• $$$

    Pensées pour nous-mêmes:

    (SOIS INDIFFÉRENT

    AUX GENS HAINEUX)

    $$$

    (Faut pas parler mal à une blonde)

    (Source: boring-usernamex2)

    $$$

    https://fr.sputniknews.com/caricatures/201508131017530296/

    Chine - États-Unis.

     La guerre commerciale entre Chine

    et États-Unis pourrait s’envenimer

     
     
     
     
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    "La résidence 1ère Avenue combine qualités architecturales et accès aisé à toutes les c...
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       Politico y voit une “escalade dans une guerre commerciale déjà tendue entre les deux économies les plus importantes du monde” : les États-Unis comptent appliquer prochainement un tarif douanier de 10 % sur 200 milliards de dollars d’importations chinoises.

       La liste inclut des produits aussi variés que du porc surgelé, du saumon du Pacifique, des carottes, du céleri, des appareils photo, des gants de base-ball ou encore des réfrigérateurs. “Mais pas les téléphones portables”constate la Nikkei Asian ReviewPour CNBC, l’administration Trump “a pris en compte ce qui pourrait désorganiser l’économie chinoise”.

       La mesure est une riposte aux tarifs douaniers imposés par la Chine sur 545 produits américains, eux-mêmes en réponse à une première vague de surtaxes américaines de 25 %, entrées en vigueur la semaine dernière sur 34 milliards de dollars de marchandises. Donald Trump avait promis qu’il réagirait à toutes représailles chinoises et “il a mis sa menace à exécution”titre le Washington Post.

       Alors que la perspective d’une rude guerre commerciale inquiète l’agriculture et l’industrie, le Wall Street Journal estime que “l’administration a tenté de limiter l’impact sur le consommateur”, appliquant des surtaxes de 10 % plutôt que de 25 % comme on l’avait un temps envisagé. Si les tarifs sont validés après une série d’audiences publiques prévues fin août, “près de la moitié des importations chinoises seront surtaxées”, fait remarquer le Post. (...)

       (...) USA Today prévient qu’il faut s’attendre à de nouvelles mesures de rétorsion chinoises. Les échanges commerciaux entre les deux pays ont représenté 505 milliards de dollars en 2017, avec un déficit de 375 milliards pour les États-Unis. Ce qui signifie que la Chine ne pourra pas taxer autant de produits que les Américains, signale le Post.

       “Les autorités chinoises pourraient riposter autrement, en organisant des inspections inattendues dans les entreprises américaines en Chine, en retardant l’approbation de transactions financières ou via d’autres tracasseries administratives, prévoit le quotidien de la capitale.

       “Les marchés financiers ont accueilli sans panique la première vague de tarifs douaniers, qui était attendue”, observe l’agence Bloomberg. Mais les Bourses asiatiques ont démarré à la baisse mercredi matin.

       L’Europe aussi est frappée par des tarifs douaniers américains. Et Donald Trump participe cette semaine à un sommet de l’Otan. Il ne s’agit pas forcément d’une coïncidence si l’annonce de sanctions contre la Chine tombe justement avant son départ. “Le président veut montrer aux Européens qu’il reste sur une ligne dure “, commente un analyste de CNBC.

    https://www.courrierinternational.com/article/chine-etats-unis-la-guerre-commerciale-entre-chine-et-etats-unis-pourrait-senvenimer

    $$$

    Benoît Barvin


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    Pensées pour nous-mêmes:

    (NOUS SOMMES SOUVENT

    LE RÉSULTAT D'UN

    DÉSIR ERRONÉ)

    %%%

    (Blonde cherchant à voler)

    Aphrodite, Pierre Louys

    %%%

    (Deux blondes se disputant le même morceau de tissu)

    https://thisisnthappiness.com/post/175668592164/prue-stent

    %%%

    (Blonde s'apprêtant à méchamment se gaufrer)

    The week that was

    %%%

    Blanche Baptiste


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    Pensées pour nous-mêmes:

    (LE VÉRITABLE AMI

    N'EST JAMAIS COMPLAISANT)

    ***

    "'tain, fait chaud!"

    Reblogged from kaetaeblog.

    ***

    http://www.plkdenoetique.com/cop21-sauver-la-planete/

    Le réchauffement climatique
    n’est pas inéluctable
     

       Depuis plusieurs décennies maintenant, nous disposons d’une bonne connaissance des causes et des effets du dérèglement climatique. Les livres dénonçant les dégradations que l’humanité fait subir à la planète se multiplient également. Si ces démonstrations sont implacables lorsqu’il s’agit de comprendre les mécanismes à l’œuvre, les propositions sont trop souvent décevantes, quand elles ne sont pas tout simplement absentes. Pour autant, il existe déjà de nombreuses réflexions à ce sujet – du « Plan B » de Lester Brown à « Negawatt » – mais dont les solutions avancées tardent à être appliquées à grande échelle et dont la cohérence globale fait parfois défaut.

       C’est afin de combler une telle lacune que le militant écologiste et entrepreneur américain Paul Hawken a lancé le projet Drawdown en 2013. Ce terme désigne « le point de bascule à partir duquel la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, après avoir atteint un pic, se met à diminuer d’une année sur l’autre.» Le but de cette entreprise collective est ainsi de « recenser, mesurer et modéliser cent solutions conséquentes » permettant de tendre vers cette inversion de la courbe du réchauffement climatique à l’horizon 2050. (...)

       (...) En l’absence d’une feuille de route globale, Hawken et son équipe, composée de chercheurs et d’activistes, ont cherché à en proposer une à partir d’un grand nombre d’initiatives déjà existantes. Ces initiatives ont été expertisées, ont fait l’objet de projections et ont été comparées entre elles en fonction de leur coût de mise en œuvre et de leur impact. Drawdown aboutit donc à une liste de 80 solutions priorisées. Si l’un des principaux critères retenus est bien sûr la diminution escomptée de CO2, ces différentes solutions ont des retombées positives dans de nombreux domaines. Cette approche plurielle trouve également sa raison d’être dans les causes multiples à l’origine du dérèglement climatique et de la pollution sous toutes ses formes.

       Destiné à un large public soucieux de s’informer, les rédacteurs de Drawdown ont fait le choix d’un langage clair, évitant autant que possible le jargon et explicitant les différents mécanismes en jeu. Parmi leurs partis-pris, l’on retrouve l’abandon des métaphores martiales (« combat », « bataille », voire « croisade ») qui sous-entendent que « le changement climatique est l’ennemi et qu’il faut l’anéantir », ce qui leur paraît inadapté pour désigner des phénomènes physiques, chimiques ou biologiques. Enfin, le titre même adopté pour le projet et cet ouvrage est une affirmation d’un objectif bien souvent manquant des débats environnementaux actuels : plus que contenir ou ralentir nos émissions de CO2, il s’agit de les réduire suffisamment pour inverser le cours du réchauffement climatique.

       Drawdawn s’organise ainsi autour de la présentation thématique (« énergie », « alimentation », « femmes et filles », « bâtiments et villes », « affectation des terres», « transport », « matériaux ») des solutions les plus pertinentes pour réaliser cet objectif. Chaque solution est décrite de son origine à ses développements présents et futurs, et illustrée.

       Les avantages et les inconvénients, qui recouvrent là encore différentes sphères (culturelle, économique, sociale), sont rappelés. Dans certains cas, elles apparaissent seulement à titre transitoire, comme le nucléaire pour les pays en voie de développement, ou encore les agrocarburants. Outre la réduction des émissions de gaz à effet de serre, le coût de la solution est chiffré sur 30 ans, tout comme les économies espérées. Les modélisations se fondent sur des estimations prudentes et les concepteurs du projet mettent à disposition de la communauté scientifique leurs données, hypothèses et résultats sur le site drawdown.org.

       A cet ensemble de fiches pédagogiques s’ajoutent des extraits d’essais ainsi qu’une dernière rubrique intitulée « Bientôt près de chez vous » qui regroupe des solutions émergeant, non chiffrées et parfois décrites de manière plus impressionniste. Dans cette ultime rubrique, l’on retrouve par exemple le projet de « Repeupler la steppe-toundra ». En effet, la réintroduction d’animaux tels que l’iakoute (« un petit poney sibérien trapu et poilu ») ou des rennes migrateurs dans ces espaces aurait un effet protecteur pour le pergélisol et éviterait à l’Arctique de se refroidir. En effet, le dégel de l’Arctique provoqué par le réchauffement climatique aurait pour conséquence d’accélérer le phénomène en relâchant le méthane conservé dans les glaces. De leur côté, les essais reproduits dans Drawdown visent à l’élargir la perspective, à l’image de celui de l’universitaire et jardinier Michael Pollan  qui revient sur la dimension symbolique et systématique de la pratique individuelle et collective du potager. (...)

       (...) L’équipe du projet Drawdown propose trois scénarios en fonction de la prudence des hypothèses. Le premier, dit « plausible » est insuffisant pour aboutir à une inversion de la courbe. Le second et éponyme (« Drawdown ») y parvient en 2050 quand le troisième, dit « optimal », y arrive dès 2045. Dans tous les cas, le financement de la mise en œuvre des solutions avancées est dérisoire par rapport aux économies anticipées, pour ceux qui ne souhaiteraient qu’envisager cette aspect de la question, finalement dérisoire par rapport à l’état de la planète si rien n’était fait. Enfin, aucune de ces solutions ne détient à elle seule la réponse aux nombreux défis posés par le dérèglement climatique.

        Parmi les 15 solutions les plus efficientes, l’on compte par ordre décroissant d’impact : la réduction des fluides frigorigènes, les « éoliennes (en mer) », la « réduction du gaspillage alimentaire », une « alimentation riche en végétaux », la préservation des forêts tropicales, « l’éducation des filles », « la planification familiale », le développement de centrales solaires, l’adoption du « sylvopastoralisme », les « toitures photovoltaïques », « l’agriculture régénératrice », l’entretien des forêts tempérées et des tourbières, « l’arboriculture tropicale de base» et le « boisement ».

       Nombre de ces solutions sont susceptibles d’être mises en œuvre à l’échelle individuelle ou de collectifs non-étatiques. Les membres de Drawdown affirment d’ailleurs leur croyance en la force de l’individu et des groupes minoritaires afin de faire évoluer les choses. Ils font également le pari d’une compatibilité entre le capitalisme et l’inversion de la courbe de nos émissions de gaz à effet de serre, contrairement à d’autres écologistes qui estiment que toute résolution du problème devra passer par une sortie du capitalisme.

       Plus largement, la philosophie du projet repose sur la validité de leurs modèles mathématiques, voire de leur reproductibilité à des contextes parfois très différents, même si les auteurs semblent lucides à ce sujet. En dépit de ces partis-pris, l’équipe de Paul Hawken souligne à de nombreuses reprises la nécessité de réguler, de subventionner ou de taxer certaines activités afin de permettre un réel développement de ces solutions.

       En cela, Drawndown s’avère un outil précieux (et porteur d’espoir) pour le citoyen puisqu’il lui donne une vue globale et nuancée des solutions existantes, qu’elles aient une application individuelle directe, ou qu’elles nécessitent une prise en charge gouvernementale et donc une action collective dans l’arène politique.

    https://www.nonfiction.fr/article-9469-le-rechauffement-climatique-nest-pas-ineluctable.htm

    ***

    Benoît Barvin


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    Pensées pour nous-mêmes:

    (L’ESPÉRANCE EST INSCRITE

    DANS LE CŒUR DE L'HOMME)

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    "Vite, vite, Attention à Face de Bouc!"

    http://chatoyantstone.tumblr.com/post/175514128718/resplend3nt-rap4cious

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    "Rien que par sa présence, la Belle-Mère de cet écrivain d'horreur lui donnait de magnifiques idées de romans,". Jacques Damboise in "Pensées à point".

    http://www.bouddha.ch/nos_coups_de_gueule4.htm

    Le dalaï lama vient de perdre un ami

    Maxime VIVAS

       « Troublants […] les rapports entre le gourou japonais de la secte Aum, Shoko Asahara, sponsor de « la cause tibétaine » et le dalaï-lama (des photos les montrent main dans la main). Or, Shoko Asahara a défrayé la chronique de l’horreur en faisant gazer au sarin des passagers du métro de Tokyo le 20 mars 1995 » (1).

       En 2016, Macron rencontre en France le dalaï lama et il twitte, extasié : « j’ai vu le visage de la bienveillance ».  Le 25 avril 2018 aux USA, il parle du dalaï lama aux étudiants de l’université George Washington : « C’est un leader extraordinaire, je le respecte beaucoup ».

       Il est juste de dire que l’engouement de Macron pour l’ex-esclavagiste théocratique est largement répandu dans la classe politico-médiatique française. La raison en est un alignement idéologique derrière les USA qui travaillent inlassablement à essayer d’amputer la Chine de sa région autonome tibétaine.

       Lors de la recension par LGS en 2012 de mon livre sur le dalaï lama (1), un lecteur (qui signe BQ) nous a envoyé ce commentaire dont je fais un copié-collé car il est un condensé puissant :

       « Le 13 septembre 1994, à l’approche de ses 60 ans, le 14ème dalaï-lama invita quelques personnes à Londres pour un lunch. Des personnes qui avaient été au Tibet « avant l’arrivée du régime communiste », c.-à -d. avant les années 1950 (...).
       Un des invités était Heinrich Harrer, célèbre alpiniste autrichien et nazi confirmé (SA) à partir de 1933, bien avant « l’Anschluss » de l’Autriche par l’Allemagne (1938) (...) Il se rendra à Lhassa où il deviendra le tuteur du jeune 14ème dalaï-lama.
       Harrer était également un des hommes de liaison des Etats-Unis pour organiser concrètement en 1959 le départ en exil du 14ème dalaï-lama (...).

       Un autre « invité de marque » en 1994 : Bruno Beger. Un nazi un peu plus dérangeant : condamné en 1970 pour assassinat de 86 personnes dans le camp d’Auschwitz (pour une recherche sur les crânes), mais jamais interné. (...) Fin des années 1930, Beger était allé au Tibet avec le zoologue SS Ernst Schäfer pour y mesurer des crânes, dans le cadre d’une recherche ethnologique subsidiée par… Himmler. Il était devenu l’ami du 14ème dalaï-lama.

       Mais l’étrange cercle d’amis du 14ème dalaï-lama ne s’arrête pas là. Dans le désordre :
       * Carl Gershman : ex-directeur de la NED (New Endorsement [lire : Endowment] for Democracy, USA, cousine germaine de la CIA et sponsor du DL) : a reçu une médaille « Lumière et Vérité » du DL en 2005 ;

       * Miguel Serrano : ouvertement nazi au Chili : rencontres avec le DL ; entre autres, accueil à l’aéroport de Santiago en 1992 (photos sur le net) ;

       * Shoko Asahara : gourou japonais (attentat au gaz dans le métro de Tokyo) : plusieurs rencontres. Le DL lui donna des lettres de recommandation destinées au gouvernement japonais, pour favoriser des subsides. Shoko Asahara fait un don important à Dharamsala [ C’est-à-dire au « gouvernement tibétain en exil » installé à Dharamsala. Note de MV].

       * Pinochet : le DL a au moins pris sa défense contre un jugement d’un tribunal international [En avril 1999, le dalaï-lama a appelé le gouvernement britannique à libérer le dictateur chilien, Augusto Pinochet, arrêté au cours d’une visite en Angleterre. Note de MV] (2).

       * G.W. Bush : lors de la réception de sa médaille d’or par le Congrès américain, le DL appelé G.W. Bush un « grand ami qui a fait beaucoup de choses pour la démocratie et les droits de l’homme… ».

       J’ajoute ceci  : le 29 avril 2005, le dalaï lama, parlant à des sénateurs français, a réussi en deux phrases à approuver deux guerres étatsuniennes et à suggérer leur prolongement en Chine : « La politique américaine veut promouvoir la démocratie en Irak et en Afghanistan, par des méthodes parfois controversées. Je dis tant mieux, c’est bienvenu. Mais ce serait encore mieux si la démocratie était promue en Chine ».

       Shoko Asahara, responsable de l’attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo en 1995, a été exécuté le vendredi 6 juillet 2018. J’ai souvent dit que j’étais hostile à la peine de mort. Cela me distingue en cette circonstance de quelques imitateurs de Pierre Desproges, lequel reprit deux fois des moules en apprenant la mort de Tino Rossi.

       (1) In « Dalaï lama pas si zen » Maxime Vivas (Editions Max Milo , 2011).
       (2) Si le dalaï lama a promptement réagi pour que Pinochet soit relâché, il n’a jamais eu le temps de demander la libération de Nelson Mandela emprisonné pendant 27 ans.


    https://www.legrandsoir.info/le-dalai-lama-vient-de-perdre-un-ami.html

    $$$

    Luc Desle


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  • ùùù

    Pensées pour nous-mêmes:

    (LE MAÎTRE N'EST

    PAS LE BON DIEU)

    ùùù

     "Alors, Vroum vroum?

    - Oui, vroum vroum..."

     (Source: boring-usernamex2)

    ùùù

    https://www.pinterest.fr/pin/576108977310794821/?lp=true 

    Les crimes contre la nature

    sont des crimes contre la paix et l’humanité

     Valérie Cabanes 

       En 2010, la juriste britannique, Polly Higgins, a proposé que le crime d’écocide soit reconnu. Elle a ainsi proposé à la Commission du droit international des Nations Unies que le crime d’écocide devienne le cinquième crime contre la paix, au côté des crimes contre l’Humanité ou des crimes de guerre.

       Dans la foulée, il y a deux ans, sept citoyens européens ont lancé une « initiative citoyenne européenne » (ICE) (1) dont le but était de faire reconnaître en Europe le crime d’écocide par le biais d’une directive européenne. Depuis janvier 2014, à la suite de l’ICE, le mouvement End Ecocide s’est globalisé en revendiquant la mise en place d’une justice internationale de l’environnement et de la santé. (...)

       (...) Le terme « écocide » est construit à partir du préfixe « éco- » - la maison, l’habitat (oikos en grec) – et du suffixe « -cide » - tuer (caedo en latin). Un écocide se définit par un endommagement grave et étendu d’un ou de plusieurs écosystèmes ou leur destruction, qui peut avoir des conséquences sur plusieurs générations.

       L’écocide répond ainsi à plusieurs qualifications, en tant qu’atteintes au droit fondamental à la vie, au droit de l’homme à un environnement sain, aux droits des peuples autochtones à vivre selon leurs traditions ancestrales, aux droits des générations futures.

       Le terme Ecocide avant l’ICE était quasiment inconnu du grand public en France, même si le concept de crime d’écocide est débattu depuis plus de quarante ans au sein de la Commission du droit international, en tant que crime de guerre suite à l’usage de l’agent orange au Vietnam dans un contexte de conflit armé et pour un comportement intentionnel aux effets particulièrement graves.

       Puis en temps de paix pour qualifier des catastrophes environnementales hors du commun commises délibérément ou par négligence, dénommées selon les juristes écocide, géocide ou biocide. Cette commission avait à charge de préparer le Code des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité, ancêtre du statut de Rome sur les crimes contre la paix adopté en 2002. Nous avons eu le mérite de réactualiser le terme et de rouvrir un vieux débat juridique qui n’a jamais fait l’affaire des gros Etats pollueurs. (...)

       (...) Nous demandons en effet de reconnaître la valeur des écosystèmes dans le maintien de la vie sur terre, valeur mise en lumière par la science mais totalement ignorée par l’économie et la politique. Le droit permettrait de rappeler cette évidence, à savoir que nous vivons dans un monde fini où toute forme de vie, dont l’humain, est interconnectée et interdépendante et que l’ère de l’anthropocène (2), que l’homme moderne a provoquée en deux-cents ans, est une forme de suicide collectif.

       Le monde fait face à une immense menace pour sa paix et sa sécurité car les écosystèmes de la planète sont détruits à une vitesse et une échelle sans précédent. Nous épuisons nos ressources naturelles, et la raréfaction des ressources tels que l’eau potable, la nourriture, les métaux rares, le pétrole et d’autres ressources naturelles engendre une augmentation des conflits (3) dans le monde ainsi que des migrations climatiques. (...)

       (...) Notre cadre juridique actuel ne possède pas les outils nécessaires pour mettre fin à la dégradation généralisée des écosystèmes causée par une activité industrielle dangereuse. Comment accepter la faiblesse des sanctions appliquées lors de l’affaire du Probo Koala par exemple dans laquelle la société Trafigura a été condamnée à une amende d’un million d’euros, sur un chiffre d’affaires annuel de 73 milliards de dollars, non pas pour trafic de déchets mais pour manquement à son obligation de révéler la nature des déchets toxiques transportés ?

       De même, ne serait-il pas souhaitable de mieux discipliner certains PDG comme celui de Tepco qui est à l’origine de la décision de construire un mur de protection du réacteur de Fukushima de dix mètres seulement au lieu des treize recommandés pour des raisons d’économies budgétaires ?

        Lever l’impunité des dirigeants de multinationales, de gouvernements ou d’institutions partenaires, concernant certaines catastrophes environnementales liées à l’utilisation de technologies dangereuses ou prédatrices semble aujourd’hui d’une nécessité urgente.

       Il faut donc pour cela que les liens entre droits de l’homme et droit de l’environnement soient intrinsèquement reconnus par le droit pénal international. C’est déjà le cas dans de nombreuses conventions internationales depuis la déclaration de Stockholm en 1972, en tant que droits positifs mais non contraignants. La prochaine étape nécessaire est de faire reconnaître la destruction des écosystèmes comme un crime et établir des cours pénales pour le juger. (...)

       (...) En Europe, nous voulons que l’Écocide devienne un crime pour lequel des sociétés et des personnes puissent être jugées responsables selon le droit pénal et le principe de la responsabilité supérieure. Nous espérons faire interdire et empêcher tout Écocide sur les territoires européens ou le domaine maritime relevant de la législation européenne, ainsi que tout Écocide provoqué par des ressortissants européens, personnes physiques ou morales, en dehors de l’Europe.

       Et nous demandons de prévoir une période de transition pour permettre la mise en place d’une économie durable.

        A l’échéance de l’ICE le 21 janvier 2014, nous avons demandé à la Commission européenne l’autorisation de conserver les signatures récoltées, n’ayant pas atteint le million requis, et de transformer l’ICE en pétition traditionnelle à soutenir sur endecocide.eu. La Commission a donné son accord et a accepté que nous lui présentions le projet de directive en octobre 2014. (...)

       (...) Parallèlement, le mouvement est devenu mondial. Nous avons lancé un appel collectif le 30 janvier 2014 au Parlement européen pour la création d’une justice pénale internationale de l’environnement et de la santé. Une charte a été rédigée de concert avec neuf autres organisations qui peut être signée par toute association dans le monde. Une pétition citoyenne est aussi en ligne sur iecc-tpie.org.

       Plus de 90 organisations nous ont déjà rejoints et des dizaines de milliers de citoyens la soutiennent. La pétition sera remise à Ban Ki-Moon au mieux à l’ouverture du Sommet sur le Climat de l’assemblée générale des Nations Unies en septembre prochain à New York.

       Cette charte demande ultimement la reconnaissance du crime environnemental dans le statut de la Cour pénale internationale. Afin d’avancer dans sa mise en œuvre, nous réunissons en ce moment des experts du droit international et du droit de l’environnement pour préparer un amendement à ce statut afin qu’il soit porté par un ou plusieurs Etats devant l’Assemblée des Etats signataires et soumis au vote.

       Il suffit en effet qu’un seul Etat soit volontaire pour que l’amendement soit porté à l’agenda et que 81 Etats votent en sa faveur pour qu’il soit retenu. Nous menons donc un plaidoyer diplomatique à l’heure actuelle pour que des Etats comme l’Equateur en procès contre Texaco Chevron ou des Etats insulaires victimes du changement climatique s’emparent de notre proposition.

       Toutes les bases juridiques sont posées – ce dont nous avons besoin maintenant c’est d’une volonté politique et d’un vaste appui citoyen.

       Notre mobilisation devient mondiale officiellement le 31 juillet 2014. End Ecocide in Europe devient End Ecocide on Earth, soutenez-nous en signant notre appel mondial !

       Exemples d’écocides que vous pouvez retrouver sur notre site endecocide.eu :

    1. La fracturation hydraulique
    2. Rosa Montana en Roumanie
    3. La surpêche
    4.Tchernobyl
    5. Le barrage d’aluminium d’Ajka en Hongrie
    6. L’assèchement de la rivière du Parc National de Mavrovo en Macédoine
    7. La déforestation de la forêt des Carpates en Europe
    8. L’extinction des abeilles
    9. La pollution du delta du Niger


       Notes

    1 - L’ICE permet à n’importe quel citoyen européen d’inviter directement la Commission européenne à présenter des propositions législatives. Elle doit être soutenue par au moins un million de personnes issues d’au moins sept pays sur les vingt-huit que compte l’UE.

    2- Période à partir de laquelle l’influence de l’homme sur le système terrestre serait devenue prédominante.

    3- Consulter l’Atlas des conflits élaboré par the Environmental Justice Atlas : Mapping ecological conflicts and spaces of resistance. EJOLT sur ejatlas.org/

    (Quid depuis 2014?)

    https://reporterre.net/Les-crimes-contre-la-nature-sont

    ùùù

    Luc Desle


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  • °°°

    Pensées pour nous-mêmes:

    (POUR PLUS DE TRANQUILLITÉ,

    DIEU S'INVENTA LUI-MÊME)

    °°°

    "Et... Hips! Tu sais c'que j'lui ai dit, Moi?

    T'es qu'une tronche de cake, grosse pouf,

    voilà c'que t'es!

    - Et tu sais ce que je lui ai dit, à Monsieur qui fait le mariole?

    T'es qu'une tronche de cake, abruti,

    voilà tout ce que t'es"

    (Ce couple se connaissait très bien)

    http://silverfoxclub.tumblr.com/post/167679178092

    °°°

    "Pfff... Fait chaud...

    - Si t'était à poildé, ça irait mieux.

    - J'te vois venir, pas question!"

    http://nadchris34.tumblr.com/post/175550528384/

    poerobots-roll-out-those-lazy-hazy-crazy-days

    °°°

    (Dans la série, j'aime pas l'matin...

    Mais alors là, pas du tout)

    http://nadchris34.tumblr.com/post/175363876649

    °°°

    Blanche Baptiste


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  • £££

    Pensées pour nous-mêmes:

    (LE MÉCHANT SERAIT UN

    GENTIL QUI S'IGNORERAIT)

    £££

    "Heu... Oui? J'ai fait quelque chose de mal?"

    "Il connaissait bien la langue lapine ou latine, je ne me souviens plus bien". Jacques Damboise in "Pensées gloub".

    https://johnnythehorsepart2.tumblr.com/post/173637525290

    £££

    "Il connaissait bien la langue lapine ou latine, je ne me souviens plus bien". Jacques Damboise in "Pensées gloub".

    http://vidberg.blog.lemonde.fr/2009/11/05/desobeissance-civile/

    Aux États-Unis, un juge considère

    la désobéissance civile comme une « nécessité »

    contre le changement climatique

       Pendant près d’un an, des centaines de manifestants ont défilé dans le Massachusetts pour stopper la construction d’un gazoduc à haute pression, qui aurait parcouru une dizaine de kilomètres à travers le quartier de Boston West Roxbury. 200 personnes ont été arrêtées, et certains d’entre elles ont fait l’objet d’accusations criminelles pour intrusion et perturbation de l’ordre public.

       Le 3 juillet, les 13 derniers manifestants accusés ont été jugés non responsables par un juge du Massachusetts, qui a dit que les effets potentiels sur l’environnement et la santé publique du pipeline — y compris le risque de changement climatique — rendaient la désobéissance civile légalement « nécessaire ».

       D’après le Climate Disobedience Center, qui a soutenu les manifestants, c’est la première fois qu’un juge estime le caractère « nécessaire » pour ces gens-là d’agir afin afin de prévenir un préjudice plus important.

       Le juge a permis à chaque accusé de parler pendant deux minutes pour expliquer ses raisons d’agir directement contre le pipeline. À la fin des témoignages, il a déclaré les accusés « non responsables » — l’équivalent civil de la non-culpabilité — sur la base de la nécessité.

       C’est une rare bonne nouvelle pour le mouvement climatique états-unien, qui a vu une augmentation de la criminalisation de la protestation environnementale ces dernières années, et pour les manifestants de West Roxbury, car même s’ils n’ont pas empêché le pipeline de devenir opérationnel, ils ont obligé la compagnie Spectra Energy à admettre officiellement qu’elle n’avait pas de plan de sécurité en cas de défaillance catastrophique.

    Source : Think Progress

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    Benoît Barvin


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    Pensées pour nous-mêmes:

    (TOUT EST PERDU QUAND

    ON EST MÉCONTENT DES AUTRES

    ET NON DE SOI)

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    https://johnnythehorsepart2.tumblr.com/post/173733969160

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    http://ysope.over-blog.net/article-rechauffement-climatique-56335005.html

    Comment le réchauffement climatique

    renforce la gentrification à Miami

    Anouch Bezelgues

     
     
     
     
    HARU, CANAPÉ CONVERTIB...
    199 € Haru, canapé convertible une place, bleu Quartz De taille compacte, le Haru est i...
     
     
    LIT ENFANT WILLOW BLAN...
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    Acheter
     
     

       “À Miami, l’élévation du niveau de la mer fait déjà partie de la vie quotidienne”, raconte The New Yorker. Si cette ville de Floride est aux premières loges du réchauffement climatique, tout le monde n’est pas affecté de la même manière. En effet, l’élévation du niveau de la mer a des conséquences indirectes sur les habitants des quartiers populaires de Miami, comme Liberty City et Little Haiti. Situés dans des zones qui ne sont pas directement menacées par la montée des eaux, ces quartiers voient le prix de l’immobilier s’envoler.

       On assiste aujourd’hui à une “gentrification climatique”, explique un travailleur social à propos de cette tendance qui pousse les investisseurs et les promoteurs immobiliers à lorgner des quartiers moins favorisés en raison de la montée du niveau de la mer”. Les classes et minorités à faibles revenus ont été contraintes de s’installer dans le centre-ville, largement au-dessus du niveau de la mer. Mais maintenant que ce dernier s’élève, ces quartiers sont de plus en plus recherchés.” (...)

       (...) Alors que les effets du réchauffement climatique se font de plus en plus ressentir, le niveau de la mer est susceptible d’augmenter de 30 centimètres d’ici à 2045. Si toute la côte est des États-Unis est menacée, Miami est particulièrement vulnérable. Face à ce danger imminent, les promoteurs immobiliers investissent dans les quartiers du centre car ils ne disposent plus de terrains près de la mer, affirme The Wall Street Journal.

       Une tendance qu’une étude menée par des chercheurs de Harvard confirme, comme le rapporte l’hebdomadaire Orlando Weekly. L’étude révèle que “les propriétés situées entre deux et quatre mètres au-dessus du niveau de la mer présentent aujourd’hui des prix plus élevés que celles situées à un ou deux mètres”. (...)

       (...) C’est particulièrement le cas à Little Haiti. Dans une vidéo, le webzine The Root part à la rencontre des habitants de ce quartier victime de la gentrification. Du temps de la ségrégation, les Africains-Américains n’étaient pas autorisés à vivre près de la plage – ils se sont donc installés un peu plus haut. The Root révèle qu’entre 2016 et 2017 le prix moyen d’une maison est passé de 174 326 dollars à 207 100 dollars. Le salaire moyen annuel étant de 21 600 dollars, acheter une maison devient de plus en plus inaccessible.

       En avril dernier, des habitants de Little Haiti ont organisé des manifestations contre le rachat de deux centres commerciaux par des promoteurs immobiliers. Les locataires – qui, pour certains, occupaient les boutiques depuis trente ans – ont eu seulement deux semaines pour débarrasser les lieux, dénonce le Miami Herald.

       La gentrification n’est toutefois pas le seul grand danger qui menace les quartiers populaires de Floride. “Les inondations et les ouragans sont particulièrement dévastateurs pour les logements bon marché, qui sont généralement plus vieux et moins résistants à l’eau et au vent. En outre, lorsque des logements sociaux sont détruits, ils ne sont pas systématiquement remplacés, ce qui restreint encore un peu plus le choix pour les gens qui ne peuvent pas suivre l’emballement des prix du marché”affirme Bloomberg. Comme le résume pour The New Yorker Jesse Keenan, qui donne des cours sur l’adaptation au changement climatique à Harvard, “le réchauffement climatique a déjà ses gagnants et ses perdants”.

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    Benoît Barvin


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    Pensées pour nous-mêmes:

    (LE CHEMIN EST LENT

    VERS LA RÉDEMPTION)

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    (Source: coolsignsandwords)

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    "Tu trouves pas que ce pommeau de douche est évocateur?

    - Chut, Malheureuse, Face de Bouc nous écoute!"

    http://norrinffm.tumblr.com/post/175554895654/

    fromoutoftheeast-miri-mizuki-hotel-stay

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    "Quoi ma glotte, qu'est-ce qu'elle a ma glotte?"

    (via discotracker)

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    Nadine Estrella


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    Pensées pour nous-mêmes:

    (CHANGE-TOI AVANT DE

    VOULOIR CHANGER LE MONDE)

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     "Tu spéculerais pas sur cette région

    en nous exterminant, par hasard?

    - Pas... pas du tout... J'essayais mon arme,

    c'est tout, Mon... Monsieur"

     https://pulpcovers.com/tag/thomasbeecham/

    ***

     https://www.andlil.com/definition-de-speculation-financiere-134415.html

    Spéculation sur les

    matières premières

        Plus un jour sans que les média et les politiques n’évoquent la brûlante actualité de la spéculation. Même le Saint-Père a adopté cette antienne à la mode en décrivant, il y a peu, la spéculation comme « une maladie de l’économie » au cours d’une visite pastorale à Gênes au printemps dernier. Ite missa est ?

       Peut-être s’avère-t-il nécessaire, malgré tout, de comprendre un phénomène avant de poser un jugement moral à son sujet. C’est à cette très empirique (et ingrate) tâche de décryptage du réel que procédera cet article.

       Tous les grands édifices de stratégies spéculatives sur le segment des matières premières reposent sur la pierre d’angle des contrats à terme (ou futures en anglais). Ces derniers visent à prévenir les producteurs et les acheteurs d’éventuelles fluctuations de cours. Une des premières traces des contrats à terme remonte au XVIème siècle alors que les pêcheurs à la baleine hollandais concluaient des contrats de vente avant livraison pour financer leurs lointaines expéditions. Cette forme particulière de contractualisation permettait également à ces aventureux marins de tirer un meilleur prix pour leur cargaison au retour.

       De leur côté, les acheteurs, en passant contrat avant terme, évitaient de prendre des risques de cours. A ce stade de leur développement, les contrats à terme auraient été vraisemblablement bénis par le Saint-Père puisqu’ils permettaient de protéger à la fois le producteur et l’acheteur en stabilisant les cours des marchandises échangées, sous réserve de dispositions suffisamment précises balisant l’échange entre les parties au contrat.

       Les contrats à terme n’en sont, pour autant, pas restés à ce modus operandi, somme toute, très rudimentaire. Au fur et à mesure que les échanges commerciaux se sont, au fil du temps, intensifiés, les contrats à terme se sont généralisés. Cette évolution va se caractériser, vu l’importance des échanges en jeu, par une forte dépersonnalisation des relations entre acheteurs et vendeurs.

       La multiplication des échanges va poser les conditions de possibilité qui ont permis de mettre sur pied des marchés fonctionnant comme autant d’instances de gestion permanente du risque de cours. Outre la faible élasticité de l’offre, il convient également, pour que de tels marchés soient viables, que les produits échangés soient très homogènes. C’est ainsi qu’il n’existe toujours pas en 2018 de marché à terme du tabac. En effet, ce dernier présente des variations qualitatives importantes d’un type de culture à une autre.

       Les contrats à terme vont alors devenir des produits standardisés négociables tout au long de l’année. Pour l’anecdote, le premier marché de contrats à terme a été lancé à Chicago en 1864 par la Bourse de Commerce de Chicago (Chicago Board of Trade). Les marchandises sur lesquelles portaient ces contrats étaient, pour l’essentiel, des céréales (seigle, orge, blé, avoine)[1]. Il s’agit là d’un profond changement de nature affectant la relation commerciale entre les parties aux contrats de vente puisqu’au face-à-face entre l’offreur et le vendeur se substitue, dès cette époque, un mécanisme d’ajustement permanent et dépersonnalisé. C’est ainsi que s’est effectué le passage du contrat à terme au marché à terme. Gageons que cette évolution est de nature à faire tiquer l’évêque de Rome. Et ce dernier n’aurait, d’ailleurs, pas forcément tort. Tentons, à présent, d’examiner pourquoi.

       Le fonctionnement d’un marché à terme[2] est caractérisé par une multitude d’opérations de ventes et d’achats. C’est, en effet, sur ce marché qu’un navire acheminant, par exemple, des minerais de cuivre du Chili vers le port de Los Angeles aura été vendu et acheté une petite centaine de fois avant son arrivée à destination. L’aspect de protection directe d’un acheteur et d’un producteur face à une variation des cours n’a, dans ces conditions, plus rien d’évident. Pour s’en convaincre, il convient d’examiner comment procèdent concrètement les opérateurs sur les marchés à terme.

       Les contrats à terme (ou futures en anglais) sont des promesses fermes, c'est-à-dire que l’acquéreur du contrat s’engage à acheter le bien visé par le contrat (on parle d’actif sous-jacent) à un prix et une date prédéterminés. Le vendeur lié par ce contrat doit, pour sa part, remettre l’actif sous-jacent au détenteur du contrat à moins qu’il ne remette son équivalent en espèces. Cette obligation de livraison ne vaut que si la position n’est pas fermée à l’échéance du contrat. Une position est dite fermée lorsque le contrat a été revendu.

       Lorsqu’ils anticipent une hausse pour un actif sous-jacent, les agents achètent un contrat à terme. On dit qu’ils adoptent une position longue. Cela les engage à se porter acquéreurs de l’actif sous-jacent au prix convenu à l’avance. En revanche, si l’investisseur estime que l’actif sous-jacent va baisser, il adoptera une position courte. Il s’engage donc à livrer l’actif sous-jacent ou son équivalent en espèces, à moins que la position ne soit fermée avant échéance du contrat.

       La rencontre entre l’offre et la demande s’effectue de la manière suivante. Les spéculateurs à la hausse (ceux qui anticipent que le cours va monter) achètent les contrats à terme tandis que les spéculateurs à la baisse, qui estiment, pour leur part, que les cours vont baisser les vendent aux acteurs ayant pris une position longue. La boucle se boucle.

       A côté des opérateurs à caractère strictement spéculatif, on retrouve sur les marchés à terme les producteurs et les acheteurs finaux des marchandises physiques que l’on appelle, dans le jargon propre au milieu, des hedgers. Un hedger à découvert est celui dont toutes les positions sur le marché du disponible ne se retrouvent pas sur le marché à terme. S’il opère de la sorte, c’est qu’il anticipe une baisse des cours. Le cas du hedger à couvert se situe juste à l’opposé. Le hedger à couvert, en effet, s’engage formellement à livrer une quantité de matière première à une date ultérieure et à un prix convenu sans qu’il ne dispose du produit au moment où il s’engage. Cet acteur anticipe donc une hausse des cours.

       Au final, le total des positions à découvert, d’une part, et à couvert, d’autre part, sur un marché de contrats à terme doit être égal à zéro. Les positions de vente à découvert annulent celles à découvert. Cette propriété des marchés à terme est impliquée par la structuration de ces derniers sous la forme de chambres de compensation.

       On désigne par chambre de compensation l’organisation d’un marché assortie d’une contrepartie centrale. Cette dernière signifie qu’en cas de transaction entre deux acteurs A (vendeur) et B (acheteur), la chambre de compensation agit comme acheteuse auprès de A et comme vendeuse auprès de A. La chambre de compensation est donc acheteuse auprès de tous les vendeurs et vendeuse auprès de tous les acheteurs. Cette mutualisation du risque permet évidemment d’éviter qu’un opérateur accusant trop de pertes ne pose de problèmes aux autres acteurs puisque précisément, la chambre de compensation se substituera à l’agent défaillant.

       Pour responsabiliser les participants au marché, la chambre de compensation exige d’une part, une forme de droit d’entrée, le dépôt de garantie sans lequel il n’est pas permis de prendre part aux échanges et d’autre part, un appel de marge quotidien en cas de pertes. De surcroît, les marchés à terme définissent une amplitude maximale de fluctuation quotidienne des cours. Dès que l’activité se traduit par un dépassement de ces limites, les transactions sont suspendues.

       Revenons une dernière fois aux préoccupations du Pape François concernant les éventuelles pathologies de l’économie contemporaine liées à l’activité spéculative. Certains faits invitent à prendre au sérieux la dénonciation de la spéculation formulée par le Vatican. Il se trouve, en effet, que les marchés à terme préoccupent des analystes de référence depuis plus longtemps que les théologiens. En 1991 déjà, Jerry Marckham, professeur à la Florida International University, posait un constat alarmant. « Le marché à terme des matières premières a été submergé par des manipulations sur une grande échelle depuis ses débuts »[3].

       Il est vrai que l’histoire de la cotation des matières premières sur les marchés à terme a très vite démontré l’existence de stratégies de manipulations de cours. On retrouve, d’une part, la dissémination de fausses informations et d’autre part, des actions visant à créer des effets de rareté factice impliquant une hausse injustifiée des cours. En finance, on parle de corner. Sur les marchés à terme, le corner vise à contrôler une partie du stock du produit échangé pour entraîner une flambée des prix. Cet objectif passe par le contrôle d’un grand nombre de contrats à terme.

       Une fois que les cours augmentent sans corrélation effective avec la production de l’actif sous-jacent, l’agent spéculateur peut revendre avec profit les contrats à terme qu’il détient. En 1902, une manipulation de ce genre a, par exemple, fait grimper le cours du blé à Chicago de 34% en quelques jours et a permis à son auteur, le spéculateur de légende James A.Patten, d’empocher un bénéfice de 2 millions de dollars de l’époque (l’équivalent actuel de 56.500.000 de dollars)[4]. Parfois, l’opération de mise sous pression (on parle également de squeezing) du marché tourne mal. C’est ainsi qu’en 1869, deux magnats américains (Jay Gould et James Fisk) ont vu leur tentative de corner sur le marché de l’or tourner au fiasco quand le Trésor a ruiné leurs plans en libérant des stocks d’or sur les marchés.

       Les tentatives de régulation du marché se sont révélées relativement peu efficientes au cours du XXème siècle. Nous avons, à ce propos, repris l’exemple des Etats-Unis puisque c’est dans ce pays que l’on retrouve les marchés de futures les plus liquides de la planète. En mars 2018, 70% des flux monétaires dans le monde liés aux futures ont été enregistrés sur les marchés nord-américains[5]. Ce chiffre devrait à lui seul suffire pour situer l’importance pour le monde de la législation états-unienne dans le domaine.

       La dernière initiative en date, c’est-à-dire la création en 1974 de la U.S. Commodity Futures Trading Commission (CFTC) chargée de la régulation des marchés à terme aux Etats-Unis, s’est soldée par un échec. Bien peu d’affaires ont été portées devant cette agence et les sanctions prononcées furent encore plus rares. La charge de la preuve en cas de procédure relative à une manipulation de cours revient à la CFTC et implique une série d’opérations longues, complexes et coûteuses. « Elle [la CFTC] doit analyser tous les flux monétaires disponibles, les fondamentaux du marché, les mouvements de vente à découvert, l’attitude des autres acteurs sur le marché ainsi que les relations complexes de ces données avec l’évolution en termes de prix des contrats à terme. (…) Il revient alors au gouvernement de prouver (…) que le prix était artificiel (…) plutôt que la résultante d’une situation basée sur des forces naturelles » [6].

       Quelques décennies après l’article de Markham cité plus haut, William Harrington relevait, en 2012, que « la croissance spectaculaire des contrats à terme de matières premières a débouché sur une multiplication des pratiques de manipulation des marchés et des prix. (…) Toutefois, la rareté de la jurisprudence est anormale dans la mesure où l’un des buts fondamentaux du Commodity Echange Act (..) était la prévention et la répression des manipulations de marché ».[7]

       Cet état de choses de choses s’explique aisément. Il apparaît, en effet, clairement que la CFTC a clairement été sous-financée dès sa création. La situation s’est, de surcroît, aggravée depuis la Grade Récession. En effet, le gouvernement des Etats-Unis a confié une mission supplémentaire, à savoir le contrôle du marché des contrats de gré à gré conclus en dehors de chambres de compensation, à la CFTC et cette dernière a reçu, pour mener à bien cette délicate mission, une … réduction de subsides de l’ordre de 72 millions de dollars en moyenne annuelle entre 2011 à 2016[8].

       La croissance des échanges sur le marché à terme a été particulièrement vigoureuse. En 1980, le volume des futures aux Etats-Unis se montait à 5.000 milliards de dollars. Aujourd’hui, le segment des futures équivaut à un montant de 34.000 milliards de dollars. Or, on note qu’ « un profond mouvement de déréglementation a débuté vers la fin des années 1970 aux États-Unis et au Royaume-Uni avant de se diffuser progressivement dans le reste du monde. S’il n’a pas touché que la sphère financière, mais de nombreux autres secteurs comme l’énergie, les transports…, c’est sans doute dans le domaine de la finance qu’il a été le plus loin ».[9] Ce mouvement s’est doublé d’un phénomène de concentration accrue du capital bancaire[10]. Ce dernier a été particulièrement impressionnant au fil du temps.

       Comme l’a relevé le professeur Geoffron de l’Université de Reims, « en 1992, on recensait [aux Etats-Unis] encore environ 9.000 entités bancaires, à 80% dotées d'actifs inférieurs à 100 millions de dollars. Toutefois, la décennie [19]80 a été marquée par une consolidation sensible puisque le nombre d'entités était encore supérieur à 12.000 en 1980 ».[11] « La concentration s’est poursuivie au cours des années 1990. En 1990, les dix premières institutions financières US possédaient 10% des actifs financiers de la nation. En 2008, elles en contrôlaient plus de la moitié ».[12] La crise de 2007-2008 n’a pas spécialement affaibli cette tendance. En 2016, on dénombrait aux Etats-Unis 5.927 banques enregistrées auprès de la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC), l’agence qui garantit les dépôts bancaires aux Etats-Unis. Ces établissements totalisaient des dépôts pour un montant supérieur à 11.000 milliards de dollars. Les quatre plus grosses banques concentraient 44,6% de ces dépôts. Il s’agit, par ordre décroissant, de JPMorgan Chase Bank, Bank of America, Wells Fargo Bank et Citibank[13].

    http://natureiciailleurs.over-blog.com/2017/02/quand-la-speculation-alimente-la-pauvrete.html


       Des acteurs de moins en moins nombreux disposant de bilans de plus en plus importants sont naturellement davantage susceptibles de fomenter des squeezings à des fins de manipulation des cours. Cette hypothèse prend d’autant plus de consistance que le traitement de la crise bancaire s’est caractérisé par l’existence d’une assurance « too big to fail » garantissant aux plus gros établissements d’être toujours tirés d’affaire en cas de crise bancaire. Cette assurance, combinée à un manque de concurrence, constitue un incitant objectif à la prise de risques. Ce faisant, la fiabilité des cours des matières premières doit être mise en cause. Le signal prix sur les marchés ne renseigne, en effet, plus très clairement sur la disponibilité physique réelle d’un bien. C’est ainsi que la volatilité des cours s’est accrue avec le temps.

       Ne nous reste-t-il plus qu’à brûler un cierge et prier ? Ce serait oublier que l’analyse économique a déjà produit un discours critique concernant les marchés à terme de matières premières. Ainsi Robert Solow (« Prix Nobel » d’économie en 1987 et ancien conseiller de John Fitzgerald Kennedy) a, il y a déjà longtemps, remis en cause l’hypothèse d’efficience des marchés à terme en prônant le recours à un mécanisme institutionnel exogène chargé de diffuser auprès des opérateurs des informations objectives concernant les disponibilités réelles des matières premières ainsi que l’action des sociétés humaines sur ces dernières. En clair, une sorte de GIEC des matières premières et des minerais. Solow s’exprimait de la façon suivante à ce sujet : « Le marché des matières épuisables [est] peut-être l’un des domaines de l’économie, où une sorte de planification organisée sur un mode indicatif serait à même de jouer un rôle constructif. Plutôt que d’un système de prise de décision centralisée qui peut se caractériser par des externalités spécifiques, il serait sans doute suffisant que les autorités publiques mettent en œuvre un programme continu de collecte et de diffusion d’informations couvrant les tendances technologiques, l’état des réserves et de la demande »[14]Cette citation est extraite d’un article qui remonte à 1974. Ce fait semble en dire long sur l’importance qu’accordent réellement les gouvernements occidentaux à une régulation en profondeur des marchés à terme de matières premières.

       De tout ceci, on déduira plus sérieusement que le Saint-Siège dispose d’une vision plus pénétrante des marchés à terme de matières premières que bien des services d’études privés. Errare humanum est, perseverare...


    [1] Ferris, William,G, The Grain Traders : The Story of the Chicago Board of Trade, Michigan State University Press, East Lansing (US-MI), 1988, p.15 et passim.

    [2] Pour plus de précisions, lire Bernard Y et Colli C, Dictionnaire économique et financier(6ème édition), Seuil, Paris, 1996, p.150 et passim.

    [3]Markham, Jerry.W, Manipulation of Commodity Futures Prices-The Unprosecutable Crime in Yale Journal on Regulation, Volume 8, 1991, p.281.

    [4] Markham, Jerry.W, op.cit.,p.286. Calculs propres.

    [5] Banque des règlements internationaux (BRI), mai 2018.

    [6] Markham, Jerry.W, op.cit., p.357.

    [7] Harrington, William D., The Manipulation of Commodity Futures Prices in St. John's Law Review : Vol. 55 : No. 2, 2012, pp.240-241.

    [8] Bloomberg Business Week, édition mise en ligne le 21 février 2017.

    [9] Jeffers E, Pollin J-P, Déréglementation bancaire des années 1980 et crise financièrein Revue d'économie financière, 2012/1 (N° 105), p. 103.

    [10] Jeffers E, Pollin J-P, op.cit, p.110.

    [11] Geoffron P. Le processus de concentration de l'industrie bancaire américaine : formes et effets. In Revue d’économie industrielle, vol. 70, 4e trimestre 1994, p.120.

    [12] Interview de Henry Kaufman, L’Echo, 29 décembre 2009.

    [13] FDIC, juin 2018.

    [14] Solow R. The Economics of Resources or the Resources of Economics in The American Economic ReviewVol. 64, No. 2, (1974), p.12.

    https://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/speculation-sur-les-matieres-205738

    ***

    Luc Desle


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