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    Pensées pour nous-mêmes:

    (DANS UNE POUSSIÈRE D’ÉTOILES,
    N'Y EN A-T-IL QUE DES FRAGMENTS?)

    +++

    (Cette femme battait la Terre qui ne lui donnait
    pas assez de fruits juteux)


    Sake & Strange Divine (by 酷子)

    +++

    (Même les seniors, chez les Super-Héros,
    acceptaient de défendre la vieille Europe)


    "Yeah... Kof, kof, kof"


    Le marteau d’un milliard de dollars d’Obama 
    (the vineyard of the Saker)

    The Saker
    Traduction : Dominique Muselet

       (...) Vous le savez probablement déjà : Obama a promis un milliard de dollars pour garantir ce que ma BBC "adorée" appelle "la sécurité européenne". Le nom officiel de cette initiative est "Initiative de réassurance européenne".

       Voyez-vous, Obama et la BBC pensent que les Européens sont terrifiés parce qu’ils croient que les tanks russes vont envahir Varsovie, Athènes, Rome ou Lisbonne d’un instant à l’autre. Heureusement l’oncle Sam est là pour leur assurer qu’il empêchera cela, la preuve ce milliard de dollars qui va sans nul doute faire réfléchir l’ours russe. 

       A-t-on jamais entendu quelque chose de plus ridicule? Alors que se passe-t-il vraiment?  Il y a une merveilleuse expression étasunienne qui dit que "quand un homme tient un marteau il voit des clous partout". Eh bien, pour Obama l’UE et l’Ukraine sont sûrement des clous parce que le seul instrument que les Etats-Unis utilisent depuis des décennies dans leur politique étrangère, c’est un "marteau" composé de dollars et d’armes. Mais revenons un peu en arrière.

       Pour moi la politique étrangère des Etats-Unis en Europe est un échec total. Non seulement le coup d’état orchestré par les Etats-Unis en Ukraine a tourné au désastre, mais les dernières élections en Europe prouvent clairement que les Européens deviennent de plus en plus anti-UE et anti-Etats-Unis. En fait comme l’UE n’est jamais que l’instrument de la domination coloniale des Etats-Unis sur l’Europe, être anti-UE c’est être anti-EU. Bernard-Henri Levi, le clown hyper-sioniste qui se prend pour un "philosophe" et qui est le chouchou des élites européennes, a dit une fois que "l’anti-américanisme est une métaphore pour l’anti-sémitisme". 

       Pour le paraphraser, je dirais que "l’anti-Européanisme est une métaphore pour l’anti-Américanisme" (du moins si par "Europe" on désigne le monstre trans-national connu sous le nom de UE et non "l’Europe des nations" que de Gaulle, un vrai patriote de France et d’Europe, souhaitait). Et les types de Washington le savent bien, ils ne sont pas idiots. L’ennui pour eux c’est que le temps presse parce que la situation empire de jour en jour pour ne pas dire d’heure en heure. La France, en particulier, peut exploser à tout moment.

       Mais le vrai problème, ce n’est pas l’Europe ou l’Ukraine, ce sont les EU. Les leaders étasuniens, clairement intoxiqués par l’hubris impérial et l’arrogance des 1%, ont tout simplement oublié la devise de Bismark "La politique est l’art du possible" et c’est pourquoi au lieu de chercher le meilleur compromis possible pour aboutir à la meilleure solution possible, ils s’accrochent désespérément à une solution impossible : une Europe contrôlée par l’UE et un état unique (le Banderastan) à la frontière de la Russie. Cela n’arrivera pas, c’est sûr et certain. En fait, plus les Etats-Unis s’entêtent, moins ils réussissent à imposer leur volonté. Pas besoin de lire Hegel pour comprendre pourquoi – un rapide coup d’oeil sur les récents évènements en Europe montre que le projet de l’Empire de former une zone ATTU – (de l’Atlantique à l’Oural) n’a aucune chance d’aboutir et se soldera par une lamentable débâcle.

       Confrontée à cette perspective la Maison Blanche pratique ce que les Français appellent la "fuite en avant". Les Russes n’ont pas saisi l’hameçon ukrainien ? Très bien – nous allons faire comme s’ils l’avaient fait et rassurer les Européens en déclarant que la "sécurité des alliés européens de l’Amérique est sacrée", avec assez de gravité pour leur faire croire qu’ils sont vraiment menacés. La junte néonazie vient de perpétrer un nouveau massacre dans l’est ? Pas de problème, nous allons féliciter le régime pour sa "mesure" et sa "nature démocratique". Les leaders de l’UE ont une attaque de panique après les dernières élections ? Pas de problème non plus, nous allons leur donner un milliard de dollars de pots de vin pour leur montrer que nous sommes à leurs côtés quoiqu’il arrive et quel que soit celui pour lequel ces maudits Européens votent la prochaine fois.

       Parce que, évidemment ce milliard de dollars ce n’est que cela : un pot de vin que les ploutocrates, le 1% aux EU et en UE, pourront se partager sous prétexte de "rassurer l’Europe". En réalité, " l’Initiative de réassurance européenne" ne sert qu’à rassurer les élites européennes et les Euro-bureaucrates car ils seront les seuls à vraiment en profiter. Et d’où viendra l’argent ? Eh bien quoi, l’oncle Sam peut le créer à partir de rien du tout en tapant sur les touches du bon ordinateur. Et aussi longtemps que l’UE et le reste de la planète colonisée par les EU continueront d’accepter de régler les transactions en dollars, ce seront eux qui en fin de compte paieront pour cette "Initiative de réassurance européenne".

       Vous direz peut-être que c’est une stratégie idiote qui ne fera qu’aggraver les choses. Et vous aurez raison. Mais pas dans le très court terme qui est réellement le seul terme qui ait jamais importé aux capitalistes. En outre, l’argent et les armes sont les deux seuls "instruments politiques" que les élites étasuniennes comprennent, alors pourquoi ne pas jeter un peu d’argent sur le problème et espérer que les armes feront paraître l’Empire plus fort ?

       C’est aussi pathétique qu’immoral. La bonne nouvelle est que l’Empire se saborde tout seul plus vite et mieux qu’aucune force extérieure ne pourrait rêver de le faire. Et on est loin d’avoir vu le pire (imaginez seulement ce que ce serait si Hillary devenait présidente !).

       Quant aux peuples de Novorossia et de Russie – il leur faut garder leur sang froid et ne pas oublier que tout cet air chaud qui souffle de l’ouest n’est que de l’air chaud – et rien d’autre. Oui, ils ont parfois "l’air" effrayant mais c’et juste parce que les politiciens étasuniens sont passés maîtres dans l’art du faux-semblant et qu’ils dirigent ce que Chris Hedges a si brillamment nommé "l’Empire des illusions". Peu importe ce qu’ils disent, la réalité sur le terrain dans le monde réel, c’est que Kiev n’a aucune chance de gagner une guerre contre le Donbass exactement comme l’Empire n’a aucune chance contre la Russie. Oui, ils peuvent continuer à faire semblant mais ça ne deviendra pas vrai pour autant.

       Il ne faut jamais oublier que ni l’argent ni les armes ne gagnent une guerre. Certes, ce sont des éléments importants mais ils ne sont pas décisifs. Ce qui est décisif c’est la volonté. Les Etasuniens en sont parfaitement conscients. Ceux qui sont bêtes croient en leur propre propagande mais ceux qui sont intelligents savent que la "propagande illusionniste" n’a pas pour but de faire arriver les choses pour de vrai mais de démoraliser l’adversaire et de briser son pouvoir de résistance. Le danger c’est que dès que votre adversaire comprend cela, il comprend aussi que vous aboyez plus que vous ne mordez. C’est ce qui est arrivé avec le Hezbollah.

       Pendant des années, la propagande anglo-sioniste a présenté l’armée israélienne comme une armée de soldats d’élite quasi invincibles (ce qu’ils n’ont jamais été , tous ceux qui se sont entraînés avec eux le savent bien). Et ce mythe de l’invincibilité israélienne a littéralement paralysé le Moyen-Orient tout entier jusqu’à ce que le Hezbollah les défie. Comme l’a dit Robert Fisk en 2006, "Autrefois les Libanais avaient l’habitude de sauter dans leurs voitures et de prendre la direction du nord aussitôt qu’on annonçait une attaque israélienne, mais maintenant ils sautent dans leurs voitures et roulent vers le sud". Ce "changement" d’esprit des Libanais est ce qui a causé la défaite de l’armée israélienne en 2006 et non une quelconque arme extraordinaire qu’aurait détenu le Hezbollah.

       Qu’est-ce que tout cela signifie pour Novorossia ? Cela signifie que le peuple de Novorossia doit croire en lui-même et cesser d’attendre que les Russes interviennent, ce qui n’arrivera pas, du moins pas pour le moment. Qu’Obama agite son marteau d’un milliard de dollars jusqu’à épuisement mais que cela ne vous détourne pas d’une victoire qui est tout à fait à votre portée. Oui les massacres d’Odessa, Marioupol, Slaviansk, Kramatorsk, Donetsk et maintenant Lugansk sont d’atroces ignominies qu’on ne pourra jamais oublier ni pardonner mais les horreurs de la seconde guerre mondiale étaient encore bien pires et pourtant les Russes ont quand même gagné la guerre.

       Les mensonges et la terreur ont exactement le même objectif : briser la volonté de la cible et on peut s’attendre à encore plus de mensonges et de terreur de la part des neo-Nazis de Kiev et de la part de l’Empire. Mais si on se souvient de l’exemple du Hezbollah au Liban et si on garde à l’esprit que le temps est avec nous, nous vaincrons tôt ou tard.


    +++

    (L'amour entre cette femme et son violon
    était scandaleux)



    +++
    Benoît Barvin

    votre commentaire
  • ¤¤¤
    Pensées pour nous-mêmes:

    (N'ATTENDS RIEN DE PARTICULIER
    DE TA MAIN GAUCHE)

    ¤¤¤

    (Devenu invisible, le Chat botté
    faisait des trucs un rien bizarres)



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    (Bugs Bunny après avoir
    mangé dans une célèbre chaîne
    de restauration rapide)



    Les nutritionnistes
    complices de l’agro-industrie

    KIERA BUTLER
    MOTHER JONES

       (...) Dans une salle de conférences d’un grand hôtel de Pomona, en Californie, deux femmes examinent d’un air sceptique leur déjeuner, fourni par McDonald’s. Pour l'une, une salade composée de laitue, de bacon, de poulet, de fromage, accompagnée d’une sauce ranch ; pour l'autre, deux cookies aux pépites de chocolat et un yaourt à la gelée de fruits.

       Quand je leur demande si cela leur plaît, elles font la grimace et me répondent qu’elles ne vont “jamais” chez McDo. Pourquoi, alors, déroger à cette règle ? En fait, elles n’ont pas vraiment le choix. Ces diététiciennes participent à la conférence annuelle de la California Dietetic Association [CDA, association des diététiciens de Californie]. Elles espèrent obtenir des crédits de formation continue afin de conserver leur certification. Et McDonald’s, principal sponsor de la conférence, est également l'unique restaurateur présent. “Il est bon de savoir que certains de leurs plats sont plus sains qu’avant, j’imagine”, concède la femme qui a choisi la salade.

       En me promenant dans la salle, je constate que McDo n’est pas la seule entreprise à proposer des produits gratuits. Hershey's distribue sur son stand des briquettes de lait aromatisé au chocolat ou à la fraise. Butter Buds offre des sachets de granulés de substitut du beurre. Le California Beef Council [conseil californien de la viande de bœuf] me donne une brochure qui explique comment perdre du poids en mangeant du steak. Amy’s Natural propose des brownies prêts à cuire au micro-ondes.  (...)

       (...) Et ce n’est pas tout. Les séminaires sont eux aussi sponsorisés par des industriels de l’agroalimentaire. Dans une présentation, le Conseil du blé explique que l’intolérance au gluten n’est qu’une mode et non un véritable problème médical. Dans un débat parrainé par l’International Food Information Council [Conseil international d’information sur l’alimentation], qui compte parmi ses sponsors Coca-Cola, Hershey's, Yum!, Kraft et McDonald’s, les intervenants assurent que les aliments génétiquement modifiés sont sans danger pour la santé et l’environnement. Au cours de la conférence intitulée “Proposer des aliments bon marché et plus sains”, les porte-parole de Walmart chantent les louanges de… Walmart.

       L’après-midi, j’assiste au séminaire “Edulcorants à l’école : un sujet controversé. Faire prévaloir la science”. Sponsorisé par la Corn Refiners Association (CRA), dont les membres produisent et vendent du sirop de maïs à haute teneur en fructose (ou isoglucose), ce débat réunit trois représentants de cette association. Ils regrettent que certaines écoles aient retiré le lait chocolaté des menus à la cantine, et une intervenante déplore que des écoles aient interdit les en-cas sucrés lors des fêtes de la Saint-Valentin organisées dans les classes, alors que cela fournit pourtant une “bonne occasion d’apprendre la modération aux enfants”. L'animateur acquiesce avant d’ajouter : “Tous les sucres contiennent la même quantité de calories. On ne peut donc pas prétendre qu’un seul ingrédient est à l’origine de la crise de l’obésité.” Cette opinion est présentée comme un fait, alors que des preuves scientifiques démontrent que l’isoglucose provoque une prise de poids plus importante que les autres sucres. (...)

       (...) Plus tard, je demande à Pat Smith, porte-parole du symposium, si elle juge équitable d’organiser des débats sans contradicteurs. D’après elle, les sponsors n’influencent aucunement le contenu du programme. “Nous préférons penser que nos diététiciens savent raisonner, explique-t-elle. Ils doivent tirer leurs propres conclusions de ce qu’ils ont entendu ici, puis les appliquer à leur clientèle.” 

       Je lui fais remarquer qu’il est tout de même difficile de prendre une décision éclairée lorsqu’un seul point de vue est présenté. Elle ignorait, dit-elle, que le panel serait exclusivement composé de membres de la CRA. Elle me confirme par ailleurs que la CRA a payé pour l’organisation de ce débat, sans toutefois me dire combien. (Elle avait précédemment refusé de m’accréditer pour cette conférence, sous prétexte que la CDA disposait d’une équipe de journalistes chargée de couvrir l’événement.)

       L’organisation à laquelle est affiliée la CDA, l’Academy of Nutrition and Dietetics [académie de nutrition et de diététique, AND], compte 75 000 membres. C’est la plus importante association professionnelle du secteur dans le monde. Elle certifie des programmes d’études supérieures de premier et deuxième cycle dans le domaine des sciences nutritionnelles et accorde un diplôme de diététicien aux candidats qui réussissent son examen. A Washington, sa branche chargée du lobbying est très active sur les questions liées à l’obésité des enfants, l’assurance maladie Medicare [destinée aux plus de 65 ans] et la politique agricole.

       L’AND entretient par ailleurs des liens étroits avec l’industrie agroalimentaire. Michele Simon, avocate spécialiste de la santé publique qui tient un blog sur les politiques alimentaires, a mené une enquête en 2013 sur les pratiques de l’AND en matière de sponsorisation. Elle a découvert que le soutien financier des entreprises avait fortement augmenté ces dix dernières années. En 2001, l’AND ne comptait que 10 sponsors. En 2011, elle en avait 38, dont Coca-Cola, PepsiCo, Nestlé, Mars et la National Cattlemen’s Beef Association [association nationale des éleveurs bovins]. Les contributions de ces entreprises sont la principale source de revenus de l’organisation. (...)

       (...) Michele Simon a également appris qu’en 2012 Nestlé avait payé 47 200 dollars [34 500 euros] pour avoir un stand de 200 mètres carrés dans le hall d’exposition de la conférence de l’AND, tandis que PepsiCo avait déboursé 38 000 dollars [27 800 euros] pour une surface de 150 mètres carrés. Dans ses exposés de position, l’organisation précise que les sponsors n’influencent pas ses prises de position sur les sujets controversés. Néanmoins, l’AND prend souvent le parti de l’industrie agroalimentaire. Par exemple, lorsque la ville de New York a envisagé d’interdire la vente de sodas de plus de 47 centilitres, l’Académie de nutrition s’y est opposée.

       La plupart des diététiciens avec qui j’ai discuté lors du symposium m’ont avoué qu’ils n’avaient pas réalisé que les débats étaient sponsorisés par des entreprises. “J’espère qu’on nous présente vraiment des faits scientifiques”, commente un étudiant en master.

       A la fin de la journée, une diététicienne à la retraite m'a raconté qu’elle assistait à cette conférence annuelle depuis trente ans et qu’elle désapprouvait la présence des professionnels de la malbouffe. “La CDA a sans doute besoin de leur argent, mais c’est pathétique”, a-t-elle poursuivi en levant les yeux au ciel. Elle trouvait particulièrement lamentable d’avoir confié la restauration à McDonald’s. “On attend d’un diététicien qu’il ait des principes, mais ici, j’ai l’impression que nous sommes passés à l’ennemi.”


    ¤¤¤

    (La femme à barbe, qui se voilait,
    constituait un spectacle des plus étrange)



    ¤¤¤
    Luc Desle

    votre commentaire
  • ¤¤¤
    Pensées pour nous-mêmes:

    (TENDS LA MAIN POUR DONNER,
    PAS TOUJOURS POUR RECEVOIR)

    ¤¤¤
    "Père, Père,
    dites-moi lequel choisir!"


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    (Stock de pilules pour maintenir en dépendance 
    les citoyens de ce grand pays démocratique)


    « Les États-Unis,
    la plus grande oligarchie du monde »

    AC - Solidarité Internationale PCF

       (...) Prompts à railler les « oligarques » russes, la « dictature » chinoise, nos médias occidentaux ne tarissent pas de poncifs tout faits pour la « première démocratie du monde » américaine. Une idée reçue balayée par une étude réalisée au sein de la vénérable université de Princeton révélant la réalité de l’oligarchie américaine.

       Qui gouverne aux Etats-unis ? Quel type de régime connaît la première puissance mondiale ? Le discours de la Guerre froide nous imprègne tellement qu’il nous est difficile de ne pas répondre : une démocratie.

       Le sens des mots étant dévoyé, il convient de rappeler qu’une démocratie est un régime où – si on reprend la définition classique du président américain Lincoln – il y a «gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple»Le contraire de démocratie n’est donc pas dictature (idéologie de Guerre froide oblige) mais bien oligarchie. Il peut donc très bien y avoir des « dictatures du peuple » et des « oligarchies constitutionnelles ».

       La question prend une nouvelle tournure avec l’étude réalisée par un universitaire de Princeton Martin Gilens, assisté d’un autre professeur de Northwestern university Benjamin Page : « Testing theories of American politics : elites, interest groups and average citizens ». Pour simplifier, ce travail vise à répondre à la question qui divise la science politique américaine depuis un demi-siècle :

       Thèse 1 – les Etats-unis sont une démocratie caractérisée par le pluralisme, où les intérêts privés concordent avec l’intérêt général, le gouvernement de la majorité avec le respect des minorités – thèse dite de la « démocratie électorale majoritaire » ou du « pluralisme majoritaire ».

       Thèse 2 – Les Etats-unis sont une oligarchie caractérisée par un « pluralisme biaisé » où certains groupes d’intérêts, les élites économiques, ont le pouvoir d’influencer la politique américaine dans le sens de leurs intérêts particuliers, au détriment de l’opinion de la majorité.

       Si la première thèse a été majoritaire pendant toute la Guerre froide, synthétisée par Robert Dahl, la seconde résumée par C.Wright Mills pointant la « Power elite » américaine, reprise récemment par Michael Parenti dans sa « Democracy for the few » se révèle de plus en plus pertinente au vu de l’évolution de la politique américaine depuis trois décennies.

       La méthode du professeur Gilens consiste concrètement à étudier 1 779 cas entre 1981 et 2002 où il est possible à la fois d’obtenir des sondages sur l’avis de la majorité des Américains, de l’élite économique et des groupes d’intérêts les puissants (avant tout économiques), et de mesurer combien l’adoption d’une loi sur ce sujet, ou son blocage, reflète les intérêts de tel ou tel groupe social.

       Ces projets de loi, changements de politique ont avant tout trait aux questions économiques et sociales – principalement autour de nouveaux impôts, d’exonérations fiscales, ou de réformes des systèmes sociaux – mais aussi sociétales – port d’armes, peine de mort, avortement. (...) 

       (...) Tout d’abord, l’étude part de l’étude des motivations des trois acteurs étudiés (la majorité des Américains, l’élite économique, les groupes d’intérêts) et constate que les motivations des « groupes d’intérêts », avant tout liés au patronat américain, à l’élite économique, sont souvent opposées à celles de la majorité de la population américaine. (...)

       (...) Laissons parler les chercheurs : « l’impact estimé des préférences de l’Américain moyen tombe à un niveau insignifiant, proche de zéro. Ce n’est pas que les citoyens ordinaires n’ont pas seuls un pouvoir important sur les décisions politiques, ils n’ont en fait aucune influence du tout.

       En revanche, les élites économiques ont un impact important, significatif, indépendant sur les politiques menées. De la même façon, les groupes d’intérêt organisés se révèlent avoir une influence substantielle sur les politiques poursuivies ». Cette affirmation, les chercheurs américains le justifient par un calcul simple : si on neutralise les motivations de l’élite économique, l’impact de l’opinion populaire sur l’adoption d’un changement de politique est nul.

       Que les citoyens approuvent massivement un projet de loi (à 90 %), ou qu’ils le rejettent tout aussi massivement (10 % d’adhésion), la probabilité que ce projet devienne une loi est de l’ordre de 30 %.

       Dans l’autre sens, si les élites économiques sont massivement opposées (10 % d’adhésion) à un changement de politique (ex : de nouveaux impôts pénalisant les riches), celui-ci n’a que très peu de chances – pas plus de 5 % – d’être adopté.

       Si les élites économiques apportent un soutien massif à un projet (plus de 90 %), comme par exemple ceux portant sur des exonérations fiscales, la probabilité que ce changement politique soit acté dépasse les 50 %. (...) 

       Les chercheurs nuancent l’idée : « cela ne signifie pas que le citoyen moyen perd systématiquement dans ce système ». Et ils donnent deux exemples, illustrant bien le biais en faveur des plus riches :

    1 – « quand les préférences des citoyens moyens sont conformes à celles des élites économiques, alors les citoyens moyens obtiennent ce qu’ils veulent, même si ils ne sont pas à l’origine de la victoire ».

       Quand la bourgeoisie américaine est arrivée à imposer ses préoccupations à la majorité de la population (ex : la propagande sur les baisses d’impôt, sur les fraudeurs à la Sécurité sociale), le peuple peut gagner une victoire. Prime à l’idéologie ultra-libérale !

       ... Même si les chercheurs rappellent que « les questions sur lesquelles élites économiques et citoyens ordinaires sont en désaccord restent importantes : restrictions commerciales, politiques fiscales, réglementation sur les entreprises, avortement, religion – et les pertes politiques enregistrées par les citoyens sont loin d’être anodines ». Pour le moins !

       2 – les chercheurs notent que le système politique américain basé sur le fédéralisme, la séparation des pouvoirs, le bi-caméralisme « introduit un certain biais au statu-quo ».

       « Quand des majorités politiques sont en faveur du statu quo, s’opposent à un changement de politique, elles peuvent arriver à leurs fins. Mais quand ces mêmes majorités – même très largement – veulent le changement, elles risquent de ne pas l’obtenir ».

       Ainsi, quand une majorité de la population veut un changement de politique concret, elle n’obtient gain de cause que 30 % des cas. Même quand il s’agit d’une majorité écrasante (plus de 80 % d’adhésion), le taux d’adoption d’un projet de loi ne dépasse pas 43 %. Prime au conservatisme ! (...) 

       Les chercheurs sont eux-mêmes lucides sur les limites de leur enquête. En premier lieu, leur définition d’un côté peut-être trop extensive de la définition d’ « élites économiques » : 10 % les plus riches en termes de revenus un chiffre qui pourrait être réduit à 1 %, ou au 1 % des détenteurs de patrimoine.

       Deuxièmement, la définition peut-être trop restrictive des « groupes d’intérêt » réduite ici à une trentaine de groupes de pression, là où des centaines influencent la vie politique américaine, locale ou nationale.

       Paradoxalement, cette auto-critique irait plutôt dans le sens, dans cette enquête, d’une minimisation du pouvoir des plus riches, de l’élite économique sur les décisions politiques. Une analyse plus fine révélerait sans doute des corrélations plus directes entre certains acteurs et les décisions prises. Ce qui est certain pour les responsables de l’enquête, c’est que la majorité de la population n’a et n’aurait de toute façon aucune influence sur le processus politique.

       C’est la conclusion à laquelle arrivent les chercheurs sur l’avenir de la démocratie en Amérique : « d’une part, ce que nos chiffres révèlent, c’est que la majorité ne gouverne pas aux Etats-unis. Quand une majorité de citoyens est en désaccord avec les élites économiques, elle perd ».

       Selon les auteurs, en guise de conclusion : « nous pensons que si le processus de décision politique est dominé par de puissantes organisations patronales et un petit nombre d’Américains très riches, alors les prétentions de l’Amérique à être une société démocratique sont sérieusement menacées ».

       On se souvient des mots de Lénine, dans l’Etat et la Révolution : « La société capitaliste nous offre une démocratie plus ou moins complète. Mais cette démocratie est toujours confinée dans le cadre étroit de l’exploitation capitaliste et, de ce fait, elle reste toujours, quant au fond, une démocratie pour la minorité, uniquement pour les classes possédantes, uniquement pour les riches ».

        On pourrait citer également l’avertissement de Thomas Jefferson à la fin de sa vie, en 1825, dans une lettre à William Branch Giles : « il y a désormais des parvenus, qui n’ont que mépris pour les valeurs démocratiques de 1776, et qui ont acquis un pouvoir formidable : ils visent désormais à être une aristocratie, basée sur le pouvoir des institutions bancaires et des grandes entreprises, se drapant derrière leurs succès dans l’industrie et le commerce pour mieux dominer le travailleur spolié et le paysan paupérisé ».

       Au vu de la situation de la démocratie en Amérique, combien les analyses de Lénine et les inquiétudes de Jefferson sont vérifiées aujourd’hui : dernière le vernis démocratique, la même domination étriquée et plus puissantes des plus riches, d’une infime minorité !

    Voir le document d’origine sur le site de l’Université de Princeton :



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    (Cette jeune femme regrettait le temps où les
    rencontres amoureuses ne tombaient pas
    sous le joug du safe sex)



    ¤¤¤
    Benoît Barvin

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  • °°°
    Pensées pour nous-mêmes:

    (LE BONHEUR EST UNE 
    MALADIE DÉLICIEUSEMENT
    CONTAGIEUSE)

    °°°
    "Vous auriez pas un masque et un tuba?"


    (Source: southern-valley-man, via retro182)

    °°°


    Dessin de Ammer, d'Autriche

    Obama à l'heure asiatique

    GABRIEL HASSAN
    COURRIER INTERNATIONAL

       (...) Le président américain a entamé le 23 avril une tournée attendue de longue date, qui doit le conduire au Japon, en Corée du Sud, en Malaisie et aux Philippines. Pour Barack Obama, il s'agit d'afficher son soutien aux alliés de Washington dans une région que la Maison-Blanche considère comme prioritaire. Il y a trois ans, la secrétaire d'Etat Hillary Clinton avait mis en avant la stratégie du "pivot vers l'Asie" : après dix ans de guerre au Moyen-Orient, la diplomatie américaine devait se recentrer sur l'Asie orientale, la région la plus importante dans le monde du XXIe siècle.

       A cet effet, le président Obama doit officialiser lundi un accord avec Manille offrant aux Etats-Unis un large accès aux bases philippines, qui sera, selon The New York Times, la principale annonce de la tournée.

       Mais sa venue est accueillie avec un "profond scepticisme" dans la région, rapporte le quotidien de Singapour The Straits Times. Les alliés des Américains s'interrogent sur l'engagement de Washington, d'autant qu'Obama a repoussé sa tournée à plusieurs reprises. "Les deux plus gros doutes concernent la volonté des Etats-Unis d'intervenir militairement en Asie en cas de besoin et la capacité politique du président américain de faire ratifier de potentiels accords de libre-échange", précise le journal. De fait, les tensions n’ont cessé de monter entre la Chine et plusieurs pays de la région, notamment autour des îles en mer de Chine méridionale. (...)

       (...) Ces interrogations sont encore renforcées par la situation en Ukraine, indique le quotidien. La crise ukrainienne "remet en cause l'idée que l'Europe et le Moyen-Orient sont désormais suffisamment stables pour que Washington porte son regard ailleurs". En outre, elle suscite "des interrogations sur la puissance militaire américaine, en particulier dans les pays que les actions provocatrices de la Chine inquiètent." En annonçant des réductions dans le budget du Pentagone au début de l'année, les Etats-Unis "n'ont fait qu'accroître l'inquiétude", poursuit The Straits Times.

       Pour autant, Washington doit éviter de trop montrer les muscles et trouver "le bon équilibre". Le journal résume bien le dilemme auquel fait face le président américain : "Obama voudrait convaincre ses alliés qu'ils peuvent compter sur le soutien des Etats-Unis, sans paraître trop menaçant pour la Chine". 


    °°°
    (Chat mort-vivant sympathique)


    madò *u*

    °°°
    Luc Desle

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  • +++
    Pensées pour nous-mêmes:

    (TON ÂME VOLE-T-ELLE
    SUR LES AILES DU VENT?)

    +++
    "Non, pas question!
    Je ne te ferai pas un nouveau massage
    à l'oeil! N'y compte pas!"


    Othello and Desdemona, Adolphe Weisz

    +++

    "Non, CA SUFFIT!
    Je ne veux plus qu'on dise du mal
    de nos z'amis les z'américains,
    sales ruskofs de Tu Quoque!"

    Echo, Alexandre Cabanel

    La scandaleuse impunité 
    de l’assassinat par drones

    Silvia Arana

       (...) L’utilisation de la violence, que ce soit par les attaques de drones, l’emprisonnement et la torture dans des prisons comme Guantanamo fait, à présent, pourrait-on dire, partie de la culture américaine post 11 septembre 2001. Au nom de la lutte contre le terrorisme, les Etats- Unis attaquent systématiquement avec des drones, au Pakistan, au Yémen et en Somalie ; ils utilisent aussi des drones dans les invasions militaires d’Afghanistan, d’Irak et de Lybie.

       Le Bureau du Journalisme investigateur [1] estime que 98% des victimes d’attaques de drones sont des ’dommages collatéraux’ c’est-à-dire des civils. Bien que le gouvernement des Etats— Unis vante l’efficacité des drones, la réalité est différente. Le niveau de précision des drones est très faible, il fluctue entre 1,5 et 2%.

       Un article du Bureau du Journalisme investigateur, organisation indépendante, du mois de janvier de cette année dit : ’Il y a 5 ans, le 23 Janvier 2009, un drone de la CIA a détruit une maison au Pakistan. C’était le 3e jour de la présidence d’Obama et la première attaque masquée de ce nouveau Commandant en chef. Les premiers rapports affirmaient que 10 militants étaient morts dont des combattants étrangers. Mais très vite d’autres rapports faisaient état de victimes civiles ; plus tard, il fut confirmé que 9 de ces personnes étaient des civils dont la majorité étaient de la même famille. Il y eut un survivant, un adolescent de 14 ans, Fahim Qureshi, avec des blessures terribles dont des morceaux de métal dans l’estomac, une fracture du crane et la perte d’un œil. Peu après, ce même jour, la CIA attaqua une autre maison, ce fut une autre erreur. Dans cette deuxième attaque, entre 5 et 10 personnes sont mortes. C’étaient tous des civils [2].

       Au Pakistan, au Yémen et en Somalie, le gouvernement d’Obama a attaqué 390 fois avec des drones en 5 ans, depuis la première attaque où Fahim Qureshi fut blessé, huit fois plus que le total des opérations lancées pendant le gouvernement de Bush. Les attaques de drones du gouvernement Obama ont tué presque 6 fois plus de personnes que le gouvernement de Bush, et ça continue.

       Autres données relevées par le Bureau du Journalisme Investigateur :

       1- Civils assassinés par des drones : on estime que les attaques de drones au Pakistan, Yémen et Somalie ont causé la mort de 4000 personnes dont 954 étaient des civils, et 225 des enfants.

       2- Qui ordonne les attaques de drones ? : Le directeur de la CIA, John Brennan présente la liste des cibles au Président Obama, qui approuve chacune des attaques de drones.

       3- Israël et les drones : Après les Etats- Unis, Israël occupe la 2e place dans la fabrication et la possession de drones. L’Utilisation de drones contre la Syrie remonte à 1982. Les Israéliens ont aussi attaqué le Liban avec de drones. A Gaza, les attaques israéliennes avec des drones ont tué 29 civils dont 8 enfants. A Beyrouth, un drone a tué 6 civils et en a blessé 16.

       4- Les drones et le droit international : Les Nations Unies ont affirmé que les attaques avec des drones des Etats- Unis au Pakistan sont illégales et représentent une menace pour les droits de l’homme au regard du nombre important de morts et parce que le Gouvernement du Pakistan s’oppose à ces attaques. (...)

       (...) Le gouvernement des Etats- Unis justifie les attaques de drones par son droit à se défendre d’Al Qaeda et des autres groupes djihadistes. Les Nations Unies de même qu’Amnistie International et d’autres organismes internationaux des Droits de l’homme, ont dénoncé l’illégalité des attaques de drones, mettant l’accent sur le pourcentage élevé de morts de civils et la faiblesse légale du droit à l’autodéfense invoqué par les Etats- Unis.

       Comme le souligne Mary Ellen O’Connell, dans l’article ’La loi internationale sur les drones’, selon les lois internationales, le droit à l’autodéfense est conçu comme réponse à une attaque armée, il ne peut justifier une mesure préventive face à la possibilité d’une attaque dans le futur. L’autodéfense n’inclut pas non plus le droit d’initier une action militaire contre une personne ou un groupe, spécialement quand le pays où se trouvent ces personnes n’est pas responsable de leurs actions [3]. 

       C’est exactement le cas du Pakistan. Le gouvernement de ce pays a dénoncé l’illégalité des attaques de drones des Etats- Unis. (Malgré que certains pakistanais, selon plusieurs plaintes enregistrées par Amnesty International, soient complices de la CIA, en fournissant des informations au sujet de supposés djihadistes, mais en termes légaux, seul le gouvernement d’un pays est autorisé à l’utilisation de la force).

       La campagne militaire avec des drones mise en œuvre par la CIA sous le commandement direct du Président des Etats- Unis, est maintenue totalement secrète. Certains législateurs américains ont commencé à exprimer un désaccord face au silence du gouvernement qui se refuse à donner les chiffres des victimes civiles. Adam Schiff, membre du Congrès démocrate de Californie, demanda aux services d’intelligence – lors d’une audience du Comité d’Intelligence du Congrès- qu’un rapport annuel soit publié sur les attaques de drones, indiquant combien de combattants mais surtout combien de non-combattants ont été assassinés lors d’attaques d’avions sans pilotes [4]. 

       Le New York Times s’est abstenu de mettre en question la légalité de ces attaques et garde à ce sujet le silence, comme d’ailleurs toute la presse américaine. Mais il publia la lettre de Ruth Holt, membre du Congrès démocrate du New Jersey, qui demande à la CIA de reprendre son rôle initial, qui était de collecter et analyser l’Intelligence, et de cesser d’être ’une organisation paramilitaire’ qui réalise des attaques masquées avec des drones [5].

       A part quelques rares et honorables exceptions, le silence prime aux Etats- Unis, comme dans les pays alliés, au sujet de l’illégalité et de l’anti constitutionnalité des attaques de drones et de la mort de civils. Le journaliste reconnu Robert Fisk, correspondant de ’The Independent’ au Moyen Orient, remarque qu’il existe un ’syndrome des drones’ qui affecte principalement le Pakistan, le Yémen et la Palestine. Il souligne que le malheur éthique de ce ’syndrome’ n’est pas seulement dans le fait que le président Obama décide qui doit vivre ou mourir mais que la plus grande honte est que la guerre des drones se soit convertie en quelque chose de ’normal, habituel, prosaïque’ [6].

       Il y a une forte opposition aux attaques de drones américaines parmi la population du Pakistan (et des autres pays qui subissent la mort de leurs êtres chers). Pourtant, dans le reste du monde, il n’y a pas une réaction à la hauteur de la gravité de la situation. Si le fait que le Président des Etats Unis décide de la vie et de la mort de citoyens d’autres pays n’est pas considéré comme une enfreinte au Droit international et un délit de lèse- humanité, alors le terrorisme d’état jouit d’impunité au niveau national et international.

    traduction IRISINDA pour le Grand Soir

    Notes :
    [1] Global Drones Watch, Fact Sheets and Flyers http://droneswatch.org/fact-sheets-flyers/


    [3] The International Law of Drones, Mary Ellen O’Connell :http://www.asil.org/insights/volume/14/issue/37/international-law-drones#28

    [4] How Many Non-Combatants are Killed by Drones ? David Firestone -Páginas de Opinión, The New York Times - Febrero 2, 2014 : http://takingnote.blogs.nytimes.com/2014/02/04/how-many-non-combatants-are-killed-by-drones/?_php=true&amp ;_type=blogs&hp&_r=0




    +++

    "Pff... Qu'est-ce qu'on s'em...
    - Ouais, pas la seule queue d'un animal
    humain dans le coin...
    - Ben si... Ce type qui nous zieute depuis
    tout-à-l'heure...
    - Pff... Un poète... Qu'es-ce qu'on peut bien
    faire avec un rimailleur?"


    Sweet idleness, Rupert Charles Wulsten Bunny
    +++
    Luc Desle (avec le concours de Nadine Estrella)

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    Pensées pour nous-mêmes:

    (LA FLEUR DE L'ORANGER
    S’ÉPANOUIT-ELLE EN HIVER?)

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    (Cette Blonde cherchait à pallier au fait
    qu'elle n'était pas une lumière)



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    (Ce faux clown - mais vrai criminel
    en fuite - fut vite démasqué)



    Poissons : 
    fraude à l’étiquette

    KARINE LE LOËT

       (...) L’idée a germé à la lecture d’une étude réalisée aux Etats-Unis. Là-bas, 33 % des poissons échantillonnés ne correspondaient pas à l’espèce affichée. Bigre ! Un coup de fil à l’ONG Oceana – instigatrice de l’enquête américaine – et nous voilà lancés dans une grande opération : trouver l’état de la triche à l’étiquette en France. 

       Première étape : munir une centaine de volontaires de kits de prélèvement et d’instructions strictes. Direction, les poissonneries et les restaurants parisiens. Quelques semaines plus tard, nous avons vent de la même opération, menée par l’association Bloom, le Muséum national d’histoire naturelle et l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale). Nous décidons d’unir nos forces. Au bout du compte : 371 échantillons prélevés (1) – abstraction faite de quelques anomalies écartées par les scientifiques – dans toute la France et à tous les rayons : poissonneries, restaurants, plats cuisinés, surgelés… Bien loin des Etats-Unis, nos estimations montrent que la fraude avoisinerait les 4 %. C’est une bonne nouvelle… mais les arnaques existent bien !(...)

       (...) Les conclusions ? La fraude se concentre sur les produits frais, qu’ils soient vendus en restaurant, en poissonnerie de ville ou de supermarché. Pas de substitution observée dans les plats préparés ou les surgelés. Encore plus éclairant ? Le raisonnement par espèces. Si 6 échantillons de cabillaud sur les 143 prélevés (1) font apparaître de l’églefin ou du lieu noir, c’est surtout le thon rouge qui se retrouve sur la sellette. 

       A une exception près, le poisson étiqueté ainsi dans nos échantillons s’avère être du thon obèse ou de l’albacore ! Le nombre de prélèvements retenus – 5 – est limité, mais tout laisse à penser que des substitutions existent à plus grande échelle. Le taux augmente encore si l’on inclut dans les « fraudes » les cas pour lesquels les serveurs ont précisé : « thon rouge », alors que la carte mentionnait : « thon ». C’est le cas des 16 échantillons collectés dans des restaurants de sushis.

       Restait enfin à comprendre l’origine de ces petits arrangements avec la réalité. Nous avons donc suivi un filet à la trace, depuis le pont du bateau jusqu’au port de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), du marché de Rungis (Val-de-Marne) à l’étal de la poissonnerie. Le voyage fut édifiant. Et les témoignages des vendeurs pris la main dans le sac très clairs : la fraude se passe plutôt en aval de la chaîne. Là où l’ignorance du consommateur autorise la supercherie. (Lire la suite d'articles sur le site)

    (1) Ce chiffre a été modifié par rapport à la version imprimée dans le magazine de mars, à la suite de résultats de dernière minute.


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    (Belle-Mère prenant un peu de repos avant de
    laver son linge sale en famille)




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    Benoît Barvin

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    Pensées pour nous-mêmes:

    (L'AMOUR EST TOUJOURS EN DEVENIR)

    Chaval

       (...) Né dans une famille bourgeoise et conventionnelle de Bordeaux, il fait des études à l’École des beaux-arts de Bordeaux, puis à l'École des beaux-arts de Paris. Un oncle bohème et fantaisiste, peintre et décorateur, toujours habillé en clochard, ami d’Alphonse Mucha, l’initie aux œuvres des humoristes, Mark Twain, Alphonse Allais, Jerome K. Jerome. Il pratique la gravure et c’est à la demande d’un éditeur d’illustrer des livres qu’il s’est installé à Paris. Il exerce ensuite divers métiers, et travaille pour la publicité, illustrant notamment une longue campagne pour les produits en tube, tout en publiant ses dessins d’humour.

       Pendant la Seconde Guerre mondiale, il réalise plusieurs caricatures antisémites pour le journal collaborationniste bordelais Le Progrès. Dans les Entretiens avec Chaval de Pierre Ajame, il dit avoir eu « mentalement un côté collabo , ajoutant : « la chose publique ne m'intéresse pas, je n'ai jamais milité. Je suis toujours resté seul ». C'est seulement dans les années 1950 que Chaval connaît la notoriété. Il dessine alors dans de nombreux journaux à grand tirage où son humour décalé est diversement apprécié. Il obtient en 1953 la Coupe Internationale du Meilleur Dessinateur. Utilisant jeux de mots et calembours, ses dessins sont remplis de dérision.

       Son pseudonyme est choisi en hommage au facteur Cheval, qui fut transformé en Chaval après une erreur de transcription.

       Cinéaste amateur, il réalise lui-même plusieurs courts métrages à partir de ses dessins, notamment Conte médiocre et Les oiseaux sont des cons. Son ami Mario Ruspoli réalisera deux courts métrages sur lui après son décès : Chaval et Le Chavalanthrope.

       Il devient neurasthénique après la mort de sa femme, qui s'est suicidée après qu'il lui a avoué qu'il la trompait régulièrement depuis plusieurs années; il finit par se suicider chez lui le 22 janvier 1968 à Paris, au gaz après avoir calfeutré la porte et affiché cet avis « Attention, Danger d'Explosion ».


    ***
    (De l'utilité des cornettes de Bonnes Soeurs)



    ***
    (Magnat de l'acier américanophile 
    tendant la main au peuple ukrainien)

    La Clinton-Pinchuk Connection (Il Manifesto)

    Manlio DINUCCI
    Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

       (...)  A la table de Kiev où a été négocié l’accord formel entre gouvernement, opposition, UE et Russie ne siégeait officiellement aucun représentant de la puissante oligarchie interne qui, plus liée à Washington et à l’OTAN qu’à Bruxelles et à l’Ue, pousse l’Ukraine vers l’Occident. Emblématique est le cas de Victor Pinchuk, magnat de l’acier, 54 ans, classé par la revue Forbes parmi les hommes les plus riches du monde.

       La fortune de Pinchuk commence quand en 2002 il épouse Olena, fille de Leonid Kuchma, second président de l’Ukraine (1994-2005). En 2004 l’illustre beau-père privatise le plus grand complexe sidérurgique ukrainien, celui de Kryvorizhstal, en le vendant à la société Interpipe, dont son gendre est co-propriétaire, pour 800 millions de dollars, un sixième environ de sa valeur réelle. Interpipe monopolise ainsi la fabrication des canalisations en acier. En 2007 Pinchuk constitue l’EastOne Group, société de consultance pour investissements internationaux, qui fournit aux multinationales tous les outils pour pénétrer dans les économies de l’Est. 

       Il devient en même temps propriétaire de quatre chaînes de télévision et d’un tabloïd populaire (Faits et commentaires) avec une diffusion de plus d’un million d’exemplaires. Sans négliger cependant les œuvres de bienfaisance : il crée la Victor Pinchuk Foundation, considérée comme la plus grande « fondation philanthropique » ukrainienne.

       C’est à travers cette fondation que Pinchuk se lie avec les Clinton, en soutenant la Clinton Global Initiativeétablie par Bill et Hillary en 2005, dont la mission est de « réunir les leaders mondiaux pour créer des solutions innovatrices aux défis mondiaux les plus urgents ». Derrière ce slogan rutilant se trouve l’objectif réel : créer un réseau international de puissants appuis à Hillary Clinton, l’ex first lady qui, après avoir été sénatrice de New York en 2001-2009 et secrétaire d’Etat de 2009 à 2013, tente à nouveau l’ascension à la présidence. La fructueuse collaboration commence en 2007 quand Bill Clinton remercie « Victor et Olena Pinchuk pour leur vigoureuse activité sociale et l’appui fourni à notre programme international ». 

       Appui que Pinchuk concrétise par une première contribution de 5 millions de dollars, auxquels en succèdent d’autres, à la Clinton Global Initiative. Ceci ouvre à Pinchuk les portes de Washington : il embauche pour 40 000 dollars mensuels le lobbyiste Schoen, qui lui organise une série de contacts avec d’influents personnages, y compris une douzaine de rencontres en une an, entre 2011 et 2012, avec de hauts fonctionnaires du Département d’Etat. Ceci favorise aussi les affaires, en permettant à Pinchuk d’augmenter ses exportations aux Etats-Unis, même si maintenant les métallurgistes de Pennsylvanie et d’Ohio l’accusent de vendre les tubes d’acier aux USA au-dessous du prix.

       Pour renforcer ultérieurement ses liens avec les Etats-Unis et l’Occident, Pinchuk lance la Yalta European Strategy (Yes), « la plus grande institution sociale de diplomatie publique en Europe orientale », dont le but officiel est d’ « aider l’Ukraine à se développer en un pays moderne, démocratique et économiquement puissant ». Grâce à la grosse disponibilité financière de Pinchuk (qui rien que pour fêter son 50ème anniversaire a dépensé plus de 5 millions de dollars dans une station de ski française), la Yes est en mesure de tisser un vaste réseau de contacts internationaux, qui devient visible lors du meeting annuel organisé à Yalta. Y participent « plus de 200 politiciens, diplomates, hommes d’Etat, journalistes, analystes et dirigeants du monde des affaires provenant de plus de 20 pays ». 

       Parmi ceux-ci émergent les noms de Hillary et Bill Clinton, Condoleezza Rice, Tony Blair, George Soros, José Manuel Barroso et Mario Monti (qui a participé au meeting de septembre dernier), aux côtés desquels on trouve des personnages moins connus, mais non pour autant moins influents, dont des dirigeants du Fonds monétaire international (comme Dominique Strauss-Khan, voir NdT).

       Comme a expliqué Condoleezza Rice au meeting Yes 2012, « les transformations démocratiques requièrent du temps et de la patience, requièrent un appui de l’extérieur comme de l’intérieur ». Excellente synthèse de la stratégie que l’Occident adopte sous le manteau de l’ « appui de l’extérieur » pour favoriser les « transformations démocratiques ». Une stratégie désormais consolidée, de la Yougoslavie à la Libye, de la Syrie à l’Ukraine : ficher des coins dans les failles qu’a tout Etat, pour en dégonder les bases en soutenant ou fomentant des rébellions anti-gouvernementales (type celles de Kiev, trop ponctuelles et organisées pour être considérées comme simplement spontanées), tandis qu’on déchaîne une trépidante campagne médiatique contre le gouvernement qu’on veut abattre. 

       Pour ce qui concerne l’Ukraine, l’objectif est de faire crouler l’Etat ou de le casser en deux : une partie qui entrerait dans l’OTAN et dans l’Ue, une autre qui resterait majoritairement reliée à la Russie. Dans ce cadre s’insère la Yalta European Strategy de l’oligarque ami des Clinton.

    Edition de samedi 22 février 2014 de il manifesto



    Et quelques aspects de la Pinchuk-French Connection (NdT)

       « Mercredi 27 mars [2013], la Ministre de la Culture et de la Communication, Mme Aurélie Filippetti, a remis les insignes de chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres à Victor Pinchuk. Elle a salué en lui « le visage européen du mécénat » et le « mariage heureux entre l’industrie et la culture, à l’image de l’installation monumentale d’Olafur Eliasson qui, comme le fer y subit de constants changements d’état, métamorphose votre nouvelle aciérie »


       « Mon professeur en art contemporain est français, Nicolas Bourriaud (critique d’art, il a dirigé le Palais de Tokyo avec Jérôme Sans de 2002 à 2006 et il est l’actuel directeur des Beaux-Arts de Paris depuis octobre 2011). Je l’appelle même mon gourou ! Je l’ai rencontré en 2002 par l’intermédiaire de mon ami Marcel Gross, directeur associé d’Euro RSCG ».


       "Comment exister socialement dans son pays tout en ne faisant pas de politique ?" C’est Euro RSCG, en la personne du Français Stéphane Fouks, qui va lui fournir une réponse en trois points : 1. Créer un musée d’art contemporain qui valorise l’art ukrainien. 2. Mettre en place un think tank pour le rayonnement de l’Ukraine et son entrée dans l’Europe. 3. Créer une fondation anti-sida dont s’occupera sa femme.
    L’oligarque s’investit dans la philanthropie.

       [...] « À une certaine période de la vie, il est temps de rendre un peu de ce qu’on a reçu, en étant guidé par une vision", dit-il. Pour autant, l’Ukrainien ne perd pas le nord : sa frénésie d’artistes n’est qu’une étape dans sa stratégie de conquête. Chaque automne, à Yalta, son think tank baptisé YES (pour Yalta European Strategy) travaille à faire rayonner l’Ukraine avec des invités comme Tony Blair ou Dominique Strauss-Kahn. À Davos, en marge du sommet, il imprime aussi sa marque : le 27 janvier, il organise une table ronde avec la jeune Cheikha Mayassa, princesse du Qatar très investie dans l’art, et Paulo Coelho (!) ».


    Source : Marie-Ange Patrizio


    ***

    (Élève d'un Maître de Sagesse
    intervenant pour apaiser les conflits)


    ***
    Benoît Barvin

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  • °°°
    Pensées pour nous-mêmes:

    (N'ATTENDS AUCUN SECOURS DE LA COLÈRE)

    °°°
    "Mon Dieu....
    Pas un seul pour relever l'autre...
    Pfff..."


    Jane Russell in ‘Gentlemen Prefer Blondes’, 1953.
    (Source: ever-so-dreamy)

    °°°
    (Obligées de vendre leurs vêtements pour
    pouvoir jouer, ces américaines gardaient
    cependant le sourire)



    Les Américains ont perdu foi dans l’avenir

    DAVID BROOKS
    THE NEW YORK TIMES

       (...) Auparavant, quand les visiteurs étrangers décrivaient la culture américaine, ils mettaient généralement en avant diverses variantes d'une même caractéristique : l'énergie. Que leurs motivations fussent terre à terre ou spirituelles, les Américains travaillaient plus frénétiquement, se déplaçaient davantage et changeaient plus souvent d'emploi que pratiquement tout le monde.

       Les choses sont en train de changer. Au cours des 60 dernières années par exemple, les Américains sont devenus de moins en moins mobiles. En 1950, 20 % d'entre eux déménageaient chaque année. Désormais, le chiffre tourne autour de 12 %. Dans les années 50 et 60, les gens habitaient dans la même maison pendant cinq ans en moyenne ; aujourd'hui, cette durée atteint 8,6 années. Notre mobilité géographique n'a jamais été aussi faible : elle équivaut à celle du Danemark ou de la Finlande.

       Il est vrai que le pays vieillit et qu'en général, les gens se déplacent moins lorsqu'ils prennent de l'âge. Mais les jeunes d'aujourd'hui sont bien moins mobiles que ceux des générations précédentes. La mobilité a chuté de 41% chez les jeunes adultes rien qu'entre les années 80 et 2000.

       Il est vrai aussi que beaucoup de gens sont coincés avec des logements dont la valeur a beaucoup baissé. Mais, comme le note Timothy Noah dans Washington Monthly, la mobilité connaît une baisse aussi forte chez les locataires que chez les propriétaires.

       Non, un facteur primordial pour expliquer cette tendance est la perte de confiance en soi. Il faut y croire pour bouger. Si on s'expose à des frais et à des difficultés temporaires, c'est parce qu'on est convaincu qu'on y gagnera à long terme. Les personnes hautement qualifiées, qui bougent encore beaucoup, possèdent cette conviction. Souvent, les personnes moins qualifiées ne l'ont pas.

       L'une des curiosités de la mobilité d'aujourd'hui, c'est que les gens ne vont pas s'installer dans des zones où le chômage est faible et les revenus élevés. Ils vont dans des zones où les revenus sont faibles et le logement bon marché. C'est-à-dire qu'ils sont moins prêts à accepter des difficultés de logement temporaires pour bénéficier de futures opportunités. Ils préfèrent s'installer dans des zones qui offrent un confort immédiat même si les perspectives de revenu sont plus faibles à long terme.

       Ce manque de foi dans l’avenir se manifeste également dans d'autres domaines. Le taux de fertilité, qui est un bon indicateur de la confiance, est en baisse. Les gens sont moins enclins à quitter un emploi pour en chercher un meilleur – même en tenant compte des variations cycliques. Seuls 46 % des Américains blancs pensent avoir de bonnes chances d'améliorer leurs conditions de vie. C'est le chiffre le plus bas de l'histoire du General Social Survey [une enquête sociologique bisannuelle]. (...)

       Peter Beinart a écrit un article fascinant pour le National Journal, montrant que les Américains croyaient jadis bien davantage au capitalisme, à une société sans classe, au rôle des Etats-Unis dans le monde et à la religion organisée que les Européens. Or leurs conceptions ressemblent aujourd'hui à celles des Européens. Et si on ne considère que les jeunes, l'exception américaine a tout simplement disparu.

       50 % des Américains de plus de 65 ans pensent que les Etats-Unis ont une place à part parmi les nations en tant que plus grand pays au monde. Seuls 27 % de ceux âgés de 18 à 29 ans sont du même avis. En 2003, les Américains étaient plus nombreux que les Italiens, les Anglais et les Allemands à affirmer que "l'économie de marché est le meilleur système sur lequel fonder l'avenir du monde". En 2010, ils étaient un peu moins nombreux que ces mêmes Européens à adhérer au capitalisme.

       Il y a trente ans, les Américains se considéraient en grande majorité comme appartenant à la classe moyenne. Depuis 1988, le pourcentage des personnes qui se considèrent comme "laissées pour compte" a doublé. Aujourd'hui les jeunes ont davantage tendance à penser que la réussite est une question de chance et non de travail que les générations précédentes.

       Ce pessimisme m'évoque un concept qui circule en Europe : le précariat. Selon l'universitaire britannique Guy Standing, le précariat est une catégorie en expansion qui regroupe les personnes vivant avec des emplois à durée déterminée et à temps partiel, dans des conditions précaires et "sans possibilité de se construire une trajectoire professionnelle". Elles connaissent de multiples formes d'insécurité et sont susceptibles de rallier des mouvements de protestations de toutes tendances politiques.

       Le précariat américain semble plus frileux, peu sûr de lui, réfractaire à la prise de risques, s'appuyant sur les amis et la famille mais sans foi dans les possibilités de l'Amérique. Ce fatalisme est à rebours de l'histoire des Etats-Unis.


    °°°
    (Le premier groupe rock soviétique
    quelques heures avant son départ
     et sa disparition dans l'espace)



    °°°
    Benoît Barvin

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  • ¤¤¤
    Pensées pour nous-mêmes:

    (APPRENDS A DÉSAPPRENDRE)

    ¤¤¤

    (L'auto-étrangleuse en pleine action)


    NANCY CUNARD

    ¤¤¤


    L’agonie d’un condamné à mort

    ALAN JOHNSON
    De Lucasville, dans l’Ohio

       (...) C’est une nouvelle méthode d’exécution, qui utilise deux produits, et la procédure, qui a duré vingt-quatre minutes, a été “un échec, une expérience atroce entreprise par l’Etat de l’Ohio,” a déclaré Allen Bohnert, avocat commis d’office qui a assuré la défense de McGuire. “Les habitants de l’Etat de l’Ohio devraient être horrifiés par ce qui a été commis en leur nom.”

       Le décès de McGuire, à 10 h 53 par injection létale, semble avoir été marqué par le “manque d’air” qui, comme le craignaient ses avocats, a été la conséquence de cette combinaison de produits utilisée pour la première fois lors d’une exécution aux Etats-Unis. “Il s’est passé ce que nous avions annoncé à la cour”, affirme Bohnert, qui a refusé de dire si, selon lui, McGuire avait souffert. Tout comme il n’a pas voulu spéculer sur une éventuelle action en justice conformément à la Constitution, qui interdit tout châtiment cruel et inhabituel.

       Environ quatre minutes après avoir reçu l’injection (à 10 h 29), McGuire a commencé à se débattre et à suffoquer bruyamment, s’étouffant et s’étranglant manifestement pendant au moins dix minutes. Sa poitrine s’est soulevée et son poing gauche s’est serré tandis qu’il poussait des grondements sourds. Puis, dans les minutes qui ont précédé la constatation officielle de son décès, il est resté tranquille. (...)

       (...) Les enfants adultes de McGuire, Amber et Dennis, ainsi que son épouse étaient parmi les personnes qui ont assisté à l’exécution dans une petite pièce sans fenêtre de la prison de haute sécurité de Lucasville, dans l’Ohio. Tous trois se sont pris par le bras et ont pleuré pendant la procédure.

       Joy Stewart, de West Alexandria, une petite ville à une trentaine de kilomètres de Dayton, avait 22 ans [en 1989]. Elle était enceinte de plus de sept mois quand McGuire l’a violée, étouffée, puis lui a tranché la gorge si brutalement qu’il lui a sectionné à la fois la carotide et la jugulaire. L’enfant qu’elle portait est mort avec elle, dans les bois de la région rurale du comté de Preble, où son corps a été retrouvé le lendemain par deux randonneurs.

       “Nous avons attendu longtemps. La mort de Joy a été l’épreuve la plus terrible que notre famille ait vécue, ont expliqué ses proches dans une déclaration de trois paragraphes. Les produits qui vont être utilisés lors de son exécution ont suscité la polémique, d’aucuns redoutent qu’il ne fasse l’expérience de la terreur, qu’il souffre. Pour le souvenir que j’ai de la mort [de Joy], [il l’a] obligée à sortir de sa voiture, il a tenté de la violer, il l’a sodomisée, étouffée, poignardée, je sais qu’elle a connu la terreur et la souffrance. Il bénéficie d’un traitement infiniment plus humain que celui qu’il lui a infligé. En fin de compte, nous devons tous faire face à nos juges – ici, sur terre, comme au ciel. L’heure est venue pour lui de faire face à son jugement.” (...) 

       (...) Agé de 53 ans, McGuire est mort d’une injection de midazolam, un sédatif, et d’hydromorphone, un dérivé de la morphine. Ce cocktail, jamais encore utilisé lors d’une exécution aux Etats-Unis, a été choisi par le département de réhabilitation et de correction de l’Ohio parce que le pentobarbital, le produit unique appliqué jusqu’alors, n’est plus disponible [les Etats-Unis font face à une pénurie de barbituriques due au refus de certains laboratoires européens opposés à la peine de mort d’approvisionner les services correctionnels américains].

       Les derniers mots de McGuire ont été les suivants : “Je tiens à dire à la famille de Joy : merci pour la lettre et vos mots gentils. Ils ont eu une grande importance pour moi… A mes enfants, je vous aime, je monte au ciel. Je vous y retrouverai.”

       Carol Avery, la sœur de la victime, était également présente. L’exécution a attiré un nombre exceptionnel de correspondants de presse. Ces dernières années, la participation des médias avait diminué, les exécutions étaient presque devenues une procédure de routine depuis la remise en vigueur de la peine de mort par l’Ohio en 1999. A l’extérieur, une poignée d’opposants à la peine capitale ont manifesté par des températures inférieures à zéro, même après le lever du soleil.

       Pour son dernier repas, McGuire avait commandé du rôti du bœuf, du poulet frit, des pommes de terre frites aux oignons, de la salade de pommes de terre, un bagel aux oignons toasté avec du fromage à tartiner, de la glace à la noix de pécan et un Coca. Il est la première personne à avoir été exécutée dans l’Ohio cette année.

    Note de la rédaction : Alan Johnson, correspondant du Dispatch, a été témoin de l’exécution du 16 janvier.


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    Benoît Barvin

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    Pensées pour nous-mêmes:

    (LE SAGE EST UN FOU
    QUI S'EST ASSAGI)

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    "Mon mari et moi faisons quelques courses...
    - Votre mari?
    - Chuutt... C'est pour le politiquement correct..."


    J.C Leyendecker


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    "Je viens des siècles précédents pour te ficher une branlée.
    - Ça tombe bien, j'ai la même intention"






    Le XXIe siècle selon Saint-Augustin

    Robert D. Kaplan
    Traduit par Bérengère Viennot

       (...) La Pax Romana fut une période de paix et de stabilité relatives dans toute la zone méditerranéenne. Mais l’histoire est souvent prise de convulsions. En 200, l’Empire romain vivait encore dans l’ombre de l’empereur et philosophe païen Marc-Aurèle, mort depuis peu –dans une époque où, selon l’historien de Princeton Peter Brown, «un petit cercle de conservateurs acharnés» imposait l’ordre dans le monde. Au cours des cinq siècles qui suivirent, tout changea.

       En 700, l’Empire romain s’était volatilisé de la carte de l’Occident, l’Empire perse sassanide avait disparu du Proche-Orient, l’Europe était devenue chrétienne tandis que le Proche-Orient et la majeure partie de l’Afrique du Nord s’étaient convertis à l’islam. Dans l’intervalle, hérétiques chrétiens et membres de sectes –donatistes, moines incitant à la révolte, etc– pauvres, illettrés et extrémistes s’étaient dispersés tout autour du bassin méditerranéen, semant la terreur et brûlant synagogues et temples païens, avant d’être eux-mêmes dépassés en Afrique du Nord par des armées arabes prônant une religion nouvelle, plus austère. Pendant ce temps, les Goths ravageaient l’Europe et l’Asie Mineure était au bord d’un conflit entre chrétiens vénérant icônes et autres images sacrées et ceux qui glorifiaient leur destruction. Peter Brown, au fil du travail érudit de toute une vie, donna un nom à cette époque piquante au cours de laquelle le monde connut un bouleversement total: l’Antiquité tardive. (...)

       (...) L’Antiquité tardive ne nous semble spectaculaire que parce que nous connaissons son début et sa fin. Mais au cours de n’importe quelle journée de ce demi-millénaire, le monde méditerranéen n’aurait sans doute pas paru impressionnant du tout, et peu auraient su dire quelle direction prenaient les événements.

       Bien sûr, l’horloge de l’histoire avance bien plus rapidement aujourd’hui, et des milliers de mots –rien que dans ces pages– ont été écrits sur le Printemps arabe, l’intensification de la puissance militaire de la Chine, le tumulte dans l’Union européenne, la nucléarisation de l’Iran et le délabrement de l’hégémonie américaine post-Guerre froide. Mais pouvons-nous pour autant mieux discerner que les hommes de l’Antiquité tardive la direction que prennent les événements? (...)

       L’érosion du rôle de puissance organisatrice de l’Amérique, qui jusqu’ici s’appuyait sur l’assentiment public et l’incapacité de tous les autres d’ébranler le statu quo, a désorienté les élites de Washington et de New York dont le bien-être professionnel est intimement lié à l’implication proactive de l’Amérique à l’étranger. Et peu de situations mieux que celle de la Syrie n’évoquent aussi bien le sentiment de splendide isolement qui gagne de nouveau les citoyens américains ou n’expliquent plus complètement l’affaiblissement des Etats-Unis.

       La Syrie c’est le Levant, le cœur géographique de l’Antiquité tardive. Et sa désintégration, tout comme l’écroulement de la Libye, du Yémen et de l’Irak, ainsi que les troubles chroniques en Tunisie et en Egypte, n’est pas synonyme de liberté nouvelle mais d’effondrement de l’autorité centrale. Rome n’a pas pu sauver l’Afrique du Nord, et les Etats-Unis ne sauveront pas le Proche-Orient –car comme le montrent les sondages, l’Amérique en a plus qu’assez des imbroglios militaires à l’étranger. C’est l’anarchie, peut-être suivie de nouvelles formes d’hégémonie, qui en résultera.

       Si une vie et une seule incarne ce que fut l’Antiquité tardive, c’est bien celle de saint Augustin, Berbère né en 354 à Thagaste, aujourd’hui Souk Ahras en Algérie, près de la frontière tunisienne. En passant de la philosophie païenne au manichéisme pour finalement embrasser le christianisme, qu’il soumit à la logique de Platon et de Cicéron, saint Augustin était à cheval sur la Rome classique et le Moyen-Age. Son poème préféré était l’Enéide de Virgile, qui célèbre la fondation de la civilisation universelle de Rome. Il voua aux gémonies les donatistes radicaux (des Berbères schismatiques), dont l’hérésie menaçait de saper la stabilité du Maghreb, tout en constatant les bénéfices de liens traditionnels comme ceux du tribalisme. Il mourut à 76 ans, en 430, au milieu de l’attaque par les Vandales de Genséric de l’Afrique proconsulaire, première colonie romaine d’Afrique.

       Sa grande œuvre, La cité de dieu, écrit l’érudit Garry Wills, cherche à consoler les chrétiens désorientés de la perte par Rome du statut de principe organisateur du monde connu. Rome, écrit saint Augustin, n’aurait jamais pu satisfaire les cœurs des hommes: seule la Cité de Dieu en était capable. Par conséquent, à mesure que Rome s’affaiblissait, la religiosité prenait de l’ampleur.

       Nous sommes à l’aube d’une nouvelle ère susceptible de s’avérer tout aussi chaotique et qui pourrait nous tomber dessus bien plus vite étant donné la manière dont les révolutions électroniques et des communications, associées à une explosion démographique, ont comprimé l’histoire.

       Songez qu’en 1989, à la fin de la Guerre froide, les Etats-Unis étaient le colosse militaire et économique unipolaire, la démocratie libérale et triomphaliste décrite par le philosophe politique Francis Fukuyama dans son article «La fin de l’histoire?» Depuis, l’Union européenne s’est étendue à l’Europe centrale et de l’Est, promettant de mettre un terme aux furies du passé de ce continent. Bien sûr, le Moyen-Orient, de l’océan Atlantique au sous-continent indien, est resté plongé dans l’ignorance et l’intolérance jusqu’aux premières années du XXIe siècle. Mais au moins il était tranquille, en tout cas selon ses propres lamentables critères.

       Et puis le monde s’est effondré. Un attentat commis sur le sol américain par des extrémistes musulmans a débouché sur deux grandes invasions terrestres par les Etats-Unis au Moyen-Orient, ce qui a contribué à mettre la région en mouvement. Des autocraties décadentes se sont écroulées et des monarchies conservatrices se sont vu forcées de faire des concessions sans précédent, tandis que le programme de libération du président George W. Bush n’avait pas les résultats escomptés. L’Afrique du Nord s’est depuis décomposée en un monde flou formé de gangs, de milices, de tribus, de terroristes transnationaux, de forces expéditionnaires antiterroristes et de régimes faibles frappés d’immobilisme. Le Levant voisin a explosé dans une guerre rampante et de longue durée, ne laissant que deux entités légales fortes entre le bord le plus oriental de la Méditerranée et le plateau d’Asie centrale: un Etat juif et un Etat persan (d’où l’importance d’un rapprochement entre l’Iran et les Etats-Unis).

       Pendant ce temps, l’Union européenne commençait à sérieusement chanceler. Une crise de la dette, une croissance négative et des niveaux indécents de chômage se sont installés pendant des années et l’Etat-providence –cette réussite morale des politiciens européens d’après-guerre– est en passe de devenir, dans une large mesure, inabordable.

       La conséquence est que l’Union européenne elle-même, si dominante au cours des deux premières décennies qui ont suivi la chute du mur de Berlin, a perdu une partie de sa force géopolitique en Europe centrale et de l’Est, juste au moment où la Russie revenait sur le devant de la scène, autoritaire et puissante, grâce aux revenus des hydrocarbures. La carte de l’Europe est en train de perdre sa couleur homogène pour revenir à des nuances divergentes, où les identités nationales –qu’on croyait en repli– sont en pleine résurgence.
    Le retour des tribus

       Quant à la Chine –ce monstre démographique et géographique devenu le moteur du commerce mondial– après une trentaine d’années de croissance sans précédent, elle voit son économie finalement ralentir. Si l’économie et l’armée chinoises continuent de croître de façon massive en valeur absolue, l’avenir de l’Empire du Milieu est moins certain qu’il ne l’était il y a dix ans. Avec des minorités ethniques et la majorité Han assoiffées de libertés alors que les opportunités se raréfient, il est bien possible que le destin de la Chine ne vive un jour une variation sur le thème de l’Union soviétique.

       L’autorité, autrefois si sûre et si commodément répartie sur la planète, semble en voie de désintégration tandis que les sectes et les hérésies –salafistes, cybercriminels, etc– entrent par la petite porte. Les Etats-Unis s’imposent encore en souverains tant économiquement que militairement, bénéficiant d’immenses réserves de ressources naturelles. Cependant, la puissance américaine se voit de plus en plus barrer la route par ces forces nouvelles et imprévisibles. La force pure –chars et avions de chasse, bombes atomiques et porte-avions– prend de plus en plus des airs de produits d’une époque industrielle qui n’en finit pas de s’éloigner. Et pourtant la version post-moderne de l’Antiquité tardive vient juste de commencer. (...) 


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    "Je suis le nouveau sage de la Nouvelle Ere..."




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    Benoît Barvin

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