• "Le roi de la baballe était un bon chienchien à son cluclub". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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    Pensées pour nous-mêmes:

    (A ENVIER CE QUI N'EST PAS TOI,
    TU TE PERDRAS)

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    Long Texte au long cours (2/1).
    Blanche Baptiste

       Nouveau texte qui, cette fois, s'intéresse aux secrets de famille et à la psychogénéalogie...

    HAUTES DILUTIONS



    PROLOGUE

       Elle referma le livre et se retrouva soudain amputée d’une part d’elle-même. A nouveau elle n’était plus rien, sans but, sans chemin.

       La lecture de ce roman, une fois de plus, lui avait donné l’illusion d’avoir trouvé sa légende personnelle tant elle avait fait sienne celle de cet apprenti alchimiste. Maintenant, l’enthousiasme lui manquait. Que se passait-il encore ?

       Sans cesse, elle croyait trouver sa voie et se lançait dans des tas de recherches sans jamais parvenir à être heureuse dans ce qu’elle entreprenait, si bien qu’elle lâchait ses lubies au bout de deux ou trois séances. Il n’y a qu’une seule chose à laquelle elle était fidèle : c’était la peinture. A bien y réfléchir, seule cette activité était capable de la mettre dans un état de jubilation, tout en lui procurant la frustration de n’avoir rien à exprimer d’extraordinaire. Seulement des faits, somme toute, anodins.

       Il y avait plus d’un an, elle avait participé à un stage sur le toucher. Quelle drôle d’idée d’aller passer une semaine à apprendre l’art du massage… D’autant plus qu’elle avait dû mettre sa mère et sa sœur à contribution pour pouvoir s’échapper cinq jours d’affilé.

       Professionnellement, elle n’avait pas besoin de ce genre de formation, mais il est vrai que dans sa vie privée elle s’était toujours sentie infirme de tendresse, de câlineries et autres contacts de peaux. Comme amputée à la base de ses neurones sensoriels par un manque d’état fusionnel.

       Alors ce stage avait été le bienvenu, bien sûr, et elle s’était sentie, balayés les premiers moments de fausse pudeur, tout à fait dans son élément. Comment avait-elle pu passer à côté de ces échanges tactiles ? Elle aurait pu s’abstenir de poser ce genre de questions et se contenter de vivre ces instants avec délectation, mais l’esprit est ainsi fait qu’il cherche toujours le pourquoi du comment. Et ce désarroi-là, cet excès de questionnements pousse les êtres à se poser des questions sur eux-mêmes « ad vitam aeternam ».

       Cette semaine, donc, passée à se faire malaxer, caresser, effleurer, à palper de la chair et encore de la chair, la remua profondément, plus que les autres stagiaires, c’est certain. Tant et si bien qu’elle sortit de là totalement disjonctée. On lui conseilla une psychanalyse. Elle préféra lire des livres où elle n’en finissait plus de se chercher et de se perdre.

       Enfin elle opta pour une pratique à la mode, en ces temps de grandes tempêtes dévastatrices qui vous déracinent et saccagent des arbres millénaires en une nuit.

       Il s’agissait d’une nouvelle discipline, la névro-psycho-généalogie, enseignée alors avec foi par un nouvel initié en la matière dans le sud de la France. L’idée était bel et bien dans l’air. Tout semblait perdre ses fondements, on manquait de racines au sens propre et au sens figuré. On faisait son arbre généalogique comme on partait le week-end reboiser les zones dévastées. On allait creuser dans son passé pour mieux comprendre son présent. Le symbole de l’arbre s’imposait à tous. On pensait ataviquement qu’un arbre vigoureux aux branches équilibrées, bien planté dans le sol ne pouvait porter que des fruits épanouis. On voulait être cet arbre. Et malgré les récentes tempêtes qui n’avaient épargné ni les mieux enracinés, ni les plus solides, la croyance persistait. Si bien que la plupart des gens auxquels pouvait manquer telle ou telle ramification familiale voulaient à tout prix, et parfois fort cher, retrouver leurs origines pour comprendre leurs manques, leurs errances, leurs erreurs.

       Il y eut ainsi beaucoup d’adeptes parmi les humains du tertiaire, heureux d’aller fouiller l’humus de leur existence, sans avoir à se salir les mains, si ce n’est tout au plus, sur les feuilles poussiéreuses des registres paroissiaux.

       Lucie fit donc partie du lot, ne sachant pas au juste ce qu’elle cherchait, ce qu’elle espérait trouver, ni quel chaînon manquant allait bien pouvoir la passionner, la distraire de sa vie souvent ressentie comme absurde. Elle avait à la fois besoin d’une diversion et de se recentrer, ce qui pouvait rendre l’entreprise périlleuse pour sa santé mentale.

       Le fait de se focaliser sur un objectif précis eut en tout cas l’effet de la faire se raccrocher à une chose qu’elle prenait au sérieux, une chose capable de lui donner accès à une réalité révolue qu’elle allait pouvoir appréhender avec le recul des années écoulées. Une sorte de journal du passé. Elle était sûre que les événements vécus par ses ancêtres ne la toucheraient pas comme la touchait l’actualité trop réelle de ce présent qui ne cessait de l’angoisser, tout comme il devait angoisser ses congénères. Car, vues de loin, que lui importaient au fond les misères endurées par ses aïeux. N’en ressortissaient-ils pas grandis ? Ne devenaient-ils pas des héros personnels capables de la distraire, de lui donner envie d’entreprendre.

       Elle ne les imaginait pas sous la forme d’illustres personnages, elle ne s’attendait pas à rencontrer dans sa généalogie des ancêtres royaux. Les fonctions sociales n’intéressaient pas Lucie. A quoi bon ? Ce que Lucie souhaitait trouver, c’était une réponse à son mal être et surtout comprendre enfin pourquoi le destin était si dur à son égard.

       Bref, elle cherchait un signe pour éclairer sa vie, quelque personnage qui, par-delà les ans, aurait été en relation avec elle et serait capable, en renaissant lors de ses investigations, de lui insuffler l’énergie manquante.

    ***
    (A Suivre)

    §§§

    (Sirènes punissant les méchants pêcheurs européens)


    Pourquoi la lutte contre la pêche illégale 
    est-elle un échec ?

    Propos recueillis par Magali Reinert 
    © 2013 Novethic - Tous droits réservés


       (...) Margot Stiles, directrice de campagne d'Oceana et auteur de l'étude Stolen Seafood, revient sur les raisons de l'échec de la lutte contre la pêche illégale et appelle à une meilleure traçabilité des produits de la mer.


       / Novethic : Quel nouvel éclairage apporte votre étude sur l’évolution mondiale de la pêche illégale ?

       - Margot Stiles : Le marché des produits de la pêche est de plus en plus globalisé et complexe, et entraîne de plus en plus de dégâts. Il y a toujours eu une pêche qui ciblait les espèces menacées et violait les règles de protection. Mais aujourd’hui, l’appât du gain est encore plus fort, avec des exportations qui permettent de générer des profits énormes. Les braconniers ciblent en effet les espèces chères. On estime par exemple que quatre requins sur cinq seraient pêchés illégalement, ou encore la moitié des saumons. La persistance de la pêche pirate n’est pas surprenante compte-tenu des bénéfices qu’elle rapporte, notamment des produits de la mer hauts de gamme, et ce tout en échappant aux taxes et en s’acquittant d’amendes minimes.

       / Comment s'opère la pêche illégale?

       - Notre étude insiste sur les liens entre la pêche illégale et l’approvisionnement en produits de la mer. Un cinquième des poissons pêchés illégalement est vendu aux consommateurs européens ou américains. Dans une précédente étude, nous avons montré grâce à des tests ADN qu’un tiers des poissons vendus aux États-Unis était mal étiqueté et distribué sous d’autres noms d’origine ou d’espèces.
       La pêche illégale repose sur des tours de passe-passe. Les poissons pêchés frauduleusement sont collectés dans les cargos réfrigérés et mélangés aux stocks légaux. L’aquaculture fournit aussi un moyen de blanchir les poissons volés, en particulier les élevages de thon qui rachètent aux cargos de pêche les poissons en dessous des tailles réglementaires.

       / Pourquoi la lutte contre la pêche illégale obtient-elle si peu de résultats ? 

       - Les efforts pour combattre la pêche illégale ont surtout cherché à prendre les criminels len flagrant délit. Or, c’est très difficile parce que les exactions se produisent à des kilomètres des côtes et la nuit. D’autant plus que de nombreux pays ne consacrent pas assez de ressource pour combattre les infractions. L’efficacité des organisations régionales de gestion de la pêche est également limitée, à l’image de leur volonté politique et de leur moyen. Même les navires qui sont inscrits sur les listes noires des organisations internationales ne sont interceptés qu’une fois sur quatre dans les ports.
       On sait maintenant que ce qui est nécessaire est la traçabilité des produits de la mer, pour que chaque poisson puisse être suivi du bateau à l’assiette. Contrôler l’origine du poisson compliquera l’entrée du poisson illégal dans la chaîne d’approvisionnement. L’Union européenne a légiféré pour mieux contrôler la filière (1) et nous demandons aux États-Unis de faire de même.

       / Est-ce que le Code de conduite pour une pêche responsable, mis en place par la FAO en 2001, a permis d’améliorer les choses ?

       - Malheureusement, non. Ce code de conduite est volontaire, et les études récentes ont montré que le respect de ces recommandations est extrêmement bas. Cela dit, ce texte fournit des lignes directrices pertinentes pour les pays qui cherchent à améliorer la durabilité de leur pêche.

    (1)- Le règlement européen concernant la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), prévoit d’assurer la traçabilité du poisson.

    §§§

    (Douce Etats-Unienne offrant des fleurs aux z'Européens
    pour se faire pardonner de l'inconséquence de ses services secrets)



    §§§

    (Nouvelle technique pour faire passer, en fraude,
    le transfuge Snowden. L'espace aérien est ainsi respecté)


    EVO MORALES: 
    LA FRANCE AVAIT-ELLE LE DROIT DE REFUSER
    SON ESPACE AÉRIEN À UN CHEF D'ETAT?
    Grégoire Fleurot

       (...) Dans la nuit du mardi 2 au mercredi 3 juillet, la Bolivie a accusé plusieurs pays européens, dont la France, d’avoir refusé d’autoriser l’avion du président bolivien Evo Morales, qui revenait de Moscou, à survoler leurs territoires, obligeant l’appareil à atterrir à Vienne en Autriche.

       La Paz affirme que la France, l’Italie, le Portugal et l’Espagne ont refusé que l’avion traverse leurs espaces aériens parce qu’ils craignaient qu’Edward Snowden, l’ancien agent du renseignement à l’origine des révélations autour des programmes de surveillance et d’espionnage américains, se trouve à bord, le tout sur fond de pressions de Washington.

       Si la France a exprimé ses regrets pour les retards dans la confirmation de l'autorisation de survol de son territoire, plusieurs diplomates et responsables politiques sud-américains ont vivement critiqué l’incident et le comportement supposé des pays impliqués, estimant qu’il s’agissait d’une violation du droit international, et plus particulièrement des immunités qui protègent les chefs d’Etat.

       Un pays a-t-il le droit de refuser à un chef d’Etat de survoler son territoire? En théorie non, mais il ne peut pas lui arriver grand-chose s’il le fait. (...)

       La Convention de Vienne sur les relations diplomatiques, signée en 1961, détaille les principes de l’immunité dont jouissent les chefs de mission diplomatique, la plupart du temps les ambassadeurs, et les membres d’une mission diplomatique.

       Ce texte, ratifié par 189 pays, précise notamment qu’un Etat qui accueille un diplomate étranger doit, sauf en cas de menace pour la sécurité nationale, lui assurer la liberté de déplacement et de circulation sur son territoire. Si cette obligation ne concerne que les chefs et membres de missions diplomatiques, il est généralement accepté que l’immunité qui leur est garantie en tant que représentants de leur Etat s’applique aussi aux chefs d’Etat, qui sont de facto à la tête de la diplomatie de leur pays.

       Il existe toutefois des exceptions qui permettent à un pays de déclarer un chef d’Etat étranger persona non grata. La Suisse avait ainsi interdit dès octobre 2002 l’entrée sur son territoire au président irakien Saddam Hussein.

       Le pays doit dans ce cas informer le chef d’Etat en question de son nouveau statut d’indésirable afin d’éviter qu’il ne s’y rende. De même, un Etat qui ne reconnaît pas un autre Etat n’a pas en théorie à accorder à son chef une quelconque immunité.(...)

       (..) Evo Morales ne rentre évidemment pas dans ces deux exceptions: aucun des pays accusés de ne pas l’avoir accueilli dans son espace aérien ne l’a déclaré persona non grata et la Bolivie est reconnue par l’Union européenne.

       Malgré les annonces de Sacha Llorenti, l’ambassadeur de la Bolivie aux Nations unies, qui a affirmé qu’il allait évoquer le sujet avec le secrétaire général Ban Ki-moon, un pays qui ne respecte pas la Convention de Vienne ne s’expose cependant à aucune sanction de la part de l’ONU, et risque simplement les représailles éventuelles du pays qui s’estime lésé. L’ambassade de France en Bolivie a d’ailleurs été la cible de jets de pierre et des drapeaux français ont été brûlés à La Paz ce mercredi.

       Les violations de la Convention de Vienne, comme lors de la crise des otages américains en Iran en 1979, restent au final très rares, notamment parce que les pays ne veulent pas mettre leurs propres diplomates dans des situations délicates.

    L'explication remercie Sylvain Métille, auteur d'un mémoire sur l'immunité des chefs d'Etat au XXIe siècle.


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    Benoît Barvin
    « "Ce sinistre prisonnier fut exécuté car il démoralisait ses collègues". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes"."Au-delà des mots, la contrée était dangereuse". Benoît Barvin in "Pensées pensées". »

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