• "Il aimait la poésie des pets, le soir, au fond des pois, le Pétomane". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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    Pensées pour nous-mêmes:

    (LE SAGE EST-IL NÉ AVEC

    LA SAGESSE?)

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    mickeywerlen.canalblog.com

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    "Mon Dieu! L'atmosphère de cette planète tue les femelles...

    - C'est plutôt ma décoction empoisonnée, pauvre tâche!"

    Les planètes de SF :

    « Avatar » crédible,

    « Star Wars » paresseux

    Thierry Noisette

       Géantes, brûlantes, glacées, sinistres ou paradisiaques : des planètes, il en est très souvent question dans la science-fiction ; aussi deux grands amateurs de SF s’y sont-ils intéressés tout en gardant leur approche de scientifiques. Ils y ont consacré une conférence, intitulée« Planètes à gogo » (clin d’œil au roman presque homonyme), au Palais de la découverte, à Paris.

       Roland Lehoucq, astrophysicien, et Jean-Sébastien Steyer, paléontologue (qui a moyennement goûté « Jurassic World »), sont des spécialistes de cet exercice de rapprochements entre science et SF : ils publient chaque mois une appétissante rubrique, Science et fiction, dans la revue Pour la science.

       Le 16 juin, ils ont embarqué leur public dans un voyage interstellaire captivant, entre univers de fiction, observations terriennes et exoplanètes. Difficile de résumer en quelques lignes plus d’une heure et demie de conférence et d’échange avec le public, mais en voici quelques morceaux choisis.

    « Avatar » : faune et flore « assez crédibles »

       La planète du film « Avatar » (2009), Pandora, n’est en fait pas exactement une planète, puisque c’est une des lunes d’une planète géante, Polyphème, tournant autour d’une des étoiles d’Alpha du Centaure. « La planète géante, c’est Jupiter photoshopé en bleu », sourit Roland Lehoucq.

       A propos du masque respiratoire que les humains doivent porter en surface de Pandora, il est dit au début du film de Cameron que sans masque, on tombe inconscient en vingt secondes et on meurt en quatre minutes. Ce qui indique une atmosphère chargée en CO2 (11-12% de gaz carbonique environ), de même que la flore luxuriante (les plantes se « nourrissent » de CO2).

       Son climat tropical humide est caractérisé par son « exo-phytodiversité ». De nuit, on y voit de nombreuses plantes bioluminescentes, aux formes apparentées à celles de nos méduses et anémones notamment. Or, remarque Jean-Sébastien Steyer, la lumière reflétée par la planète géante autour de laquelle tourne Pandora devrait rendre la nuit sur Pandora 1 500 fois plus lumineuse que sur Terre. A quoi bon alors cette bioluminescence ?

       Explication la plus simple : James Cameron n’a pas fait ces calculs et ne s’est pas posé la question. Mais le réalisateur de « Titanic » et « Avatar » est aussi un grand fan d’océanographie (il a tourné « Abyss ») et un explorateur – il a plongé à 11 000 m de profondeur–, et il a vu des formes bioluminescentes dans les grands fonds. On peut dès lors supposer que sur Pandora, certaines plantes ont évolué pour attirer des insectes.


    LE THANATOR, DANGEREUX PRÉDATEUR SUR PANDORA

       Dans la faune locale, on trouve le thanator, qui ressemble un peu à une panthère noire, mais avec trois paires de pattes. Un effet d’exotisme fréquent en SF, note le scientifique, qui remonte au moins aussi loin qu’à Pégase dans l’Antiquité. Les Navis, l’espèce humanoïde bleue, n’ont quant à eux que quatre membres : cela permet une meilleure identification du spectateur, mais c’est expliqué par l’espèce dont eux-mêmes descendraient.

       Conclusion de Jean-Sébastien Steyer : « La faune et la flore de Pandora sont assez crédibles. Et elles se situent dans un cadre évolutionniste et non créationniste. »

    « Star Wars » : une ribambelle de planètes

       La planète Mustafar, dans « Star Wars, épisode III : la revanche des Siths » (2008), est rougeoyante ; « c’est peut-être une protoplanète, encore en formation, ou un satellite avec sa propre activité volcanique », observe Roland Lehoucq. Dans notre système solaire, c’est le cas d’Io, satellite de Jupiter (qui subit des effets de marée déformant sa croûte à cause de la géante gazeuse qu’il escorte, effets qui créent du volcanisme).

       Les deux soleils de Tatooine (dans plusieurs des « Star Wars »), n’ont rien de surprenant : 60% des étoiles de notre galaxie sont dans des systèmes binaires, et pas mal des exoplanètes découvertes appartiennent à de tels systèmes.

       La planète Hoth, dans « Star Wars, épisode V : l’Empire contre-attaque » (1980) est du modèle de la Terre « boule de glace » (« snowball »), telle qu’était notre planète il y a 635 millions d’années, recouverte en majorité par les glaces.

       La planète Geonosis et ses anneaux, dans « Star Wars, épisode II : l’attaque des clones » (2002), est une transposition de Saturne, mais en planète tellurique (solide, alors que Saturne est une planète gazeuse), avec un jeune anneau – de quelques années, vu la taille des fragments qui le composent –, issu d’un satellite brisé. Hypothèse de Roland Lehoucq : les insectoïdes qui habitent la planète ont créé un laser qu’ils ont testé en brisant leur propre satellite.

    Une planète, un climat ?

       Trop souvent en science-fiction, remarquent nos deux mordus de SF, une planète n’est montrée qu’avec un climat, comme si la diversité climatique n’existait que sur Terre. C’est le cas de pratiquement toutes les planètes dans l’univers Star Wars, soulignent-ils.

       A propos de planète bizarre, je leur ai demandé si la planète de « Quand les ténèbres viendront » (1941), d’Isaac Asimov, est réaliste. Pour ceux qui ne la connaissent pas (attention, la partie « résumé » dans l’article de Wikipédia spoile la fin), cette remarquable nouvelle dépeint un monde à six soleils : l’espèce intelligente qui y vit ne connaît jamais de nuit et ignore tout des autres étoiles et du monde extérieur. Or, tous les 2 049 ans, l’obscurité complète doit se produire, et cette échéance approche...

      Réponse : on a trouvé des systèmes à quatre ou cinq étoiles, mais pas encore de planète dedans. Et s’il en existe, à deux soleils, le système est déjà aléatoire (la planète risque de changer de température, d’orbite, etc.) pour obtenir des conditions stables permettant la vie ; alors à plusieurs étoiles, l’ensemble risque d’être chaotique pour une planète.

       Autre cas étrange, celui de planètes éventuellement expulsées de leur système solaire : des planètes errantes sont possibles, mais elles seraient par définition difficiles à trouver, puisque on regarde habituellement vers les étoiles. Même la Terre, Vénus ou Mars pourraient connaître ce sort dans les quatre ou cinq milliards d’années à venir (bon, on a de la marge). Côté Lune, certains amateurs de séries TV se souviendront de « Cosmos 1999 » (entre 1975 et 1978) où notre satellite partait dans l’univers, avec tous les habitants de la base lunaire qui s’y trouvent.

       Voilà, ce n’est qu’une partie des multiples propos entendus au Palais de la découverte. Roland Lehoucq et Jean-Sébastien Steyer souhaitent ainsi promouvoir la science par le biais de la fiction. Pour des amateurs de SF (ou d’astronomie voire d’exobiologie en l’occurrence), ils stimulent aussi l’imagination !

       Un dernier bonus : pour les amateurs d’astronomie, le logiciel libre Stellarium permet de voir le ciel tel qu’il est – ou qu’il serait sans nuages –, à l’instar d’un planétarium ; idéal pour ne plus se demander quelle est ici ou là cette étoile, ou cette planète, comme Vénus qui est un des rares corps célestes que les Parisiens et autres victimes de la pollution lumineuse peuvent voir la nuit.

    http://blogs.rue89.nouvelobs.com/science-friction/2015/06/29/les-planetes-de-sf-avatar-credible-star-wars-paresseux-234732

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    Luc Desle

    « "Dans sa pensée terre à terre, il fit pousser de jolis fruits". Jacques Damboise in "Pensées coïncidentes"."Ce morceau de vache enragée que je mâchouillais me faisait penser à ma Belle-Même". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet". »

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