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    Pensées pour nous-mêmes:

    (TU N'ATTRAPERAS JAMAIS
    TOUTES LES GOUTTES D'EAU DU RUISSEAU)

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    LONG RÉCIT AU LONG COURS (1/39)
    pcc Benoît Barvin et Blanche Baptiste

       Elaine Cantagril et l'apothicaire du village se sont rencontrés, et la jeune femme tombe peu à peu sous le charme de cet homme mystérieux...

    ANGÉLUS 
    ou 
    LES SECRETS DE L’IMPALPABLE

    Florence: le Ponte Vecchio et l'Arno au XVIIIème siècle (Tableau de Moricci)



    CHAPITRE 15

       Angélus n’avait eu aucun mal à trouver la boutique de Maître Pavèse, via Calimala. C’était la plus belle pharmacie de Florence, située près de la Piazza della Signoria. La vitrine était toute enluminée de dorures serpentines et, derrière les vitres, s’étalaient des bocaux multicolores savamment disposés, de sorte que les regards ne pouvaient qu’être attirés par ces rouges, ces jaunes, ces verts et ces bleus flamboyants.

       Angélus avait attendu quelques jours avant de se présenter. Il avait loué un meublé ensoleillé, au dernier étage d’une maison donnant sur les quais, près du Ponte Vecchio. Là, il avait préparé son entrevue avec Maître Pavèse, désireux de donner de lui la meilleure impression possible. Il avait confié ses vêtements à une lingère, était allé chez le coiffeur pour la première fois de sa vie. Sa chevelure retombait de chaque côté, l’auréolant d’or et, grâce à ses yeux où le vert prédominait, il avait noble allure. On remarquait à peine son visage marqué, notant seulement le regard où se lisait une vive intelligence. Il se présenta à Maître Pavèse en usant d’un italien très acceptable.

       Ce dernier se crut obligé de toiser longuement le jeune homme, puis il chaussa des binocles et lut la lettre de Monsieur Fumel remaniée par Angélus. Il dit enfin, d’une étrange voix cassée.

       - Je lis que vous avez, Signorino, beaucoup de talent, et je suis d’un naturel très curieux, savez-vous ? Si vous voulez me montrer de quoi vous êtes capable, je vous enseignerai à mon tour tous les secrets de mon art.

       En un rien de temps, Angélus s’était retrouvé dans le laboratoire, devant un comptoir de marbre et différentes tables où se côtoyaient des mortiers de bronze, d’agate et d’albâtre, des ballons de cristal, des appareils à distiller de toute beauté, des pots en faïence et en porcelaine.

       Derrière une table encombrée de fioles, deux apprentis maniaient des ustensiles tout en jetant des coups d’oeil curieux vers Angélus. Celui-ci avait remarqué, sur le front dégarni de Maître Pavèse, une tache brunâtre qui venait gâter le teint de ce quinquagénaire. D’ici quelques années, cette tache pouvait essaimer et envahir tout le crâne de l’apothicaire. Angélus en avait vu bien des échantillons lorsqu’il était à Fontseranne, à commencer par celles qui ornaient la tête de son père. Le remède était simple pour lui qui reconnaissait, à vue d’œil, la texture exacte de n’importe quel épiderme.

       Il se fit apporter par un des apprentis de la poudre de calcine, des essences de sauvagine, ainsi que des huiles de moutarde et de sésame. Il fit de tout cela un savant mélange, puis conditionna l’émulsion obtenue dans un petit pot de verre.

       - Voici, Maître, un baume qui effacera en quelques heures la marque que vous avez sur le front. Si vous renouvelez son application chaque jour, elle n’apparaîtra plus.

       - Ce serait vraiment un prodige que de pouvoir gommer les stigmates de l’âge, aussi rapidement et simplement. Mais je vous fais confiance...

       Au bout de trois heures, le front de Maître Pavèse ne portait plus sa disgracieuse tache brunâtre et Angélus pouvait se considérer d’ores et déjà comme faisant partie de la célèbre officine florentine.

       Maître Pavèse, devant un associé aussi éclairé que brillant, se montra dès lors très aimable et ne lui occulta aucun de ses secrets. Il se noua entre eux une complicité extraordinaire qui, curieusement, ne fit pas de jaloux dans la boutique, car le patron généralement très sévère, taciturne, pour ne pas dire acariâtre, était devenu au contact d’Angélus affable et rayonnant, comme aux premiers jours de son exercice dans la profession.

       Angélus était cependant très ennuyé par la tournure que prenaient ses propres cicatrices. Lorsque le vent d’ouest soufflait, charriant avec lui toute l’humidité de la mer, il ressentait alors sur tout son corps des démangeaisons puis, sur les zones brûlées, des tiraillements qui ne lui laissaient pas de repos.

       Un jour de janvier, alors que la nuit avait été particulièrement difficile, il avait été questionné par Maître Pavèse sur son état de santé.

       - Tu me sembles fatigué Angélino, et cela m’inquiète. D’autre part, je crois qu’il serait bon que tu t’occupes un peu plus de ta santé. Je sais que tes brûlures t’ont laissé des traces indélébiles, mais comment se fait-il, avec toute la prescience que tu possèdes, que tu ne trouves pas de remèdes à tes séquelles?

       - J’ai bien essayé Maître, et suis déjà parvenu à quelques résultats mais, actuellement, tout ce que j’avais pu obtenir a tendance à régresser, par phase. J’avoue aussi manquer de temps. Vous savez combien les formules que j’envoie à Monsieur Fumel m’accaparent.

       - Oui, je ne le sais que trop. A ce propos, je viens de recevoir un courrier de Nice où les affaires marchent à merveille, comme ici d’ailleurs, et pour une bonne part grâce à toi. Il est, je crois, grand temps que tu prennes quelques congés. Monsieur Fumel n’y verra pas d’inconvénient, je pense, et moi, je ne peux que te pousser à guérir et à retrouver une apparence digne de ta personne et de ton âge. Tu peux être le plus brillant des dermatologues et il convient que tu sois à la hauteur des miracles que tu sais prodiguer aux autres. Qu’en dis-tu?

       Devant tant de nobles sentiments, Angélus en eut les larmes aux yeux.

       - J’accepterais volontiers, répondit-il reconnaissant, si vous me laissez venir poursuivre mes analyses dans votre officine.

       - C’est entendu. Tu feras la connaissance de Giorgio, mon commis, qui s’en revient justement de sa tournée en France. C’est un garçon fort sympathique et dévoué.
    ***
    (A Suivre)

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    (Le super cadeau pour la fête des pères
    à mon super papa ne plut pas
    beaucoup à ma super maman)


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    "Moi, mon papa, c'est un super héros,
    comme moi quand je vole dans l'espace
    pour m'emparer d'une tablette de chocolat
    cachée dans le buffet de la cuisine"


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    "Houps! Heu... Joyeuse fête des pères, Hulk!
    - Hulk pas marié..."


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    "Que je vous souhaite votre fête?
    Mais, Monsieur, vous n'êtes pas mon père!"


    Wilhelm Volz — 1902

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    Blanche Baptiste

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