• "Un groin c'est tout! clamait, exaspérée, la truie à ses porcelets qui voulaient continuer à téter". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet"

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    Pensées pour nous-mêmes:

    (PARFOIS LE SAGE AILÉ L'EST.
    PARFOIS IL N'EST QUE LAID)
    pcc Jacques Damboise

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    COURTS RECITS AU LONG COURS(22)
    pcc Benoît Barvin

    aleksi-ulysse

    L'oeil de verre

       Je le découvris dans un vide-grenier et l'achetai pour une bouchée de pain. Il était sis au centre d'une tête, celle de Polyphème, un Cyclope, fils de Poséidon. Celui qui me le vendit était un garçon médiocre, scarifications rituelles sur le visage, qui ne connaissait rien à rien et ricanait sans cesse. L'oeil de verre donnait à la tête, qui surmontait un corps de régul, quelque chose de "vivant" qui m'enthousiasmait. 

       L'artiste inconnu avait parfaitement saisi l'expression de férocité, de bestialité et, il faut le dire, de "bêtise" qui seyait à ce Monstre de l'Antiquité. Chez moi, je ne cessai, une semaine durant, d'observer les moindres détails de la sculpture, m'extasiant sur la dextérité du créateur qui avait même fait jaillir, des muscles saillants, des réseaux de veines apparentes.

       Mais ce qui me fascinait, c'était l'oeil de verre, trônant au centre du visage. Celui-ci, accompagnant l'éclairage, changeait d'expression et l'iris paraissait suivre mes propres mouvements, s'allumant ça et là de lueurs que je ressentis, lentement, comme perverses. Comment ce sculpteur inconnu avait-il fait pour donner de telles attitudes capricieuses à cette face? Je n'en avais aucune idée. Le Net ne m'apprit rien sur le petit chef-d'oeuvre qui, j'en fus rapidement certain, allait m'enrichir dès que je le proposerais à la vente.

       C'est une nuit où le vent soufflait comme un forcené dans les rues, suivi bientôt par un déluge d'une violence extrême, que l'oeil s'éteignit soudain. Je ne dormais pas, relisant des passages de "L'Odyssée", pour rester dans l'ambiance mythologique, quand l'incident eut lieu. La lumière tremblota, puis disparut et un noir d'encre goba la chambre. J'étais seul dans mon lit avec, face au lit, sur le guéridon, la sculpture ornée de l'oeil de verre. 

       Ce dernier se mit à briller dans la terrible obscurité, comme le fanal d'un phare, puis il s'effaça. Mon coeur heurta plusieurs fois ma poitrine, une respiration sifflante s'échappa de mes poumons, étrécis comme de vulgaires sacs de farine. Quelque part, s'imposant par-dessus les hurlements de la tempête dont les gifles secouaient les murs de la maison, je perçus un bruit de pas furtifs.

       Je sus immédiatement que Polyphème avait fermé son unique paupière et, ayant soigneusement noté la topographie des lieux, il savait exactement où se trouvait le lit, bien sûr, et l'emplacement de mon visage qu'il allait tenter de déchiqueter, à coups de dents carnassières, je n'en doutais pas. Mais je n'étais pas aussi balourd qu'il le croyait: je m'étais préparé à l'épreuve. Je glissai la main sous le traversin, saisis la lampe torche qui y était dissimulée. De l'autre, j'étreignis l'aiguille à tricoter qu'en cachette j'avais soigneusement aiguisée. 

       Le pauvre Cyclope allait de nouveau tomber sur Ulysse et ça allait saigner!


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    (La femme de l'ex-Résident était un peu perdue)


    Parole de "Notre Grand Amour Est Mort":

    "Notre grand amour est mort lui naguère si vivant 
    S'il n'est pas encore mort il est agonisant 
    Quelqu'un l'a vu errer et tituber comme un mendiant 
    Quelqu'un l'a vu à genoux pleurer comme un enfant " (etc)

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    "Oh Toi, Guerrière Timide qui inspire tant Narine,
    Tu n'es pourtant pas blonde..."



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    (Les nouvelles distractions de l'ex-Résident étaient...
    sympathiques...)



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    (Madame La France ne s'en laissait pas compter
    face aux fantômes ignominieux de l'Histoire)



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    Jacques Damboise (l'acharné?)
    « "Déjà tout petit Jésus nageait les bras en croix". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet""Sois heureuse, dit le Loup avant de croquer la Chèvre de Monsieur Seguin. Grâce à moi, tu ne seras jamais une vieille bique". Benoît Barvin in "Pensées pensées". »

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