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    Pensées pour nous-mêmes:

    (DIRE BONJOUR AU SOLEIL
    N'EST PAS DIRE AU-REVOIR A LA LUNE)

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    TEXTE POUR LES N'ENFANTS (2)
    Pcc Benoît Barvin



    Michel-et-Marguerite

    LE SCOUBIDOU-VAMPIRE 

       Le jeune Mohamed habitait un quartier pauvre de Paris. Son père, Saïd, était manoeuvre sur des chantiers et sa mère, Fatima, s’occupait de ses six frères et soeurs. Quand elle le pouvait, elle faisait aussi des ménages. La famille de Mohamed n’avait pas beaucoup d’argent et pourtant le jeune garçon était heureux. Tout le monde l’aimait car il souriait toujours et remontait le moral de ses copains. A l’école, il en avait beaucoup. Parmi eux se trouvait Charles-Edmond. 

       Mohamed admirait beaucoup Charles-Edmond qui était riche. Son papa et sa maman avaient chacun une voiture. Le père de Charles-Edmond travaillait à la Mairie de l'arrondissement et sa mère s’occupait de bonnes oeuvres. 

       De son côté Charles-Edmond méprisait en secret Mohamed. Il le jalousait beaucoup car, en dépit de sa « saleté » (prétendait-il) et de sa pauvreté, Mohamed était un garçon intelligent. Il travaillait bien en classe, récoltait de nombreux bons points alors que Charles-Edmond était dissipé pendant les cours et subissait de nombreuses punitions. Il se contentait de bourrer son cartable de jouets qu’il cassait systématiquement à chaque récréation. 

       Un jour, après que Mohamed ait récolté de nouvelles félicitations de la part de la Maîtresse, Charles-Edmond en fut tellement jaloux qu’il décida de faire une farce à son « copain ». 

       A la récréation, avec des airs de conspirateur, il fit venir Mohamed dans un endroit retiré. Il sortit de sa poche un petit sac cacheté par une ficelle et dit, en le tendant à son camarade : « Tiens, c’est pour toi. Un cadeau. » 

       Mohamed ne se tenait plus de joie. En frissonnant de plaisir il sortit la surprise enclose dans le sac. Il s'agissait d'un scoubidou. Le scoubidou, vous savez tous ce que c’est : il s’agit d’une longue tige tressée avec des fils de plastique multicolores. La torsade était chaude et amicale dans la paume de sa main. Mohamed remercia son copain avec effusion, ne voyant pas le sourire ironique de Charles-Edmond. 

       Ce n’est qu’au moment où Mohamed rentrait chez lui à pieds, alors que Charles-Edmond montait dans la voiture de sa mère, que ce dernier lui cria:  « Ah, j’oubliais un détail. Ce scoubidou est particulier. C’est un vampire. La nuit il suce le sang des enfants ! » 

       Content du bon tour qu’il avait joué, Charles-Edmond claqua la portière en riant aux éclats. 

       Mohamed cacha bien soigneusement le scoubidou-vampire dans son cartable. Dans l’appartement, il ne souffla mot de sa présence mais, ce soir-là, il ne mangea que du bout des lèvres. Il traîna un moment avant de se coucher et, pendant toute la nuit, il resta éveillé pour empêcher que le scoubidou-vampire ne s’attaque à ses frères et sœurs. 

       Ce fut la nuit la plus longue qu’il vécut jamais. Les heures, les minutes, les secondes lui parurent interminables. Quand, exténué, il piquait du nez, il avait tôt fait de soulever les paupières pour jeter un coup d’oeil angoissé en direction de son cartable. Celui-ci semblait luire doucement dans l’obscurité...
       
       Mohamed s’interrogeait alors avec angoisse. Le scoubidou-vampire n’allait-il pas, d’un seul coup, se libérer et attaquer toute la maisonnée ? Comment, alors, Mohamed pourrait-il l’en empêcher ? Il ne connaissait rien aux scoubidou-vampires et regrettait d’avoir accepté ce présent. 

       Lorsque le jour parut, notre ami poussa un long soupir de soulagement. Le cadeau empoisonné ne s’était pas manifesté. Avec un peu d’appréhension, avant d’aller à l’école, le jeune garçon ouvrit finalement son cartable. 

       Quelle ne fut pas sa surprise de constater que, pendant la nuit, le scoubidou-vampire avait disparu ! Il se rappela que la fenêtre de la chambre était entrouverte. le minuscule vampire en avait peut-être profité? 

       Lorsque Mohamed arriva dans la cour de l’école, il aperçut au loin Charles-Edmond. Il s’approcha de lui pour le prévenir du danger. Il remarqua immédiatement le bandage que son copain portait autour du cou. Quand, après avoir parlé du scoubidou, Mohamed demanda à Charles-Edmond d’enlever la petite bande de tissu, ce dernier refusa en tremblant. Il était blanc comme un linge et finit par avouer, à mi-voix, que le scoubidou-vampire l’avait attaqué pendant la nuit. 

       « Il a surgi de nulle part, confessa-t-il, apeuré. Il m’a mordu en me disant que c’était pour me punir de ma… heu, méchanceté. Puis il a disparu ». Et le jeune garçon se mit à pleurer. A travers ses larmes il jura à Mohamed que jamais, plus jamais, il ne lui ferait subir d’aussi vilaines blagues. 

       Charles-Edmond a tenu parole et, aujourd’hui, lui et Mohamed sont les meilleurs amis du monde. Ils vont d'ailleurs tous deux présenter une Grande Ecole qui les mènera au sommet de l'Etat...


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    "Heu... Ton sourire est un peu figé, je trouve..."


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    (Même les morts ont des besoins...)


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    "Hem... Je la lui mets où, cette épée?
    - Ben..."


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    (La charmeuse de papillons en pleine action)


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    Blanche Baptiste

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