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    Pensées pour nous-mêmes:
    (LE BONHEUR POUSSE DANS LES ETOILES)

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    (La vieillesse avait bien changé)


    (Source: fuckanimals, via viva-la-ink)

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    (Prisonnier de Guantanamo reconduit dans son 
    home résidentiel en limousine américaine)


    Pour la restitution à Cuba 
    du territoire occupé par la base militaire US 
    de Guantanamo
     (Granma)

       (...) Des pacifistes du monde entier se sont donnés rendez-vous dans la province de Guantanamo pour exiger la restitution à Cuba du territoire illégalement occupé depuis plus d’un siècle par la base navale des États-Unis.

       Cette revendication était au centre du 3e Séminaire pour la paix et pour l’élimination des bases militaires étrangères, qui a tenu séance pendant trois jours dans la province de l’est de l’île.

       Prenant la parole à ce séminaire, Silvio Platero, président du Mouvement cubain pour la paix et la souveraineté, a souligné que cette revendication est une question de principes.
      
       Pour sa part, René Gonzalez, président de l’Institut d’Histoire de Cuba, a qualifié la présence de la base navale des États-Unis à Guantanamo d’absurdité stratégique, militaire et politique.

       Selon Gonzalez, l’enclave que les États-Unis occupent contre la volonté du gouvernement et du peuple cubains constitue un foyer de tension susceptible de servir de prétexte à une agression. « Cette base est d’autant plus absurde que plusieurs hauts responsables militaires étasuniens ont signalé que Cuba ne constitue aucune menace pour la sécurité nationale des États-Unis », a-t-il rappelé.

       Parmi les personnalités présentes à ce séminaire figuraient la présidente du Conseil mondial pour la paix, la Brésilienne Maria do Socorro Gomes, et l’ancien procureur général des États-Unis, Ramsey Clark. (c'est tout?)

       Les autorités cubaines sont opposées à la présence de cette enclave militaire, considérée comme la plus ancienne base des États-Unis hors du continent nord-américain et la seule située dans un pays n’ayant pas de relations diplomatiques avec eux. Elle constitue une violation de la souveraineté et de l’intégrité de Cuba, ainsi que du Droit international.

       Depuis 2002, la base navale abrite une prison militaire de haute sécurité que les États-Unis ont transformé en un centre de torture

       Rappelons que Washington a occupé ce territoire au début du XXe siècle en vertu d’instruments juridiques imposés à Cuba comme condition pour accéder à son indépendance formelle suite au retrait de l’armée coloniale espagnole.

       Ce Séminaire, de fréquence biennale, qui réunit des dirigeants de mouvements populaires, pacifistes et des activistes sociaux de nombreux pays, se veut une tribune pour exiger la fin de la domination impérialiste.

    PL, La Havane, le 20 Novembre 2013.


    +++
    (Certaines femmes musulmanes étaient décourageantes)



    +++
    Benoît Barvin

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    Pensées pour nous-mêmes:

    (ÉVITE QUE LE MALHEUR
    SOIT UN AMI FIDÈLE)

    ***
    "Regarde, Maman, je vais de plus en plus vite!"


    The Liberator June 1919

    (Vite... et loin, également, quand la balançoire se brisa.)


    ***

    (Finalement, le saumon OGM était... mignonne)



    LE  CANADA  AUTORISE 
    LA  PRODUCTION DU «FRANKENFISH»,
     LE SAUMON OGM

     Lucie de la Héronnière 

       (...) «Les animaux OGM nourriront-ils la planète?», se demandait Terra Eco en juin 2012. Le journal se penchait sur les modifications génétiques d'animaux et sur le cas particulier d'«un saumon qui grossit deux fois plus vite» (qui grandit toute l'année et pas seulement au printemps), suite à un remaniement de son patrimoine génétique. Il est commercialisable plus rapidement, et permet donc de produire à moindre coût. On lisait alors: 

       «Ces animaux transgéniques pourraient bien être les premiers à se faire une place dans nos assiettes. Bientôt. Jusqu’à présent, à travers le monde, aucun animal aux gènes bidouillés n’est autorisé à entrer dans la chaîne alimentaire humaine. L’arrivée prochaine sur le marché des animaux OGM à des fins de consommation humaine pourrait, selon certains, résoudre les problèmes d’insuffisance alimentaire.»

       Le saumon AquAdvantage® (ou Frankenfish pour ses détracteurs) est censé être élevé dans des parcs, mais les craintes de dissémination sont nombreuses. Jean-Yves Nau expliquait aussi ici en 2011 les tenants et les aboutissants de la production de ce «saumonstre»

       Mais aujourd'hui, le saumon OGM devient de plus en plus réel et proche, puisque le «Frankenfish» a changé de statut au Canada. Terra Eco met ainsi à jour son article ce jeudi:  (28 novembre) «Le saumon génétiquement modifié de la firme américaine AquaBounty Technologies se rapproche des assiettes à grands coups de nageoire. Le gouvernement canadien vient d’autoriser en début de semaine la production à des fins commerciales des œufs de ce "Frankenfish", dans la couveuse de l’entreprise, située sur l’île-du-Prince-Edouard.»

       Sciences et Avenir explique que les oeufs seront exportés au Panama pour être engraissés, avant d'être proposés aux marchés. Et précise: «Cette autorisation d’exportation et de production porte pour l’instant sur 100.000 œufs par an. Ce premier obstacle franchi, Aquabounty devra convaincre les États et les distributeurs d’autoriser l’accès de son produit aux marchés nationaux. Des chaînes de supermarché nord-américaines ont d’ores et déjà assuré qu’elles refuseraient de vendre ces poissons».

       C'est donc un premier pas vers la mise en vente. Aux Etats-Unis, l'avis final pour l'autorisation (ou non) de la mise sur le marché par la FDA (Food and Drug Administration) se fait attendre. Mais Le Monde soulignait en mai qu'il y a «une réelle opposition des consommateurs américains»


    ***
    (La révolte des pavés de la ville fut vite matée)


    The aftermath of the 1906 San Francisco Earthquake


    ***
    Luc Desle (avec Jacques Damboise)

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    Pensées pour nous-mêmes:

    (RESPECTE L'HUMAIN
    QUI EST EN TOI)

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    Nouveau court récit au long cours (21)

    LE LIBÉRÉ 
    DU 
    CLUB MAD

    PtitBoss, le chef du Club joue les voyeurs, ce qui en dit long sur l'ambiance qui règne dans l'île...



    CHAPITRE 6

    « On peut habiter le monde sans le comprendre… » Michel Houellebecq


       Rachel se demande bien ce qui lui arrive. Elle flotte, soudain détachée des contingences.

       Au dîner, ils sont parmi les derniers, et parmi les retardataires se trouve Jean-Michel. Elle s’était imaginé ce midi, qu’elle allait se passionner pour l’étude de ce dernier et puis voilà qu’il parle et elle l’écoute à peine.

       - … Je viens donc achever une étude générale sur l’ennui comme vecteur de profit. C’est un système très perspicace, très fin dans le raisonnement. Tout d’abord, les instances dirigeantes font en sorte de générer de l’ennui chez les consommateurs de tout poils, un ennui profond. Et ensuite, ils s’arrangent pour inventer en factice, en superflu, des objets, des concepts, susceptibles de masquer cet ennui. Et ceci dans tous les domaines touchant les biens de consommation, de l’alimentaire au ludique. 

       Mon groupe de recherche m’a donc attribué le créneau bien spécifique du secteur touristique et plus précisément des Clubs de Vacances, afin d’y étudier cette clientèle qui veut oublier l’ennui du quotidien. Afin de voir quels sont ses désirs, s’il lui en reste, ce qu’elle vient chercher là et si ce que l’on met à sa disposition l’oriente bien vers les objectifs fixés en haut lieu…

       "Voilà qui est certainement très intéressant, très juste", pense-t-elle. Mais cela l’ennuie tout à coup. Elle ne veut plus penser à tous ces sujets. Elle a assez philosophé. Elle se sent ouverte à d’autres possibles.

       Jean-Michel, visiblement, attend une réaction de sa part.

       - Je ne sais plus que vous dire, si ce n’est que je lirai volontiers votre travail quand il sera fini, je vous le répète. Pour l’instant, j’ai envie d’oublier les manigances, je veux faire l’autruche. Vous savez, j’avais une case très bruyante et on a bien voulu m’en donner une autre. Je vais profiter de ces quelques jours pour décompresser comme on dit. Cet hiver, on reparlera de tout cela.

       Elle se traite d’imbécile, car ce n’est pas exactement cela qu’elle veut dire à Jean-Michel. Pour un peu, elle lui proposerait un massage !

       Jean-Michel, très disert, dit qu’il comprend, que lui-même a bien envie d’arrêter, que l’on fait tout pour le décourager. Ainsi, il lui est interdit d’interroger les clients et pourtant, il lui aurait été bien nécessaire de faire circuler un questionnaire dans les cases.

       Rachel lui dit qu’elle pourrait distribuer les questions pendant l’heure d’attente qui leur sera imposée à l’aéroport le jour du départ, que ce sera un très bon moyen de patienter. De toute façon, dès qu’elle aura quitté Ipsos, elle ne sera plus entre parenthèses. Il lui faudra se replonger dans les histoires sociales.

       Sa proposition plaît au garçon.

       - Vous pourrez déposer vos questionnaires à ma case « Diane » ou à celle de Daniel, la « Zeus ».

       - Tiens, on vous a mis aux cases réservées pour le Real TV. Le Ptiboss vous gâte !

       Daniel intervient.

       - Que voulez-vous dire au sujet de ces cases ? Nous ne sommes pas au courant.

       - Apparemment seuls les G.O. et la direction ont été prévenus. L’émission ne sera diffusée qu’à l’automne, mais les G.M. devront ignorer de quoi il s’agit même s’ils sont amenés à croiser quelques caméras pendant leur séjour. On ne leur dira pas de quoi il retourne véritablement pour que les réactions de tous restent naturelles. Cinq cases, dont les vôtres, sont équipées pour être sous surveillance vingt quatre heures sur vingt quatre. Je pense qu’elles ne seront opérationnelles que le jour J, c’est à dire lundi prochain.

       Rachel regarde Daniel. Elle hésite entre le rire nerveux et le fou rire. La situation est loufoque. Elle repense à la séance de massage et aux ébats qui s’en sont suivi. A retardement, elle se rejoue la scène dans la peau d’une exhibitionniste. Tout cela aurait pu l’exciter. Mais pas avec Ptiboss comme voyeur !

    (A Suivre)
    µµµ

    (Élégante choisissant un horrible chapeau
    avant d'être assassinée par 
    un homme de bon goût, lui)


    french postcard circa 1908

    µµµ

    "Pour une fois qu'on ne nous demande
    rien en échange, Eve, profites-en!"



    INDONÉSIE
    Des arbres fruitiers dans la ville

       (...) Planter des manguiers et des durions sur le bords des avenues et des rues de la ville : c'est l'idée d'un nouveau programme lancé par le maire "star" de Jakarta, Jokowi. Les habitants seront libres d'en récolter les fruits.

       Le maire de Jakarta, Joko Widodo, alias Jokowi, vient de lancer un programme de plantation de 40 000 arbres fruitiers le long des rues, avenues et terrains vacants de la capitale indonésienne. Les plantations commenceront fin novembre, avec l’arrivée de la mousson : manguiers, durions, jambosiers et autres letchis chevelus broderont les voies publiques…

       Libre aux dix millions de citadins d’en récolter les fruits, a déclaré Jokowi au quotidien Kompas, en ajoutant : "Une ville se doit d’être esthétique, verte et nutritive". Les arbres serviront également d’ombrage aux piétons et de couloirs aériens pour les aigles de Sibérie, qui migrent chaque année en septembre vers des contrées plus chaudes et pour lesquelles Jakarta est une des ultimes étapes

       Voilà qui va encore grandir la popularité de Jokowi, que tous les sondages donnent déjà gagnant aux élections présidentielles de 2014, alors qu’il ne s’est pas encore déclaré candidat.


    µµµ

    (Face aux pauvres et à la culture,
    il semblerait que les Etats-Unis étaient durs d'oreille)


    Les Etats-Unis et Israël 
    perdent leur droit de vote à l'Unesco

       (...) Les Etats-Unis et Israël ont perdu automatiquement, vendredi 8 novembre, leur droit de vote à l'Unesco (Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture). Ces deux pays ont en effet cessé de payer leur contribution après l'admission de la Palestine en 2011 au sein de l'agence onusienne. (...) 

       Washington ne s'est pas acquitté de sa cotisation en 2011, 2012 et 2013. "Les Etats qui n'avaient pas réglé leur cotisation avaient jusqu'à 10 heures aujourd'hui pour présenter une justification de non-paiement et un plan de paiement des arriérés, a-t-on précisé à l'Unesco, dont l'Assemblée générale se tient à Paris. A 10 heures, rien n'a été reçu de la part des Etats-Unis." 

       Cette procédure automatique a lieu au moment où les Etats-Unis tentent de sauver les négociations de paix israélo-palestiniennes qui se déroulent dans un climat tendu depuis l'annonce de la relance de la colonisation israélienne en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est. (...)

       L'Unesco est devenue en octobre 2011 la première agence des Nations unies à accueillir la Palestine en tant que membre à part entière, une adhésion qui a suscité une vague d'espoir dans le monde arabe, qui y a vu un pas de plus vers une reconnaissance en tant qu'Etat à l'Organisation des Nations unies (ONU).

        Mais l'adhésion de la Palestine a entraîné la suspension des financements américains, Washington mettant en avant la législation américaine en vigueur depuis les années 1990. Cette dernière interdit tout financement d'une agence de l'ONU qui admet en son sein des groupes ou des organisations ne possédant pas"tous les attributs internationalement reconnus d'un Etat".

       La perte du droit de vote américain porte un nouveau coup à l'organisation internationale, dont près d'un quart du budget venait des Etats-Unis. L'an dernier, Irina Bokova, sa directrice générale, avait déclaré que l'Unesco se trouvait paralysée en raison du gel de la contribution américaine qui a contraint l'Unesco à stopper des embauches, annuler des projets et réduire ses dépenses.

       La perte du vote américain constitue le dernier accroc en date dans les relations mouvementées entre l'agence onusienne et Washington. En 1984, l'administration Reagan avait décidé de quitter l'Unesco, invoquant entre autres une mauvaise gestion et une politisation de l'organisation.

       En 2003 – sous l'administration Bush –, après près de vingt ans d'absence, les Etats-Unis faisaient leur grand retour à l'Unesco et s'engageaient à participer activement aux programmes de l'agence, qui intervient notamment en faveur de l'éducation et de la protection du patrimoine mondial.


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    Luc Desle

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    Pensées pour nous-mêmes:

    (LA BONTÉ EST ÉTERNELLE)

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    Nouveau court récit au long cours (20)

    LE LIBÉRÉ 
    DU 
    CLUB MAD

       Le rapprochement entre Daniel et Rachel prend forme, peu à peu, dans une ambiance pourtant peu propice à ce genre de situation.


       (...) Rachel se laisse enduire le corps d’huile et elle s’abandonne au massage. Le toucher est tonique, très enveloppant. Elle découvre. C’est d’une grande qualité. Elle a les yeux fermés et ses pensées vagabondent. Le corps oublie les repères traditionnels et ne s’en tient qu’à ce qu’il ressent là sous les paumes qui l’englobent. C’est du jamais encore ressenti et elle s’ouvre à ce qui est semblable à la caresse, à ce bain de peau fait de cellules au bord de l’éparpillement. Et le plaisir de se fondre la submerge.

    ***

       Le Ptiboss a pesté tout l’après-midi. Les essais techniques se sont très bien passés, mais les deux estivants étaient partis en vadrouille et il a fallu faire venir Katerina et Tessia pour les essais image et son. A la base, c’était bien prévu comme cela, mais Ptiboss s’était fait un film et il aurait aimé surprendre Rachel et Daniel dans leurs cases, comme ça, rien que pour savoir ce qu’ils mijotaient tous les deux. On ne les avait pas encore vus au bar et on ne signalait aucun achat de leur part. Le genre de clients commercialement indésirables, catégorie non rentable.

       Maintenant qu’il est seul, il essaie de rebrancher le système vidéo, mais il doit y avoir un code spécial. Et tous les techniciens sont repartis à leur hôtel. Ils ne reviendront que demain, mais ils s’occuperont exclusivement des caméras extérieures, un gros boulot à boucler en sept jours.

       Alors, il tripatouille les fiches et parvient à capter du son. Pas génial, mais il y a peut-être moyen d’affiner. A première audition, ce ne sont pas des paroles qui s’échangent à la case « Zeus », mais plutôt des gémissements, comme des râles de plaisir. Ça l’échauffe immédiatement d’autant plus que depuis le début de la saison il n’a pas eu l’occasion de se laisser distraire par le cul de toutes ces nanas qui gravitent autour de lui dans les bureaux. Les temps où l’on s’envoyait en l’air à longueur de journée, sont terminés depuis longtemps. On a même dû jeter des stocks de préservatifs périmés. L’ambiance n’est plus à la baise, mais à trouver comment rentrer au plus vite un max’ de tunes.

       Pourtant, il y a des fois où la nature reprend le dessus et de façon brutale, et ceci, malgré l’éclate cérébrale orgasmique qu’il se procure chaque nuit grâce aux techno-parties.

       Présentement, c’est donc une autre espèce de sons qui commence à l’exciter sérieusement. Les gémissements deviennent des cris et il réalise trop tard qu’il est en train de gicler sur la table de mixage. Le pied ! Ça va être coton pour nettoyer les touches et les haut-parleurs incorporés.

       De ces derniers, s’élève alors une voix douce, celle de Rachel.

       - L’amour avec toi, c’est vraiment un délice. Un vrai bain de douceur. On pourrait penser que c’est le prolongement naturel du massage.

       Ptiboss a un haut-le-cœur. Hors contexte, il se demande comment il a pu se branler sur les râles d’un vieillard du quatrième âge, qui se met à ânonner, qui plus est, un discours lénifiant.

       - Pour moi, c’est cela la formule du bonheur : pouvoir passer des moments de joie totale avec des êtres qui me correspondent, en partageant des instants de vie, que ce soit faire l’amour ou se balader c’est pareil. Ca me comble.

       Si vous croyez que le Club n’a que cela à faire, à veiller sur le confort émotionnel de ses clients ! C’était bon à ses débuts, ce système. On n’en veut plus de ces parasites qui sont comblés en vingt quatre heures et qui, pendant tout le restant de leur séjour, vont vivre dans leur autarcie relationnelle, hédonistement, en profitant tout de même largement des repas et des structures mises à disposition, de celles qui ne leur coûtent rien surtout, comme le soleil et la mer. Jamais un pied au bar, à la boutique ou au stand excursions, non, les balades, vous les faites tout seuls. Vous êtes une race touristique à rejeter. 

       S’il n’y avait que des clients comme vous, on en serait encore à chanter « y’a du soleil et des nanas ». Et encore, avec des gonzes comme vous deux, même les jeux-apéritifs seraient voués à l’échec. Mais heureusement, vous ne faites pas d’adeptes. Votre bonheur emmerde la jeunesse. Trop pépère. On a mieux à leur offrir.

       Un peu après l'an 2000, les jeunes en ont eu marre qu’on leur interdise d’organiser des rassemblements dans des entrepôts ou dans des coins reculés. S’en sont suivi des free-parties sauvages tout azimut et une répression modérée par souci de ne pas donner une mauvaise image politique. Il fallait trouver une solution. Il apparaissait comme évident que ces jeunes avaient besoin de défoulement, qu’ils réclamaient à hauts cris ce qui autrefois leur était octroyé sous forme de Carnaval, et autres festivités. Des sociologues se sont penchés sur la question et ont montré qu’il était urgent de donner à la jeunesse des espaces de liberté totale, où ils puissent défouler leurs instincts et sortir pour une période courte de la grisaille de la vie quotidienne. 

       La nuit devait redevenir pour eux leur royaume. Plus question de couvre-feu ou autres restrictions. Alors, le concept est vraiment né, recevant l’aval des responsables sécuritaires qui ont vu d’un bon œil que le mouvement soit récupéré par des adultes capables de structurer ce défoulement, sans gêner la société, qui plus est, en générant du profit.

       Et ce produit abouti, c’est le Club Mad, qui offre chaque nuit une méga rave party à un public conquis d’avance, en manque d’éclate et de lieu fédérateur.

    (A Suivre)


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    (Prince des mers faisant le beau,
    avant d'être capturé par un baleinier japonais)



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    "Paraît qu'on a le choix...

    - Le choix de quoi?
    - Le choix des chaînes..."

    Publication de l’Accord secret de Partenariat Trans-Pacifique -
     Chapitre portant sur la Propriété Intellectuelle

    Wikileaks

       (...) Le 13 Novembre 2013, WikiLeaks a publié le projet de texte secret négocié pour l’ensemble du chapitre du TPP (Trans-Pacific Partnership ) portant sur la Propriété intellectuelle. Le TPP est le traité économique le plus important jamais négocié et englobe les nations représentant plus de 40 pour cent du PIB mondial. La publication de ce document par WikiLeaks s’inscrit dans la perspective du sommet décisif des négociateurs en chef du TPP à Salt Lake City, Utah, le 19-24 Novembre 2013.

       Le chapitre publié par WikiLeaks est peut-être le chapitre le plus controversé du TPP en raison de ses multiples effets sur les médicaments, les éditeurs, les services Internet, les libertés civiles et les brevets biologiques. De manière significative, le texte publié comprend les positions de négociation et de désaccords entre les 12 états membres potentiels.

       Le TPP est le précurseur du pacte également secret entre les États-Unis et l’Union Européenne (Transatlantic Trade et Investment Partnership ), pour lequel le président Obama a entamé des négociations américano-européennes en Janvier 2013. Ensemble, le TPP et le TTIP couvriront plus de 60 pour cent du PIB mondial. Les deux pactes excluent la Chine.

       Depuis le début des négociations sur le TPP, le processus de rédaction et de négociation autour des chapitres du traité a été entouré d’un niveau de secret sans précédent. L’accès aux projets des chapitres du TPP est protégé du grand public. Les membres du Congrès américain ne sont en mesure de consulter que certaines parties choisies des documents relatifs aux traités et dans des conditions très restrictives et sous stricte surveillance. Il a été précédemment révélé que seulement trois personnes dans chaque pays concerné par le TPP ont accès au texte intégral de l’accord, tandis que 600 « conseillers commerciaux » - les lobbyistes qui défendent les intérêts des grandes sociétés américaines comme Chevron, Halliburton, Monsanto et Walmart – ont un accès privilégié aux sections cruciales du texte du traité.

       Les négociations du TPP sont actuellement à une étape critique. L’administration Obama se prépare à accélérer le traité TPP d’une manière qui empêchera le Congrès américain de discuter ou de modifier tout ou une partie du traité. De nombreux chefs d’État du TPP et hauts responsables de gouvernement, dont le président Obama, ont déclaré leur intention de signer et de ratifier le PPT avant la fin de 2013.

       Le Rédacteur en chef de WikiLeaks, Julian Assange, a déclaré : « L’administration américaine pousse de manière agressive et à la sauvette le TPP dans le processus législatif américain ». Le projet avancé du chapitre sur la propriété intellectuelle, publié par WikiLeaks le 13 Novembre 2013, fournit au public la meilleure possibilité jusqu’à présent de se familiariser avec les détails et les implications du TPP.

       Le chapitre de 95 pages et 30.000 mots énonce des dispositions pour instituer un régime juridique et d’application transnational de grande envergure, qui modifiera ou remplacera les lois en vigueur dans les États membres du TPP. Les paragraphes du chapitre comprennent des accords en matière de brevets (qui peuvent produire des biens ou des médicaments), de droits d’auteurs (qui peuvent transmettre des informations ), de marques déposées (qui peuvent décrire ou authentifier des biens) et de conception industrielle.

       La section la plus longue du chapitre - « mise en œuvre » - est consacrée à détailler de nouvelles mesures de police, avec de profondes implications pour les droits individuels, les libertés civiles, les éditeurs, les fournisseurs de services Internet et la vie privée sur Internet, ainsi que pour le patrimoine de création, intellectuel, biologique et environnemental. Parmi les mesures proposées on trouve en particulier des tribunaux de contentieux supranationaux à qui les tribunaux nationaux sont censés céder leur souveraineté, mais sans aucune garanties en matière de droits de l’homme. Le Chapitre du TPP précise que ces tribunaux peuvent tenir des audiences avec des preuves tenues secrètes. Le chapitre reprend également de nombreuses dispositions de surveillance et d’application des traités SOPA et ACTA qui avaient été écartées.

       Le texte de synthèse obtenu par WikiLeaks après la réunion du 26-30 Août 2013 à Brunei - contrairement à tous les autres documents liés au TPP qui ont été diffusés au public - contient des annotations détaillant les positions de chaque pays sur les questions en cours de négociation. Julian Assange souligne que l’Australie, « extrêmement obséquieuse », est le pays le plus susceptible de soutenir la position intransigeante des négociateurs américains contre d’autres pays, alors que des états dont le Vietnam, le Chili et la Malaisie sont plus susceptibles d’être dans l’opposition. De nombreux pays du contour Pacifique et proches - dont l’Argentine, l’Équateur, la Colombie, la Corée du Sud, l’Indonésie, les Philippines et, surtout, la Russie et la Chine - n’ont pas été impliqués dans la rédaction du traité.

       Selon Julian Assange, le rédacteur en chef de WikiLeaks, « Si ce traité est institué, le régime de propriété intellectuelle du TPP piétinera les droits individuels et la liberté d’expression, et foulera aux pieds le patrimoine intellectuel et créatif. Si vous lisez, écrivez, publiez, pensez, écoutez, dansez, chantez ou inventez, si vous cultivez ou consommez des aliments, si vous êtes actuellement malade ou si un jour vous tombez malade, le TPP vous a dans sa ligne de mire ».

       Actuellement, les états membres de la négociation TPP sont les États-Unis, le Japon, le Mexique, le Canada, l’Australie, la Malaisie, le Chili, Singapour, le Pérou, le Vietnam, la Nouvelle-Zélande et Brunei.

    Traduction "encore merci à la grande presse pour nous tenir si bien informés" par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles

    Le document est téléchargeable ici : https://wikileaks.org/tpp/

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    (Chuchoté)

    "Ton chapeau est ridicule...
    - Et le tien encore plus!"

    (Il semblait évident que ce mariage
    partait sous de mauvais auspices)

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    Benoît Barvin (avec Jacou Damboise)

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    Pensées pour nous-mêmes:

    (CONNAIS-TU LA COULEUR DE TON ÂME?)

    ***
    Nouveau court récit au long cours (7)

    LE LIBÉRÉ 
    DU 
    CLUB MAD

       Le Club Mad est à l'image de la société occidentale, c'est du moins ce que prétend Daniel, l'observateur...


       Les planches du ponton se mettent à vibrer doucement, le faisceau d’une lampe électrique balaie l’embarcadère. Il reconnaît Rachel.
       Rachel, qui, d’un accord tacite, s’est placée sous sa protection, et que sa présence a bien réconfortée, surtout quand elle a vu que son amie de Paris n’était pas à l’arrivage de ce soir. Personne n’a pu la renseigner et il a fallu joindre la France, se reconnecter avec le monde, pour apprendre que l’amie en question s’était tout bonnement brisé la cheville en quittant son appart’.

       Il va donc passer cette semaine près de cette jeune femme dont il ne sait rien, tout en ayant deviné l’essentiel de ce qui la préoccupe. Elle va faire partie du monde qu’il va disséquer

       - Tu ne dors pas, petite fille ?

       - Impossible avec tout ce tintouin. Tout à l’heure, ne trouvant pas le sommeil, je suis passée à votre case mais vous dormiez. Je vous envie, avec un tel vacarme ! Ils sont fous à lier !

       - Sitôt allongé, j’ai sombré. J’ai cette faculté de pouvoir me déconnecter du réel pour autant que le manque de sommeil soit trop fort. C’est une chance. Et puis, comme tu peux le constater, j’ai besoin de très peu d’heures de sommeil. Depuis toujours, c’est ainsi. Alors je me lève et je médite. Et toi, qu’as-tu fait de ton insomnie ?

       - Je suis descendue jusqu’au bar. Des centaines de jeunes s’agitaient en cadence sous la direction d’un blondinet au visage chafouin qui les incitait à se défouler un maximum. D’autres épongeaient leur sueur au bar. L’Accueil était encore ouvert. J’allais demander quand est-ce que tout ce raffut finirait, lorsque le Captain du Club qui rôdait par là, s’est enquis de mon état.

       - Ne vous affolez pas. On va mettre en sourdine à une heure dernier carat. Après on continuera au night et vous n’entendrez plus rien. En attendant vous devriez vous amuser. C’est la fête à Corfou !

       J’ai regardé ma montre. Encore une demi-heure à attendre. J’ai tourné les talons et suis allée visiter les autres secteurs pour évaluer les décibels audibles au fin fond du camp et voir si je ne serais pas mieux là-bas. Du coup, je suis passée près des bureaux de la Caisse. Des éclats de voix fusaient de derrière les fenêtres grillagées mais ouvertes.

       - Le boss ne va pas être content : dépenses moyennes au bar pour la semaine écoulée, à peine quatre cent cinquante euros par personne ! Quant à la boutique, ce n’est pas un record…

       Je n’ai pas compris la suite. D’après l’intonation de la comptable, elle n’avait pas l’air de trouver la recette fameuse, alors que pour moi c’est déjà énorme. Comment dépenser autant en boissons alors que vin, bière, sodas sont à discrétion au restaurant ? En plus il s’agit d’une moyenne, ce qui veut dire que certains ont dû claquer six cents euros facile. Le prix du séjour à cette saison. C’est dingue ! Ce système est fou !

       - Entre nous, Rachel, il y a pire ailleurs. Aux Baléares par exemple, certains fanas de boîte de nuit arrivent à claquer cinq cents euros pour une bouteille de champagne. Le mieux, c’est de passer à côté de toutes ces aberrations. Tu es là pour te nettoyer de tous ces calculs, crois-moi.

       - Pas facile quand tout nous ramène à ces histoires de profit… Enfin, bref ! Tout au fond du Village, des cases sont au calme. Je vais demander à changer.

       - Je te le déconseille. C’est plein de moustiques et il y avait la dernière fois que je suis venu une discothèque grecque en plein air qui ouvrait vers une heure du mat’. Je ne te parle pas de ceux qui reviennent bourrés du night-club et qui frappent à toutes les cases… La presqu’île reste la plus confortable. Il suffit de veiller jusqu’à ce que le bar ferme, en venant ici par exemple, ou en allant un peu plus dans les terres en marchant. Si tu veux, on ira s’y balader, tu verras, c’est plus sauvage.

       - Il y a autre chose… Quand je suis revenue à ma case, il n’y avait plus de bruit, mais le sol tremblait dans un grondement sourd, comme le feraient les pulsations d’un cœur qui bat.

       - Ce sont certainement les enceintes du night-club qui donnent un peu trop.

       - Non, cela vient d’en dessous. Tellement que j’ai voulu vous réveiller cette fois, mais vous étiez déjà ici. … Venez là sur les rochers. … Vous ne sentez pas les vibrations ?

       - Effectivement, c’est incroyable ! Sur le ponton de bois on ne les ressent pas du tout. 

       - Je vous assure que dans les cases, c’est intenable. Pire que les boum-boum de l’animation.

       - Bien, pour cette nuit on va trouver une solution et demain on ira réclamer deux autres cases. Si tu me prêtes une de tes barrettes, j’ouvre le cadenas de cette guérite et on sera les mieux logés du Village… Tiens, voilà déjà deux matelas… En plus, il fait super bon. Même pas besoin de couvertures. Ca t’ira ?

       Daniel sent que l’angoisse de Rachel se dissipe.

       - Idéal ! Un peu fou comme truc tout de même d’aller faire des milliers de kilomètres pour se retrouver dans un Club où la seule chose qui nous convienne, c’est d’être là au dessus de ces vaguelettes, à la belle étoile. Il doit y avoir quelque chose qui cloche

       - Disons que les responsables des Villages de cases devraient réviser leur formule, rien que pour satisfaire les deux pèlerins nostalgiques que nous sommes. Je vais en parler au chef du Club. Pour sûr il en tiendra compte !

       Rachel se met à rire. Elle s’allonge sur le matelas. Sa main se pose sur le bras de Daniel. Il ne sait plus qui il est, ni son âge. Il est avec une peau douce, un brin d’humanité et il est bien. Il sent du désir pour ce jeune corps qui est là étendu près de lui. Il constate et s’en tient là.

    ***
    (A Suivre)

    ***
    (Homme très pieux maniant le sabre et
    le... hem... le goupillon)


    http://nuclearbummer.tumblr.com/post/65829145302


    ***

    "La guerre? 
    Moi je m'y prépare depuis que je suis mariée
    avec ce  type!"


    vintagegal:
    Joan Crawford in Strait-Jacket (1964)

    ABLE ARCHER 83: 
    LA PEUR D'UNE CRISE NUCLÉAIRE
     QUI A MIS FIN À LA GUERRE FROIDE
    Laszlo Perelstein

       (...) Il y a quelques mois, les autorités britanniques ont rendu public un discours écrit par Elizabeth II en mars 1983, censé être prononcé en cas de Troisième Guerre mondiale. A l’époque, la guerre froide battait son plein et la reine d’Angleterre avait demandé à son gouvernement de travailler sur une possible guerre nucléaire.

       Un tel désastre aurait bien pu se produire au vu de l’exercice de tir nucléaire Able Archer auquel se sont livrés le Royaume-Uni et les Etats-Unis et dont on vous parlait sur Slate en mai 2013. Des documents déclassifiés obtenus par le Nuclear information service révèlent que l’URSS a mal interprété l’exercice et cru à une réelle menace.

       Encore peu connu du grand public il y a quelques années, l’opération Able Archer est un exercice militaire de l’Otan plus provocant que les exercices précédents. Il a notamment impliqué le déplacement de 40.000 troupes vers l’Europe de l’Ouest.

       Des documents mis en ligne en mai dernier par les archives de la NSA révélaient déjà que l’opération avait poussé le Secrétaire général soviétique en place, Iouri Andropov, à ordonner la plus importante opération de renseignement jamais effectuée en temps de paix: l’Opération RYAN. Leur mission? S’assurer de ne pas être en face d’une situation de Raketno-Yadernoye Napadenie, le nom de code d’une attaque nucléaire occidentale préventive, que les Soviétiques redoutaient tant.

       Au fur et à mesure que l’exercice prend place, la tension internationale se fait ressentir. Le 1er septembre 1983, un Boieng 747 de Korean Airlines pénètre par erreur dans l’espace aérien russe. Les Soviétiques décident alors de l’abattre, tuant les 269 personnes à bord. Des preuves suggèrent qu’ils l’auraient en fait pris pour un appareil de surveillance américain, présent plus tôt dans la zone.

       En outre, le gouvernement russe avait également déployé «des unités aériennes soviétiques stationnées en Allemagne de l’Est et en Pologne placées en état d’alerte maximum ainsi que le déploiement de forces de frappe nucléaires», selon un rapport de la CIA.

       La crise s’aggrave à tel point que Sir Robert Armstrong, secrétaire de cabinet de Margaret Thatcher, informé par un agent double russe, avertit la Première ministre que le déplacement des troupes soviétiques n'est pas un exercice militaire, puisqu'il se déroule notamment «en période d’importantes vacances soviétiques».

       Pour Paul Dibb, ancient directeur du Comité mixte du renseignement australien, la situation était bien pire qu’en 1962 à Cuba:

       «Cuba était indubitablement une crise intense avec de très hauts enjeux, mais les deux côtés savaient qu’ils étaient en situation de crise et ils avaient chacun les mêmes faits à disposition. Able Archer aurait pu déclencher la catastrophe ultime involontaire, et avec de promptes capacités de frappes nucléaires du côté soviétique comme américain des ordres de magnitudes plus importants qu’en 1962.»

       D’après The Guardian, les renseignements britanniques rédigent alors une note suggérant «à l’Otan d’informer l’Union soviétique de l’exercice». Convaincu par la note et les arguments de l’agent double russe qui avait informé Thatcher, le président Ronal Reagan pousse l’esprit de détente qui conduira à la fin de la guerre froide entre les Etats-Unis et l’URSS. (...)



    ***
    "Ah... Comme ça, une femme est incapable de bricoler...
    J't'en ficherais, moi, de tes idées à la c..."





    ***
    Benoît Barvin

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  • £££
    Pensées pour nous-mêmes:

    (NE PASSE PAS TA VIE
    A NOURRIR LA MORT)

    £££

    "Hou, hou, Beau Guerrier... 
    Ca te dirait de te baigner
    dans nos eaux libérales?"

    La réponse du guerrier fut 
    particulièrement grossière, semble-t-il...


    ARTHUR RAKHAM,SIEGFRIED 
    AND THE TWILIGHT OF THE GODS, 1911


    £££

    "Donc, la Démocratie...
    - La QUOI?
    - Heu... Je veux dire...
    nos intérêts exigent que...
    - Oui, oui, exigent, c'est bien ça..." 



    La démocratie otage du libre échange
    José Bové

       (...) Les premières victimes de l'accord de libre échange entre l'Union européenne et le Canada, présenté par Barroso (encore et toujours!) et Harper le 18 octobre à Bruxelles, sont les paysans européens et canadiens et les consommateurs. L'Union européenne souhaite ouvrir son marché à la viande bovine produite dans les grandes exploitations canadiennes. 50 000 tonnes de viande de bœuf arriveront ainsi dans nos assiettes, ce qui représente grosso modo 8 % de la production française et 2 % de la production européenne. Ce n'est pas une paille. Les revenus des éleveurs spécialisés dans l'élevage bovins sont déjà particulièrement bas. En moyenne, en France ils atteignent à peine 14 000 € par an alors que ceux de leurs collègues céréaliers dépassent 75 000 €.

       De nombreux élevages, en particuliers dans les régions d'Auvergne, de Bourgogne, du Limousin et de Midi-Pyrénées sont au bord de la faillite. Les coûts de production s'envolent alors que dans le même temps la consommation de viande bovine baisse régulièrement du fait de la chute du pouvoir d'achat de nos concitoyens. L'arrivée de la viande canadienne serra le coup de grâce. Elle achèvera de détruire de nombreuses zones rurales, ce qui aura des répercussions en cascade sur d'autres secteurs économiques liés directement à l'agriculture comme les petites et moyennes entreprises de transformation alimentaire, ou indirectement comme le tourisme. En Europe, c'est la France qui sera la plus touchée, mais d'autres pays comme l'Irlande, l'Espagne, qui traversent également une crise économique grave seront également affectés. Les éleveurs du sud et de l'ouest de l'Allemagne seront également affectés.

       Le Canada comme les Etats-Unis autorisent l'utilisation de nombreuses hormones pour accélérer artificiellement l'engraissement du bétail. L'Europe, de son côté, les a interdites depuis le milieu des années 1980 suite au refus des paysans de les utiliser et à un boycott des consommateurs. Elle a choisi, à juste titre, de placer la santé des gens avant les profits des entreprises et n'a pas changé de position depuis. Malgré toutes les promesses rassurantes de M. Barroso, la viande qui arrivera du Canada, vendu par des groupes gigantesque comme Tyson aura été produite avec des hormones. Le scandale de la viande de cheval a en effet montré qu'il est impossible au niveau européen d'assurer la traçabilité de la filière de la viande. Comment peut-on une seule seconde imaginer que nous serons en mesure d'imposer des contrôles strictes au Canada alors que nous sommes déjà incapables de faire le ménage chez nous ? En catimini, la Commission européenne est en train de saper la sécurité alimentaire des consommateurs européens.

       Pour faire avaler la pilule, M. Barroso explique que les entreprises européennes des services (finances, banques, assurances, télécommunication commerce maritime, assainissement) et les multinationales qui produisent des fromages industriels seront gagnantes. D'après leurs estimations économiques, basés sur des modèles obsolètes, les gains supplémentaires s'élèveront à près de 8 milliards d'euros par an. Ce montant semble en effet gigantesque dans nos pays frappés par les programmes d'austérité. Mais un rapide calcul permet de démonter cet argument. Le PNB européen étant de 15 000 milliards d'€, ce gain aléatoire ne représenterait donc qu'une augmentation de 0,06 % pour l'Europe. Une goutte d'eau dans la mer.

       M. Barroso n'a pas caché sa satisfaction déclarant fièrement que l'Accord avec le Canada servira de modèle à celui que la Commission est entrain de négocier avec les Etats-Unis. Après consultation de ses grandes entreprises, l'Administration d'Obama, a fait connaître ses priorités. Elles sont nombreuses et je ne retiendrai que les principales : permettre l'arrivée massive des OGM, sécuriser les investissements des géants de l'énergie qui souhaitent utiliser librement la fracturation hydraulique pour exploiter les gaz de schiste en Europe, imposer leurs normes sanitaires, détruire la Directive REACH qui encadre l'utilisation de certains produits chimiques et interdit les plus dangereux

       Mais ce qu'elle réclame par dessus tout c'est la possibilité de traîner en justice les états qui prendront des mesures contraires à leurs intérêts. Elles veulent ni plus ni moins que de pouvoir attaquer les mesures sociales et environnementales qui les empêcheraient de continuer à travailler comme elles le souhaitent, sans être embarrassées par des décisions stupides votées par des gouvernements qui cèdent face à la pression de la rue. Avec une arme de ce calibre, elles seront en mesure d'empêcher un état d'interdire la fracturation hydraulique sur son territoire. Les masques sont tombés, les multinationales américaines et européennes ne veulent qu'une chose : faire la loi à la place des assemblées nationales.

       Derrière ces accords commerciaux, c'est donc le principe même de la démocratie qui est remis en cause. Ces entreprises qui n'ont plus aucun lien avec les territoires, qui se délocalisent du jour au lendemain, qui licencient des milliers d'employés ici, pour se relocaliser ailleurs où les salaires sont moins élevés, où les citoyens sont moins mobilisés pour la protection de la nature. Ce qu'elles exigent au fond c'est ni plus ni moins que d'avoir le pouvoir de décider des normes sociales et environnementales qu'elles devront s'auto-appliquer. Je crains le pire
    La question qui nous est posée en tant que citoyens et en tant qu'élus canadiens, américains ou européens est donc simple: Sommes nous prêts à céder définitivement nos droits face aux diktats des grandes entreprises ? 
       La réponse pour moi est évidente : c'est non.

       Avec leurs sourires (carnassiers?) M. Barroso Président de la Commission européenne et M. Harper, Premier Ministre du Canada, veulent nous faire croire que tout est réglé ; que l'affaire est conclue. Heureusement, il n'en est rien. L'accord entre l'Union européenne et le Canada doit encore être ratifié par le Conseil et le Parlement européen avant d'entrer en vigueur. Les gouvernements des Provinces du Canada devront également donner leur accord.

       Nous avons donc plusieurs mois devant nous pour nous mobiliser, citoyens et élus, des deux côtés de l'Atlantique pour que cet accord ne se soit jamais appliqué ; des mois pour empêcher que notre avenir ne soit décidés dans l'opacité et le silence des conseils d'administrations d'entreprises transnationales. En rejetant cette entente avec le Canada nous enverrons un signe clair à ceux qui préparent en secret l'accord avec les Etats-Unis : Arrêtez vos négociations et consacrez votre énergie et votre intelligence à des projets utiles et indispensables qui nous permettront d'amorcer la transition écologique dont nous avons tant besoin pour lutter contre le réchauffement climatique.

       Dans un nouveau monde multipolaire, il faut stopper cette myriade d'accords bilatéraux. L'urgence est de relancer des négociations multilatérales qui ne soient pas centrées sur le commerce mais qui prennent en compte les droits sociaux et les questions environnementales comme je l'ai toujours demandé depuis 1992. Je ne peux pas accepter que L'Union européenne et l'Amérique du Nord imposent des normes qui excluent les pays émergents comme la Chine, le Brésil, l'Inde ou l'Afrique du sud, et qui écrasent les autres états de la planète. (...)


    £££

    (Cheval libéral continuant à faire le beau)



    £££
    Benoît Barvin

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  • @@@

    Pensées pour nous-mêmes:

    (LA MAIN DU SINGE
    N'EST PAS LA NAGEOIRE DU REQUIN)

    Pcc Jacques Damboise

    @@@

    (Miss Beautifulhat à cheval sur les toits de sa demeure)


    (Reblogged from skindeeptales)

    @@@

    "Tu es bien?
    - La maison est trop petite pour mes futurs
    fiancés..."





    La crise aux Etats-Unis :
    pourquoi les maisons neuves
    sont de plus en plus grandes

    Hélène Crié-Wiesner

       (...) Un nouveau genre de pavillon est apparu sur le marché, qui fait désormais des ravages dans les quartiers en construction, développé sous diverses appellations par les constructeurs. Cette tendance lourde est en train de transformer le secteur de l’habitat aux Etats-Unis.

       La raison ? Les enfants adultes reviennent vivre chez leurs parents, qui voient aussi rappliquer leurs propres géniteurs. Pour faire face, les pauvres se résignent en s’entassant, mais les plus riches ajoutent des pièces à leur logement. (...)

       La plus connue de ce nouveau type de maison, née en 2011, est le modèle NextGen (prochaine génération) de la société Lennar, qui la présente ainsi sur son site web : « Nous avons été les premiers à reconnaître que nos clients avaient besoin de voir plus grand pour pouvoir partager le coût de leurs emprunts et de leurs dépenses quotidiennes. NextGen est la solution parfaite pour les invités de longue durée, les membres de la famille ou n’importe qui d’autre susceptible d’utiliser au mieux cet espace additionnel composé d’une chambre, d’une petite cuisine et d’un salon. »

       Le constructeur propose la NextGen à la vente dans dix-huit Etats, et indique que ce type de maison a représenté l’an dernier 25% de ses ventes en Arizona. J’ai vérifié : en Caroline du Nord, près de chez moi, la NextGen est aussi très bien placée dans le carnet de commande de la société. (...)

       D’autres constructeurs préfèrent offrir des maisons évolutives, dont la salle de jeu, par exemple, peut être convertie en chambre avec salle de bain. Ce peut être aussi un garage à deux places dont l’une peut aisément être aménagée en studette.

       D’autres encore proposent d’emblée des maisons au « design universel » : couloirs et portes larges, éclairage puissant, aucune marche. Certains prévoient même la place, dans les salles de bain, pour installer des poignées dans les douches et les toilettes, voire des espaces pour un ascenseur intérieur.

       Au cas où, un jour… De toute façon, même si aucun vieux parent ou nouveau petit-enfant ne vient s’y installer, la grande maison sera ainsi plus facile à revendre.

       La radio publique NPR s’est récemment penchée sur ce phénomène sociétal. La bande-annonce du reportage m’avait intriguée : elle clamait que la taille des maisons américaines recommençait à croître, après avoir sérieusement diminué à partir de 2008. (...) 

       Les meilleurs analystes croyaient alors la tendance durable. Bêtement confiante dans la nouvelle frugalité post-crise, j’écrivais en 2009 dans American Ecolo (mon blog précédent sur Rue89) : « Simplicité, vivre mieux avec moins... Personnellement, j’ai l’impression que le changement le plus marquant, celui qui aura à terme l’impact le plus important sur la société américaine, touche à l’évolution de l’idée nationale de la maison. »

       Le New York Times raillait les Américains d’avoir toujours voulu augmenter la taille de leurs possessions : « No, you cannot get up-grade » (approximativement : « Non, vous ne pouvez pas avoir plus grand »). Après la Seconde Guerre mondiale, les soldats démobilisés et leurs familles emménageaient dans des logements de 90 m². Dans les années 70, la taille moyenne des maisons américaines était de 150 m². Dans les années 2000, elle était de 233 m². (...)

       Or, en 2009, les maisons ne se vendaient plus. Leur prix avait dégringolé. Plus elles étaient grosses, moins elles partaient. La revue E-Magazine consacrait un dossier au nouveau phénomène des « little boxes » (surnom des petites maisons tendance), et concluait par ses mots : « Si les McMansions [grandes maisons bâties toutes sur le même modèle, comme des McDo, ndlr] ont été l’emblème des années fric, des décennies 80 et 90, les maisons plus modestes pourraient bien devenir celui d’une génération qui a décidé de ralentir, de considérer l’état des ressources de la planète, et de faire ce qu’il fallait pour les préserver. »

       Eh bien, c’est raté, on avait tout faux. Même si désormais l’envie de paraître et l’attrait du luxe bling bling n’est plus la raison principale pour faire construire des grosses demeures, le résultat est là : les « little boxes » ont perdu les faveurs du public.

       Le Pew Research Center s’est plongé dans les données du dernier recensement : 51 millions d’Américains, soit 16,7% de la population, vit sous un toit abritant au moins deux générations adultes, ou un grand-parent et au moins un membre d’une autre génération. (...)

       L’analyse du Pew révèle une augmentation de 10,5% de la cohabitation multigénérationelle entre 2007 et 2009. Enfin, un sondage conduit en 2012 par un constructeur révèle que 32% des adultes envisagent de partager leur logement, à un moment de leur vie, avec un parent. Un gros constructeur américain, Maracay Homes, a dépensé 4 millions de dollars pour enquêter et attester les tendances démographiques ci-dessus. Il en a conclu que ses architectes devaient désormais prendre en compte le fait que plusieurs générations vivaient désormais, ou allaient vivre, sous le même toit pour faire des économies « C’est la nouvelle normalité. C’est ainsi qu’on vit en période post-récession. »

       Encore faut-il pouvoir se les payer, ces nouvelles maisons élastiques conçues pour assurer le confort de papy, mamie, fifils ou fifilles flanqués de leurs propres rejetons ! (...)

       Les journaux télévisés ne sont pas avares de reportages plus attendris les uns que les autres montrant des familles ainsi élargies vivant les uns sur les autres, se rendant service après un licenciement, une expulsion consécutive à un défaut de remboursement, ou parce que la maison de retraite est inabordable.

       Les gens s’entassent dans des maisons parfois riquiquis, voire dans des caravanes. Certainement ceux-là adoreraient emménager dans une NextGen ou son équivalent. S’ils avaient l’argent pour se la payer. Ou payer n’importe quel autre logement plus grand. (...)


    @@@

    "Miroir, gentil miroir, sans me voir,
    dis-moi quelle est la plus belle?"



    Vintage French tinted postcard
    Regina Badet

    (Cette fausse Brune était une vraie Blonde)

    @@@

    Luc Desle (avec Jacou Damboise le mauvais z'esprit)

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  • µµµ
    Pensées pour nous-mêmes:

    (OUVRE TES MAINS POUR DONNER
    NON POUR PRENDRE)

    µµµ

    "Bon... Maintenant, va falloir éviter d'être 
    encore plus ridicule..."



    µµµ

    "Puisqu'ils m'ont voulu, qu'ils en payent les conséquences,
    non mais!"


    États-Unis, les nouvelles stratégies 
    des anti-avortements
     Christelle Gérand

       (...) Aux États-Unis, depuis l’arrêt Roe v. Wade de 1973, l’avortement est un droit constitutionnel. Mais il en faut davantage pour décourager les pro-life, qui réussissent à faire reculer ce droit dans de nombreuses villes, voire d’États. (...) 

       (...)  A défaut de pouvoir faire interdire l’avortement, les militants pro-vie redoublent d’efforts pour mettre fin aux IVG tardifs. Roe v. Wade autorise en effet les États à les limiter et même les interdire. 12 États proscrivent la procédure après 20 semaines, estimant que le fœtus peut ressentir la douleur à ce stade de son développement. Mais même dans les autres États, les avortements tardifs sont menacés, en particulier ceux dans lesquels il ne reste qu’une clinique. Par souci d’efficacité, les militants pro-vie concentrent leurs efforts sur les villes qui les autorisent.

       Ainsi, si l’État du Nouveau Mexique, contrôlé par les Démocrates, a refusé de limiter le droit des femmes à avorter, la clinique de la capitale Albuquerque est en péril. Les pro-vie ont réuni 27 000 signatures - bien plus que les 12 091 nécessaires - pour obliger la mairie à organiser un référendum. Le 19 novembre, les électeurs devront décider du sort des avortements après 20 semaines, sans exception en cas de viol ou inceste. D’après les sondages, l’interdiction devrait passer.

       Bud et Tara Shaver, qui ont déménagé à Albuquerque pour pouvoir y militer à plein temps après une « formation » dispensée par l’organisme Operation Rescue, jubilent d’avance. Il ne reste aujourd’hui que trois cliniques pratiquant des avortements au troisième trimestre aux États-Unis. Et peut-être bientôt seulement deux.

       (...) En Virginie, les pro-vie se sont attaqués à la clinique qui pratiquait le plus d’IVG. Ils se sont relayés 18 mois durant pour prier chaque jour devant la clinique de Fairfax. Le propriétaire a fini par demander à la clinique de déménager de la zone résidentielle dans laquelle elle se trouvait, du fait des perturbations occasionnées. Mais lorsque la clinique a demandé un permis pour ouvrir dans un autre bâtiment, la mairie a sorti de son chapeau une nouvelle ordonnance réclamant davantage de places de parkings. En juillet, elle a reclassifié les cliniques en « installations médicales » nécessitant un permis spécial de 4 800 dollars. (...)

      (...) États et municipalité ne cessent d’augmenter - sans raison autre que de porter un coup économique aux cliniques - les critères d’hygiène et de sécurité. Depuis 2012 par exemple, les cliniques du Mississippi doivent être sponsorisées par un hôpital local. Les hôpitaux évitent les pressions des pro-vie en ne délivrant pas les précieux permis. C’est également le seul État à exiger que les praticiens d’IVG soient des obstétriciens-gynécologues.

       En Pennsylvanie et en Virginie, l’État exige dorénavant que les cliniques répondent aux exigences des blocs opératoires. Installer des lavabos à robinet mains-libres, remplacer le système de chauffage et de climatisation entre autres a coûté 400 000 dollars à la clinique de Pennsylvanie du Sud-Est.

       La tactique locale est efficace : depuis 2010, plus de 50 cliniques ont dû fermer leurs portes. (Et vogue la galère de la c...) (...)


    µµµ

    (Les prémices du terrible tremblement de terre
    furent ignorés par les spécialistes)


    (Source: 6deuce)
    µµµ
    Luc Desle (et Jacou Damboise)

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  • $$$
    Pensées pour nous-mêmes:

    (BOIS LE LAIT DE LA JEUNESSE ÉTERNELLE)

    $$$

    (Capitalism against Capitalism)



    $$$

    (Bonne façon de saluer les Etats-Unis,
    sauveurs de la planète)




    L’influence étasunienne
     en Amérique latine en chute libre
    Mauricio SAVARESE

       (...) L’Amérique aux Étasuniens – c’est la pierre angulaire de la politique étrangère des États-Unis. Cette doctrine, introduite il y a 190 ans par le président James Monroe, signifie ceci : les étrangers restent en dehors de l’arrière-cour des États-Unis. Pendant des décennies, elle [la politique étrangère américaine] a également eu de bons rapports avec les élites de l’Amérique latine. Ils ont même promu dictateurs des généraux qui aiment suffisamment Washington. Eh bien, ces jours sont désormais révolus.

       Contrairement aux Européens, qui ne sont que clins d’œil et sourires complices pour les États-Unis dans le scandale de surveillance de masse, l’Amérique latine est en colère. Dans un mouvement radical, la présidente brésilienne Dilma Rousseff, une modérée, a décidé d’annuler une visite officielle à Washington. Les gens de gauche de la région sont maintenant plus agressifs et ceux de droite ont été contraints de prendre la parole. Des experts américains peuvent insister sur le fait que l’attention est focalisée sur la Syrie, mais la révolte est en train de monter dans l’arrière-cour. Les scandales de la National Security Agency (NSA) ont fait qu’il n’était plus possible pour les dirigeants de la région de garder le silence sans passer pour des faibles.

       Le camouflet du Brésil a les plus grandes implications. La décision a été prise après que Mme Rousseff a découvert que ses communications personnelles avaient été espionnées. Chaque dirigeant sud-américain a appelé à la soutenir, y compris Juan Manuel Santos en Colombie, le seul proche allié de Barack Obama qui reste dans la région. Elle a promis d’attaquer la surveillance de masse aux Nations Unies. Boeing est désormais susceptible de perdre un contrat de 4 milliards de dollars sur des avions de chasse.

       Sans le Brésil qui servait de tampon, la gauche latino-américaine s’est enhardie. Evo Morales de la Bolivie a dit qu’il allait poursuivre Obama devant les tribunaux internationaux pour violation des droits de l’homme après que Nicolas Maduro du Venezuela a été empêché pendant quelques heures de survoler Puerto Rico. Ces deux dirigeants et Rafael Correa de l’Équateur vont probablement pousser d’avantage pour faire venir Edward Snowden en Amérique du Sud. Après le décès de Hugo Chavez, ils avaient besoin d’un programme commun pour améliorer leur tactique.

       Les révélations sur la NSA ont également eu pour effet que Cristina Kirchner de l’Argentine tende la main au Brésil pour améliorer sa défense cybernétique. Les pays de la région sont désormais attentifs à ce projet afin de développer leurs propres systèmes de messagerie : spécialement conçu pour ceux qui ne veulent pas de comptes Google et Yahoo qui permettent l’espionnage par les services de renseignement étasuniens. Ce sont des représailles ouvertes, mais beaucoup plus de choses pourraient arriver derrière les portes closes. La présence américaine est toujours importante, mais maintenant que l’étoile de la Chine monte rapidement en tant que partenaire commercial de l’Amérique latine, la pression est sur les États-Unis.

       L’influence de Washington est si faible à l’heure actuelle que même le président conservateur Enrique Peña Nieto du Mexique a été contraint de s’exprimer et d’exiger une enquête. La pression politique ne lui donne pas d’autre alternative que de condamner la NSA pour avoir volé des données sur ses choix ministériels. Sebastián Piñera du Chili a également dû entrer dans la bataille. Ces dirigeants ne sont pas surpris par la surveillance elle-même, mais la portée de celle-ci était tout simplement trop grosse.

       Les temps sont irrémédiablement en train de changer. L’Amérique pourrait être en voie d’appartenir à tous les Américains, et cela inclut aussi les Latino-Américains.

    Mauricio Savarese est journaliste depuis 2003. Blogueur sur les affaires brésiliennes, il contribue à RT en anglais et en espagnol. Il a été reporter à l’agence Reuters, UOL et Yahoo.

    Traduction : Avic


    $$$

    "Et si on était tous frères et...
    AIE!"



    $$$
    Luc Desle

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  • ¤¤¤
    Pensées pour nous-mêmes:

    (LA MEILLEURE ARME
    EST TON INTELLIGENCE)

    ¤¤¤

    "Me  MANGER?!
    Qu'ess qu'y dit, l'type, là?
    J'croyais qu'il m'invitait
    à danser la rumba..."



    ¤¤¤

    "Le contrôle des armes, je m'assoie dessus)


    Punisher - Frank Castle(The Punisher) 
    Wallpaper 

    Le contrôle des armes 
    n'est plus à l'ordre du jour
     DANA MILBANK

       (...) Le 16 septembre, alors qu'un massacre venait d'être commis dans un bâtiment de la Marine américaine à Washington, le président Obama n'a même pas essayé d'utiliser l'actualité pour relancer le débat sur le contrôle des armes à feu. Il a rendu hommage aux "patriotes" visés par le tireur, adressé les pensées et prières d'usage et, sans lancer d'appel à une limitation des armes à feu, est passé aux autres questions du jour : Syrie, reprise économique et bataille budgétaire avec les Républicains.

       En agissant ainsi, il reconnaissait tacitement qu'il n'y a aucun espoir de relancer ne serait-ce que son modeste projet [d'interdiction des fusils d'assaut] qui avait été rejeté par le Sénat en avril. Si la mort de vingt écoliers n'a pas réussi à émouvoir le Congrès, celle d'une douzaine d'adultes – un événement malheureusement courant dans ce pays devenu insensible à la violence – n'avait guère de chances de changer les choses. (...)

       (...) Obama est toujours favorable au contrôle des armes à feu, comme il l'a rappelé mardi dans une interview à la chaîne Telemundo. Mais, pour ce qui est de l'avenir prévisible, le problème est réglé : le contrôle des armes à feu est mort et enterré.

       Quelques jours avant la tuerie de Washington, les électeurs du Colorado ont révoqué deux sénateurs qui avaient soutenu des lois [en vigueur depuis le 1er juillet dernier] imposant un contrôle des antécédents judiciaires pour les ventes d'armes entre particuliers et limitant la capacité des chargeurs. Cette initiative a douché les espoirs d'un progrès dans le contrôle des armes à feu, si ce n'est à Washington, du moins au sein des Etats.

       Fervents partisans du contrôle, les sénateurs démocrates Dianne Feinstein et Dick Durbin ont prononcé leur habituel plaidoyer en faveur de la loi, mais ils l'ont fait sans conviction. "Dieu nous garde de passer à autre chose sans comprendre ce qui s'est produit hier", a déclaré Dick Durbin au Sénat. Il est ensuite passé à autre chose, en levant les yeux vers la galerie réservée au public et en reprenant le débat avec les Républicains sur la réforme du système de santé lancée par Obama. (...) 

       (...) La fusillade de Washington n'a suscité, au mieux, qu'une pause respectueuse. Le secrétaire au Trésor, Jack Lew, a adressé ses "pensées et prières" ainsi que ses "sincères condoléances", avant d'embrayer sur la situation économique. John Thune, sénateur républicain du Dakota du Sud, a déclaré à juste titre au Sénat : "Les affaires continuent, dans le pays comme au Sénat, mais, pour les familles des victimes de la tragédie d'hier, la vie s'est arrêtée. Et je pense qu'il est important pour nous tous de marquer une pause pour nous associer à leur deuil." Dix-neuf secondes plus tard, le sénateur reprenait sa critique du bilan économique d'Obama.

       Le 17 septembre, à la Maison-Blanche, Julie Pace, de [l'agence de presse américaine] Associated Press, a souligné la réaction en demi-teinte d'Obama à la tuerie et a demandé si "une sorte d'indifférence n'avait pas gagné l'opinion publique en raison de la fréquence de ces fusillades". Un autre journaliste a demandé s'il n'y avait pas "une lassitude et l'acceptation que [ces massacres] sont devenus chose normale". Jay Carney, le porte-parole de la Maison-Blanche, a répondu que le président "n'accept[ait] pas que ce soit devenu normal".

       Peut-être. Mais la perte d'espoir dans le contrôle des armes est en train de devenir une anomalie durable. (...)


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    "Vous refaire le nez? Bien entendu, Médème...
    Et les oreilles aussi..., les yeux... et puis
    les seins également, of course..."


    Girodet: Amazone (via : femme femme femme)

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    Luc Desle

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