“Elle ne sera pas la première Américaine d’origine palestinienne, ni arabe, à siéger dans une assemblée fédérale, mais elle se distingue de ceux qui l’ont précédée, pour qui l’héritage culturel paraissait plus accessoire”écrit l’universitaire américano-palestinienne Nora Ereka, dansThe Middle East Eye“Justin Amash, par exemple, lui aussi d’origine palestinienne, a été élu au Congrès sur un programme républicain. Avec son engagement et ses principes, Rashida Tlaib a mené des batailles internes en prenant des risques, notamment dans une affaire de violences sexuelles dont elle a été victime au sein de la communauté arabo-américaine. Elle a eu des prises de position audacieuses avant même l’émergence du mouvement #MeToo.

   Pour Erakat, “cet épisode à lui seul aurait découragé n’importe quelle candidate de revenir sous le feu des projecteurs. Pourtant, Rachida continue d’aller de l’avant. Je ne la soutiens pas parce qu’elle est Palestinienne, mais parce qu’elle est une vraie meneuse ayant un projet d’avenir. Ceux qui souhaitent la voir rallier publiquement le mouvement [anti-israélien] de boycott, de désinvestissement et de sanctions (BDS) et demander que les États-Unis cessent d’aider Israël devraient envisager de rejoindre son équipe et d’adhérer à sa campagne.” Et de conclure : “Rashida n’est pas notre sauveur, mais en tant que membre du Congrès, elle peut soutenir nos efforts collectifs pour mettre un terme à la complicité des États-Unis avec Israël.

   L’Orient-le Jour, à Beyrouth, rappelle que “cette avocate de 42 ans a été élue dans une circonscription du Michigan, allant de Detroit à Dearborn, où le parti républicain n’avait pas investi de candidat. Près de Ramallah, en Cisjordanie occupée, dans le village de Beit Ur al-Foqa, les oncles de Rashida, Issa et Bassam, voient en leur nièce une porte-parole de la cause des Palestiniens qui pourra faire entendre leurs voix au Congrès américain.” Le journal ajoute que “l’ancienne avocate défend un programme résolument progressiste qui va de l’égalité salariale hommes-femmes à l’université gratuite, en passant par la santé publique, les droits LGBT, l’abrogation du décret migratoire de Trump ou la protection de l’environnement.”