• J'AIME MOI AUSSI LA FILLE D'IPANEMA

    Astrud Gilberto (1) et Stan Getz: "The girl from Ipanema"


    Garota de Ipanema - The Girl of Ipanema  
    ( http://pascalmaillard.over-blog.com/) 
      Vinícius de Moraes et Tom Jobim, 1958
     
    Olha que coisamais linda,
    mais cheia de graça,
    É ela menina,
    que vem que passa,
    Num doce balanço,
    caminho do mar.
    Moça do corpo dourado,
    do sol de Ipanema,
    O seu balançadoé
    mais que um poema
    É a coisa mais linda
    que eu já vi passar.
    Ah, por que estou tão sozinho ?
    Ah, por que tudo é tão triste ?
    Ah, a beleza que existe
    A beleza que não é só minha,
    Que também passa sozinha. 
    Ah, se ela soubesse
    Que quando ela passa,
    O mundo sorrindo
    Se enche de graça
    E fica mais lindo
    Por causa do amor. 
       Look at this thing,
       most lovely,
       most graceful,
       It's her, the girl
       that comes, that passes,
       with a sweet swinging,
       walking to the sea. Girl of the golden body,
       from the sun of Ipanema,
       Your swaying,
       is more than a poem,
       It's a thing more beautiful,
       than I have ever seen pass by.
      Ah, why am I so alone ?
      Ah, why is everthing so sad ?
     The beauty that exists,
     The beauty that is not mine alone,
     that also passes by on its own.
     Ah, if she only knew
     that when she passes,
     the world smiles
     fills itself with grace,
     and remains more beautiful
     because of love.

    (traduction du brésilien )
    Regarde quelle chose plus belle
    Et pleine de grâce
    Que cette fille
    Qui va et vient,
    Dans un doux balancement, au bord de la mer.           

    Demoiselle au corps doré
    Par le soleil d'ipanema
    Son déhanchement est plus qu'un poème
    C'est la chose la plus belle que j'ai vue passer.

    Ah, pourquoi suis-je si seul,
    Ah, pourquoi tout est si triste,
    Ah, la beauté qui existe,
    La beauté qui n'est pas seulement mienne
    Qui aussi passe seule

    Ah, si elle savait
    Que quand elle passe
    Le monde souriant se remplit de grâce
    Et s'embellit                                                                          
    A cause de l'amour qu'elle inspire.                                   

    (illustration: Wladyslaw Theodor Benda. Daydream)



    ***

       Le texte définitif de la chanson a été inspiré par une jeune fille de 19 ans, Heloisa Eneida Menezes  Pais Pinto — plus connue sous le nom de Helô Pinheiro  — qui vivait à Ipanema, quartier chic de Rio de Janeiro. Elle passait chaque jour pour aller à la plage, devant le bar Veloso (aujourd'hui nommé « Garota de Ipanema ») dont Tom et Vinícius étaient des habitués. Dans le livre Revelação: a verdadeira Garota de Ipanema Vinícius de Moraes la décrit comme :
        « le paradigme de la Carioca à l'état brut : une fille bronzée, entre la fleur et la sirène, pleine de lumière et de grâce mais avec un fond de tristesse, aussi portait-elle en elle, sur le chemin de la mer, le sentiment de ce qui passe, d'une beauté qui n'est pas seulement nôtre — c'est un don de la vie que son bel et mélancolique flux et reflux permanent. » (Wikipédia)

       Cette chanson est, à l'évidence, d'une beauté triste et fragile. Elle résonne en moi avec nostalgie, car elle m'a réconciliée avec les goûts de mon père - qui adorait le jazz - et qui s'est mis à aimer , comme moi, ce mélange entre la samba et le jazz  cool. 

       Il y a dans "Girl from Ipanema", un mélange de tristesse et d'espoir. Tristesse car, à l'époque, même si le Brésil n'est plus sous le boisseau d'une dictature militaire des plus rudes, (celle de Vargas), chacun sait que la transition démocratique sera de courte durée. En effet, une nouveau régime dictatorial va voir le jour de 1964 à 1985... 

       Mais l'espoir sourd de chaque note de cette musique, car les Brésiliens, un des peuples les plus métissé au monde, ont la vie chevillée au corps. L'âme portugaise, frottée aux rythmes sensuels africains et saupoudrée d'une influence jazzy, a donné ce nouveau style dans lequel la scansion se fait à la fois caressante et brutale. Les phrases versifiées sont longues, lénifiantes, - parfois un rien "cucul la praline", puis brutalement elles s'interrompent, donnant au chanteur - et surtout à la chanteuse - cette étrange impression de perdre pied. D'attendre un miracle.


       Astrud Gilberto est la parfaite représentante de cette musique, à la fois "sérieuse comme le plaisir" et gaie comme quelqu'un qui offre son dernier souffle, au nom de l'amour. Remarquez l'espèce de choucroute qu'elle porte, qui se marie admirablement avec la jupe pâle et le corsage sombre, le tout en parfaite harmonie avec le visage aux traits réguliers mais auréolé d'aucun sourire. 
       Quant à Stan Getz, (1927/1991) il suffit qu'il souffle dans son saxo pour qu'immédiatement le temps soit suspendu. Du grand art, vraiment...
    Plus de renseignements et d'ambiance sur le site ci-dessous:

    Blanche Baptiste.
    « SAMUEL COLERIDGE, NOTRE MAITRE A TOUSTROP DE BULLES, VRAIMENT »

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