• "Il vendait ses nez de clown à de distingués femmes et hommes politiques". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

    ***
    Pensées pour nous-mêmes:

    (SAVOIR QU'ON SAIT EST BIEN,

    MAIS SAVOIR QUOI EST MIEUX)

    ***
    LONG RÉCIT AU LONG COURS (1/9)
    pcc Benoît Barvin et Blanche Baptiste


       Le don du jeune Angélus prend de plus en plus d'importance. Seule sa soeur, Camille, peut le comprendre dans sa recherche de la Vérité. Mais cette recherche n'est-elle pas contraire aux desseins de Dieu, ainsi que le prétendent certains?

    ANGÉLUS 
    ou 
    LES SECRETS DE L’IMPALPABLE

       Toujours est-il qu’Angélus, malgré le soutien du docteur, n’échappa à l’opprobre général qu’en partant à Rodez, chez mon oncle Trilhes qui avait besoin d’un commis pour l’été. Cet homme, marqué par la petite vérole, avait eu du mal à se marier d’autant plus qu’à l’époque son commerce de draps périclitait. Puis il avait connu la soeur aînée de mon père, elle aussi vieille-fille. Il avait donc épousé ma tante Élise et tous deux tenaient boutique près de la cathédrale. 

       Ce commerce était devenu fort prospère en quelques années car ma tante était vaillante et mon oncle avait décidé de se spécialiser dans les beaux tissus, ce qui attira comme clientèle tous les riches bourgeois de la ville et des alentours qui n’avaient pas encore pour habitude d’aller se fournir à Paris. 

       C’était une partie de la famille que nous ne fréquentions plus, mais depuis que j’avais vu l’intérêt qu’Angélus montrait pour les étoffes, cette idée de l’envoyer chez eux pendant les vacances avait germé en moi, puis fait son chemin, si bien que j’avais écrit une lettre à Rodez, à laquelle j’avais joint une recommandation du Père Grangeais pour leur neveu Jean. Il se trouva que leur commis était malade et Angélus put se plonger avec délice dans les drapés les plus fins et les plus précieux. 

       Il put surtout en étudier la délicatesse de plus près et accroître son savoir-faire, comme en témoigne (partiellement) cette lettre que l’oncle m’adressa alors. 

    LETTRE DE MONSIEUR TRILHES à SOEUR CAMILLE 

    25 juillet 1875 

    Ma Soeur et très chère nièce, 

       Sachez que je bénis le ciel que vous ayez eu l’idée de m’envoyer votre frère. En effet, Jean s’est montré tout de suite très à l’aise parmi nous, et surtout dans la boutique où il évolue avec une aisance qui ne laisse pas de nous étonner, votre tante et moi-même. 

       Dès la première semaine, il connaissait le nom et le prix de chaque pièce de tissus, et ceci de lui-même, car nous ne lui confiions à ce moment-là que les livraisons du quartier. 

       La semaine dernière, il m’a demandé comme une faveur d’aider votre tante à la vente, lorsqu’il n’y avait pas de paquets à livrer. Voyant son sérieux et aussi son allure distinguée, nous avons décidé qu’il servirait la prochaine cliente qui se présenterait. Bien nous en a pris, chère Camille ! 

       Onze heures allaient sonner quand s’est présentée à la boutique Madame Laferrière, dont le mari n’est autre que Maître Laferrière, magistrat à la Cour. Sur le moment, nous avons eu un instant d’hésitation, nous demandant s’il était raisonnable de risquer une bonne vente, mais déjà votre frère saluait la dame, s’enquerrait de ses besoins, lui faisait tâter quelques étoffes, promptement et judicieusement choisies. 

       Madame Laferrière, d’ordinaire assez revêche et difficile, souriait, hochait la tête en signe d’assentiment, visiblement sous le charme de ce jeune garçon qui, ne trouvez-vous pas, ressemble aux anges blonds de nos églises ? Bref, la dame a passé une très belle commande : des voilages et des tentures pour le bureau de son mari, des taffetas pour sa chambre à coucher, des mousselines légères et des dentelles du Velay dont son tailleur saura tirer le meilleur effet. 

       Tout en choisissant, elle ne tarissait pas d’éloge à propos de votre frère : « Vous avez là, disait-elle en le dévorant du regard, un neveu dont la compétence, l’intelligence et la serviabilité sont dignes d’éloge. Je vous en félicite. » 

       De plus, Madame, qui aime les toilettes à la folie, a dit qu’elle repasserait sous peu en amenant des amies à elle. Voici, pour l’anecdote, un échantillon de ce dont est capable Jean. 

       Car depuis ce jour, nous avons eu le temps de vérifier combien est grand son talent de vendeur. Il sait deviner les désirs des chalands ; il manie le français mieux qu’un instituteur et ne commet aucune fausse note. Vraiment, votre frère a la bosse du commerce et je dirai même plus, il a un DON. 

       Nous savons qu’il souhaite poursuivre ses études et, compte tenu des facilités consenties par l’évêché, il est vrai qu’il serait dommage qu’il n’aille pas jusqu’au Brevet, d’autant plus qu’il est en avance et que les Frères le présenteront dès l’an prochain. 

       Pourtant, avec ce qu’il sait déjà, je vous garantis qu’il pourrait faire rapidement fortune. Il pourrait devenir notre apprenti. Puis, très vite, si ses aptitudes sont à la hauteur de ce que je présume, j’en ferai mon associé, et votre tante et moi-même y gagnerons le fils que nous aurions tant aimé avoir et que Dieu nous envoie sur nos vieux jours. L’avenir de Jean repose entre vos mains. Sachez que les nôtres sont prêtes à l’accueillir à leur tour. 

       Bien sincèrement. Thomas Trilhes 

    ***

    (A Suivre)

    ***
       Charlie Byrd:

       guitariste et compositeur de jazzaméricain né à Suffolk dans l'État de Virginie le 16 septembre 1925 et mort le 2 décembre 1999 à Annapolisdans le Maryland.

       Byrd grandit dans un environnement musical et apprend la guitare avec l'aide de son père. Au début des années 1950 il se consacre davantage à l'étude de la guitare classique aux côtés de Sophocles Papas ou Andrés Segovia en Italie. À la fin des années 1950 il se produit en trio mêlant jazz et style classique principalement dans la région de Washington et enregistre aussi des disques importants dans sa discographie. Au cours d'une tournée en Amérique latine en 1961 il découvre la bossa nova et de retour la fait écouter à Stan Getz. Ils enregistrent ensemble en 1962 l'album Jazz Samba qui connaît un grand succès et contribue à populariser ce style musical en Amérique du nord. 
       Ce succès lui permet d'enregistrer de nombreux disques pour Riverside puis Columbia et d'explorer principalement la bossa nova au cours des décennies suivantes. À partir de 1973 il effectue plusieurs enregistrements avec le groupeGreat Guitars aux côtés de Herb Ellis et Barney Kessel. Byrd meurt le 2 décembre 1999 à 74 ans après s'être battu contre un cancer.


    ***

    Stan Getz and Charlie Byrd 08 Desafinado (45 RPM Issue)




    ***
    Stan Getz and Charlie Byrd 03 O Pato




    ***

    Stan Getz and Charlie Byrd 05 Samba de Uma Nota So



    ***
    "Moi j'aime pas la samba et le jazz..."



    ***
    Jacques Damboise et Nadine Estrella
    « "Ses tricots de mots sentaient la naphtaline". Benoît Barvin in "Pensées pensées"."Il se tapait la cloche et fut dénoncé pour obscénité par le bedeau jaloux". Jacques Damboise (et Lili Bidaut) in "Pensées inconvénientes" »

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :