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    Pensées pour nous-mêmes:

    (LA VIE EST PLEINE DE

    DÉLICIEUX INCONVÉNIENTS)

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    "Chéri! T'as descendu la carpette?"

    Source: everythingstarstuff

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    http://www.afleurdepau.com/humour-animaux/dinosaures/index.php

    Paléontologie. 

    “Patagotitan mayorum”, le plus gros

    dinosaure à avoir foulé la Terre

       De gigantesques os fossilisés déterrés en Argentine auraient appartenu au plus gros animal à avoir marché sur la Terre. “Ces fossiles, qui comprennent des vertèbres et des côtes, proviennent de six dinosaures jeunes adultes. Ils ont tous été découverts dans la même carrière en Patagonie”, précise le magazine scientifique grand public New Scientist.

       Baptisée Patagotitan mayorum, cette espèce appartient à la famille des sauropodes, des quadrupèdes herbivores. Les scientifiques estiment que les individus de cette espèce mesuraient près de 40 mètres de long, 20 mètres de haut et pesaient jusqu’à 80 tonnes“C’est 10 % plus gros que le précédent record, un autre titanosaure argentin, appelé Argentinosaurus”, souligneThe Atlantic.

       “Quatre ans après la découverte de cette nouvelle espèce, les scientifiques confirment ses grandes dimensions, la baptisent et détaillent ses caractéristiques évolutives dans la revue Proceedings of the Royal Society of London [en ligne le 9 août]”, indique El PaísJosé Luis Carballido, paléontologue au musée de Paléontologie de Trelew, en Argentine, qui a codirigé les fouilles, précise au journal espagnol : Le plus impressionnant, en plus de la taille, c’est la quantité et l’excellent état de conservation des restes trouvés.”

       Pour le site El Patagonico, ces fossiles constituent par ailleurs une “pièce clé pour expliquer le gigantisme” des dinosaures qui vivaient dans la région au Crétacé, il y a plus de cent millions d’années. Les raisons pour lesquelles ces animaux sont devenus si gros sont en effet mal connues, même si l’on sait qu’à cette même période la flore s’est largement diversifiée et le climat s’est réchauffé.

       Charlotte Brasey, chercheuse à l’université Manchester Metropolitan qui n’a pas participé à l’étude, aimerait également savoir “comment” ils sont devenus énormes : “Ont-ils changé la forme de leur squelette ou la façon dont ils grandissaient ? Leur métabolisme ou leur comportement ont-ils été modifiés ? Ou tout cela à la fois ?”s’interroge-t-elle dans The Atlantic. Des travaux à venir permettront certainement d’émettre de nouvelles hypothèses quant à l’évolution des dinosaures.

    http://www.courrierinternational.com/article/paleontologie-patagotitan-mayorum-le-plus-gros-dinosaure-avoir-foule-la-terre

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    Benoît Barvin


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    Pensées pour nous-mêmes:

    (LA DÉRAISON DU PLUS FORT

    EST HÉLAS CATASTROPHIQUE)

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     "Hello, Amanda, t'as l'air super joyeuse, dis-moi!

    - J'ai une nouvelle culotte, hihihi, et elle est très jolie!"

     https://atomic-chronoscaph.tumblr.com/post/162729340898/tgif

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     http://www.huffpostmaghreb.com/2014/07/30/caricatures-gaza_n_5634133.html

    Comment Gaza a été réduite

    à une enclave invivable

    (Al Jazeera)Michael LYNK

     

       Gaza et Tel Aviv se trouvent à seulement 75 kilomètres l’une de l’autre. Les deux villes partagent le même sol sablonneux et les mêmes étés brûlants du Levant. Mais les similitudes s’arrêtent là. Si on prenait la nuit une image satellite de la Méditerranée orientale on verrait sur Tel Aviv un flamboiement de lumière incandescente, et seulement quelques petites lumières pâles, un peu plus loin, sur le rivage de Gaza.

       Gaza arrive dans son troisième mois de la restriction, imposée de l’extérieur, de son accès déjà insuffisant à l’électricité. L’enclave de deux millions de personnes nécessiterait normalement environ 450 mégawatts (MW) d’électricité par jour pour avoir de l’électricité 24 heures sur 24. Cependant, au cours de la dernière décennie, du fait du rigoureux blocus israélien de Gaza, sa fourniture d’énergie est passée à quelque 200 MW, ce qui a entraîné des pannes de courant continuelles. Mais au cours des derniers mois, selon l’organisation israélienne des droits humains Gisha, la fourniture d’électricité de Gaza a varié chaque jour entre 140 MW et 70 MW, rallongeant d’autant les pannes et les souffrances de la population.

       La première cause de la pénurie d’électricité réside dans le différend entre l’Autorité palestinienne (AP) et le Hamas sur la taxation des carburants. Cela a incité l’Autorité palestinienne à demander à Israël de réduire les 120 MW qu’il vendait quotidiennement à Gaza, à environ 70 MW, et Israël l’a fait.

       Une deuxième source d’électricité de Gaza est l’unique centrale électrique de Gaza, qui ne peut produire que 50-55MW par jour (et seulement, quand il est possible d’importer du carburant d’Egypte). La centrale électrique a été gravement endommagée par les bombardements israéliens en 2006 et à nouveau en 2014, et Israël a limité l’entrée de pièces de rechange à Gaza. Si l’usine était entièrement opérationnelle, elle pourrait produire environ 140 MW.

       La troisième source d’approvisionnement en électricité de Gaza provient de l’Égypte, qui fournit environ 28MW par jour, avec actuellement beaucoup de coupures. Et la quatrième source est constituée de panneaux solaires individuels et de générateurs que seuls les plus aisés peuvent s’offrir.

       Les conséquences sociales de cette terrible pénurie d’électricité sont graves. Les ménages sans générateurs ou sans panneaux solaires - la grande majorité des Gazaouis - ont entre 4 et 6 heures d’électricité par jour dans le meilleur des cas, suivies de 12 à 16 heures de coupure. Les hôpitaux sont obligés d’avoir d’énormes générateurs et de rationner l’électricité. Les commerces et les entreprises sont obligés de fermer. Plus de 100 millions de litres d’eaux usées non traitées se déversent quotidiennement dans la Méditerranée, polluent les plages et les lieux de pêche. Il faut acheter la nourriture au jour le jour et la consommer rapidement. Le service Internet - le seul lien de presque tous les Gazaouis avec le monde extérieur - est sporadique. Et il y a peu d’électricité disponible pour la climatisation et les ventilateurs permettant de lutter contre la chaleur étouffante de l’été. (...)

       (...) L’équipe de pays des Nations Unies (UNCT) dans le territoire palestinien occupé a récemment publié un rapport sans concession (PDF), sur l’impact humanitaire des 10 ans de blocus israélien de Gaza et des divisions politiques internes des Palestiniens. Ses conclusions sont terribles : l’appauvrissement de Gaza est entièrement dû à des décisions humaines, et non à des causes naturelles.

       L’année 2007 a été le début de la fin pour Gaza. En juillet de cette année-là, Israël a imposé un blocus total à la bande de Gaza en déclarant qu’elle était une « entité ennemie ». La vie avant 2007 à Gaza était déjà très difficile, mais depuis elle est devenue catastrophique et sans espoir. Gaza, dont on a pu dire autrefois qu’elle était la future « Singapour du Moyen-Orient », est devenue le symbole de la misère la plus horrible.

       Selon le rapport de l’ONU, entre 2006 et 2016, le produit intérieur brut (PIB) de Gaza par habitant a diminué de 5,3 %, alors qu’il a progressé de 48,5 % en Cisjordanie occupée. En 2004, 30% de la population vivait déjà sous le seuil de la pauvreté et il y en a 40% aujourd’hui. Gaza souffre de l’un des taux de chômage les plus élevés au monde, soit 41% fin 2016. Plus de 60 % des Gazaouis qui ont entre 20 et24 ans sont sans travail et le taux de chômage des femmes a augmenté de 35% à 64% entre 2006 et 2016. En 2017, plus de 60% de la population dépend partiellement ou totalement de l’aide humanitaire. Selon d’autres rapports, la violence sexiste, les divorces, les suicides et la consommation de drogues sont en augmentation régulière.

       Les secteurs économiques traditionnels de Gaza se détériorent. L’agriculture, l’exploitation forestière, la pêche et la production industrielle sont tous en déclin et la principale source de croissance provient, tragiquement, de la reconstruction des quartiers détruits lors des trois agressions israéliennes des neuf dernières années.

       Israël contrôle tout ce qui rentre et sort de Gaza ; le nombre moyen de camions de marchandises sortant de Gaza au cours des cinq premiers mois de 2017, n’est même pas le tiers de ce qu’il était au cours du premier semestre de 2007. « La dégringolade économique de Gaza au cours de la dernière décennie », indique le rapport de l’ONU, « est le signe incontestable du recul du développement de la bande de Gaza. »

       La situation de l’eau potable à Gaza est désespérée. La surexploitation destructrice de l’aquifère côtier a provoqué des irruptions d’eau de mer, et 96 % des eaux souterraines sont maintenant impropres à la consommation humaine.

       La moitié de la population a accès à l’eau pendant seulement huit heures tous les quatre jours et 30 % des habitants ont de l’eau pendant huit heures tous les trois jours. L’eau des camions citernes est 15-20 fois plus chère que l’eau du réseau, et elle n’est pas de bonne qualité. Comme pour tous les produits rares, ce sont les pauvres et les personnes en état de faiblesse qui sont les plus touchés. Un nouvel accord sur l’eau entre Israël et l’Autorité palestinienne, annoncé récemment, pourrait soulager un peu la population, mais pour bien, il faudrait que Gaza parvienne à l’autosuffisance grâce à des usines de désalinisation et à une production d’électricité sécurisées.

       Le rapport de l’ONU rappelle au monde entier qu’Israël demeure la puissance occupante à Gaza, car il contrôle ses frontières terrestres, maritimes et aériennes, même s’il n’a plus de « bottes au sol ». En tant que tel, il a l’obligation juridique d’assurer la santé, la dignité et le bien-être de la population. Le rapport souligne en particulier, que « les nombreuses restrictions imposées par Israël à la fois sur les mouvements des personnes et sur les biens entrant et sortant de Gaza violent toute une série de droits humains élémentaires tels que le droit à la liberté de mouvement et ... le droit à la santé, à l’éducation, à un travail, à un niveau de vie décent et à une vie de famille ». Les autres acteurs qui sont responsables de Gaza - le Hamas, l’Autorité palestinienne et l’Égypte - ont également le devoir légal de respecter les standards humanitaires et les droits humains, ce qui n’a pas toujours été le cas au cours des dernières années.

       En 2012, l’ONU a publié un rapport intitulé « Gaza en 2020 : pourra-t-on encore y vivre ? » (PDF). Ce rapport était inquiétant, mais le dernier rapport de l’ONU est désespérant. Il conclut que Gaza, en cinq ans, a été victime d’une « spirale descendante de développement », qui a enfermé les habitants de Gaza dans un cercle vicieux de crise humanitaire et de dépendance perpétuelle à l’aide humanitaire. »

       Il ne reste que trois ans avant 2020, et le rapport souligne que, s’il n’est pas mis fin à la situation actuelle, Gaza deviendra encore « plus isolée et plus désespérée » avec le risque de conflits encore plus dévastateurs et d’une économie encore plus exsangue. Si rien n’est fait, il vaut mieux cesser de nourrir l’espoir d’une réconciliation politique entre les Palestiniens et d’une paix durable entre Israël et la Palestine. Alors, est-ce que les images satellites de la nuit à Gaza montreront bientôt quelques lumières ?

    Michael Lynk est le rapporteur spécial des Nations Unies pour les droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés par Israël depuis 1967. Il a été nommé en 2016. Il enseigne également à la Faculté de droit de l’université de Western Ontario (London, Ontario, Canada)

    »» http://www.aljazeera.com/indepth/opinion/2017/07/gaza-unlivable-place-...

    https://www.legrandsoir.info/comment-gaza-a-ete-reduite-a-une-enclave-invivable-al-jazeera.html

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    Luc Desle


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    Pensées pour nous-mêmes:

    (LE PIRE N'EST JAMAIS

    INCERTAIN)

    ¤¤¤

     "Et l'écrivain tapa ces quelques mots impérissables:

    tapoter sur une machine,

    Pourquoi?

    Pourquoi?

    Pourquoi?

    etc"

     

     Reblogged from jorgetate.

    ¤¤¤

     "Petit poisson,

    quand donc te dépoisonneras-tu?"

    gladyss:

    photo Annelie Vandendael

    ¤¤¤

    "Petite mésange, envole-toi pour répandre l'idée de paix,

    s't'plaît!" 

     (Source: namk1)

    ¤¤¤

    Nadia Estrella


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    Pensées pour nous-mêmes:

    (LE BONHEUR EST-IL

    INATTEIGNABLE?)

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    http://www.dorffer-patrick.com/2017/04/humour-bio-quel-est-le-vrai-gout.html

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    http://lechoixdelasimplicite.unblog.fr/category/humour/

    Trier, manger bio, prendre son vélo…

    ce n’est pas comme ça

    qu’on sauvera la planète

    Slavoj Zizek
    Traduit de l’anglais par Myriam Dennehy

       En décembre 2016, des milliers de citadins chinois asphyxiés par le smog ont dû se réfugier à la campagne dans l’espoir d’y trouver une atmosphère plus respirable. Cette «airpocalypse» a affecté 500 millions de personnes. Dans les grandes agglomérations, la vie quotidienne a pris les apparences d’un film post-apocalyptique: les passants équipés de masques à gaz circulaient dans un sinistre brouillard qui recouvrait les rues comme une chape.

       Ce contexte a clairement fait apparaître la séparation des classes: avant que le brouillard n’amène à fermer les aéroports, seuls ceux qui avaient les moyens de s’acheter un billet d’avion ont pu quitter les villes. Afin d’exonérer les autorités, les législateurs pékinois sont allés jusqu’à envisager de classer le smog au nombre des catastrophes météorologiques, comme s’il s’agissait d’un phénomène naturel, et non d’une conséquence de la pollution industrielle. Une nouvelle catégorie est ainsi venue s’ajouter à la longue liste des réfugiés fuyant les guerres, les sécheresses, les tsunami, les tremblements de terre et les crises économiques: les réfugiés du smog.

       L’airpocalypse n’a cependant pas tardé à faire l’objet d’une normalisation. Les autorités chinoises, bien obligées de prendre acte de la situation, ont appliqué des mesures permettant aux citoyens de poursuivre leur train-train quotidien. Elles leur ont recommandé de rester calfeutré chez eux et de ne sortir qu’en cas de nécessité, munis d’un masque à gaz. La fermeture des écoles a fait la joie des enfants. Une escapade à la campagne est devenue un luxe et Pékin a vu prospérer les agences de voyage spécialisées dans ces petites excursions. L’essentiel étant de ne pas s’affoler, de faire comme si de rien n’était.

       Une réaction compréhensible, si l’on considère que «nous sommes confrontés à quelque chose de si complètement étranger à notre vécu collectif que nous ne le voyons pas vraiment, même lorsque la preuve est écrasante. Pour nous, ce ‘‘quelque chose’’ est un bombardement d’immenses altérations biologiques et physiques sur le monde qui nous a nourris». Aux niveaux géologique et biologique, l’essayiste Ed Ayres énumère quatre «pics» (développements accélérés) approchant asymptotiquement du point au-delà duquel se déclenchera un changement qualitatif: croissance démographique, consommation de ressources limitées, émissions de gaz carbonique, extinction massive des espèces.

       Face à ces menaces, l’idéologie dominante mobilise des mécanismes de dissimulation et d’aveuglement: «Parmi les sociétés humaines menacées prévaut un mode général de comportement, une tendance à s’affubler d’œillères au lieu de se concentrer sur la crise, bien en vain.» Cette attitude est celle qui sépare le savoir et la croyance : nous savons que la catastrophe (écologique) est possible, voire probable, mais nous refusons de croire qu’elle se produira. (...)

       (...) Souvenez-vous du siège de Sarajevo au début des années 1990: qu’une ville européenne «normale» de quelques 500.000 habitants se trouve encerclée, affamée, bombardée et terrorisée par des snipers pendant trois ans aurait semblé inimaginable avant 1992. Dans un premier temps, les habitants de Sarajevo ont cru que cette situation ne durerait pas. Ils comptaient envoyer leurs enfants en lieu sûr pendant une ou deux semaines, jusqu’à ce que les choses s’apaisent. Pourtant, très vite, l’état de siège s’est normalisé.

       Ce même basculement de l’impossible au normal (avec un bref intermède de stupeur et de panique) se manifeste dans la réaction de l’establishment libéral américain face à la victoire de Trump. Il se manifeste également dans la manière dont les États et le grand capital appréhendent des menaces écologiques telles que la fonte de la calotte glaciaire. Les politiciens et les gestionnaires qui, récemment encore, écartaient la menace de réchauffement climatique comme un complot cryptocommuniste ou, du moins, comme un pronostic alarmiste et infondé, nous assurant qu’il n’y avait aucune raison de s’affoler, considèrent désormais le réchauffement climatique comme un fait établi, comme un élément normal.

       En juillet 2008, un reportage de CNN, «The Greening of Greenland» («Le Groenland se met au vert»), vantait les possibilités ouvertes par la fonte des glaces: quelle aubaine, les habitants du Groenland vont désormais cultiver leur potager! Ce reportage était indécent en ce qu’il applaudissait les bénéfices marginaux d’une catastrophe mondiale, mais surtout parce qu’il associait la «verdure» du Groenland, conséquence du réchauffement climatique, à une prise de conscience écologique. Dans «La Stratégie du choc», Naomi Klein montrait comment le capitalisme mondial exploite les catastrophes (guerres, crises politiques, catastrophes naturelles) pour faire table rase des vieilles contraintes sociales et imposer son propre agenda. Loin de discréditer le capitalisme, la menace écologique ne fera peut-être que le promouvoir davantage. (...)

       (...) Paradoxalement, les tentatives mêmes de contrer d’autres menaces écologiques risquent d’aggraver le réchauffement des pôles. Le trou dans la couche d’ozone contribue à protéger l’Antarctique du réchauffement climatique. S’il était amené à se résorber, l’Antarctique pourrait bien rattraper le réchauffement du reste de la planète. De même, il est de bon ton de souligner le rôle décisif du «travail intellectuel» dans nos sociétés post-industrielles. Or, aujourd’hui, le matérialisme opère un retour de bâton, comme en témoigne la lutte pour les ressources raréfiées (nourriture, eau, énergie, minerai) ou la pollutionatmosphérique.

       Même lorsque nous nous disons prêts à assumer notre responsabilité, on peut y voir un stratagème visant à occulter leur véritable ampleur. Il y a quelque chose de faussement rassurant dans cette promptitude à battre notre coulpe. Nous culpabilisons bien volontiers car, si nous sommes coupables, c’est que tout dépend de nous, c’est nous qui tirons les ficelles, il suffit que nous modifions notre style de vie pour nous tirer d’affaire. Ce qu’il nous est plus difficile d’accepter, nous Occidentaux, c’est d’être réduits à un rôle purement passif d’observateur impuissant. Nous préférons nous lancer dans une frénésie d’activités, recycler nos papiers usagés, manger bio, nous donner l’illusion de faire quelque chose, apporter notre contribution, comme un supporter de foot bien calé dans son fauteuil, devant un écran de télé, qui croit que ses vociférations influenceront l’issue du match. (...)

       (...) En matière d’écologie, le déni typique consiste à dire: «Je sais que nous sommes en danger, mais je n’y crois pas vraiment, alors pourquoi changer mes habitudes?» Mais il existe un déni inverse: «Je sais que nous ne pouvons pas faire grand-chose pour enrayer le processus qui risque de mener à notre perte, mais cette idée m’est tellement insupportable que je vais essayer, même si cela ne servira à rien.» Tel est le raisonnement qui nous pousse à acheter des produits bio. Nul n’est assez naïf pour croire que les pommes étiquetées «bio», à moitié pourries et hors de prix, sont plus saines. Si nous choisissons de les acheter, ce n’est pas simplement en tant que consommateurs, c’est dans l’illusion de faire un geste utile, témoigner de nos convictions, nous donner bonne conscience, participer à un vaste projet collectif. (...)

    http://tchiotbiloute59.unblog.fr/2008/10/05/un-peu-dhumour-bio/

     

       (...) Arrêtons de nous leurrer. L’airpocalypse chinoise montre clairement les limites de cet environnementalisme prédominant, étrange combinaison de catastrophisme et de routine, de culpabilisation et d’indifférence. L’écologie est aujourd’hui un champ de bataille idéologique majeur où se déploie toute une série de stratégies pour escamoter les véritables implications de la menace écologique:

    1) l’ignorance pure et simple : c’est un phénomène marginal, qui ne mérite pas que nous nous en préoccupions, la vie (du capital) suit son cours, la nature se chargera d’elle-même;

    2) la science et la technologie peuvent nous sauver;

    3) le marché résoudra les problèmes (par la taxation des pollueurs, etc.);

    4) insistance sur la responsabilité individuelle au lieu de vastes mesures systémiques: chacun doit faire ce qu’il peut, recycler, réduire sa consommation, etc.;

    5) le pire est sans doute l’appel à un retour à l’équilibre naturel, à un mode de vie plus modeste et plus traditionnel par lequel nous renonçons à l’hybris humaine et redevenons des enfants respectueux de notre Mère Nature.

       Le discours écologique dominant nous interpelle comme si nous étions a priori coupables, en dette envers notre mère Nature, sous la pression constante d’un surmoi écologique: «Qu’as-tu fait aujourd’hui pour dame Nature? As-tu bien jeté tes vieux papiers dans le container de recyclage prévu à cet effet? Et les bouteilles en verre, les cannettes? As-tu pris ta voiture alors que tu aurais pu circuler à vélo ou emprunter les transports en commun? As-tu branché la climatisation au lieu d’ouvrir les fenêtres?»

       Les enjeux idéologiques d’une telle individualisation sont évidents: tout occupé à faire mon examen de conscience personnel, j’en oublie de me poser des questions bien plus pertinentes sur notre civilisation industrielle dans son ensemble. Cette entreprise de culpabilisation trouve d’ailleurs une échappatoire facile: recycler, manger bio, utiliser des sources d’énergie renouvelables, etc. En toute bonne conscience, nous pouvons continuer notre petit bonhomme de chemin.

       Mais alors, que devons-nous faire? Dans son dernier ouvrage, «Was geschah im 20. Jahrhundert» (non traduit en français), Sloterdijk dénonce la «passion du réel»caractéristique du siècle précédent, terreau de l’extrémisme politique qui mène à l’extermination des ennemis, et il formule des propositions pour le XXIe siècle: nous, êtres humains, nous ne pouvons plus minimiser les dommages collatéraux générés par notre productivité. La Terre n’est plus l’arrière-plan ou l’horizon de notre activité productive, mais un objet fini que nous risquons de rendre invivable par inadvertance.

       Alors même que nous devenons assez puissants pour affecter les conditions élémentaires de notre existence, il nous faut reconnaître que nous ne sommes qu’une espèce parmi d’autres sur une petite planète. Cette prise de conscience appelle une nouvelle manière de nous inscrire dans notre environnement : non plus comme un travailleur héroïque qui exprime son potentiel créatif en exploitant ses ressources inépuisables, mais comme un modeste agent qui collabore avec ce qui l’entoure et négocie en permanence un degré acceptable de sécurité et de stabilité. (...)

       (...) Le capitalisme ne se définit-il pas justement par le mépris des dommages collatéraux? Dans une logique où seul le profit importe, les dégâts écologiques ne sont pas inclus dans les coûts de production et sont en principe ignorés. Même les tentatives de taxation des pollueurs ou de mise à prix des ressources naturelles (y compris l’air) sont vouées à l’échec. Pour établir un nouveau mode d’interaction avec notre environnement, il faut un changement politico-économique radical, ce que Sloterdijk appelle «la domestication de la bête sauvage Culture».

       Jusqu’à présent, chaque culture disciplinait ses propres membres et leur garantissait la paix civile par le biais du pouvoir étatique. Mais les relations entre différentes cultures et États restaient constamment menacées par une guerre potentielle, la paix n’était qu’un armistice temporaire. Hegel a montré que l’éthique d’un État culminait dans cet acte d’héroïsme suprême, la volonté de sacrifier sa vie pour la nation. En d’autres termes, la barbarie des relations interétatiques sert de fondement à la vie éthique au sein même d’un État. La Corée du Nord, lancée dans la course aux armements nucléaires, illustre bien cette logique de souveraineté inconditionnelle de l’État-nation.

       La nécessité de civiliser les civilisations elles-mêmes, d’imposer une solidarité et une coopération universelles entre toutes les communautés humaines est rendue d’autant plus difficile par la montée de la violence sectaire et ethnique et par la volonté «héroïque» de se sacrifier (ainsi que le monde entier) au nom d’une cause. Surmonter l’expansionnisme capitaliste, établir une coopération et une solidarité internationales capables de générer un pouvoir exécutif qui transcende la souveraineté de l’État: n’est-ce pas ainsi que nous pourrons espérer protéger nos biens communs naturels et culturels? Si de telles mesures ne tendent pas vers le communisme, si elles n’impliquent pas un horizon communiste, alors le terme de «communisme» est vide de sens.

    Slavoj Zizek, bio express

       Né en 1949, le philosophe Slavoj Zizek est devenu au cours des années 2000 une des figures de proue de la pop philosophique mondiale et du renouveau de l'idée communiste. Il a publié en 2015 "Moins que rien. Hegel et l'ombre du matérialisme dialectique" (Fayard) et "Quelques réflexions blasphématoires. Islam et modernité" (Jacqueline Chambon/Actes Sud).

    http://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20161229.OBS3181/trier-manger-bio-prendre

    -son-velo-ce-n-est-pas-comme-ca-qu-on-sauvera-la-planete.html

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    Luc Desle


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    Pensées pour nous-mêmes:

    (NE DEMANDE PAS TON CHEMIN,

    TROUVE-LE)

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    "Les Jumelles... A TABLE!!!"

    AyaBambi filmed for Shiseido

    https://djinn-gallery.tumblr.com/post/163817120815/ayabambi-filmed-for-shiseido

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    http://bobosphere.over-blog.com/article-6272290.html

    Guilluy décrypte

    la fracture hexagonale

        Dans notre imaginaire, il y a des classes populaires, des classes moyennes, et des classes supérieures, dont une frange très riche. Et il y a les villes et la campagne. Mais Christophe Guilluy remet en cause notre vision traditionnelle du pays. Pour lui, les classes moyennes disparaissent, du fait d’une polarisation économique qui ne laisse que des classes supérieures (les cadre supérieurs, passés de 7,6 à 15,8% de la population active de 1982 à 2010) et des classes populaires mal représentées : « le marché de l’emploi ne s’adresse plus à tout le monde, mais surtout aux plus qualifiés, et aux peu ou pas qualifiés. Exit la classe moyenne ! Vive l’inégalité, de revenus, de statuts ».
     
       Il rappelle le célèbre mot de Warren Buffet : « la lutte des classes existe et nous (les riches) l’avons gagné  ». Pour lui, la grande majorité des classes populaires sont devenues invisibles, trop largement représentées par des banlieues qui sont parties prenantes de l’économie mondialisée « pour l’essentiel situées au cœur des métropole, elles sont parfaitement adaptées à la nouvelle donne économique (…) ce sont les territoires de la France périphérique qui cumulent fragilités sociales et économiques et où se répartit désormais (…) la majorité des nouvelles classes populaires (qui partagent) une même perception des effets négatifs de la mondialisation ».
     
       « Les classes populaires ne font plus partie du projet économique des classes dirigeantes, elles n’intéressent pas ou peu le monde intellectuel  », comme le montre le traitement de l’information dans la majorité des média, avec ces journaux si métropolitains. Pour lui, les cartes habituelles « rendent de fait invisible l’essentiel des classes populaires et occulte les effets sociaux et spatiaux de la mondialisation (…) Comme si tout le monde vivait dans des villes, mais de quelles villes parle-t-on ? (…) La véritable fracture n’oppose pas les urbains aux ruraux, mais les territoires les plus dynamiques à la France des fragilités sociales  ». L’auteur considère les 25 aires urbaines les plus peuplées, qui rassemblent au moins 370 000 habitants, cette France métropolitaine qui rassemble près de 40% de la population, mais deux tiers des intégrés, qui y sont majoritaires, alors qu’ils ne représentent que 20% de la population de la France périphérique. 
     
       Pour lui, « la polarisation du marché de l’emploi créé des espaces très inégalitaires  ». Il rappelle que l’emploi a progréssé de 2006 à 2011 dans les métropoles, au contraire du reste de la France. Malheureusement, le maintien de l’industrie dans de petites villes fait qu’elles sont les premières à trinquer dans la longue saga des délocalisations. Les inégalités produites par la globalisation et la déréglementation homogénéisent le territoire, comme le montre Michèle Tribalat, qui rappelle que de 1968 à 2006, dans les actifs de 25-54 ans, la part des ouvriers à Paris est passée de 25 à 8% et celle des cadres de 15 à 42%. Les métropoles ne sont plus accessibles à une très grande partie des classes populaires qui ne peuvent plus quitter la France périphérique du fait de l’évolution du marché de l’immobilier. 
     
       Pour Guilluy, le pays est coupé en trois : la France périphérique et populaire, qui rassemble les catégories populaires d’origine française et d’immigration ancienne, les banlieues ethnicisées, où l’intégration économique fonctionne mieux du fait de la proximité avec les métropoles, et les métropoles mondialisées. Une conclusion qui amène à se poser la question migratoire, thème du prochain papier.  
     
    Source : « La France périphérique », Christophe Guilluy, Flammarion
     

    ***

    Benoît Barvin


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    Pensées pour nous-mêmes:

    (TA LUMIÈRE INTÉRIEURE NE DOIT

    PAS ILLUMINER QUE TOI)

    +++

    "Tu applaudis quoi?

    - Ton futur martyr..."

    https://djinn-gallery.tumblr.com/post/163935044085

    +++

    (La jeune mariée apprenait la manière de s'incliner

    bien bas devant son futur maître)

    https://djinn-gallery.tumblr.com/post/163894489815

    +++

    "Chapeau!

    - Oh, ça va, hein?"

    https://djinn-gallery.tumblr.com/post/163853800350/constantin-brancusi-costume

    +++

    Nadia Estrella


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    Pensées pour nous-mêmes:

    (VEUX-TU ÊTRE LE

    PLOMBIER DES ÂMES?)

    %%%

     "Impure?

    Grrr, je vais compter tes abattis, grand crétin!"

     Debbie Harry

    https://atomic-chronoscaph.tumblr.com/post/163809947288/debbie-harry

    %%%

     https://cz.pinterest.com/explore/menstruations/?lp=true

    Népal:

    forcer une femme à

    l'"exil menstruel" désormais

    passible de prison

       Le Parlement népalais a approuvé mercredi une loi qui prévoit notamment une peine de prison pour quiconque force une femme à l'"exil menstruel", une pratique liée à l'hindouisme qui bannit les femmes du foyer le temps de leurs règles. Selon cette tradition appelée "chhaupadi", les femmes sont alors considérées comme impures et, dans nombre de communautés au Népal, elles sont obligées de dormir dans une hutte éloignée.

       Selon la nouvelle loi, quiconque forcera une femme à se plier à cette tradition est désormais passible d'une peine de trois mois de prison, d'une amende de 3.000 roupies (environ 30 dollars), ou des deux. "Une femme qui a ses règles ou se trouve en état postnatal ne doit pas être confinée à la chhaupadi, subir une discrimination similaire, ou faire l'objet d'un quelconque traitement inhumain", dispose la loi.

       Le texte, approuvé à l'unanimité, n'entrera en vigueur que d'ici un an. Pendant la "chhaupadi", les femmes n'ont pas le droit de toucher la nourriture destinée aux autres, ni les icônes religieuses, le bétail ou les hommes. Dans certaines régions du Népal, les femmes venant tout juste d'accoucher doivent passer jusqu'à un mois dans la hutte bâtie à l'extérieur de la maison, aussi appelée "chhau goth".

       En juillet, une jeune fille de 18 ans est morte après avoir été mordue par un serpent dans la hutte où elle effectuait son "exil menstruel". Deux femmes étaient décédées fin 2016 dans des accidents en lien avec ce rituel, dont l'une après avoir inhalé la fumée d'un feu qu'elle avait fait pour se chauffer.

       Officiellement, la chhaupadi est interdite depuis une décennie, mais la pratique perdure. Krishna Bhakta Pokhrel, un élu qui a défendu la loi, espère que le texte mettra fin à cette pratique. "La chhaupadi ne s'est pas éteinte parce qu'il n'existait aucune loi qui punissait les coupables, même après que la Cour suprême a rendu (cette pratique) illégale", a-t-il déclaré.

       Mais la militante des droits des femmes Pema Lhaki juge la loi inappliquable car la "chhaupadi" est profondément ancrée dans un système de croyances qu'il est très compliqué de changer.

       "Il est faux de dire que ce sont les hommes qui forcent les femmes à s'y plier. Oui, la société patriarcale népalaise joue un rôle, mais ce sont les femmes elles-mêmes qui s'obligent à se conformer à la chhaupadi", a-t-elle dit à l'AFP.

     http://www.courrierinternational.com/depeche/nepal-forcer-une-femme-lexil-menstruel-desormais-passible-de-prison.afp.com.20170809.doc.re6bw.xml

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    Benoît Barvin


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    Pensées pour nous-mêmes:

    (DONNER C'EST RECEVOIR)

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    "Tu as vu la sonnette du voisin?

    - C'est d'un goût!"

    (via dubstepcholla)

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    http://s.m.n.h.i.over-blog.com/article-la-biere-ne-fait-pas-grossir-115413161.html

    La bière au pain,

    l’étonnante invention

    d’un brasseur recycleur

     Marion Paquet (Reporterre) 

       Elle a l’allure d’une blonde. Claire, légère, veloutée avec « un arrière-goût de baguette ». Vincent Pujol, le gérant du restaurant perpignanais la Belle Époque, a été séduit par la nouvelle bière de la Boc. « C’est original et ça plait aux clients, alors je n’achète plus que cette bière-là », explique le restaurateur, adepte de la démarche zéro-gaspillage : « Ma décoration et mes meubles sont également fabriqués avec des matières récupérées, alors, servir une bière à base de pain recyclé, je trouve ça génial, c’est en accord parfait avec ma philosophie. »

       Pas besoin d’être un écolo convaincu pour apprécier la bière de Laurent Botta, le brasseur de la Boc. Ses clients sont habitués à ses recettes originales : à base d’agrumes du quartier, au malt caramel, chocolat ou encore ambrée aux trois céréales, orge, blé et seigle. Bien qu’appréciées, elles ne connaissent pas le succès croissant de la petite dernière. Sur le comptoir de la brasserie ce soir-là, il n’y a que des bouteilles consignées de bière au pain que les clients rapportent. « Dépêchez-vous avant qu’il n’y en ait plus ! » se félicite Laurent Botta. Que les amateurs se rassurent, le brasseur compte bien pérenniser sa dernière invention. 

       « J’avais entendu, ou lu quelque part, que ça se fait en Belgique, mais en France, je ne connais personne qui brasse de la bière au pain. Je m’étais dit que ce serait intéressant d’essayer si j’en avais l’occasion et surtout la quantité de pain bio suffisante. » La brasserie n’est pas labellisée, mais s’approvisionne, dans la mesure du possible, en matières premières issues de l’agriculture biologique. (...)

       (...) Et l’occasion s’est présentée, grâce à l’action de trois associations de Perpignan. « L’idée est partie du constat suivant : il y avait plein de pain sec dans les rues et à côté des poubelles, décrit David Sira, employé de l’association Système EDans le quartier populaire où est né le projet, les gens ne jettent pas le pain à la poubelle, c’est culturel, mais on ne pouvait pas non plus le laisser sur le trottoir. » Est donc mise en place une filière de récupération de pain, avec des points de collecte dans les centres sociaux et des commerces. Les quantités sont importantes, alors un chantier d’insertion a été créé fin 2016 pour gérer le projet à l’échelle de toute la commune. 

       « Il y a quatre types de pain collectés, explique David Sira, celui de table, pour les propriétaires d’animaux non destinés à la consommation, comme les chevaux ; le pain de boulangerie, acheté par les éleveurs ; le pain abimé, qui va directement dans le compost ; et le pain bio, réservé pour l’instant à la Boc. »Embauché pour ce projet, David Sira a pour mission de « développer un circuit d’économie circulaire » afin de sensibiliser la population au gaspillage alimentaire : « Il faut que les gens voient que ce qu’ils jettent par la fenêtre, ce qu’ils considèrent comme un déchet, n’en est en fait pas un. Avec la bière, on prouve que l’on peut faire un produit noble avec un déchet. » Prochain objectif, récupérer le pain gaspillé dans les cantines scolaires.

       Laurent Botta a besoin de 50 kg de pain pour 500 litres de bière, l’équivalent d’une demi-baguette par litre. Sa recette, il l’a inventée, avec un tiers de pain pour deux tiers de malt : « Pour faire de la bière, il faut de l’amidon, explique-t-il. Grâce au brassage, ce glucide se transforme en alcool et en gaz. Justement, le pain est quasi exclusivement composé d’amidon, alors que le malt en contient 80 % environ. Par contre, nuance Laurent Botta, les enzymes du malt sont nécessaires à la fermentation. Il n’est donc pas envisageable de n’utiliser que du pain pour fabriquer de la bière. » (...)

       (...) « Recycler du pain, c’est bien, estime le brasseur, mais créer de l’emploi social grâce à ce projet, c’est encore mieux. » Effectivement, trois personnes ont été embauchées. David Sira comme coordinateur et deux autres en contrat d’insertion. « Nous sommes fiers du travail réalisé par Laurent, confie Fatima, au volant du camion qui transporte le pain. Ça prouve l’utilité de notre travail et surtout l’utilité de ne pas jeter le pain à la poubelle. » Une fierté partagée par les boulangers partenaires : « Le pain est le fruit de notre travail, rappelle Charlotte Juin, boulangère à Perpignan, et voir notre travail finir à la poubelle, ça fait mal ! » Aujourd’hui, la voilà soulagée : chaque semaine, elle remet environ un sac de pain sec aux associations. Au total, 1,2 tonne est récoltée, coupée, et redistribuée tous les mois dans le cadre du projet « Le pain se recycle ».

       Pour financer ce chantier, le pain sec est vendu 8 centimes le kilo, seize fois moins cher que le malt. Malgré le coût plus faible de cette matière première, la bière au pain est vendue au même prix qu’une blonde. « L’amidon du pain a plus de mal à se dissoudre, explique Laurent Botta, je perd 10 % de matière décantée. Donc, je ne peux pas vendre la bière moins cher. » Le brasseur espère améliorer la recette pour réduire les pertes, en coupant le pain en morceaux plus fins ou en le broyant. Et le brasseur n’est pas à court d’idées pour donner au pain sec ses lettres de noblesse. Il teste actuellement une bière ambrée… au pain grillé.

    https://reporterre.net/La-biere-au-pain-l-etonnante-invention-d-un-brasseur-recycleur

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    Benoît Barvin


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    Pensées pour nous-mêmes:

    (AIMERAIS-TU ÊTRE LE DERNIER

    SOURIRE DU CONDAMNÉ A MORT?)

    ¤¤¤

    (Manière efficace, selon un grand penseur, de corriger un violeur)

     IN A LONELY PLACENICHOLAS RAYHUMPHREY BOGART1950.

    ¤¤¤

    http://numidia-liberum.blogspot.fr/2012/09/le-viol-en-terre-dislam.html

    Irak. 

    La solitude des

    ex-captives de Daech

    AL-HAYAT - LONDRES

       Au mont Sinjar [chaîne de montagnes au nord de l’Irak peuplée de Yézidis], on sent que l’irréparable a été commis quand on croise les femmes yézidies qui ont survécu, et surtout le visage de celles qui ont été libérées de la captivité à laquelle elles avaient été réduites. La plupart d’entre elles avaient vu avant leurs époux assassinés par Daech lors de l’invasion de cette contrée martyrisée [août 2014].


       “Ils se sont mis à tuer nos hommes et à nous faire prisonnières”, résume une des Yézidies libérées. “C’étaient des hommes appartenant à des tribus arabes qui vivaient pourtant dans les alentours. Par ailleurs, lors de cette invasion, les peshmergas [kurdes] se sont retirés et nous ont abandonnés, donnant la priorité à la protection de leurs propres villages. Quant au gouvernement irakien, qui est dominé par les chiites, lui non plus n’a pas senti le besoin d’envoyer des troupes pour nous aider.” (...)

       (...) Ces propos résument bien l’état d’esprit en Irak : la minorité est abandonnée par tous, aussi bien par les communautés majoritaires que par les minorités principales. Beaucoup d’autres groupes humains qui sont considérés comme faibles ont subi le même destin. Les Yézidis ont été abandonnés à leur sort par les tribus arabes sunnites, dont ils sont géographiquement proches, mais aussi par les Kurdes, dont ils sont culturellement proches.

       Sous les latitudes du Moyen-Orient, personne ne veut plus protéger les sans-défense. Pas d’autres cultures à l’horizon que celle des razzias, pas d’autres traditions que celle de la capture. Au fond, c’est un peu la même chose qui s’est produite dans le cas des Syriens réfugiés au Liban et morts sous la torture entre les mains de l’armée libanaise [cf. CI 1394]. Les Libanais se sont solidarisés avec leur armée plutôt qu’avec ses victimes.

       Mais la destruction du pays yézidi dépasse tout. Les hommes ont été assassinés devant leurs enfants ; les femmes faites prisonnières avec leurs filles, dans un but bien précis [celui de les réduire au statut d’esclaves sexuelles]. Sept mille femmes yézidies réduites à l’esclavage, des milliers d’hommes yézidis tués. (...)

       (...) Alors que Daech a été défait au mont Sinjar et est aujourd’hui repoussé à des centaines de kilomètres de là, les survivantes ne peuvent toujours pas rentrer chez elles. En Irak, les gens ont en général perdu confiance dans leur avenir. Ils n’ont plus l’impression d’être en sécurité dans leur propre maison, dans leur village, entourés par leurs compatriotes. Pour les enfants, le pays a désormais le visage de la potence où l’on a pendu leurs pères. Et les femmes ne se sentent plus à l’abri des seigneurs du rapt et du viol.

       Environ 3 000 prisonnières ont été libérées. Elles reviennent de captivité chargées de récits trop lourds pour que l’Irak puisse en supporter l’écoute. Leurs traditions ne permettent pas que les drames obscurs soient sortis au grand jour. Ces femmes vont enfouir leurs histoires dans leurs cœurs en attendant le jour où elles pourront partir pour un pays lointain, selon la promesse d’exil faite par les “grandes puissances”.


       Ainsi, quoi qu’il en soit de la défaite de Daech, les Yézidis vont tous quitter le mont Sinjar. Tout comme les chrétiens vont tous partir de la plaine de Ninive. Désormais, on n’aura plus à s’occuper des minorités ; les prochaines guerres opposeront des groupes majoritaires. Sauf que ceux-ci trouveront d’autres minoritaires pour leur tomber dessus. À la place des Yézidis et des chrétiens, on s’en prendra aux minorités à l’intérieur de chaque majorité : les faibles, ceux qui sont de trop, à qui on peut s’attaquer sans risque. Tous ceux-là seront à leur tour victimes de nouveaux Daech qui viendront. (...)

       (...) L’histoire des Yézidis éclaire le rapport du Moyen-Orient actuel à ses minorités et à ses communautés sans défense. Cette relation se résume à l’insensibilité à la situation de l’autre nourrie d’un égocentrisme sans nuances. Ce quant-à-soi, cette focalisation sur ses propres souffrances, cette hypertrophie du moi, tout cela est bien la marque d’une énorme régression sociale et culturelle.


       Les 500 000 Yézidis ont été le bouc émissaire de nos guerres civiles. Peu importe le nombre de leurs victimes, tant que leur mort n’est pas un obstacle à nos obsessions communautaristes. Que les Yézidies se fassent violer, peu importe, tant que cela ne concerne pas nos femmes.

       Les Yézidis du Sinjar nous disent beaucoup d’autres choses encore sur nous-mêmes. Mais, à la fin, le plus grave est qu’ils ne retourneront plus dans leurs villages. Ce qu’ils peuvent espérer de mieux est que se réalisent les promesses d’organisations et d’associations internationales de les transférer dans des pays d’immigration. Ceux qui ont une mère ou une sœur à Raqqa [encore capitale de Daech] attendent encore de les prendre avec eux pour partir, emportant au loin ces histoires que notre culture et nos traditions sont incapables d’entendre.

       Les Yézidies libérées partiront vers des pays qui supporteront l’écoute de leurs récits. Elles y trouveront des personnes qui sécheront leurs larmes et écriront leurs histoires. Quant à nous, nous resterons ici, privés de leur présence. Entre nous, encore et toujours plus semblables les uns aux autres. Viendra le temps où nous n’aurons d’autre altérité que nous-mêmes.

    ¤¤¤

    Luc Desle


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    Pensées pour nous-mêmes:

    (L'AMOUR N'A QU'UNE PAROLE,

    MÊME SI ELLE EST MULTIPLE)

    ****

        Grand classique paru dans "Casino Royal", voici 3 interprétations de la chanson "A look of love", pour une soirée romantique.

    The Look Of Love
     
    The look of love
    Is in your eyes
    A look your smile can't 
    disguiseThe look of love
    Is saying so much more than
    Just words could every say
    And what my heart has heard
    Well it takes my breath awayI can hardly wait to hold you
    Feel my arms around you
    How long I have waited
    Waited just to love you
    Now that I have found youYou've got the look of love
    It's on your face
    A look that time can't erase
    Baby be mine, tonight
    Let this be just the start of 
    So many nights like this
    Let's take a lovers vow
    And seal it with a kiss
    Don't ever go
    Don't ever go
    I love you so
    The look of love
    Let this be just the start of
    So many nights like this
    Let's take a lover's vow
    And baby we'll seal it with a kiss
     
    Paroliers : Burt Bacharach / Burt F Bacharach / Hal DavidParoles de The Look Of Love © Sony/ATV Music Publishing LLC

     

    ***

    Dusty Springfield - The Look Of Love Live

    ***

    Trijntje Oosterhuis The look Of Love

    ***

    Diana Ross - The Look Of Love

     

    ***

    Nadine Estrella


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