• "Ses tricots de mots sentaient la naphtaline". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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    Pensées pour nous-mêmes:

    (TA VIE EST TA VIE
    PAS CELLE DES AUTRES)

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    LONG RÉCIT AU LONG COURS (1/8)
    pcc Benoît Barvin et Blanche Baptiste

    Le petit Angélus a plus qu'un simple don pour le toucher. Il semblerait qu'il soit capable de ressusciter les morts! Le scandale n'est pas loin... la tragédie également. 


    ANGÉLUS
    ou
    LES SECRETS DE L’IMPALPABLE



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       A treize ans, Angélus disait pouvoir créer des tissus aussi fins que la peau. Pour cela, il avait étudié au microscope de ses doigts magiques le fil de soie dévidé du cocon et, en le soumettant à certains bains et traitements, il m’affirmait qu’une fois tissé, cela donnerait une étoffe imitant à la perfection l’épiderme. 

       Les Frères, d’ailleurs, m’avaient parlé des expériences qu’Angélus avait cru bon de mener dans le pensionnat même. Peu avant les vacances, ils avaient découvert, sous les combles du couvent, tout un arsenal d’éleveur de vers à soie. 

       Il leur fallut peu de temps pour savoir qui s’amusait à de telles leçons de choses car Angélus, s’il ne se vantait pas de ses occupations, n’était pas de ceux à laisser accuser les autres. Il fut heureusement soutenu par son professeur de sciences naturelles qui le trouvait brillant dans la matière, ingénieux et curieux. Et l’affaire fut close après cependant de sévères remontrances, car on ne supportait pas que quelqu’un voulût jouer à l’apprenti sorcier. 

       Angélus me révéla alors le fruit de son travail. Après avoir nourri les vers de feuilles de mûrier préalablement trempées dans des bains de cellules extraites de plantes rares, il avait obtenu des cocons d’un rose pâle qui, une fois dévidés, avaient donné un fil si résistant, si élastique et si moulant, que l’échantillon, tissé sur un minuscule métier fait de ses propres mains, ressemblait à si méprendre à une peau vivante, fraîche et juvénile. 

       Il voulut me montrer à quoi il destinait son invention et me plaqua cette étoffe grande comme un mouchoir sur le bras où je gardais les cicatrices de mes multiples affections cutanées. 

       - Tu vois Camille, avec moi c’est facile de faire peau neuve. Je peux te rendre plus belle encore. 

       - Crois-tu que cela soit bien utile, mon petit Angélus ? me mis-je à rire. Une religieuse doit avant tout avoir une belle âme. La chair n’est qu’une écorce, qu’une apparence... 

       Je croyais être sincère, mais sa remarque et la perfection de mon épiderme ainsi recouvert, avaient fait naître en moi le désir d’être aussi parfaite en mon corps qu’Angélus l’était. 

       - Camille, écoute-moi, me répondit-il d’une voix grave. Si tu acceptes, je peux également fabriquer des crèmes, encore plus efficaces que celles que j’ai inventées jusqu’à présent. Celles-là effaceront tout ce que tu as enduré depuis ta naissance. Elles seront conçues spécialement pour toi. L’effet sera total et durable. Il suffira de les appliquer régulièrement. 

       Cet argument résonna en moi comme une tentation et, effrayée par ce qu’il me proposait, je lui répliquai vertement : 

       - Angélus, tu déraisonnes... et puis, à quoi bon tout cela ? Dieu n’a-t-il pas voulu que mon apparence soit celle que j’ai ? Ce serait faire oeuvre démoniaque que d’aller contre Sa volonté. 

       - Non, c’est moi qui ai raison, je le sais, affirma-t-il, les sourcils froncés et le regard fixe, un regard qui me mit mal à l’aise. Les Frères m’ont trop parlé de la miséricorde de Dieu. Tout cela ne veut rien dire Camille. Regarde les injustices qui fleurissent autour de nous ! Rien n’a de sens. Mais si je peux enlever un peu de souffrance ou de laideur à ceux qui en sont affligés, je le ferai. Je compte aider tous ceux qui le souhaitent à guérir. A commencer par notre cousine Roseline, même s’ils ne m’aiment guère dans la famille. 

       De ce voeu puéril, on a souvent reparlé par la suite et je compris qu’en voulant ainsi s’occuper des autres, il cherchait surtout à exercer ses talents tactiles, coûte que coûte, et apaiser de la sorte sa soif constante d’expérimentations. 

       En ce qui me concerne, il ne me reparla que bien plus tard de ce désir qu’il avait de corriger, sur moi, les injustices de la Nature. Mais il avait hélas semé une graine qui ne cessa, depuis, de germer... 

       Cependant, des autres, excepté de moi-même, sa soeur, il se moquait bien. Ils n’étaient pour lui qu’un vaste champ d’observation, une réserve inépuisable de cobayes sur lesquels il mettrait à l’épreuve ses idées de génie précoce. 

       J’eus beau le mettre en garde contre la médisance des gens, rien n’y fit. Il me rétorqua même qu’on finirait par le prendre pour un Saint. C’est effectivement ce qui aurait dû se produire mais, je ne sais pourquoi, il n’attirait que la crainte et la critique. 

       Ainsi, comme il se l’était promis, il voulut soigner l’urticaire géant de Roseline, ce qui, bien sûr, lui permit de vérifier combien étaient efficaces les pouvoirs conjugués de son magnétisme et de la potion qu’il avait mise au point; mais ce qui, d’un autre côté, lui valut la suspicion d’avoir des dons peu catholiques ainsi que je le craignais. 

       Cette croyance fut entretenue par Sylvain Sagnes qui passait pour être guérisseur et qui d’ailleurs obtenait de bons résultats pour les fièvres, les convulsions, les saignements, les coliques et autres « échauffements » des organes. 

       Ce jaloux de Sagnes sentit immédiatement qu’Angélus avait un don comparable au sien et certainement même supérieur, car Angélus se mêlait de le renforcer par son intelligence et son besoin insatiable d’apprendre et de découvrir. Aussi, bien qu’il ne s’adressât pas aux mêmes maladies que lui, Sagnes se chargea, par pure méchanceté, de lui faire une réputation encore plus mauvaise qu’elle ne l’était dans l’esprit des gens. 

       « Lucifer rôde autour de nous, disait-il. Il prend souvent l’apparence d’un être à la grande beauté et à la bonté sans faille, ceci pour mieux nous tromper. Méfiez-vous ! En même temps que Jean vous soigne, il instille en vous des désirs pervers dont vous devenez les esclaves et qui vous écartent de la voie Divine... » 

       Pourtant, il fallait que tous ces gens soient aveuglés par leur bêtise et par leur propre laideur intérieure pour ne pas voir l’innocence de mon frère et, en regard, le sordide calcul du guérisseur. Même Roseline se laissa monter la tête, elle qui, lorsqu’elle s’était vue guérie en quelques jours de cet urticaire, n’avait plus su que faire pour remercier son jeune cousin. 

       Peut-être cette dépendance, ce sentiment de dette à rembourser étaient-ils, pour une grande part, dans le revirement soudain de sa reconnaissance en crainte, voire en haine ? 
    ***

    (A Suivre)


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    (Scandale: pour produire de la gelée royale,
    on n'utilisait que de simples paysans)


    Après le scandale de la viande de cheval, 
    la fraude à la gelée royale ?
    IVAN DU ROY, SOPHIE CHAPELLE

       (...) La gelée royale, cet aliment fabriqué par les abeilles nourricières pour leur reine, est réputée pour ses qualités nutritives, riches en vitamines et en oligoéléments. Vendue via des sites Internet entre 10 € et 30 € les 25 grammes, la gelée royale, certifiée bio de préférence, est aussi un marché lucratif. Certains sites mettent en avant le « made in France », quand d’autres jouent sur la production familiale locale « depuis plusieurs générations », telles les marques « Ruchers de Lorraine », Famille Mary, « apiculteur depuis 1921 », ou ces vendeurs qui se présentent comme « apiculteurs de père en fils à Bourg Saint Maurice » (Savoie). Bref, une gelée royale qui fleure bon le terroir et la production artisanale. En tout cas rien ne laisse présager le contraire.

       Et c’est bien ce qui met en colère les apiculteurs du Groupement des producteurs de gelée royale (GPGR). Sous contrôle d’huissier, ils ont réalisé leur propre enquête. Ils ont commandé des pots de gelée royale sur 34 sites internet différents, puis ont fait procéder à l’analyse des pollens afin de déterminer leurs origines exactes. Selon les résultats, 98 % de la gelée royale vendue en France, sur internet et par correspondance, serait importée d’Asie, et surtout de Chine [1]. Les résultats, assortis du nom des marques et des appréciations du GPGR, viennent d’être mis en ligne.


       Et ce n’est pas très flatteur pour plusieurs marques. La gelée royale des « Ruchers de Lorraine » viendrait ainsi de Chine, et l’étiquetage, selon le commentaire du GPGR, comporterait des « informations visant à tromper le client sur l’origine et/ou la congélation ». Les « apiculteurs de père en fils à Bourg Saint Maurice » importeraient également de Chine leur gelée royale qui n’aurait donc rien de savoyard. D’autres sites précisent bien un « produit d’importation » sans davantage de détails.


       L’appréciation du GPGR :


       « Il y a une volonté de cacher l’origine, estime Rémy Pélissier, producteur dans le Berry et co-fondateur du GPGR. Elle est toujours marquée dans un coin, en tout petit. Mais ce qui nous met la puce à l’oreille c’est le prix ». La gelée royale importée est en effet vendue 40 fois moins cher sur le marché de gros que celle produite par le GPGR. « Pour le consommateur, la différence de prix varie du simple au double, précise Rémy Pélissier. C’est un marché très juteux pour les conditionneurs, c’est là qu’ils se font la marge ». Une différence de prix derrière laquelle se profileraient des conditions de production très différentes.

       Ce poids extravagant des importations de gelée royale, Benoit Mary ne le dément pas. Il dirige la société Famille Mary qui produit ou commercialise entre autres du miel et de la gelée royale bio, certifiée par Ecocert. En cause, selon lui : les difficultés de produire de la gelée royale bio en France. « C’est impossible de la produire ici pour des questions de surface », explique-t-il.« Cette production ne peut être ici que marginale pour des raisons à la fois climatiques, environnementales et économiques. Les Chinois ont une tradition de production et de consommation, au même titre que le thé ou le ginseng. Importer d’Asie, c’est uniquement une question d’approvisionnement. » Sa gelée royale vient de Mongolie, produite à 2 000 mètres d’altitude. « Là il y a des zones de 25 km2 avec des plantes exclusivement en bio. » Il assure s’y rendre chaque année pour contrôler la qualité de la filière mongole.(...)

       (...) Reste que l’Asie est vaste. Et tous les revendeurs ne prêtent pas forcément autant d’attention au parcours du produit. L’apiculteur Rémy Pélissier a eu l’occasion de se rendre à Taïwan, réputée pour proposer une gelée royale de qualité. Sur place, il observe les pratiques de producteurs, visite des centres de recherche et des unités de conditionnement. Et constate que les apiculteurs asiatiques nourrissent leurs abeilles avec de la farine de soja... Des protéines que les abeilles ne vont pas butiner naturellement ! « Au GPGR, nous utilisons seulement les produits de la ruche, à savoir le miel et le pollen, pour nourrir les abeilles. En Chine, ils utilisent des produits moins chers que ceux de la ruche, comme la levure de bière ou le sirop de sucre, pour pousser à la production ».(...)

    [1] Voir leur dossier de presse.



    Lire sur:

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    "Roger, arrête de faire le guignol et passe-moi le pain...
    - Honk, honk...
    - C'est ça, c'est ça..."


    balanced lunch
    sanger circus 1932

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    (Le nouvel uniforme de ces hôtesses de l'air
    fut interdit car trop licencieux)

    GÉRÔME "FEMME DE CONSTANTINOPLE"

    Le rouge à lèvres de retour 
    sur la Turkish Airlines

       Face à l'émoi suscité par sa décision d'interdire à ses hôtesses les rouges à lèvres de couleurs vives, rouge ou rose, la compagnie nationale turque Turkish Airlines (THY) a annoncé jeudi être revenue sur cette mesure controversée

       Le directeur général de THY, Temel Kotil, a indiqué jeudi lors d'un point presse à Londres que cette décision avait été prise par des cadres subalternes faisant de l'excès de zèle, sans consultation de leur hiérarchie.(...) 

       THY avait justifié cette mesure, début mai, en estimant que le rouge à lèvres et le vernis à ongles "portait atteinte à l'intégrité visuelle" du personnel navigant. "Un maquillage simple, soigné et dans les tons pastel est préférable pour le personnel travaillant dans le secteur des services", avait indiqué la compagnie dans un communiqué.

       De nombreux Turcs s'étaient plaints sur Twitter de cette interdiction et le président de Hava-Us, le syndicat de la compagnie, avait reproché à la direction de chercher à "façonner la compagnie de manière à ce qu'elle soit conforme à une certaine idéologie politique"Pour protester, certaines femmes ont également posté sur les réseaux sociaux, des photos d'elles les lèvres peintes en rouge.(...)

       (...) Au cours des derniers mois, d'autres mesures internes de THY, une compagnie en plein essor dont 49% du capital appartient à l'Etat turc, ont suscité des protestations au sein des milieux laïques, notamment l'interdiction de servir de l'alcool, banni par l'islam, sur les vols intérieurs.

       En février, les images du nouvel uniforme choisi par THY pour son personnel naviguant avaient fait débat, certains le trouvant trop conservateur et néo-ottoman. Le projet avait ensuite été partiellement abandonné. Il y a plus d'un an, Turkish Airlines - quatrième compagnie d'Europe - était en outre revenue sur l'interdiction du foulard pour son personnel féminin en vol comme au sol.(...)


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    Luc Desle
    « "Le roi de la blague pourrie mourut d'une grave maladie". Benoît Barvin in "Pensées pensées"."Il vendait ses nez de clown à de distingués femmes et hommes politiques". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet". »

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