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    Pensées pour nous-mêmes:

    (LA VRAIE REUSSITE
    SE RIT DE L'EGO)

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    (Entre le canard vibrant et sa maîtresse, c'était
    la guerre ouverte pour une banale
    question de pile...)



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    (Politiciens s'apprêtant à occuper 
    de hautes fonctions)



    Leur monde n’est pas le nôtre, 
    notre monde n’est pas le leur


       (...) « Nous disons que l’État est partie prenante des antagonismes de classe, que l'État représente une classe. La bourgeoisie cherche à préserver une partie des étudiants, futurs cadres de la société. Nous allons nous expliquer directement dans la rue, nous allons pratiquer une politique de démocratie directe. » Daniel Cohn-Bendit (quand il était bon) (pas encore vendu?)

       On hésite entre désœuvrement et curiosité malsaine. Mais la dernière et génialissime trouvaille de la chaîne de télé D8 (filiale de Canal+) m’a laissé pantois. Loin de se satisfaire du décervelage quotidien auquel  ce média tente, vaille que vaille, de nous habituer c’est dans quelques semaines une nouvelle facette de la téléréalité que l’on pourra regarder.

       Qu’on en juge : le concept est d’une simplicité biblique. Il s’agit de grimer, maquiller, perruquer des hommes et des femmes politiques connus. Du gros calibre, pointure Michèle Alliot-Marie, Julien Dray, ou Thierry Mariani. On voit le genre… Ces sinistres imbéciles, qui n’ont sans doute que ça à faire, vont alors se fondre dans l’anonymat d’un monde totalement étranger à leurs yeux, celui de la vie quotidienne, du ticket de métro et du kilo de bananes.

       C’est assez dire à quel point la déconnexion entre ceux qui décident et les citoyens est totalement consommée. C’est une tentative de rapprocher les élus de la vie quotidienne, essaye de justifier la chaîne.

       La tentation est grande de regarder autre chose ou de ne rien regarder du tout mais reste que cette pantomime demeure caractéristique de l’humeur du temps et surtout du mépris de cette caste politique pour tout ce qui n’est pas elle-même. Mais grands sont les dangers rencontrés de plus en plus souvent, la déclamation péremptoire « Tous pourris ! », la menace de ne plus aller voter et de réfugier frileusement dans ce qu’on n’a jamais essayé : suivez mon regard.

       Mais ces singeries y incitent pourtant vertigineusement. Car enfin, Alliot-Marie en fliquette pour voir comment ça fait, Dray en professeur de lycée ou Mariani en brancardier et pourquoi pas Jean-Marie Bigard en artiste comique, Florent Pagny en chanteur ou Marine Le Pen en étron pour marcher dedans du pied gauche ?

       Donc, complètement méconnaissables, huit élus ont, dans le plus grand secret, accepté d’être plongés le temps d’un tournage dans une réalité qui n’est pas la leur. Bon, le temps d’un tournage seulement. On a failli se les coltiner pour de vrai pendant des lustres et des lustres. Voilà enfin ce qui incite à l’antiparlementarisme, au rejet de la classe dominante, un ridicule achevé. Se rendent-ils enfin compte qu’ils ne sont pas là à leur place, ni dans celle qu’ils occupent. Intrusion intolérable, voyeurisme, décidément leur monde n’est pas le nôtre et, soyons optimistes, notre monde n’est pas le leur.


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    Luc Desle

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