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    Pensées pour nous-mêmes:

    (LE SAGE N'UTILISE AUCUN

    SHAMPOING IDÉOLOGIQUE)

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     "La plus jolie femme du monde? Ahahah!

    Non, une des plus jolies, seulement..." 

     Judy Garland in Presenting Lily Mars (1943)

    gameraboy:

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     http://bichau.canalblog.com/archives/2013/09/17/28036941.html

    Syrie. 

    L’indifférence triomphe

    AL-MODON - BEYROUTH

       Les Syriens ne s’intéressent plus à l’évolution de la situation militaire. Quand les Américains ont interrompu leurs aides, via le centre des opérations militaires (MOC) en Jordanie, la nouvelle a été accueillie dans la quasi-indifférence. De même, les Syriens sont restés de marbre quand les factions qui se battent sur le front sud ont annoncé qu’elles avaient entamé des discussions en vue d’une éventuelle unification sous le nom de Front patriotique pour la libération de la Syrie. Ce nom aurait suscité il y a cinq ans l’enthousiasme et l’adhésion.

       Or les mêmes Américains qui demandent aujourd’hui à ces forces de s’unir juste pour combattre Daech les en avaient empêchées à l’époque, et même parfois menacées de couper les aides si un tel scénario venait à se réaliser. Dans ce climat d’indifférence, personne ne pose de questions sur les raisons derrière la décision de l’administration Trump d’envoyer ces forces pour combattre Daech dans le nord-est du pays, alors même que les milices kurdes y sont déjà à l’œuvre, avec le soutien de l’aviation de la coalition internationale, et sont sur le point de chasser l’organisation terroriste de son dernier fief. On ne s’émeut pas non plus de l’apparente contradiction entre d’une part le désir des Américains de disposer de davantage de combattants [syriens] d’un côté, et de l’autre leur persistance à leur refuser la fourniture de certaines armes, armes qu’ils leur avaient pourtant fournies dans le passé. (...)

       (...) Il y a trois ans, l’administration Obama avait échoué à trouver un groupe armé syrien qui se serait engagé à combattre exclusivement Daech, et non pas les forces du régime. D’ailleurs, à l’époque, l’idée même d’un tel projet paraissait choquante. C’était en effet le premier signe de la volonté américaine de maintenir Assad au pouvoir. Les esprits n’étaient pas prêts à l’époque, mais aujourd’hui, le contexte régional est mûr pour cette donne. Car depuis, l’aviation russe s’est chargée de préparer le terrain [en bombardant massivement les zones tenues par l’opposition], tandis que Poutine s’est employé à nouer des accords régionaux tous azimuts, départageant les zones d’influence en Syrie.

       L’administration Trump est en train d’appliquer sa promesse de procéder à un rapprochement avec Poutine sur le dossier syrien. C’est le seul point sur lequel Trump s’inscrit dans la continuité de la politique d’Obama. Beaucoup de pays sont prêts aujourd’hui à [s’asseoir sur leurs principes concernant la Syrie], et beaucoup d’autres ont hâte d’en finir avec la période des changements de régime dans la région [commencés par le printemps arabe].

       Aussi, pas la moindre opposition au plan américain n’est exprimée. Il est même probable que des pressions régionales s’exercent sur les groupes armés pour qu’ils acceptent le fait accompli, dans l’attente d’une réconciliation à venir avec Assad. Ce seront les zones encore contrôlées par l’opposition qui en payeront le prix par des destructions considérables, tandis que leurs habitants auront le choix entre l’extermination et l’exode. Et en prime, tout horizon politique sera bouché pendant des décennies. (...)

       (...) Les Syriens pas plus que d’autres peuples n’ont d’appétence particulière pour la chose militaire. Si la guerre s’est prolongée ces dernières années, c’est essentiellement du fait d’un certain nombre de seigneurs de la guerre. Les groupes syriens d’opposition armée ont en plus exercé une domination sur les habitants des zones qu’ils contrôlaient, domination dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle n’a pas de respect ni pour leurs libertés ni pour leur vie. Ce qui a mené beaucoup de Syriens à devoir choisir entre un mal qui leur paraissait insoutenable, à savoir partir pour les zones contrôlées par le régime, et le fait de rester sous la domination de ces groupes, le tout en étant exposés aux bombardements aériens.

       La guerre en Syrie a fini par n’être qu’une guerre d’usure, qui n’offrait plus aucun horizon. L’indifférence des Syriens face aux évolutions militaires sur le terrain montre qu’en réalité, la rupture est consommée entre eux et les groupes armés. Quant aux Syriens alliés du régime d’Assad, ils ne poseront aucune question sur les violences commises par l’armée. Et du côté des décombres de la révolution aussi, c’est le silence et l’accablement qui dominent. Voire la peur d’affronter les questions qui devront inévitablement se poser après un rendez-vous manqué avec le changement.

    http://www.courrierinternational.com/article/syrie-lindifference-triomphe

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    Luc Desle


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    Pensées pour nous-mêmes:

    (TOUS NOS ACTES CONSISTENT À

    NOUS ENFONCER DANS LA PEUR

    DE LA MORT)

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    "Ma vie pourrait être bien meilleure qu'elle n'est"

    Calvin and Hobbes @itsPeteski

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    http://marealite.canalblog.com/archives/2006/01/22/1264801.html

    On a trouvé l’esprit du capitalisme

    dans une soupe à la tomate

     Jean-Baptiste Malet (Reporterre) 

       En racontant l’histoire des conserves de soupe Campbell rendues célèbres par Andy Warhol, Daniel Sidorick décrit la violence sociale à l’œuvre au sein de la Campbell Soup Company, qu’il décrit comme un « condensé de capitalisme ».

       Symbole de la société de consommation popularisé par Andy Warhol, l’histoire des boîtes de soupes Campbell est, pour l’historien Daniel Sidorick, un « condensé de capitalisme ». Le prix des conserves Campbell ayant été longtemps fixé à dix cents, les dirigeants de la firme née au XIXe siècle à Camden (New Jersey) cherchèrent à augmenter sans relâche la productivité des ateliers en abaissant continuellement les coûts de production. Par sa féroce répression antisyndicale, son contrôle absolu de la chaîne d’approvisionnement des usines produisant de la nourriture industrielle, son recours précoce à l’organisation scientifique du travail, sa quête obsessionnelle d’une production à bas coût assurée par des travailleurs immigrés, et ses stratégies d’individualisation des travailleurs à la chaîne, la violence de l’histoire de la Campbell Soup Company rend caduc le célèbre argument d’Andy Warhol selon lequel les boîtes de soupes Campbell seraient « banales ».

       Ce livre nous prouve le contraire, en faisant la démonstration qu’il n’y a rien de plus complexe que l’histoire d’une marchandise. La boîte de soupe Campbell, à elle seule, est à même de raconter des pans entiers de l’histoire sociale, industrielle et politique. Le titre de cette grande histoire critique de la Campbell Soup, « condensé de capitalisme », tient toutes ses promesses. À sa lecture, on comprend aisément que l’ouvrage, malheureusement non traduit en français, ait été plusieurs fois primé par des jurys d’historiens aux États-Unis.

       Aux amateurs d’art, aux révoltés contre l’ordre établi, Daniel Sidorick rappelle qu’Andy Warhol dessina jadis le graphisme de marchandises Campbell commercialisées en supermarchés. C’était en 1985, peu après que l’artiste ne vende des œuvres à la multinationale.

       Parce que l’ouvrage retrace la grande histoire conflictuelle d’un emblème du capitalisme, on comprend au fil des pages les stratégies impitoyables de la direction férocement anticommuniste qui brisa de grandes grèves ; on découvre les visages d’ouvriers Campbell qui se sont enrôlés dans les Brigades internationales durant la guerre d’Espagne ; ainsi que ceux d’autres syndicalistes qui, dans les années 1940, ont animé une structure d’éducation populaire où l’histoire de l’art était enseignée. Ceux-là, pour avoir osé se dresser contre un géant de l’agroalimentaire au « pays de la Liberté », furent jugés et emprisonnés sous le maccarthysme. Purgés, brisés, ils moururent anonymes et pauvres, loin des mondanités new-yorkaises d’un célèbre artiste pop art.

    • Condensed Capitalism : Campbell Soup and the Pursuit of Cheap Production in the Twentieth Century, de Daniel Sidorick, Ithaca (NY), ILR Press, 2009, 300 p.

    https://reporterre.net/On-a-trouve-l-esprit-du-capitalisme-dans-une-soupe-a-la-tomate

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    Benoît Barvin


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    Pensées pour nous-mêmes:

    (À CHAQUE FOIS QUE JE PENSE À TOI,

    UN CHARDON MEURT)

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    "Tu l'as dans ton viseur?

    - Heu... Ouais..."

    Jason Levesque aka @Stuntkid

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    (Dans son désir de scandale, Lola était un rien puérile)

    I fought the law, Olivia Locher

    ***

    "Prince Edward, je préférais quand vous étiez un crapaud...

    Vous étiez moins baveux..."

    Everybody’s got a thing, Ewa Kaja

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    Nadine Estrella


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    Pensées pour nous-mêmes:

    (CHAQUE MORT N'EST-ELLE

    PAS FUTILE?)

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     "Lucy, tu arrives, oui?

    - Une minute! T'es toujours pressé!"

     Source: classicesquedisney

    ***

    https://www.babelio.com/quiz/7428/Humour-politique--les-dessinateurs-de-presse

     Nicolas Vidal 

     
       Agrégée de lettres et maître de conférences à l’Université, Ingrid Riocreux a jeté un pavé dans la mare médiatique avec cet essai passionnant. Selon elle, les médias décryptent, analysent et orientent l’actualité selon un canevas idéologique. Le propos est dense, corrosif et brillant. Ingrid Riocreux nous explique plus en détails en quoi les enjeux manichéens voulus par une certaine partie de la presse ouvre un débat profond sur la démocratie et le libre arbitre.

       / Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire ce livre, Ingrid Riocreux? Y-a-t-il un événement en particulier qui a déclenché l’envie de vous exprimer sur ce sujet ?


       - J’ai commencé à écrire ce livre quand je donnais des cours de rhétorique à de futurs journalistes, à la Sorbonne. Comme je voulais rendre mon propos le plus concret possible, j’ai décidé de prendre des exemples dans l’actualité et je me suis aperçue qu’il existait une véritable langue des médias, une manière de parler propre aux journalistes, avec ses formules toutes faites, sa syntaxe, et ses mots porteurs d’un pré-pensé qui conditionne notre compréhension du monde. Cela dit, bien avant d’entreprendre l’écriture de ce livre, il y a bien un événement qui a représenté pour moi une prise de conscience de la puissance de conditionnement des médias. J’appartiens à ce qu’on a appelé la « génération 21 avril ».

       En 2002, j’étais en classe de première. A la maison, nous n’avions pas la télévision et je ne m’intéressais pas du tout à l’actualité. Or, quand Jean-Marie Le Pen s’est retrouvé au second tour, j’ai vu mes camarades devenir dingues ! Ils pleuraient, ils accusaient ceux qui ne venaient pas aux manifs d’être des complices du fascisme. Comme ils savaient que je n’avais pas la télé, ils se sentaient investis d’une mission à mon égard et m’expliquaient « Le Pen, il est comme Hitler ! ». Or, déjà au collège, les copines avaient essayé de m’expliquer la guerre du Kosovo comme ça : « Tu dois comprendre que Milosevic, il est comme Hitler ! ». Le caractère systématique, abusif et abêtissant de la nazification médiatique m’est apparu à travers le discours des autres, bien avant que je me mette à suivre l’actualité. Et cela m’a vaccinée à vie !

       / Vous avez parlé chez nos confrères de RMC « d’un bain idéologique » dans lequel sont les journalistes. Pouvez-vous expliquer cette notion de « bain idéologique » ? 


       - Dans lequel ils sont et dans lequel ils nous plongent ! Les médias nous rappellent en permanence ce que nous devons penser sur tel ou tel sujet. Ils fixent la ligne officielle de la pensée autorisée. Et le discours médiatique jouit d’une énorme puissance prescriptive, aussi bien sur la forme que sur le fond. Comme je le dis dans mon livre, quand on est prof, on a beaucoup de mal à faire accepter que tel ou tel mot n’existe pas, ou ne s’emploie pas de telle manière, face à des élèves soutenant que « à la télé, ils disent comme ça ». Eh bien, c’est pareil pour les idées portées par ce discours.

       Nous savons d’instinct ce que nous pouvons dire et ce que nous ne pouvons pas dire, ou pas dire trop fort, ou pas avec n’importe qui. Car nous avons très bien intériorisé la ligne officielle. Il y a un discours spécifique aux médias sur des sujets comme l’immigration, le climat, la condition des femmes, la pédagogie, les mœurs, etc. Et ce discours n’est pas réductible à la doctrine d’un parti. C’est le dogme auquel nous sommes appelés à communier, une espèce de garantie d’unité, même si ce n’est qu’une unité de façade maintenue par la crainte généralisée d’être considéré comme un individu divergent.

       / Justement, vous abordez la question à la fois passionnante et terrifiante de l’inquisition médiatique qui « traque la pensée déviante » qui s’écarte donc du politiquement correct. Comment se caractérise cette inquisition médiatique ?


       - Il faut rappeler ce qu’est fondamentalement l’inquisiteur, afin d’éviter de le réduire à une figure du passé nécessairement associée à la prévalence sociale de la religion. L’inquisiteur est le garant de la paix civile, dans la mesure où il est le gardien du dogme. Il s’assure que les discours déviants ne prennent pas trop d’ampleur et ne mettent pas en péril la concorde, l’unité de la société qui repose sur une adhésion consentie ou contrainte au dogme officiel. On peut dire qu’il assure la police de la pensée. Et ce n’est pas nécessairement quelqu’un de cruel ! L’inquisiteur n’a pas le pouvoir de condamner à mort, ce n'est même pas lui qui soumet les gens à la question, c’est-à-dire à la torture.

       Il se charge des questions. De même, quand un journaliste demande « Regrettez-vous d’avoir dit cela ? », quand il traque les « dérapages » et appelle au « rétropédalage », il est dans une posture inquisitoriale. Et comme devant l’inquisiteur, si vous présentez des excuses, si vous vous humiliez, si vous récitez bien votre acte de contrition, vous reprenez une vie normale. Si vous persistez, on vous adjoint définitivement le qualificatif de « sulfureux » et tout ce que vous pourrez dorénavant dire ou faire sera discrédité par principe.

       / Cette inquisition est-elle selon vous l’apanage des grands médias traditionnels ?


       - Oui, pour la bonne et simple raison qu’il faut disposer d’une autorité reconnue pour prétendre avoir la légitimité de prononcer ce qu’on pourrait appeler des verdicts de fréquentabilité, c’est-à-dire des jugements reposant sur des critères moraux, même si les journalistes ne le reconnaissent pas. On se cachera derrière la défense de « nos valeurs ». Ou derrière de faux étiquetages politiques : telle personne sera dite « d’extrême droite ». On a l’impression que c’est une caractérisation objective ; en réalité, c’est une condamnation morale. On accuse parfois les organisations antiracistes ou des lobbys en tout genre d’être aussi des inquisiteurs mais je ne suis pas d’accord. Ils disposent de la visibilité et de la puissance de frappe que veulent bien leur donner les médias. Ils n’existeraient pas sans eux.

       / Pour aller plus loin dans cette réflexion, vous évoquez le mouvement «  Je suis Charlie » que vous analysez comme une «  formule vide ». Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?


       - Que nous ayons été contraints de nous rallier au mot d’ordre « je suis Charlie » est très symbolique. D’abord, on constate que cette formule entérine la sacralité des médias : le massacre dans le magasin juif passe à la trappe. Ensuite, ce slogan creux a permis de donner une illusion d’unité. Nous étions tous Charlie dans la mesure seulement où nous condamnions les assassinats perpétrés par les Kouachi.

       Derrière le même slogan, certains jugeaient qu’il fallait abattre la République, quand d’autres voulaient la renforcer ; certains demandaient la démission de Hollande, alors que d’autres voyaient en lui un chef de guerre ; certains voulaient éradiquer l’islam, d’autres voulaient interdire toutes les religions, d’autres enfin espéraient l’instauration de la charia en France mais désapprouvaient les méthodes des terroristes parce qu’elles discréditaient la cause de l’islamisation. Mais tout le monde était Charlie, slogan aussi bête que le « même pas peur » mensonger, brandi et scandé lors de la manifestation du 11 janvier.

    http://ysope.over-blog.net/article-crise-de-la-presse-101912708.html

       / Il est intéressant de réfléchir à cette idée de «  gardiens du code » que vous développez dans votre livre. Néanmoins, vous précisez que «  ce formatage opéré par les médias n’a pas vocation à soutenir un régime, une nation ou un parti. » Par quoi est-il donc motivé ? Et dans quel but ?


       - Les médias se situent au-delà du politique. Ils jouent le rôle de conscience morale athée pour notre temps, c’est ce qu’ils appellent leur «éthique de la responsabilité». On peut trouver leur motivation extrêmement louable, en fait. Mais elle suppose d’accepter que les journalistes soient des directeurs de conscience, des éducateurs, ce qui n’est tout de même pas leur métier, que je sache !

       / Vous  évoquez également l’idée de sujets à charge «  le journaliste a donc trouvé un modus vivendi confortable : il n’enquête que sur les gens à qui il veut nuire. » N’est-ce pas là l’effondrement de l’éthique journalistique donc par conséquence du rôle fondamental de la presse et,  plus généralement, un affaissement de la démocratie ?


       - Si, vous le dites fort bien. C’est calamiteux mais c’est un fait. Les infiltrations ou les enquêtes à charge visent toujours les mêmes et épargnent toujours les mêmes. On s’infiltre dans un groupe de lutte anti-IVG ou dans une cellule locale du FN. On ne s’infiltre pas dans un groupuscule antifasciste ou dans un service d’orthogénie, un Planning Familial ou un lobby antiraciste. C’est comme ça.

       / Comme vous le mentionnez, un journaliste qui se hasarderait à « une lecture anti-conformiste du réel » pourrait être excommunié. Qu’est-ce que cela dit du fonctionnement de la presse en France ?


       - Cet aspect est très important. On peut parler de fonctionnement totalitaire. Les journalistes traquent les dérapages chez tout le monde, y compris et peut-être prioritairement chez leurs confrères. Il y a les cas lourdement médiatisés et il y a tous ces petits rappels à l’ordre entre collègues, dont on n’entend pas parler hors du microcosme journalistique. J’ai découvert cela après la publication de mon livre : j’ai eu droit à des confidences en off, comme on dit. Et cela commence dans les écoles de journalisme.

       Mais en réalité, ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’il règne une pratique généralisée de l’autocensure : on reprend les mots des autres parce que comme cela, au moins, on est certain de ne pas avoir de problème. D’un côté, c’est rassurant : il n’y a ni complot, ni grand gourou occulte. Tout cela est très humain. Mais c’est en même temps inquiétant car on constate que la pression de groupe est énorme. Quand Maïtena Biraben a été accusée de dérapage par toute la profession, elle a répondu, à l’antenne, en s’adressant ironiquement à ses collègues : « merci d’être si fidèles à cette émission ». C’est un métier où l’on se surveille en permanence. Cette vigilance est d’ailleurs matérialisée par un organisme : le CSA (conseil supérieur de l’audiovisuel). « Une aberration à la française », selon les termes d’un journaliste étranger qui préparait une émission au sujet de mon livre.

       / Lorsqu’on met cette question en perspective avec la crise des médias, est-ce l’une des causes du désintérêt grandissant des lecteurs pour la presse ?


       - Désintérêt, le mot est faible. Il y a une véritable méfiance envers les médias et l’on constate que, pour les hommes politiques, il devient extrêmement vendeur de se faire détester des journalistes, d’apparaître comme une cible de la presse. Trump s’est fait élire en grande partie sur cette stratégie. Cela signifie que les médias sont devenus des repoussoirs. Le mythe du contre-pouvoir libre et objectif a vécu.  

       / Les médias alternatifs ou anti-conformistes semblent profiter vigoureusement de la situation. Est-ce votre avis ? Cela représente-il à vos yeux un problème ?


       - Les médias de ce qu’on appelle la réinfosphère (on dit la fachosphère dès qu’on veut y amalgamer des sites conspirationnistes ou des blogs porteurs d’obsessions douteuses) tirent un énorme bénéfice de cette méfiance généralisée à l’égard des grands médias. Ils apparaissent, souvent à juste titre, comme ceux qui révèlent ce qu’on nous cache. Le problème ne réside pas dans ces médias en eux-mêmes. Il réside dans l’excès de confiance qu’on leur accorde. C’est pourquoi je dis toujours qu’il faut garder une saine méfiance envers toute source d’information, généraliser l’esprit critique au lieu de s’en départir dès qu’on se sent dans un environnement idéologique confortable.

       / Au delà de «  la destruction du langage et de la fabrication du consentement », on a l’impression en lisant votre ouvrage que le journaliste travaille selon une grille de lecture idéologique qui ne fabrique justement plus du consentement auprès de l’audience. Face à cette crise de la presse, quel est le but ultime du journaliste? Y-a-t-il une forme de crispation corporatiste face à des courants de pensée populaires que le journaliste semble ne pas comprendre ?


       - Pour les avoir un peu fréquentés depuis la parution de mon livre, je peux confirmer que certains d’entre eux nourrissent, en effet, un véritable mépris pour le peuple, pour nous. Ils abhorrent cette gueusaille qui leur paraît rétrograde et frileuse, rétive au progrès et minée par les mauvais penchants (racisme, etc.). Ils considèrent que leur devoir est de compenser notre vilaine nature, de nous rééduquer en somme. « Compenser », c’est un mot qu’on entend tout le temps dans la bouche des journalistes quand on leur demande des comptes sur leur manière de sélectionner les informations ou de les hiérarchiser. Là encore, il ne me semble pas que la tâche d’un journaliste soit de compenser.

       / N’y a t-il pas quelque part un mépris du journaliste pour le public qui ne jouirait pas de tout son libre-arbitre pour faire la part des choses et forger sa propre opinion sur les grands sujets de société ?


       - C’est un peu cela. Eux, ils savent. Nous pas. Quand Fanny Ardant, sur le plateau de « 28 minutes », concédant qu’elle ne maîtrise pas le sujet autant que les spécialistes, affirme qu’elle en a assez du discours anti-Poutine de la presse française et dénonce une pensée unique manichéenne, on lui répond avec dédain : « vous dites vous-mêmes que vous n’y connaissez rien. »

       /En effet, le journaliste se sent-il, selon vous, investi d’une mission de service public pour préserver la paix sociale ?


    Il  ne se le formule pas ainsi. Mais son éthique de la responsabilité, c’est bien en cela qu’elle consiste. C’est ce que je disais tout à l’heure, à propos de l’analogie avec l’inquisition.

       / Pour finir, quel accueil a reçu votre livre auprès des médias que vous incriminez directement ?


       - J’ai reçu un accueil globalement positif, dans des médias de droite comme de gauche, dans des médias officiels mais aussi, évidemment, sur la réinfosphère. Certains journalistes de gauche ont d’ailleurs émis des réserves quant à l’orientation idéologique de mon livre, précisément en raison du bon accueil qu’il a reçu dans les médias alternatifs, mais je m’y attendais. Mes cibles principales sont les chaînes d’information continue.

       Nous avons vite fait de nous laisser bercer par ce flux permanent d’informations sans en questionner le choix ni la formulation, ce qui nous rend particulièrement vulnérables. Or, ces médias n’ont pas vocation à me répondre. Ce sont de grosses machines qui se moquent éperdument de ce que peut écrire une petite prof de lettres devant sa télé!

    Ingrid Riocreux, La langue des médias, Destruction du langage et fabrication du consentement, Editions du Toucan, 336 pages, 20 euros

    https://bscnews.fr/201702206131/franc-tireur/ingrid-riocreux-un-decryptage-acerbe-de-la-presse-et-de-son-langage.html

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    Luc Desle


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    Pensées pour nous-mêmes:

    (CHAQUE JOURNÉE TE

    RAPPROCHE DE LA VÉRITÉ)

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     (Nadia, c'est rien qu'une allumeuse)

     (Source: fencehopping)

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     http://www.gagdz.com/droits-de-lhomme-2/

    La supercherie

    du droit-de-l’hommisme

    Bruno GUIGUE
     

       Hormis les réactionnaires qui pensent que les hiérarchies sociales sont fondées en nature et qu’il y a des hommes faits pour commander et d’autres pour obéir, tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut défendre les droits de l’homme. Mais il faut admettre que les uns et les autres ne parlent pas de la même chose. Si l’on entend par cette expression la possibilité pour chacun de jouir du bien commun, alors l’accès à l’emploi, au logement, aux soins et à l’éducation fait partie des droits de l’homme - ou des droits humains, ne jouons pas sur les mots - au même titre que la liberté d’expression ou le choix de son orientation sexuelle. Prendre au sérieux les droits de l’homme, c’est y inclure les droits collectifs, c’est-à-dire la possibilité de vivre dans des conditions matérielles décentes.

       Les militants des droits de l’homme, pourtant, ne s’intéressent qu’aux droits individuels et délaissent ostensiblement les droits collectifs. Que des individus soient emprisonnés ou empêchés de s’exprimer par des gouvernements autoritaires leur est insupportable, mais que des masses d’affamés subissent la loi d’airain du capital mondialisé leur est indifférent. Leur compassion pour l’humanité souffrante est étrangement sélective. Ils ne se mobilisent que pour des minorités ou des individus isolés, ils agissent au cas par cas en sélectionnant les individus ou les groupes qu’ils jugent dignes de leur attention, et on ne les voit jamais prendre fait et cause pour une classe socialement opprimée.

       Le vocabulaire de la plupart des ONG - majoritairement anglo-saxonnes - en témoigne clairement. Elles entendent combattre la discrimination et non l’exploitation, l’exclusion et non la pauvreté, la privation de liberté infligée à quelques-uns et non la misère imposée au grand nombre. Leur philosophie est celle de l’individualisme libéral, qui ne connaît que des individus porteurs de droits et se soucie peu de savoir s’il y a parmi eux des riches et des pauvres. Ne parlons pas de la lutte des classes, ce gros mot qu’elles ne veulent même pas entendre prononcer. La seule lutte qui compte à leurs yeux, c’est celle qui vise à aligner des individus abstraits sur un standard restreint aux libertés formelles - et individuelles - en oubliant allègrement que ces libertés n’existent que sous certaines conditions.

       Pour tout dire, le droit-de-l’hommisme ordinaire occulte le fait que ces libertés individuelles ne sont effectives que si les droits collectifs sont garantis par des structures sociales qui les favorisent. En d’autres termes, les droits individuels ne sont réels que si les individus sont correctement nourris, logés, éduqués et soignés, et ces conditions ne sont réunies à leur tour que si un rapport de forces entre classes sociales les inscrit dans la durée. Bref, les droits-de-l’hommistes oublient tout bonnement que les individus ne sont rien sans la société et que les droits individuels dont on réclame l’application ne sont que du vent si la société est divisée en dominants et dominés.

       Cette indifférence aux conditions d’exercice des droits dont ils font pourtant leur fonds de commerce n’est pas étonnante. Petits-bourgeois des pays riches, les défenseurs des droits de l’homme défendent les droits dont ils jouissent, dont ils pourraient jouir ou dont ils voudraient que jouissent ceux qui leur ressemblent. Pourquoi dépenseraient-ils leur énergie à lutter contre la faim dans le monde quand leur assiette est pleine ? Pourquoi se battraient-ils pour l’appropriation collective des richesses puisqu’ils n’ont aucun problème de fin de mois ? En luttant pour les droits de l’homme, ils aspergent d’eau bénite leurs états d’âme de nantis que leurs conditions d’existence n’amènent jamais à interroger les ressorts de l’oppression et de l’injustice qu’ils ont constamment à la bouche, mais sans savoir de quoi ils parlent.

       Que les pauvres soient pauvres importe peu à leurs yeux, car les pauvres revendiquent en général autre chose que la reconnaissance de droits individuels rendus impossibles par l’absence de droits collectifs. Lorsque l’extrême richesse côtoie l’extrême pauvreté, revendiquer la liberté d’expression avec un minimum de sérieux impliquerait d’exiger l’expropriation des capitalistes qui contrôlent la presse afin de créer les conditions d’une information plus objective. Mais on n’a jamais entendu un droit-de-l’hommiste formuler ce genre de revendication. Le contrôle des médias ne s’expose à sa foudre vengeresse que s’il est exercé par de méchants dictateurs qui défient le nouvel ordre mondial. Pour les autres, il n’y a pas de problème.

       Sélective, cette indignation pseudo-humaniste choisit ses victimes. Les autres peuvent crever. Lors de la chute du communisme, en 1991, les organisations droits-de-l’hommistes ont crié victoire. L’idéologie des droits de l’homme ayant été inventée pour lutter contre l’URSS, cette victoire finale sembla consacrer leur vision du monde. Mais aucune de ces organisations n’a souligné que les prisons soviétiques étaient vides depuis longtemps et que le totalitarisme dont la philosophie politique des années 70 faisait un mal absolu était une coquille vide. On ne s’émut pas davantage, chez les humanistes, en constatant que sous la présidence Eltsine (1991-2000) l’espérance de vie régressa de dix ans sous l’effet des réformes structurelles dictées à la Russie par le FMI. C’est normal. Les petits vieux qui meurent en masse dans le paradis capitaliste n’intéressent pas les défenseurs des droits de l’homme.

       L’humanité souffrante dont se soucient des ONG pétries d’humanisme se résume à un agrégat indistinct d’individus abstraits, atomisés, dont le sort n’est intéressant que s’il témoigne d’une violation de leurs droits individuels, de préférence dans un pays exotique dont le procès est instruit par la doxa occidentale. Mais on n’a jamais vu “Amnesty International” - dont le seul intitulé relève de la publicité mensongère - s’insurger contre le fait que 800 millions de personnes souffrent de malnutrition, ou que des centaines de milliers d’ouvrières sont surexploitées par les multinationales occidentales dans les “maquiladoras” de la frontière mexicaine. On répondra sans doute que ce n’est pas l’objet social de cette organisation, et je répondrai à mon tour que c’est précisément le problème sur lequel il convient d’insister.

       Cette triple sélectivité dans le choix des droits en question, des individus concernés, et enfin des pays sur lesquels on braque le projecteur, explique donc beaucoup de choses. Elle explique que l’on fasse le tri parmi les victimes en évitant soigneusement d’incriminer les structures - celles de l’exploitation capitaliste mondialisée – qui sont responsables de 90% des malheurs qui frappent l’humanité. Elle explique aussi la fascination des ONG droits-de-l’hommistes pour la défense des LGBT. La lutte contre les discriminations qu’ils subissent est légitime, mais il faut être lucide sur l’effet de cantonnement qu’elle génère. Car cette cause, aux yeux du droit-de-l’hommisme petit-bourgeois, présente l’avantage de transcender la division sociale, d’évacuer la question des rapports de classe, bref de conférer à la lutte pour les droits humains une universalité abstraite qui sert les intérêts dominants.

       La sélectivité du droit-de-l’hommisme permet aussi de comprendre pourquoi la condamnation des violations incriminées épouse toujours un axe nord-sud. Aucune ONG vénézuélienne ne mène campagne contre la mainmise d’une poignée de milliardaires sur la quasi-totalité des médias en France ou aux USA. En revanche, les ONG occidentales dénoncent sans relâche les violations de la liberté de la presse au Vénézuéla, alors que la presse, loin d’y être opprimée par le pouvoir, appartient à une poignée de capitalistes qui combattent le gouvernement. Machine de guerre contre les Etats récalcitrants, le droit-de-l’hommisme bénéficie donc de financements colossaux, à l’image de ces “Casques blancs” qui jouent au djihadiste côté cour et au brancardier côté jardin grâce aux 15 millions de dollars versés par des fondations britanniques. Moyennant une trousse à maquillage, ils arrivent même à fabriquer des victimes pour émouvoir le populo scotché devant les petites lucarnes.

       Ces exemples montrent également que la fonction expresse de l’idéologie droit-de-l’hommiste - servie par ces appareils idéologiques de masse que sont les ONG - est de saper la souveraineté des Etats qu’elle a pris pour cibles. De la fondation de George Soros aux officines qui participent aux conflits armés sous couvert d’action humanitaire en passant par les révolutions de couleur organisées de l’étranger, la galaxie droit-de-l’hommiste intervient partout, distribuant subventions, éléments de langage et certificats de moralité à qui-mieux-mieux dans le seul but de semer le désordre dans des pays dont la liste est fournie par la CIA et dont le seul tort est de faire obstacle à l’hégémonisme occidental. La Russie en sait quelque chose, et on comprend qu’elle ait neutralisé cette poignée d’exhibitionnistes à moitié débiles (Femen) dont l’activisme desservait les intérêts du peuple russe.

    http://lavieeco.com/news/la-vie-eco-carrieres/travailler-dans-une-ong-

    le-don-de-soi-prime-sur-le-salaire-32970.html

     

       Savamment orchestrée au nom des droits de l’homme, toute cette agitation a pour but de vider de sa substance le droit des peuples à s’organiser comme ils l’entendent. Dirigée contre le droit des nations à disposer d’elles-mêmes, cette ingérence fait peser une menace d’implosion sur les sociétés dont l’essor ou la résistance déplaît à Washington, Londres ou Paris. Pratiquée à grande échelle, l’intervention militaire chez les autres n’a pas toujours donné les résultats escomptés. Elle est désormais remplacée par cette épée de Damoclès planant sur la tête de tous ceux qui osent défier l’Empire et contester le monopole du dollar. Faute de pouvoir vitrifier ses opposants étrangers à l’arme lourde, un Occident arrogant brandit alors l’étendard de l’internationalisme humanitaire. Relayé par un gauchisme qui dissout ses illusions perdues dans le pathos et oublie Trotsky avec BHL, il agite frénétiquement le miroir aux alouettes des droits de l’homme, éblouissant beaucoup de bonnes âmes qui ne voient pas que cette idéologie est le faux-nez de l’impérialisme.

       L’Occident a beau croire qu’il a découvert la pierre philosophale, la conception des droits de l’homme, pourtant, n’est pas univoque. Pour les Chinois, le premier des droits est celui de ne pas mourir de faim. Cette priorité n’est pas celle de la gauche occidentale, sinon elle mobiliserait davantage d’énergie à lutter contre la faim dans le monde qu’à promouvoir les droits des minorités. Mais cette divergence n’est pas une raison suffisante pour dire que les idées chinoises ne valent rien. “A plusieurs, nous sommes moins sujets à l’erreur que lorsque nous sommes seuls à décider”, disait Aristote. On veut bien admettre qu’un milliard 379 millions de Chinois puissent se tromper, mais on peine à croire que ce soit le cas tout le temps, d’autant que leur pays qui était un champ de ruines en 1949 est aujourd’hui la première puissance économique du monde. A défaut de quelques coups bien mérités sur le museau, un peu d’humilité éloignerait homo occidentalis de son penchant indécrottable à donner des leçons à la terre entière.

    https://www.legrandsoir.info/la-supercherie-du-droit-de-l-hommisme.html

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    Luc Desle


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    Pensées pour nous-mêmes:

    (FAIRE ET DÉFAIRE

    POUR AVANCER)

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    "5% de remise? Et quoi encore!

    Tiens, prends ça pour m'avoir insultée!"

    (La reine des barbares était dure en affaires)

    Barbarian Queen (1985)

    https://atomic-chronoscaph.tumblr.com/post/164617915768/barbarian-queen-1985

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    http://www.leparisien.fr/societe/plus-jeunes-et-en-solo-

    les-expatries-francais-changent-22-03-2016-5649011.php

    Statut. 

    L’âge d’or des expatriés

    occidentaux est terminé

     

       Adieu les salaires généreux et les conditions de vie idéales à l’étranger. Les salaires des expatriés baissent. C’est en tout cas la Singapore Business Review qui publie cette mauvaise nouvelle. Alors que la ville-État reste l’une des plus chères du monde, le cabinet de consultants ECA International a remarqué lors d’une étude que les “packages” d’expatriés avaient baissé en 2017 de 6 %. Même chose à Hong Kong, dans de moindres proportions, puisque le recul n’est que de 2 %.

       Si la baisse en valeur du traditionnel package d’expatrié est en partie due au taux de change et au recul de la monnaie locale face au dollar américain, cette dernière devise étant utilisée pour les calculs des packages à l’échelle mondiale, il n’en reste pas moins qu’un nombre croissant de professionnels de Singapour et d’expatriés venant des marchés émergents, Chine et Inde, font que la concurrence est plus rude pour les Occidentaux à Singapour. Une situation qui a tendance à limiter les augmentations de salaires des middle managers. (...)

       (...) Seuls les professionnels très expérimentés parviennent à obtenir des conditions très attrayantes. Il n’en reste pas moins, fait valoir la revue, que les salaires des middle managers sont, en dollars de Singapour, à leurs plus hauts niveaux depuis cinq ans et que les taux d’imposition relativement bas permettent de maintenir l’attrait du lieu, d’autant qu’au-delà des avantages financiers, la ville reste un endroit agréable pour vivre et travailler. Et de souligner l’intérêt d’une expérience asiatique pour une belle carrière… Au point que certains expatriés, toujours en quête, misent désormais sur Taïwan pour l’obtenir.

       Mais il n’y a pas que les salaires, et il n’y a pas que Singapour. “Les temps vont être plus durs”annonce le magazine International Investment, basé à Londres. Pourquoi ? Parce que l’âge d’or des expatriés occidentaux, celui de la mondialisation des années 1980 et 1990 est révolu. “Avant même le Brexit et l’élection de Donald Trump, les expatriés avaient commencé à se rendre compte que nombre de pays n’étaient plus aussi accueillants pour des gens comme eux”, fait remarquer la publication spécialisée.

       C’est sans dans le golfe Arabo-Persique que la dégradation des conditions pour les expatriés – depuis la chute du prix du pétrole – est la plus visible. Au Koweït, par exemple, où deux tiers de la population sont des étrangers, un dispositif a été adopté au début 2017, qui augmente (jusqu’à 500 %) le prix des soins de santé pour les expatriés. Même les étrangers qui n’ont qu’un visa de tourisme doivent souscrire à une assurance santé. Et Dubaï devrait appliquer un plan rendant obligatoire la couverture santé pour tous à la fin 2017. En outre, si les expats à Dubaï ne paient toujours pas d’impôts sur leurs salaires, ils doivent désormais payer l’école pour leurs enfants.

       D’autres pays du Golfe ont cherché à introduire des taxes sur les transferts d’argent de la part des expatriés – “une pratique contre laquelle le Fonds monétaire international a mis en garde en décembre 2016” – précise le magazine spécialisé. Enfin, en Arabie Saoudite, dans le cadre d’un nouveau plan économique visant à sevrer son économie en mal de revenus du pétrole, de sa dépendance aux travailleurs étrangers, priorité est donnée, au moins dans les discours, aux candidats saoudiens plutôt qu’aux travailleurs étrangers. Et pour ce faire, le royaume lève, depuis le 1er juillet 2017, un impôt mensuel (de l’ordre de 25 euros par personne) pour les personnes dépendant des salariés expatriés.

       Même dans les pays développés, comme aux États-Unis et en Australie, l’idée de réduire le nombre de visas pour les professionnels étrangers qualifiés, par exemple, fait son chemin.

    http://www.courrierinternational.com/article/statut-lage-dor-des-expatries-occidentaux-est-termine

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    Benoît Barvin


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    Pensées pour nous-mêmes:

    (MON PARADIS

    EST L'ENFER DES AUTRES)

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    "Et alors, il a déchiré ma robe et...

    - Le sal... je vais le fumer...

    - Attends, attends, je t'ai pas tout raconté...

    Après, il a mis ses mains et..."

    Katharine Hepburn in The Philadelphia Story (1940) dir. George Cukor

    http://driveintheaterofthemind.tumblr.com/post/164562277203/

    katshepburn-i-was-15-sitting-in-a-55-cent

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    "Quel calme, ici! Pas un bruit... Pas un souffle de vent..."

    Salambo, High Priestess of Ancient Carthage - art by Rudy Nappi (1955)

    https://atomic-chronoscaph.tumblr.com/post/164349988988/

    salambo-high-priestess-of-ancient-carthage-art

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    "Chérie, stop! Je l'adore, ta mère! C'était une blague,

    une simple blague! Allez, s'il te plaît!"

    Captain Scarlet and the Mysterons - art by Ron Embleton (1967)

    https://atomic-chronoscaph.tumblr.com/post/164041896478/

    captain-scarlet-and-the-mysterons-art-by-ron

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    Blanche Baptiste


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    Pensées pour nous-mêmes:

    (LE MAÎTRE DU TEMPS

    SAIT COMMENT DÉRÉGLER

    MONTRES ET PENDULES)

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    (Jeune fille attendant le prince charmant,

    appelé également "Le Tueur de ces dames")

    Delphin Enjolras

    https://loumargi.tumblr.com/post/164568012498/delphin-enjolras

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    http://natureiciailleurs.over-blog.com/2017/03/la-surpeche-videra-les-oceans-d-ici-2050-selon-wwf.html

    Les Galapagos se rebellent

    contre la pêche illégale

    d'une immense flotte chinoise

    (Avec AFP)

       En deuil, les habitants des îles Galapagos sont descendus dans la rue vendredi pour protester contre la pêche d'espèces protégées par une immense flotte chinoise, qui menace l'équilibre de la réserve marine de cet archipel équatorien, patrimoine de l'Humanité.

       "Nous sommes en deuil! Ce sont trois jours de deuil et de manifestations depuis mercredi pour protester contre la pêche illégale", a déclaré à l'AFP Silvia Zabala, 22 ans, l'une des 7.000 habitants de Puerto Baquerizo Moreno, chef-lieu de l'île San Cristobal, qui était dans la rue vendredi avec des dizaines d'autres.

       Au tribunal comparaissait, pour atteinte à l'environnement, l'équipage d'un navire battant pavillon chinois, arraisonné le 13 août dans les eaux des Galapagos, avec quelque 300 tonnes de pêche à bord, dont des espèces en danger tel les requins marteau, en voie d'extinction, et silky.

       "Il y a des espèces protégées au Galapagos (...) Nous ne savons pas encore si celles qui ont été pêchées" l'ont été dans la réserve marine, a déclaré à la presse Walter Bustos, directeur du Parc national des Galapagos (PNG), situé à 1.000 km des côtes de l'Equateur.

       "Le tonnage et la taille" du Fu Yuan Yu Leng 999, navire de 98 m, font qu'il s'agit du cas le plus important de pêche illégale dans les eaux de l'archipel, où 17 embarcations sous pavillon équatorien ont été arraisonnées ces trois dernières années pour le même délit. (...)

       (...) Les 20 membres d'équipage de nationalité chinoise, qui ont été placés en détention préventive, risquent de un à trois ans de prison, selon le code pénal équatorien qui sanctionne sévèrement les atteintes à la faune et à la flore sauvages, telles que la pêche illégale et le trafic d'espèces protégées.

       Les autorités ont fait état de la présence dans les eaux internationales face aux Galapagos, d'une flotte de 300 navires chinois, à laquelle appartenait le bateau arraisonné.

       "Cela a un impact écologique irréversible et la protection des espèces est indispensable pour la conservation de notre Patrimoine naturel de l'Humanité", a ajouté Silvia Zabala, entièrement vêtue de noir comme le reste des manifestants qui lançaient des slogans du type "A bas la pêche illégale!"

       "Le monde doit respecter les Galapagos, ne plus attenter contre la flore et la faune de ce site unique sur la planète", a affirmé cette étudiante en biologie marine.

       Le gouvernement équatorien a protesté auprès de l'ambassadeur de Chine à Quito, Wang Yulin, et annoncé que tout navire pêchant illégalement dans les eaux territoriales du pays sera "immédiatement saisi". (...)

       (...) Mais cela ne suffit pas à satisfaire les habitants des Galapagos. "Nous n'allons pas permettre que la faune marine soit prise pour cible. Les Galapagos doivent rester immaculées", a ajouté Edy Becerra, 45 ans, qui brandissait des photos de requins marteau, encadrées de noir.

       Les habitants de Puerto Baquerizo Moreno ont défilé en exigeant le "respect" pour l'archipel, qui porte le nom des tortues géantes qui y vivent et a servi de laboratoire naturel au naturaliste anglais Charles Darwin pour développer sa théorie de l'évolution des espèces. "Il ne faut pas détruire nos écosystèmes (...) sous peine de détruire notre futur", pouvait-on lire sur une pancarte ornée de dessins de loups marins.

       Une autre manifestation était organisée au même moment vendredi à Puerto Ayora, sur l'île voisine de Santa Cruz.

       La présidente du Conseil gouvernemental des Galapagos, Lorena Tapia, a déclaré à la presse que "lorsque 300 navires (chinois) ont été repérés par la Marine équatorienne en haute mer, l'Equateur peut exiger que des mesures soient prises pour l'attention et la pérennité de ses ressources".

        Pékin et Quito sont membres de la Convention des Nations unies sur les droits de la mer, ce qui selon la ministre des Affaires étrangères équatorienne, Maria Fernanda Espinosa, "oblige les deux parties à préserver et à conserver les espèces de nos océans, surtout les espèces vulnérables et migratoires" comme les requins.

       La pêche industrielle est interdite et seule la pêche artisanale est autorisée au sein des 138.000 km2 des Galapagos, seconde réserve marine du monde, qui compte environ 27.000 habitants.

    http://actualites.nouvelobs.com/planete/20170826.OBS3827/les-galapagos-se-rebellent-contre-la-peche-illegale-d-une-immense-flotte-chinoise.html?cm_mmc=Acqui_MNR-_-NO-_-WelcomeMedia-_-edito&from=wm#xtor=EREC-10-[WM]-20170826

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    Benoît Barvin


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    Pensées pour nous-mêmes:

    (MON JARDIN NE FAIT POUSSER

    QUE DES FLEURS D'AMOUR)

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    "Quoi, cette lampe? Qu'est-ce qu'elle a, cette lampe?"

    asloversdrown:

    Breast Washer [c.1930] Machines replaced manual breast washing laborers back in the 1930s.

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    Vers un prochain krach financier

     


       Co-animateur du Réseau Éducation Populaire (REP). Co-auteur de : Néolibéralisme et crise de la dette ; Contre les prédateurs de la santé ; Retraites, l'alternative cachée ; Laïcité: plus de liberté pour tous ; Penser la République sociale pour le 21e siècle ; Pour en finir avec le "trou de la Sécu", repenser la protection sociale du 21e siècle.

       Même si on ne peut pas « faire bouillir les marmites de l’avenir » selon la formule de Friedrich Engels, on peut dire que les mêmes causes produiront les mêmes effets dans un système donné mais à une échéance non connue.


       La crise des crédits hypothécaires de 2007-2008, de même nature que la crise de 1929 (le bloc-or remplacé par la zone euro en Europe), fut due à un excès de dettes privées aux États-Unis. La libre circulation des capitaux et la financiarisation mondiale de l’économie entraînant la crise financière mondiale. Cet accroissement des dettes est rendu obligatoire pour faire fonctionner le système à cause de la crise du profit dans l’économie réelle, obligeant l’oligarchie à compresser les salaires directs et les cotisations sociales. Et donc à engager un processus d’augmentation des dettes privées et publiques.


       Toutes les mesures prises ici et là n’agissant pas sur les causes fondamentales ne peuvent au mieux que retarder le prochain krach financier mais non l’empêcher.

       Mesures nouvelles, il y a eu. Il est erroné de dire que rien n’a été fait : Traité budgétaire, Mécanisme européen de stabilité, politique d’austérité grandissante, Bâle 1 de 1988, Bâle 2 de 2004, Bâle 3 de 2010, Solvabilité 2 pour les assurances et les complémentaires avec le rapport d’évaluation ORSA (y compris pour les mutuelles et instituts de prévoyance), les trois piliers de l’Union bancaire, les contrôles prudentiels CRR, CRD4,etc., la politique d’agrégation des données sur les risques, BCBS 239 de 2016, la prévision de la nouvelle norme comptable IFRS9 pour 2018, le futur coussin de sécurité TLAC prévu pour 2019, la future révision des risques pondérés éventuellement pour 2020, les décisions de gestion des banques avec un taux bas persistant, le développement de la culture du risque, etc. Tout cela n’aura aucun effet sur la crise du profit en système capitaliste qui dure depuis des décennies. Tout au plus, cela aura un effet retardateur pour la prochaine crise.

       Les discours publicitaires sur le retour de la croissance masquent en fait le durcissement des politiques austéritaires dégradant la vie de la majorité des couches populaires et des couches moyennes intermédiaires. L’abondance de la création monétaire fournie par les banques centrales aux banques privées à but lucratif pour les actionnaires, principalement utilisées dans la spéculation financière internationale à travers la plupart des produits bancaires (y compris l’assurance-vie !) et bien sûr l’augmentation phénoménale des dettes privées et publiques, préparent le prochain krach.


       Les fonds de ­capital-investissement participant au système bancaire international, reprennent des entreprises à tour de bras, en recourant massivement à la dette privée. L’endettement mondial est passé de 190 % du PIB mondial à 230 % depuis 2001. La dette étudiante étasunienne est de 1 300 milliards d’euros soit un doublement en 10 ans. Les entreprises chinoises ont un endettement de 160 % du PIB soit un doublement depuis 2008. Etc.

     http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/vers-un-prochain-krach-financier/7400524

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    Benoît Barvin


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    Pensées pour nous-mêmes:

    (L'HABITUDE FAIT DE TOI

    UN ESCLAVE)

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    "Tu es sûr que c'est comme ça qu'on enlève ce truc?

    - D'en fais bas... Hips! Ch'sais y faire..."

     http://not.pulpcovers.com/post/164445260664/filthyactionromance

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    "Ciel, mon mari!"

    talesfromweirdland:

    Bo Hampton cover art for Alien Worlds #9 (1985).

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    "Tu veux être comme Maman, plus tard?

    - J'aime pas les gourgandines..."

    inspiraitonofvintageyears:

    Vintage illustration, Ernest Chiriaka

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    Blanche Baptiste


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