• "Maître Brassac, l'avocat, fut versé au service des archives anarchiques où il fit merveille". Jacques Damboise in "Pensées circonspectes".

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    Pensées pour nous-mêmes:

    (RENDRE POSSIBLE TON AVENIR

    EN L'ACCEPTANT DÉJÀ TEL QU'IL SERA)

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    "Les Jumeaux! Arrêtez de faire les pitres

    et venez débarrasser la table!"

    http://thevaultofretroscifi.tumblr.com/post/136714133592

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    pinterest.com

    Souveraineté numérique :

     voilà l’utopie qu’il nous faut réaliser

       A l’initiative de quelques députés, le projet de loi pour « Une république numérique » prévoit la création d’un système d’exploitation souverain. Bravo  ! Mais pour s’inscrire pleinement dans l’univers numérique ce projet doit s’adapter à ses caractéristiques profondes.

       L’univers numérique doit désormais être appréhendé pour ce qu’il est devenu : un lieu de vie, un terrain d’action. Les technologies de l’information ne servent plus à faire des choses sur terre mais elles nous ouvrent les portes d’une seconde nature. Elles nous mènent à une réalité parallèle qui offre une large palette de possibilités, professionnelles, ludiques ou sociales. (...)

       (...) Le système d’exploitation est le logiciel des logiciels, le sol de ce nouveau monde, ce qui nous réunit, indépendamment des applications. Rappelons que l’aménagement de l’espace commun est une tâche politique. L’espace commun n’est pas une affaire de gros sous, car c’est – ce doit être – l’affaire des citoyens.

       Nous vivons actuellement dans le chaos. Le chaos est cette situation primitive dans laquelle les hommes s’abandonnent à tous les vents, sans chercher à prendre en main leur destin : nous avons à résoudre ce dérèglement politique. Pour cela, il faut créer un code de la République. L’intelligence du lieu doit être saisie par les citoyens. (...)

       (...) Dans notre environnement classique, notre espace vital est soumis à deux niveaux de souveraineté :

    • d’abord une souveraineté politique, générale, continue sur une surface donnée (le territoire),

    • puis, par endroits, celle d’un propriétaire.

       Quand je rentre dans une brasserie pour boire un verre, je suis chez un commerçant, mais toujours en France. Le trottoir sur lequel je marche n’est pas une propriété privée, il appartient au domaine public. Et quand je suis chez moi, à la maison, je suis encore en France. Les mêmes principes doivent s’appliquer à l’univers numérique, alias l’Etherciel.

       La loi de l’argent ou la loi des hommes  : à nous de choisir. Voilà pourquoi nous devons soutenir ce projet de code souverain. Le renversement de l’ordre établi ne passe pas par des destructions, mais par des développements.

       Rappel  : la liberté consiste moins à faire sa volonté qu’à n’être pas soumis à celle d’autrui (Jean-Jacques Rousseau, « Lettres écrites de la montagne »). (...)

       (...) L’univers numérique ignore toute idée de distance. Les kilomètres sont morts, finis, oubliés ; on ne compte plus que les temps de réponse. L’action se déroule derrière l’écran et là, vos interlocuteurs (courriels, médias sociaux…) peuvent être à Paris, Marseille, Dublin ou Alger, cela ne fait pas de différence. Le temps continue de compter (fuseaux horaires), mais l’espace est comme écrasé.

       L’Etherciel est un tout petit monde, et chaque progrès le rétrécit encore plus. «  Ici et maintenant  »  : cette formule n’est plus valable. Ne reste que «  maintenant  ». Il n’est plus question de déplacement mais de synchronisation. Les séparations géographiques (latitude, longitude) passent aux oubliettes.

       Conséquence  : les francophones du monde entier pourront participer aux travaux de développement du code universel et venir s’y installer. De la Méditerranée à Montréal, des rives du Mékong à celles du fleuve Sénégal, du plat pays aux faubourgs de Beyrouth, nous partagerons le même sol. (...)

       (...) A l’écran, la langue ne se contente pas d’accompagner l’environnement, de l’extérieur, comme l’étiquette sur le pot, elle en est partie intégrante. Les mots (noms de domaine, menus, commandes, index, liens, mot-clic ou « hashtag ») fondent le réel. Les choses sont dans les mots, et non à côté.

       La question de la langue est donc primordiale, pas seulement pour l’expression, mais aussi pour l’action. Les mots sont la clé de tout. La France, qui passe pour une nation culturelle, se trouve donc dans son élément. L’univers numérique se propose comme une formidable opportunité, pour un pays qui ne se reconnaît dans aucune race, ni religion, mais dans une culture, c’est-à-dire... des mots.

       Système d’exploitation souverain ? Pour avoir droit de cité, une seule condition, parler français. Le choix d’une langue est une nécessité absolue. Plutôt que le chinois, l’arabe ou l’anglais, je choisis le français. Nous appliquerons un principe de discrimination. Sans une langue partagée, intimement partagée, aucun rapprochement n’est possible. Vive la République française de l’Etherciel ! (...)

       (...) Partiellement made in France, mais surtout totalement made in French. Viendrons nous rejoindre : les Français vivant à l’étranger, et les étrangers vivant en français, en Afrique ou ailleurs, capables et désireux de bâtir cette Cité avec nous.

       La Cité des Français accueillera tous ceux qui aiment les créations de l’esprit et pratiquent notre langue, avec ou sans passeport, ce document inutile et vain dans un environnement qui ignore la géographie.

       L’exception culturelle française doit être remplacée par un principe, le principe culturel français. La France n’est pas un hexagone, la France est une planète ronde.

    http://rue89.nouvelobs.com/blog/nouveau-monde/2016/01/20/souverainete-numerique-voila-lutopie-quil-nous-faut-realiser-235191

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    Luc Desle

    « "Transformé en Prince, le crapaud faisait toujours la même consommation de mouches et de vermisseaux". Jacques Damboise in "Pensées incongrues"."Elle était aussi chaleureuse qu'une braise éteinte". Jacques Damboise in "Pensées circonflexes". »

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