• "On arrêta ce gang-bang pour utilisation d'armes prohibées". Jacques Damboise in "Pensées suspectes".

    %%%

    Pensées pour nous-mêmes:

    (VIVRE NE CONSISTE PAS

    À FAIRE SIMPLEMENT

    BEAUCOUP DE BRUIT)

    %%%

     "Sophie, qu'est-ce que tu fais?

    - Je donne à manger à la fleur...

    - Mon Dieu..."

     http://nadchris34.tumblr.com/post/171908568649/birdasaurus-silvia-conde

    %%%

    https://www.pinterest.com/pin/288652657336873409/

    Et si les bébés savaient raisonner

    avant même de savoir parler ?

    Jean-Paul Fritz

       Imaginez que l'on vous pose un problème de logique. On vous montre des objets que l'on cache ensuite avant d'en récupérer un, et vous devez déduire lequel, en fonction des éléments visuels que vous avez recueillis pendant la manipulation. Comment allez-vous déterminer cela ? Allez-vous simplement pointer du doigt un objet au hasard ? Ce ne serait pas très raisonné. Vous allez certainement peser le pour et le contre et réfléchir avant de désigner l'objet qui vous semblera correspondre à la solution.

       Réfléchir, oui, mais comment ? Avec des mots, bien sûr. Lorsque vous réfléchissez, vous utilisez généralement votre langue maternelle (ou votre langue usuelle). Mais qu'en est-il des enfants qui n'ont pas encore acquis un langage ? S'abstiennent-ils de tout raisonnement logique ? (...)

       (...) La question est intéressante, d'autant qu'elle touche à la nature même de notre manière de penser logiquement. Pour y apporter des éléments de réponse, une équipe de chercheurs européens dirigée par Nicoló Cesana-Arlotti, de l'université Pompeu Fabra (Barcelone) a mené une étude (publiée aujourd'hui dans "Science") sur les capacités de jeunes enfants âgés de 12 et 19 mois ne sachant pas encore parler. Des âges choisis parce qu'ils sont "au début de la production de la parole et de l'apprentissage du langage, mais qui précède le développement d'une connaissance extensive du langage".

       Ces scientifiques ont mis les enfants devant des mini-énigmes simples où l'on peut procéder par élimination, en leur présentant ensuite les réponses, logiques ou inattendues. Durant ces projections, ils ont observé leurs réactions de manière détaillée, notamment le mouvement de leurs yeux et une plus grande dilatation des pupilles durant les phases des problèmes où l'on doit déduire des solutions, des réactions involontaires qui sont similaires à ceux des adultes placés dans des circonstances similaires.

       "Nos données documentent la présence précoce de capacités logiques primitives," concluent les auteurs. "Sans instructions ou tâches (à accomplir), ces nourrissons raisonnent spontanément de manière logique lorsqu'une scène se déroule."

       Au cours des expériences, ces scientifiques ont donc pu dissocier la naissance du raisonnement logique et l'apprentissage de la langue maternelle. "Des marqueurs comportementaux spécifiques peuvent être utilisés pour suivre le cours temporel précis de leur processus de raisonnement," précise l'étude. "Parce que de tels marqueurs apparaissent déjà à des âges où le développement du langage est à peine commencé, nos données suggèrent que les précurseurs du raisonnement logique sont indépendants de l'acquisition du langage." On pourrait donc faire des déductions dès le plus jeune âge et sans pour cela avoir besoin de mots pour soutenir notre raisonnement.

       Bien sûr, nous ne naissons pas mathématiciens, nous rassurent ces chercheurs. "Cela n'implique pas que tout raisonnement logique est spontané ou inné, tout comme des capacités numériques spontanées et innées n'impliquent pas que tout le savoir mathématique est inné. Le raisonnement se produit de différentes manières et à de nombreux niveaux différents de nos processus mentaux, et le gouffre qui sépare la pensée des nourrissons du raisonnement logique explicite des adultes est grand. Cependant, le développement des capacités de raisonnement se construit sur une fondation naturelle logique, dont nous commençons à découvrir le profil." Et de reconnaître modestement : "Une conséquence de notre recherche est qu'il reste encore beaucoup de travail pour comprendre comment se produit l'alignement entre le langage et la pensée." (...)

       (...) Cette étude "nous montre que les nourrissons ont la capacité de raisonner en procédant par élimination," explique Justin Halberda, professeur au département des sciences psychologiques et du cerveau de l'université Johns Hopkins (USA) dans un commentaire publié également dans "Science". "Ce sont les fondations les plus précoces connues de notre capacité humaine à raisonner logiquement."

       Mais si l'on peut faire des déductions sans avoir besoin de mots pour les exprimer, certains animaux ne possédant pas de langage pourraient très bien avoir des capacités similaires. En soulignant que la logique est à la base des réalisations de l'humanité ("sans logique, pas de science"), le professeur Halberda affirme qu'avec les travaux de l'équipe européenne, "la course a commencé pour documenter la gamme d'aptitudes précoces partagées par les jeunes enfants, les adultes et les animaux et pour déterminer comment ces aptitudes fondatrices alimentent nos capacités à raisonner".

       Car pour lui, "dérouler les similarités et les différences des capacités de raisonnement entre les nourrissons, les enfants, les adultes et les animaux est une tâche importante pour le futur, de la même manière que déterminer pourquoi, malgré le fait qu'il soit déployé par les nourrissons, le raisonnement est ressenti comme un effort, et pourquoi les humains vont souvent 'suivre leurs tripes' en se fiant à l'heuristiqueet aux préjugés plutôt qu'aux déductions logiques".

       Et de conclure : "C'est un moment palpitant pour nous en tant que scientifiques, utiliser le raisonnement logique pour comprendre comment nous raisonnons logiquement." Mais, cette fois, en utilisant le langage.

    https://actus.nouvelobs.com/sciences/20180315.OBS3699/et-si-les-bebes-savaient-raisonner-avant-meme-de-savoir-parler.html?cm_mmc=Acqui_MNR-_-NO-_-WelcomeMedia-_-edito&from=wm#xtor=EREC-10-[WM]-20180316

    %%%

    Luc Desle

    « "J'avais tellement faim que je lui fis la tête en forme de gorgonzola et que je la dévorai sur place". Jacques Damboise in "Pensées sempiternelles"."Il bullait tranquille quand un rasoir passa par là". Jacques Damboise in "Pensées plouf". »

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :