intervention énergique de Castelnau, la chute de la rive droite de la Meuse ...était inéluctable.

       La vérité...Pétain attrape mal et se réveille le 26 avec une toux vive, une pneumonie pour les uns, une bronchite pour d’autres. Quoi qu’il en soit, il est contraint de garder le lit... On est, en tout cas, très loin de la légende de l’homme qui, par son seul charisme, redonne confiance à la troupe. S’il est flatté par la presse, qui lui tresse des lauriers de papier, la raison est purement politique.

       Les politiques, exaspérés par Joffre, en ont assez du « grand-père » et rêvent de s’en débarrasser...Le rapport avec Pétain ? En autorisant les éloges sur le général chargé de la défense de Verdun, le gouvernement est tout simplement en train de préparer un successeur à Joffre... Le portrait de Pétain paraît en couleurs dans L’Illustration, puis en noir et blanc dans Le Miroir. Il s’attache en même temps les services des écrivains Henry Bordeaux et Louis Madeleine, ce qui démontre un sens aigu de la publicité. Passé du grade de colonel à celui de général d’armée en seulement deux ans, Pétain se sent pousser des ailes... La gloire de Pétain, qui apparaît en mars 1916, alors que la situation est toujours précaire, est donc une gloire fabriquée ».

       Bon, c’est quand même un historien, un chercheur, docteur des Universités, qui écrit ça. Et grand merci à lui. Même si c’est moins bien qu’Éric Zemmour, notre Michelet de BFM University. Je n’ai pas évoqué le sort immonde des « mutins », ces révoltés que Pétain a fait fusiller à la chaîne, pour l’exemple. On ne fait pas Verdun sans aller à rebrousse poilus.

    https://www.histoire-image.org/fr/etudes/images-allemand

       En 1925 ce héros au sourire si doux s’ennuie, et le Chemin des Dames épuise ses nuits. Pour mettre une claque à Lyautey, qui patine au nord du Maroc dans la guerre du Rif, on nomme Pétain à sa place. L’idole accepte, ce qui entraîne la démission de son aide de camp, le colonel De Gaulle. Le Rif et ses bougnoules sont un double bonheur pour le Maréchal. La mano en la mano avec son compère fasciste, l’espagnol Antonio Primo de Ribera qui participe au carnage maghrébin pour le compte de Franco, Pétain et son frère d’armes utilisent des armes chimiques. En 1926 les pauvres rifains sont anéantis, Pétain a enfin gagné une guerre. « Chimie, vous avez dit chimie ? », heureusement que Macron n’a jamais appris ça... Il aurait été foutu de donner l’ordre à nos frégates d’aller, à l’Ile d’Yeu, bombarder la tombe du Maréchal.

       Eloigné du rififi, le héros s’ennuie. Ses collègues maréchaux qui voient autour d’eux monter en pouvoir trop de rastaquouères plutôt rouges, proposent à Pétain de s’allier dans un projet de putsch. Peu soucieux de mettre son statut et sa statue en danger, il fait le sourd, ce qui est de son âge. Bénéfice, il apparaît aux hommes politiques comme un « républicain ». Si bien qu’en 1934 il est adoubé dans le gouvernement Doumergue comme ministre de la Guerre. A partir de cet instant il prépare la victoire de l’Allemagne. Il réduit d’un tiers les crédits alloués à la Défense, refuse la solution d’armée blindée proposée par De Gaulle.

       Ce choix est politiquement trop dangereux car il implique le recrutement de 40 000 mécaniciens a priori catalogués comme de la graine « rouge ». Après l’assassinat de Louis Barthou, qui prêche la nécessité vitale de signer une alliance avec l’URSS, c’est Pétain qui impose son compère Laval. Alors, le Maréchal n’a plus aucun ennemi. Ni à droite ni à l’extrême droite. Il a aussi appui de ses amis synarques et son Laval en Sancho Pança : la fusée de l’Etat Français est sur sa rampe. Face à ces perspectives heureuses le patronat offre au Maréchal une très jolie villa à Villeneuve Loubet.

       Les émeutes fascistes de 1934 ont, dans leur musette, le bâton de ce maréchal déjà prêt à l’offrande de lui-même. Ça ne marche pas et, retour du maudit bâton, voilà le Front populaire avec ses rouges de rouge et le « juif » Blum au gouvernement. Désormais militer aux côtés des nazis, des fascistes, c’est sauver la France de sa racaille cosmopolite. Lors de son court passage comme ambassadeur de France à Madrid, Pétain a toutes les facilités pour pactiser avec les nazis, qui sont là, et les sbires de Mussolini qui sont là aussi. Dans les journaux, le Maréchal continue sa péroraison entamée en 1936 « La France est un bateau sans gouvernail ni pilote ». Il avance, lui et ses sponsors, les banques, les « 200 familles », ceux que l’existence de l’impôt indigne.

       Le reste ? C’est un tout plus connu. En juin 1940 le croupion d’un Parlement de lâches vote les pleins pouvoirs à Pétain. La milice, les rafles, les tortures, les tueries, la trahison, l’indignité forment un quotidien qui est son essence et son existence. Entre deux siestes, il rectifie de sa petite main blanche le projet de « Statut des juifs ». Qu’il rature afin de rendre encore plus grand le crime. Le 24 octobre 1940, à Montoire, en serrant la main d’Hitler il signe le pacte de leur association de criminels.

       En résumé, voilà le monument inhumain, l’homme sans qualités qu’Emmanuel Macron a célébré lors des hommages de Verdun. C’est une faute d’attention. Et un bégaiement : François Mitterrand s’est fait décorer de la Francique par Pétain, et par inadvertance.

    »» https://blogs.mediapart.fr/jacques-marie-bourget/blog/101118/petain-la...
     
    https://www.legrandsoir.info/petain-la-vie-d-un-salaud-la-persistance-des-ordures.html

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    Luc Desle


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    Pensées pour nous-mêmes:

    (CETTE PLEINE CONSCIENCE

    EST EN TOI, TU N'AS PAS

    BESOIN DE LA CHERCHER)

    ***

    "Tu pourrais sourire, quand même...

    - Dans cette position?

    - Tu n'y mets vraiment pas du tien"

    "Tu n'es souvent rien d'autre qu'un impatience futile". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

    https://boudhabar.tumblr.com/post/180029744107/maison-margiela

    ***

    "Il est super ton cha...

    - Attention à ce que tu dis!

    - Que tu es susceptible..."

    "Tu n'es souvent rien d'autre qu'un impatience futile". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

    https://boudhabar.tumblr.com/post/180002999172/takahiro-ogawa

    ***

    "Une tache? Où?"

    "Tu n'es souvent rien d'autre qu'un impatience futile". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

    https://boudhabar.tumblr.com/post/180001881382/tim-walker

    ***

    Nadine Estrella


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    Pensées pour nous-mêmes:

    (TES YEUX QUI REGARDENT LA LUNE

    NE VOIENT PAS LE SOLEIL)

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    http://scoops.canalblog.com/albums/pour_rire/photos/10159601-administration.html

    Gabriel, paysan pris à la gorge

    par une administration aveugle

     Pierre-Étienne Rault 

       Il était une fois une ferme paysanne dans le département de l’Eure. Une ferme où le temps semblait s’être arrêté. Cinq petits hectares où le culte des forces productives n’était pas parvenu à planter son dard pour y diffuser son poison.

       Durant quarante ans, un homme, Gabriel Dufils, a élevé des vaches et cultivé soigneusement son lopin de terre, vendant les fruits de son labeur sur les marchés locaux. Pendant quarante ans, Gabriel, inspiré par un modèle de sobriété, d’efficience et de bon sens, a dessiné et façonné son microterritoire. L’histoire de Gabriel aurait pu continuer ainsi, au moins jusqu’à sa retraite mais l’administration de l’Eure (la Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations, DDCSPP), aux premiers jours de l’été 2011, en a décidé autrement.

       Un contrôle a été effectué sur la ferme. Le constat a été vite posé : trois jeunes bovins appartenant à Gabriel n’avaient pas de boucles d’identification. La sanction n’a pas tardé à tomber. L’ensemble du troupeau a été immobilisé et la menace d’abattage a plané sur les trois bêtes non identifiées. Abasourdi par cette situation invraisemblable, Gabriel a alors lancé une procédure qui a abouti en 2016 à l’invalidation par le Conseil d’État du contrôle mené par la DDCSPP en juin 2011.

       Mais, entretemps, la machine administrative, aveugle, impitoyable, inhumaine s’est emballée. Elle a tenté et tente toujours d’écraser Gabriel Dufils comme elle l’a fait dans un autre département pour Jérôme Laronze, tué par un gendarme le 20 mai 2017.

       Malgré l’interdiction de vendre ou d’abattre quelques-unes de ses bêtes, le paysan acculé et sous le joug d’une menace permanente a continué de reproduire ses vaches pour pouvoir continuer à vivre du lait transformé en yaourt. Aujourd’hui, la situation de la ferme de Gabriel Dufils n’est plus supportable. Son cheptel compte désormais 16 bovins pour cinq hectares et la totalité de ses maigres revenus sert à absorber les charges d’alimentation de ses animaux [1].

       Je fais partie de ceux qui ont pénétré dans les locaux de la DDCSPP d’Évreux le mercredi 17 octobre pour exprimer leur solidarité avec Gabriel Dufils et réclamer les passeports des bovins retenus par l’administration. J’ai été témoin de l’arrogance, du mépris, de la confusion et du déni très prégnant dans les propos de la directrice de la DDPP (direction départementale de la protection des populations). Dans ces bureaux, où elle et d’autres fossoyeurs de la paysannerie officient, l’insensibilité semble être la norme et l’inhumanité la devise. Dans leur tour d’ivoire, la misère des paysans tout comme l’abattage d’animaux en pleine santé renvoient à des considérations aussi froides que désincarnées. Les chiffres et les réglementations semblent constituer des œillères pour que leurs consciences n’aient jamais à croiser le regard d’un paysan en détresse ou celui d’un animal que l’on a condamné pour sauver l’honneur d’une mise en conformité.

       Aujourd’hui, j’ai honte d’être un paysan citoyen de ce pays où l’on harcèle à travers un dispositif d’État ceux qui pratiquent une agriculture respectueuse et pourvoyeuse d’une alimentation saine et durable.

       Aujourd’hui, j’ai honte d’habiter un pays où l’on décide de la mort d’une bête au gré des humeurs administratives et des applications d’alinéas.

       Aujourd’hui, plus que jamais la désobéissance paysanne semble être la seule échappatoire pour rester digne et affranchi d’une autorité aussi délirante que macabre.

    https://reporterre.net/Gabriel-paysan-pris-a-la-gorge-par-une-administration-aveugle

    ***

    "Heu... tes seins... pour FB...

    - Rajoute qu'ils sont laiteux,

    ça leur plaira encore plus"

    http://nadchris34.tumblr.com/image/180003687634

    ***

     

    Benoît Barvin


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    Pensées pour nous-mêmes:

    (L'UTOPISTE EST CELUI QUI

    NE REGARDE PAS PAR

    LE PETIT BOUT DE LA

    LORGNETTE)

    ***

    "Miaou..."

    (Echo):

    "GRRR!!!"

    (via nadchris34)

    ***

    https://www.economiedistributive.fr/III-Une-utopie-a-faire-grandir

    « Les indignés montrent qu’il y a des choses intolérables

    et que pourtant vous les tolérez »

       Mr Mondialisation : Bonjour Mme Roudaut. Expliquez-nous pourquoi vous êtes-vous intéressée aux « utopistes, insoumis, désobéissants » ? 

       Sandrine Roudaut : Parce qu’ils sont notre salut. Les utopistes sont les seuls à pouvoir changer le monde. Historiquement et psychologiquement. Aucun progrès de l’humanité, aucun barrage à l’insupportable ne sont venus de gouvernements en place, jamais spontanément. C’est le fait de citoyens en minorité, qui défendent de nouvelles valeurs, des idées impensables dans l’époque. Le vote des femmes a été une utopie, un combat terrible, avant d’être un droit et c’était le même combat pour tout ce qui nous paraît légitime aujourd’hui. Je voulais replonger dans l’Histoire pour montrer la valeur de ces héros ordinaires, pour nous redonner confiance en nous, les citoyens. Et aussi pour qu’on arrête de s’excuser d’être engagé.

       Je voulais changer les regards sur la désobéissance. Il n’y a probablement pas de hasard si je vis à Nantes. Avec Notre Dame des Landes, le regard porté sur les désobéissants y est violent, irrationnel. J’ai entendu beaucoup d’insultes et j’ai beaucoup appris. Cela m’a forcé à savoir pourquoi je m’exposais et comment je devais le faire. Comment sensibiliser au-delà des convaincus, sans m’épuiser.

       Je crois que l’enjeu de notre époque c’est la résignation, notre plus grand risque c’est la soumission à l’autorité. Alors j’ai voulu comprendre cette vulnérabilité : pourquoi dans notre écrasante majorité, nous nous soumettons si aveuglément à des ordres fussent ils absurdes, inhumains. Je me suis plongée dans les expériences scientifiques (dont celles de Milgram) et l’époque de la collaboration. C’est passionnant.

       Mr Mondialisation : En dehors des cercles militants, les personnes qui s’engagent sont poursuivies par des nombreux clichés qui les disqualifient. Ils seraient radicaux, dépendraient du système qu’ils critiquent et seraient égoïstes. Les préjugés sont légion. Comment expliquer cette image très négative et la violence verbale à leur égard ? 

       Sandrine Roudaut : C’est ce qu’on appelle l’attaque du messager. Les engagés éveillent des sentiments insupportables. Ils défendent un autre monde, mais ce qu’on voit surtout, c’est qu’ils contestent notre monde. Un indigné montre qu’il y a des choses intolérables et que pourtant vous les tolérez. Quelqu’un qui prône un mode de vie alternatif sous-entend que vous collaborez à un modèle néfaste. En dénonçant les dégâts de notre système, en parlant de lobbies influençant les politiques, ils ébranlent nos croyances, ce cadre qui nous structure, nous soude.

       De la même manière qu’hier les Résistants étaient perçus comme des traîtres à la nation, aujourd’hui, les Suspendu(e)s, passent pour des traîtres à la cause, à la cause de la croissance. Et en plus, ils viennent nous rappeler que la nature a tout pouvoir et que nous ne contrôlons rien. Tout cela provoque la peur, la culpabilité, le sentiment d’impuissance. Tant qu’on n’est pas dans une dynamique d’acceptation et de changement, c’est insupportable, on ne peut pas se permettre de douter. Comment peut-on continuer à vivre en se disant que son mode de vie nuit à celui de ses enfants… on ne peut pas, c’est insoutenable. Soit vous affrontez et vous changez, soit vous le niez, vous faites diversion, vous « tuez » le messager.

       Ce qui suscite aussi ce regard très dur, c’est le militant aigri et intransigeant. Il y en a. D’abord, reconnaissons qu’il peut avoir des raisons de l’être vu la violence du système qu’il combat, les années de lutte et le mépris qu’il essuie. Mais c’est terrible parce que le militantisme sacrificiel et grincheux, cela n’a jamais donné envie de changer le monde. Il ne résume pas les engagés, mais c’est forcément sur celui-là que les critiques braquent le projecteur.

       Mr Mondialisation : Est-ce que les gouvernements participent à entretenir cette vision étroite du militantisme ? 

       Sandrine Roudaut : Les autorités n’ont pas intérêt à encourager l’engagement citoyen, c’est une force de progrès concurrente, à une époque où le politique a perdu sa légitimité à penser l’avenir.Et encore moins à tolérer la désobéissance civile, c’est la remise en cause de leur autorité. Alors l’objectif est de dévaloriser les mouvements pour diviser la population, montrer que cette désobéissance est antidémocratique car c’est le fait d’une minorité.

       Et ils ont raison en un sens. Ce n’est pas facile à justifier qu’une minorité se permette de vouloir changer notre monde. Pourtant c’est ainsi, ce sont des minorités (animées par une cause humaniste) qui au final font avancer la démocratie. Et puis, les désobéissants, c’est une aubaine pour les gouvernements. Diviser pour mieux régner. Le rapport à l’autorité oppose profondément les gens. La population n’aime ni le désordre, ni le conflit. L’obéissance rassure, la désobéissance terrorise. C’est assimilé à de la violence, bien avant qu’il y en ait.

       Les gouvernements et grands médias accentuent le trait en focalisant sur les casseurs. Dans une interview de 2016 un CRS était exaspéré : « Si on voulait qu’une manifestation dégénère on ne s’y prendrait pas autrement. Une manifestation qui se passe mal les médias parlent de la casse, une manifestation qui se passe bien, on parle de la cause ». Et la population regarde ce qu’ils dérangent et non ce qu’ils défendent.

       Mr Mondialisation : Enfin, les différentes lignes de fracture qui se dessinent au sein des mouvances militantes peuvent-elles également expliquer ce discrédit ?

       Sandrine Roudaut : Oui, ça c’est terrible. On est tous un « radical » pour quelqu’un et un « vendu » pour l’autre. Ne nous battons pas entre nous ! Essayons de rester concentrés sur ce qu’on défend. Nous avons un enjeu de réconciliation des différentes formes d’engagement. Faisons preuve de bienveillance. Et cela va de pair avec l’indulgence envers soi même. Il y a comme une tyrannie de la pureté. Mais personne n’est parfait, on fait tous un peu, comme on peut. Je crois que l’utopie se réalise en ordre dispersé, chacun en prend un bout. Et tout le monde est important, inspirant pour telle ou telle posture. Tardif ? Peu importe, soit le bienvenu. Précurseur, fatigué ? Repose-toi. À nous tous avec nos tempéraments, nos histoires, nos tempos différents, on avance.

       Dans les Suspendu(e)s je parle d’une population identifiée sous la Seconde Guerre mondiale, les Refusants. Par exemple c’est le policier qui tourne la tête quand un prisonnier s’enfuit. Il s’ajoute à la population des Résistants. Le résistant dénonce un système, il se bat pour construire un autre idéal et il cherche à convaincre. Le Refusant ne dénonce aucune idéologie, il ne cherche pas à convaincre et ne pense pas que son « refus » changera quoi que ce soit, mais il s’arrange pour ne pas obéir parce qu’instinctivement, humainement pour lui c’est insoutenable. Il prend moins de risque que le Résistant mais son refus est aussi essentiel car une tyrannie a besoin de bras et d’obéissants. Beaucoup de gens se sont reconnus dans ce portrait, l’image de l’engagé peut être impressionnante pour certains, c’est essentiel d’accueillir tout le monde dans cette histoire. À chacun sa sensibilité.

       Mr Mondialisation : Dans votre livre, vous défendez la thèse selon laquelle les « insoumis, utopistes et désobéissants » n’ont pas seulement une attitude négative de refus – notamment des grands projets inutiles – mais qu’ils se projettent également de manière positive dans un autre monde ?

       Sandrine Roudaut : À chaque fois que je parle d’engagement on me répond violence, austérité. Or c’est tout l’inverse derrière un « non » , il y a un grand « oui » : oui pour plus d’humanisme, de bon sens, de respect, oui pour une vie qui a un sens et qui montre à nos enfants qu’on est maître de son destin. Je suis radicalement pour la vie. C’est pourquoi je suis contre tout ce qui porte atteinte à ce que la vie a de précieux.

    Je crois que nous sommes sur terre pour s’accomplir en exerçant notre liberté et en incarnant nos valeurs. Radicalité vient de racine ! À aucun moment le dictionnaire ne parle de violence. La radicalité c’est défendre l’essentiel. L’essentiel n’est pas négociable. Mais à cette radicalité il faut adjoindre la douceur, tout comme nous sommes suspendu(e)s entre indignation et émerveillement. C’est toujours avec les deux, entre refus et propositions qu’on ne se perd pas.

       Ne pas se perdre, c’était l’autre quête que j’avais avec ce livre : est-ce que s’engager, désobéir cela rend heureux ? Est-ce qu’on ne s’épuise pas ? Est-ce qu’on ne vit pas mieux en se résignant et en rentrant dans le rang ? La vérité c’est que l’on ne peut pas taire ses prétentions sur la vie, on peut changer de relations, mais on ne peut pas renier qui on est au fond, ni sa conception du monde.

       Mr Mondialisation : selon vous, quelles seraient les conditions pour que leur combat puisse être perçu comme légitime aux yeux des masses ? 

       Sandrine Roudaut : D’abord, réapprendre l’histoire. Chaque progrès de l’humanité a été apporté par des citoyens, pas des héros extraordinaires mais des êtres imparfaits, dispersés, sans feuille de route. L’Histoire a tendance à lisser tout ça, à en faire des sauveurs et à oublier qu’ils étaient détestés. Les Suffragettes, d’autres femmes leur crachaient dessus.

       Deuxième chose : montrer les utopistes et les désobéissants. Ne les laissons pas s’épuiser, douter, ils sont le rempart à la violence. J’ai lu qu’en Belgique des policiers envisageaient une « action à la Gandhi » parce qu’ils trouvent inhumains leurs ordres sur les Réfugiés. On propage les violences policières à Calais, mais ces prétendants (de la force publique) à la désobéissance on n’en parle pas. Or ils peuvent inspirer ceux de Calais. Le monde sera ce que nous montrons : se résigner ou résister.

    http://www.spectaclesjoliette.com/spectacles/Jean-Marc_Parent2019

       Troisième chose : inspirer. C’est nous, les Suspendu(e)s, qui donnons envie, ou pas. Montrons combien s’engager est un choix positif. L’activisme permet de déposer ses peurs, il donne du sens à nos vies. On prend confiance en soi, en nous tous, c’est jouissif, souvent joyeux, pour peu qu’on soit indulgent, patient, concentré. Et si parfois on peut avoir besoin de retourner en zone de confort, c’est humain. L’altruisme ne doit pas être opposé à l’égoïsme, être engagé peut et doit faire du bien.

       Enfin réhabiliter l’Utopie. Ce n’est pas une façon de fuir la réalité ! C’est une arme pour changer la réalité. Un utopiste croit en une humanité qui mérite mieux. Exiger la justice, le respect, la dignité, c’est légitime donc non négociable. En cela l’utopie s’oppose aux « transition », « croissance verte », « label responsable» tels que les gouvernements et les grandes entreprises les envisagent. Ce sont des leurres, cela ne marche pas et c’est insuffisant. 

       On ne fait que mettre à jour un système fondamentalement obsolète, on fait comme avant en moins pire. Ce qui est déjà terrible en terme de frein au changement. C’est douloureux de changer, de raboter son fonctionnement confortable, alors que c’est galvanisant d’être bâtisseur d’un autre monde. Dans le premier cas on a l’œil sur le rétroviseur on regarde ce qu’on va perdre, on se justifie, on négocie des objectifs. Allez -20% de CO2. On n’a fait que s’imposer des contraintes. C’est frustrant. On n’a pas changé de logiciel.

       Dans le cas de l’utopie, on est entièrement tendu vers une ambition, celle de l’irréalisé, le champ des possibles s’ouvre à vous. Quand on part d’une page blanche, on vise l’essentiel et l’essentiel c’est toujours évident et radical. Les premiers citoyens à s’élever contre l’esclavage ont réclamé son abolition. Il y a fort à parier que si c’était venu des gouvernements en place ils auraient tout au plus envisagé un esclavage soft, pour faire le parallèle avec aujourd’hui : une « transition esclavagiste » ou un « esclavagisme responsable ». Et donc on aurait réduit de 20% les coups de fouet ? 

       Ça nous paraît totalement dingue ! Personne ne se serait battu pour des miettes de dignité. On se bat pour un autre monde pour quelque chose qui nous dépasse et nous grandit. L’être humain a besoin de désir pour surmonter sa peur. Nos petits objectifs de « croissance verte» et de COP c’est la même chose, on ne fait que réduire les coups de fouet. L’insoutenable reste. Allez on négocie sur le diesel, on s’autorise combien de cancers, quel pourcentage d’enfant asthmatique, quelles espèces animales et végétales on sacrifie, une sur deux ? Non seulement on ne négocie pas avec son humanité, non seulement ça ne met personne en mouvement mais en plus ça ne permet pas d’innover. C’est l’abolition radicale de l’esclavage qui a déclenché l’invention de la machine à vapeur pour remplacer les bras humains. L’utopie libère notre inspiration. Libérons l’utopie !

    https://mrmondialisation.org/les-indignes-montrent-quil-y-a-des-choses-intolerables-et-que-pourtant-vous-les-tolerez/

    ***

    Luc Desle


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    Pensées pour nous-mêmes:

    (LE CHEMIN DE LA VÉRITÉ

    NE PASSE JAMAIS

    PAR CELUI DU MENSONGE)

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    "Pourquoi tu me réveilles?

    J'dormais si bien...

    J'me recouche, tiens,

    ça t'apprendra"

    http://nadchris34.tumblr.com/post/179756367379

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    "Dimanche, jour des câlins..."

    http://nadchris34.tumblr.com/post/179730088984/ykana-via-51-pinterest

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    "J'vous z'aime pas.

    - Nous non plus!

    - Ben... Vous z'avez pas le droit.

    Y'a que moi qu'ai l'droit de

    pas vous z'aimer.

    - Nous, on te déteste..."

    http://nadchris34.tumblr.com/post/179697457209/davidurbanke-brandon-by-david-urbanke

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    Blanche Baptiste


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    Pensées pour nous-mêmes:

    (LA MORT USE LA VIE

    SUR LE LONG TERME)

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    "Nadine, sors de là, j'ai vu tes mains!

    - C'est pas vrai!"

    http://nadchris34.tumblr.com/post/179729642504/

    boldrain-changing-time-ramona-zordini

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    http://www.esj-entreprise.fr/actualite-communication/lhumour-version-cgt/

    Un attentat contre Macron ?
    Inutile, il se flingue lui-même

       Sondages désastreux. Il serre des mains (sélectionnées) en demandant « Vous allez bien ? », fait du vélo, renouvelle le gouvernement, parle et parle encore dans les médias, se sépare de Benalla, enlace le torse nu d’un éphèbe (et délinquant) musclé en sueur, marche dans la boue des villages inondés, ratisse à droite en chantant « Maréchal nous voilà », rien n’y fait : le lien avec le peuple est rompu.

       Que faire ? Bidonner un attentat contre lui dans les jardins de l’Observatoire, comme Mitterrand ? Ça n’avait pas bien marché. Se faire mitrailler pour de bon au Petit Clamart, comme De Gaulle ? Trop risqué.

       Et si on arrêtait six fachos qui auraient éventuellement projeté (paraît-il) d’accomplir un jour peut-être, d’une façon à définir, une agression hypothétique contre lui ? D’après « une source proche du dossier » on sait qu’il« s’agirait d’un projet imprécis, inabouti d’action violente »et même que « Les investigations en cours doivent permettre d’établir la réalité et la nature exacte de cette menace ». Donc, on n’est même pas sûr qu’il y ait eu un projet.

       Cependant, le ministre de l’intérieur s’est dit « attentif aux menaces venues notamment des mouvements extrémistes de droite comme de gauche, très actifs sur notre territoire ». En vérité, les six interpellés sont d’extrême-droite, mais pourquoi se priver d’un petit coup en vache contre l’autre, là, l’extrémiste de gauche, oui, vous m’avez compris, le perquisitionné insoumis.

       La vérité est ici : le seul endroit où Macron est en sécurité sans être entouré d’une nuée de fourgons de police, de voitures noires, de motards, de cordons de CRS, de dizaines de policiers en civil, est le palais de l’Elysée (à vérifier pour les appartements privés).

       Théophraste R. (Auteur du Manuel : « Comment faire don de votre personne à la France des Gaulois irréformables, buveurs, illettrés, fainéants et fouteurs de bordel  »).

       PS. Lu quelque part après la « bourde » de Macron sur Pétain : « Il aurait dû épouser sa professeur d’Histoire  ». Ha ! Ha !

    https://www.legrandsoir.info/

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    Benoît Barvin


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     Pensées pour nous-mêmes:

    (RÊVES-TU QUE TU ES UNE LARVE

    RÊVANT QU'ELLE EST PAPILLON?)

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    I have always imagined that Paradise will be a kind of library.

    - Jorge Luis Borges

    (via farside3)

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     https://www.huffingtonpost.fr/xavier-delucq/centrafique-quelle-misson_b_4414728.html

    En Centrafrique, la riposte

    de la France face à la Russie

       Lors de sa visite en Centrafrique le 2 novembre, le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian, a annoncé le versement d’une aide de 24 millions d’euros et la livraison d’armes. Pour cet éditorialiste burkinabé, Paris tente de contrer “l’intrusion”jugée “inacceptable” de Moscou dans cette ancienne colonie française.  “La Russie semble mettre un point d’honneur à jouer, depuis plus d’un an, un rôle déterminant en Centrafrique”note Le Pays.

       Le quotidien burkinabé rappelle que Moscou a déjà livré des armes après avoir obtenu des Nations unies la levée de l’embargo. Le pays participe à la formation de l’armée centrafricaine. Il a aussi “réussi le tour de force” d’entamer des négociations entre le pouvoir central et les groupes armés.

       Malgré la fin de la guerre civile en 2014, plusieurs régions centrafricaines restent en proie à la violence. Soutenue par les Nations unies et la France, une médiation de l’Union africaine (UA) a été lancée en juillet 2017 pour tenter de restaurer la paix. Mais le processus est critiqué pour sa lenteur et son manque d’efficacité. En parallèle, une médiation a été mise en œuvre par la Russie. Autant de victoires, peut-on dire, à l’actif de la diplomatie russe. Et cela n’est pas de nature à plaire à l’ancienne puissance coloniale [1905-1960], la France.”

       “Cette ‘intrusion’ de la Russie dans ce pré carré de l’Hexagone est d’autant plus inacceptable pour nos ‘ancêtres les Gaulois’ que la République centrafricaine (RCA) représente, pour ces derniers, un double enjeu”, estime l’éditorialiste.

       D’une part, un enjeu géostratégique, car le “positionnement de ce pays au cœur du continent noir offre des opportunités intéressantes en termes d’installation de bases militaires”.

       D’autre part, un enjeu économique “lié à l’immensité des richesses du sous-sol de l’ex-Oubangui-Chari [ancien nom de la République centrafricaine], qui est, en effet, gâté par la nature”. Le pays regorge de réserves de diamants, d’or et d’uranium. Et ce serait une perte sèche pour la France, elle qui a toujours eu la haute main sur les richesses de ce pays pendant et après la colonisation, de voir la Russie lui chiper cette manne.”

       Mais, pour le journal, si la France est bousculée aujourd’hui en RCA par la Russie, c’est parce que, quelque part, “elle a prêté le flanc”.

       Paris a ainsi pris la responsabilité de ne pas reconduire l’opération militaire française Sangaris, effective de 2013 à 2016. “À cela, il faut ajouter l’annulation, à deux reprises, de la venue de Florence Parly, la ministre des Armées.” Et comme la nature a horreur du vide, la Russie, en bonne opportuniste, a vite fait de l’occuper.”

       Le Pays demeure toutefois critique à l’encontre du nouvel acteur russe : “Il faut plus que des kalachnikovs pour rapprocher les Centrafricains afin qu’ils se mettent ensemble pour construire le pays.”

       Le journal plaide pour l’action de Paris : “La RCA ne peut pas s’offrir le luxe de se priver de l’apport de la France. Car, quoi qu’on en dise, les Français, de par les aléas de l’Histoire, ont une parfaite connaissance de ce pays. Ce qui est loin d’être le cas de la Russie.” Et l’avènement du jeune Emmanuel Macron au pouvoir est une opportunité pour les deux pays, permettant d’envisager une coopération sous un jour nouveau.”

    https://www.courrierinternational.com/article/en-centrafrique-la-riposte-de-la-france-face-la-russie

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    Benoît Barvin


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