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    Pensées pour nous-mêmes:

    (TA VIE EST TA VIE
    PAS CELLE DES AUTRES)

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    LONG RÉCIT AU LONG COURS (1/8)
    pcc Benoît Barvin et Blanche Baptiste

    Le petit Angélus a plus qu'un simple don pour le toucher. Il semblerait qu'il soit capable de ressusciter les morts! Le scandale n'est pas loin... la tragédie également. 


    ANGÉLUS
    ou
    LES SECRETS DE L’IMPALPABLE



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       A treize ans, Angélus disait pouvoir créer des tissus aussi fins que la peau. Pour cela, il avait étudié au microscope de ses doigts magiques le fil de soie dévidé du cocon et, en le soumettant à certains bains et traitements, il m’affirmait qu’une fois tissé, cela donnerait une étoffe imitant à la perfection l’épiderme. 

       Les Frères, d’ailleurs, m’avaient parlé des expériences qu’Angélus avait cru bon de mener dans le pensionnat même. Peu avant les vacances, ils avaient découvert, sous les combles du couvent, tout un arsenal d’éleveur de vers à soie. 

       Il leur fallut peu de temps pour savoir qui s’amusait à de telles leçons de choses car Angélus, s’il ne se vantait pas de ses occupations, n’était pas de ceux à laisser accuser les autres. Il fut heureusement soutenu par son professeur de sciences naturelles qui le trouvait brillant dans la matière, ingénieux et curieux. Et l’affaire fut close après cependant de sévères remontrances, car on ne supportait pas que quelqu’un voulût jouer à l’apprenti sorcier. 

       Angélus me révéla alors le fruit de son travail. Après avoir nourri les vers de feuilles de mûrier préalablement trempées dans des bains de cellules extraites de plantes rares, il avait obtenu des cocons d’un rose pâle qui, une fois dévidés, avaient donné un fil si résistant, si élastique et si moulant, que l’échantillon, tissé sur un minuscule métier fait de ses propres mains, ressemblait à si méprendre à une peau vivante, fraîche et juvénile. 

       Il voulut me montrer à quoi il destinait son invention et me plaqua cette étoffe grande comme un mouchoir sur le bras où je gardais les cicatrices de mes multiples affections cutanées. 

       - Tu vois Camille, avec moi c’est facile de faire peau neuve. Je peux te rendre plus belle encore. 

       - Crois-tu que cela soit bien utile, mon petit Angélus ? me mis-je à rire. Une religieuse doit avant tout avoir une belle âme. La chair n’est qu’une écorce, qu’une apparence... 

       Je croyais être sincère, mais sa remarque et la perfection de mon épiderme ainsi recouvert, avaient fait naître en moi le désir d’être aussi parfaite en mon corps qu’Angélus l’était. 

       - Camille, écoute-moi, me répondit-il d’une voix grave. Si tu acceptes, je peux également fabriquer des crèmes, encore plus efficaces que celles que j’ai inventées jusqu’à présent. Celles-là effaceront tout ce que tu as enduré depuis ta naissance. Elles seront conçues spécialement pour toi. L’effet sera total et durable. Il suffira de les appliquer régulièrement. 

       Cet argument résonna en moi comme une tentation et, effrayée par ce qu’il me proposait, je lui répliquai vertement : 

       - Angélus, tu déraisonnes... et puis, à quoi bon tout cela ? Dieu n’a-t-il pas voulu que mon apparence soit celle que j’ai ? Ce serait faire oeuvre démoniaque que d’aller contre Sa volonté. 

       - Non, c’est moi qui ai raison, je le sais, affirma-t-il, les sourcils froncés et le regard fixe, un regard qui me mit mal à l’aise. Les Frères m’ont trop parlé de la miséricorde de Dieu. Tout cela ne veut rien dire Camille. Regarde les injustices qui fleurissent autour de nous ! Rien n’a de sens. Mais si je peux enlever un peu de souffrance ou de laideur à ceux qui en sont affligés, je le ferai. Je compte aider tous ceux qui le souhaitent à guérir. A commencer par notre cousine Roseline, même s’ils ne m’aiment guère dans la famille. 

       De ce voeu puéril, on a souvent reparlé par la suite et je compris qu’en voulant ainsi s’occuper des autres, il cherchait surtout à exercer ses talents tactiles, coûte que coûte, et apaiser de la sorte sa soif constante d’expérimentations. 

       En ce qui me concerne, il ne me reparla que bien plus tard de ce désir qu’il avait de corriger, sur moi, les injustices de la Nature. Mais il avait hélas semé une graine qui ne cessa, depuis, de germer... 

       Cependant, des autres, excepté de moi-même, sa soeur, il se moquait bien. Ils n’étaient pour lui qu’un vaste champ d’observation, une réserve inépuisable de cobayes sur lesquels il mettrait à l’épreuve ses idées de génie précoce. 

       J’eus beau le mettre en garde contre la médisance des gens, rien n’y fit. Il me rétorqua même qu’on finirait par le prendre pour un Saint. C’est effectivement ce qui aurait dû se produire mais, je ne sais pourquoi, il n’attirait que la crainte et la critique. 

       Ainsi, comme il se l’était promis, il voulut soigner l’urticaire géant de Roseline, ce qui, bien sûr, lui permit de vérifier combien étaient efficaces les pouvoirs conjugués de son magnétisme et de la potion qu’il avait mise au point; mais ce qui, d’un autre côté, lui valut la suspicion d’avoir des dons peu catholiques ainsi que je le craignais. 

       Cette croyance fut entretenue par Sylvain Sagnes qui passait pour être guérisseur et qui d’ailleurs obtenait de bons résultats pour les fièvres, les convulsions, les saignements, les coliques et autres « échauffements » des organes. 

       Ce jaloux de Sagnes sentit immédiatement qu’Angélus avait un don comparable au sien et certainement même supérieur, car Angélus se mêlait de le renforcer par son intelligence et son besoin insatiable d’apprendre et de découvrir. Aussi, bien qu’il ne s’adressât pas aux mêmes maladies que lui, Sagnes se chargea, par pure méchanceté, de lui faire une réputation encore plus mauvaise qu’elle ne l’était dans l’esprit des gens. 

       « Lucifer rôde autour de nous, disait-il. Il prend souvent l’apparence d’un être à la grande beauté et à la bonté sans faille, ceci pour mieux nous tromper. Méfiez-vous ! En même temps que Jean vous soigne, il instille en vous des désirs pervers dont vous devenez les esclaves et qui vous écartent de la voie Divine... » 

       Pourtant, il fallait que tous ces gens soient aveuglés par leur bêtise et par leur propre laideur intérieure pour ne pas voir l’innocence de mon frère et, en regard, le sordide calcul du guérisseur. Même Roseline se laissa monter la tête, elle qui, lorsqu’elle s’était vue guérie en quelques jours de cet urticaire, n’avait plus su que faire pour remercier son jeune cousin. 

       Peut-être cette dépendance, ce sentiment de dette à rembourser étaient-ils, pour une grande part, dans le revirement soudain de sa reconnaissance en crainte, voire en haine ? 
    ***

    (A Suivre)


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    (Scandale: pour produire de la gelée royale,
    on n'utilisait que de simples paysans)


    Après le scandale de la viande de cheval, 
    la fraude à la gelée royale ?
    IVAN DU ROY, SOPHIE CHAPELLE

       (...) La gelée royale, cet aliment fabriqué par les abeilles nourricières pour leur reine, est réputée pour ses qualités nutritives, riches en vitamines et en oligoéléments. Vendue via des sites Internet entre 10 € et 30 € les 25 grammes, la gelée royale, certifiée bio de préférence, est aussi un marché lucratif. Certains sites mettent en avant le « made in France », quand d’autres jouent sur la production familiale locale « depuis plusieurs générations », telles les marques « Ruchers de Lorraine », Famille Mary, « apiculteur depuis 1921 », ou ces vendeurs qui se présentent comme « apiculteurs de père en fils à Bourg Saint Maurice » (Savoie). Bref, une gelée royale qui fleure bon le terroir et la production artisanale. En tout cas rien ne laisse présager le contraire.

       Et c’est bien ce qui met en colère les apiculteurs du Groupement des producteurs de gelée royale (GPGR). Sous contrôle d’huissier, ils ont réalisé leur propre enquête. Ils ont commandé des pots de gelée royale sur 34 sites internet différents, puis ont fait procéder à l’analyse des pollens afin de déterminer leurs origines exactes. Selon les résultats, 98 % de la gelée royale vendue en France, sur internet et par correspondance, serait importée d’Asie, et surtout de Chine [1]. Les résultats, assortis du nom des marques et des appréciations du GPGR, viennent d’être mis en ligne.


       Et ce n’est pas très flatteur pour plusieurs marques. La gelée royale des « Ruchers de Lorraine » viendrait ainsi de Chine, et l’étiquetage, selon le commentaire du GPGR, comporterait des « informations visant à tromper le client sur l’origine et/ou la congélation ». Les « apiculteurs de père en fils à Bourg Saint Maurice » importeraient également de Chine leur gelée royale qui n’aurait donc rien de savoyard. D’autres sites précisent bien un « produit d’importation » sans davantage de détails.


       L’appréciation du GPGR :


       « Il y a une volonté de cacher l’origine, estime Rémy Pélissier, producteur dans le Berry et co-fondateur du GPGR. Elle est toujours marquée dans un coin, en tout petit. Mais ce qui nous met la puce à l’oreille c’est le prix ». La gelée royale importée est en effet vendue 40 fois moins cher sur le marché de gros que celle produite par le GPGR. « Pour le consommateur, la différence de prix varie du simple au double, précise Rémy Pélissier. C’est un marché très juteux pour les conditionneurs, c’est là qu’ils se font la marge ». Une différence de prix derrière laquelle se profileraient des conditions de production très différentes.

       Ce poids extravagant des importations de gelée royale, Benoit Mary ne le dément pas. Il dirige la société Famille Mary qui produit ou commercialise entre autres du miel et de la gelée royale bio, certifiée par Ecocert. En cause, selon lui : les difficultés de produire de la gelée royale bio en France. « C’est impossible de la produire ici pour des questions de surface », explique-t-il.« Cette production ne peut être ici que marginale pour des raisons à la fois climatiques, environnementales et économiques. Les Chinois ont une tradition de production et de consommation, au même titre que le thé ou le ginseng. Importer d’Asie, c’est uniquement une question d’approvisionnement. » Sa gelée royale vient de Mongolie, produite à 2 000 mètres d’altitude. « Là il y a des zones de 25 km2 avec des plantes exclusivement en bio. » Il assure s’y rendre chaque année pour contrôler la qualité de la filière mongole.(...)

       (...) Reste que l’Asie est vaste. Et tous les revendeurs ne prêtent pas forcément autant d’attention au parcours du produit. L’apiculteur Rémy Pélissier a eu l’occasion de se rendre à Taïwan, réputée pour proposer une gelée royale de qualité. Sur place, il observe les pratiques de producteurs, visite des centres de recherche et des unités de conditionnement. Et constate que les apiculteurs asiatiques nourrissent leurs abeilles avec de la farine de soja... Des protéines que les abeilles ne vont pas butiner naturellement ! « Au GPGR, nous utilisons seulement les produits de la ruche, à savoir le miel et le pollen, pour nourrir les abeilles. En Chine, ils utilisent des produits moins chers que ceux de la ruche, comme la levure de bière ou le sirop de sucre, pour pousser à la production ».(...)

    [1] Voir leur dossier de presse.



    Lire sur:

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    "Roger, arrête de faire le guignol et passe-moi le pain...
    - Honk, honk...
    - C'est ça, c'est ça..."


    balanced lunch
    sanger circus 1932

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    (Le nouvel uniforme de ces hôtesses de l'air
    fut interdit car trop licencieux)

    GÉRÔME "FEMME DE CONSTANTINOPLE"

    Le rouge à lèvres de retour 
    sur la Turkish Airlines

       Face à l'émoi suscité par sa décision d'interdire à ses hôtesses les rouges à lèvres de couleurs vives, rouge ou rose, la compagnie nationale turque Turkish Airlines (THY) a annoncé jeudi être revenue sur cette mesure controversée

       Le directeur général de THY, Temel Kotil, a indiqué jeudi lors d'un point presse à Londres que cette décision avait été prise par des cadres subalternes faisant de l'excès de zèle, sans consultation de leur hiérarchie.(...) 

       THY avait justifié cette mesure, début mai, en estimant que le rouge à lèvres et le vernis à ongles "portait atteinte à l'intégrité visuelle" du personnel navigant. "Un maquillage simple, soigné et dans les tons pastel est préférable pour le personnel travaillant dans le secteur des services", avait indiqué la compagnie dans un communiqué.

       De nombreux Turcs s'étaient plaints sur Twitter de cette interdiction et le président de Hava-Us, le syndicat de la compagnie, avait reproché à la direction de chercher à "façonner la compagnie de manière à ce qu'elle soit conforme à une certaine idéologie politique"Pour protester, certaines femmes ont également posté sur les réseaux sociaux, des photos d'elles les lèvres peintes en rouge.(...)

       (...) Au cours des derniers mois, d'autres mesures internes de THY, une compagnie en plein essor dont 49% du capital appartient à l'Etat turc, ont suscité des protestations au sein des milieux laïques, notamment l'interdiction de servir de l'alcool, banni par l'islam, sur les vols intérieurs.

       En février, les images du nouvel uniforme choisi par THY pour son personnel naviguant avaient fait débat, certains le trouvant trop conservateur et néo-ottoman. Le projet avait ensuite été partiellement abandonné. Il y a plus d'un an, Turkish Airlines - quatrième compagnie d'Europe - était en outre revenue sur l'interdiction du foulard pour son personnel féminin en vol comme au sol.(...)


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    Luc Desle

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    Pensées pour nous-mêmes:

    (LA FLEUR QUI S’ÉTIOLE
    C'EST TON ÂME ORGUEILLEUSE)

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    LONG RÉCIT AU LONG COURS (1/8)
    pcc Benoît Barvin et Blanche Baptiste

    Le petit Angélus développe lentement son don pour le toucher. Tout d'abord comme un amateur éclairé, un amoureux des soieries. Face à toute cette douceur, sa Soeur Camille éprouve pour lui une amitié ambiguë.

    ANGÉLUS 
    ou 
    LES SECRETS DE L’IMPALPABLE

    La nature morte avec la perdrix
    L'Artiste:Tomasz Steifer


    CARNET DE SOEUR CAMILLE DE L’INCARNATION 

    (mars 1880) 

       Angélus me faisait lire régulièrement ses notes et me demandait mon avis.  La licence qui m'était accordé de pouvoir le recevoir commençant à faire jaser, je m'arrangeai avec le Seigneur Jésus afin de permettre à mon Frère de se glisser dans un coin secret du couvent, une vieille crypte désaffectée, dont je possédais le double de la clé que je lui remis. C'est là qu'il m'entretenait de ses "travaux"...

       Qu’aurais-je pu objecter à ses théories qui me paraissaient aussi savantes qu’étonnantes chez un petit homme de douze ans ? De plus, il s’exprimait en bon français, employant tout un jargon scientifique que j’avais la plupart du temps bien du mal à comprendre mais dont, grâce à ses explications orales, je parvenais toutefois à saisir le sens général. 

       Le docteur Gagey, avec qui il correspondait régulièrement, était plus étonné que moi encore par les prouesses de son protégé dont il mesurait vraiment la profondeur de l’intelligence et la richesse de ses expérimentations 

       Angélus écrivait en effet qu’il se sentait capable de redonner à quiconque était atteint d’une affection de peau, un épiderme lisse, souple et jeune. Pour cela, il lui suffirait de fabriquer des baumes dont il mentionnait les formules précises sans avoir pu encore les composer, car certains ingrédients coûtaient fort cher et il n’en avait eu en sa possession que quelques infimes échantillons, dérobés chez Andrieu, l’apothicaire, où il ne manquait pas de se rendre, chaque fois qu’il avait des vacances, pour livrer les plantes médicinales que nous faisions sécher au couvent, ce qui lui avait permis de pénétrer dans l’officine sans éveiller de soupçons. 

       Je croyais alors que jamais il ne réussirait à mettre au point de telles potions miracles. Sans nier son don tactile, il était tout de même impensable qu’il put un jour réaliser un millième de ce qu’il imaginait. J’aurais plutôt eu tendance à penser qu’il allait réaliser des miracles par le magnétisme qui rayonnait déjà de tout son être. Mais de cela, il parlait peu. Pourtant j’avais été témoin, à deux reprises, de faits troublants. 

       A la maison, nous gardions toujours à engraisser deux cochons. Un matin, Thérèse trouva un des porcelets inanimé. Pendant qu’elle allait prévenir mon père, redoutant son courroux, Angélus s’accroupit près de la bête. Je le revois encore retrousser ses manches et poser ses mains sur le corps de l’animal. Alors, à ma grande stupéfaction, au bout de quelques minutes ce dernier tressaillit, ouvrit les yeux et se remit aussitôt sur ses pattes. Il poussa un léger grognement juste au moment où notre père arrivait. 

       - Mais il est en pleine forme ! s’exclama-t-il. C’est pour ça qu’on me dérange ? Et un dimanche, en plus ! 

       Thérèse, depuis qu’elle était mariée, n’aimait pas que mon père la tance de la sorte. 

       - Si c’est comme ça, de vos cochons, vous vous en occuperez vous-même ! J’ai déjà assez à faire chez moi ! Je ne sais par quelle diablerie cet animal a été remis sur pied... 

       Elle s’en fut à grandes enjambées, non sans se retourner une fois et fixer quelques secondes Angélus, le visage fermé. 

       Je n’osai pas demander à celui-ci comment il avait réussi un tel prodige, mais pour moi il ne faisait aucun doute que mon frère venait de ressusciter notre cochon de lait. 

       Je venais de lire, au couvent, la vie des Saints et de tels miracles étaient chose commune pour ces êtres d’exception. Et mon frère était de ceux-la, à présent j’en étais certaine. Cette certitude m’inonda de bonheur. Je sus que, grâce à Angélus, ma vie prenait enfin un sens mais que si j’en parlais à quiconque autour de moi, sa réputation de sorcier serait établie. Aussi je ne soufflai mot à personne de cet événement, persuadée qu’on ne me croirait pas mais fière également, je le confesse, de partager ce secret avec cet élu du ciel. 

    ***

       Au printemps de cette même année, alors qu’Angélus allait sur ses dix ans, Pierre réussit à attraper un des écureuils qui logeaient dans les pins, près du cimetière. 

       Angélus adorait ces animaux au poil si doux. Il parvenait à leur donner à manger dans sa main et m’avait dit que souvent ils se laissaient caresser. Sous la paume, d’après lui, c’était doux comme de la plume et, à chaque caresse, mon frère riait doucement, les yeux perdus dans un rêve intérieur. 

       Pierre, lui, grand benêt de quinze ans, ne s’était pas donné cette peine ; il s’était servi d’un lance-pierres et avait assommé l’animal qui gisait maintenant, le corps inerte, sur l’évier de granit où je m’apprêtais à trier des salades pour le repas dominical. 

       - Je vais l’empailler, puis je le vendrai à la foire de la Saint-Jean, affirma Pierre avec un sourire satisfait. 

       Angélus avait blêmi. Pendant que Pierre choisissait un couteau, il en profita pour caresser l’écureuil, sans mot dire, puis il se recula. Pierre revenait avec un canif pour disséquer le cadavre. 

       Alors un éclair roux bondit et s’enfuit par la fenêtre. 

       Comment aurais-je pu douter, après cela, des talents de guérisseur d’Angélus? Et sans cet horrible accident dont il allait être victime, il aurait fait des merveilles. D’ailleurs, sans cette tragédie, de quoi n’aurait-il pas été capable? 

    ***
    (A Suivre)

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    (Femmes politiques italiennes
    se présentant devant le suffrage
    des électeurs)


    Insultes, menaces : 
    la dure vie des femmes politiques en Italie
    Flora Zanichelli

       (...) La mise en place du gouvernement Letta accueillant sept femmes (hourra!), dont une d’origine africaine, a été symboliquement forte. Mais les ovations ont été de courte durée. Autant le dire tout de suite, cela ne bouleversera pas le destin des Italiennes. Pire, on dirait que ça exacerbe le machisme de certains.(...)

       Il y a d’abord eu la polémique liée à Cécile Kyenge, qui, en plus d’être femme, est originaire de la République démocratique du Congo. « Zouloue noire », « guenon » : voici les insultes qui ont été proférées à son encontre sur le Net et par certains politiques. Bienvenue dans la « République du bonga bonga », a clamé un élu de la Ligue du Nord.

       Le Web a riposté à travers la « hashtag » (mot-clé sur Twitter) #iostoconCecileKyenge (je soutiens Cécile Kyenge) et une pétition de solidarité qui a recueilli 50 000 signatures. Ces voix ne sont qu’une minorité, a tenu à souligner la ministre.(...) 

       La présidente de la Chambre des députés, Laura Boldrini a, elle aussi, réagi : « Cette série d’insultes est indigne d’un pays civilisé. [...] Lorsqu’une femme assume une responsabilité publique, elle est la cible d’agressions sexistes qui usent toujours du même lexique, celui de l’humiliation et de la soumission. »

       Cette dernière parle en connaissance de cause. Depuis des semaines, elle encaisse : menaces de mort, de viols et de sodomie ou encore photos de femmes torturées avec sa photo en guise de tête. "Tous les matins, raconte-t-elle à La Repubblica, son assistante ouvre sa boîte mail et décortique le terrible courrier". Le procureur de Rome a lancé une enquête.(...)

       (...) Difficile d’être une femme politique en Italie. Difficile d’être une femme tout court en fait. (comme dans de nombreux pays dans le monde?)


    Lire la suite sur:


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    (Femme s'entraînant à entrer en politique)





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    (La dernière danse entre les prêts bancaires toxiques 
    et la représentante du Conseil Général 
    était empreinte de nostalgie...)

    Henrich Kley

    Offensive des collectifs citoyens 
    contre la dette dans le Rhône
    Frédéric Blanc

       Le Collectif pour un audit citoyen de la dette publique de Lyon (CAD-Lyon) et le Collectif des Monts du Lyonnais pour un audit citoyen de la dette publique (CAC-ML) travaillent depuis le printemps 2012 sur les prêts bancaires structurés et "toxiques" contractés au cours de ces dernières années par le Conseil général du Rhône.

       Dans le jargon des financiers, on appelle "emprunt structuré" (parfois aussi dénommé "emprunt spéculatif"), un emprunt associant dans un même contrat de prêt, deux montages différents pour son remboursement, en deux périodes : une première période, en générale assez courte, dite "phase bonifiée", avec des taux d’intérêts fixes et avantageux par rapport au marché et une seconde période, souvent assez longue (10 à 20 ans), avec des taux soumis à des variables multiples telles que la parité entre différentes monnaies comme par exemple l’euro et le franc suisse, ou encore l’évolution de divers indices tels que l’inflation, le cours des matières premières, voire même celui du pétrole. 

       Ces taux variables sont propices à la spéculation et peuvent exploser en quelques années. Lorsqu’un prêt comporte un risque important de voir ses taux grimper, on parle de prêt "toxique".

       La gestion déplorable de ce problème et la mauvaise volonté manifestée par le département du Rhône pour laisser un accès aux informations sur le sujet semblent désormais devoir être mises à mal. En effet, les deux collectifs citoyens ont tout d’abord, il y a un mois, publié un dossier exposant l’analyse des données en leur possession sur le sujet des prêts du Conseil général du Rhône. Ce document dénonce les agissements du département vis-à-vis de l’opinion publique et des banques dans le cadre du remboursement d’emprunts contractés auprès d’un certain nombre d’établissements, au premier rang duquel la désormais célèbre banque Dexia. 

       « Contrairement aux affirmations de Michel Mercier qui a minimisé l’ampleur du problème, le surcoût de l’ensemble de ces prêts toxiques est estimé sur la durée à 400 millions d’euros environ », ont déclaré leurs porte-paroles. Ancien ministre de l’Espace rural et de l’Aménagement du territoire puis ministre de la Justice du gouvernement Fillon, Michel Mercier vient de passer la main à la tête du département du Rhône qu’il présidait depuis 1990. Au sujet de ces emprunts, après une phase de déni, il avait reconnu un surcoût de 200 millions d’euros tout au plus.

       Mais outre la dénonciation de la somme globale estimée par le Conseil général, que les Rhodaniens devront payer du fait de ces emprunts toxiques, les représentants de ces collectifs ont reproché également au département du Rhône la façon dont, jusqu’ici, celui-ci renégociait sa dette. C’est-à-dire seul auprès des banques, ce qui selon eux se traduit à ce jour par le paiement de très fortes indemnités (39 millions d’euros pour quelques emprunts) afin, essentiellement, de différer de deux à trois ans le passage au remboursement à taux variable. Et ce qui ne résout pas le problème mais le repousse seulement de quelques années [1].

       Par ailleurs, les deux collectifs contre la dette publique ont dénoncé, plus qu’un manque de transparence, le refus de toute explication qui caractérisait jusqu’alors la démarche du Conseil général. Celui-ci n’a t-il pas en effet refusé de répondre aux sollicitations des élus d’opposition sur le sujet en 2010 ? Puis refusé de répondre au courrier des Collectifs en 2012 ? Et qui pour finir à produit une note contestable à l’automne 2012 qui masquait l’ampleur du problème ? (...)

       Après la publication du dossier issu de ce travail d’analyse, d’autres actions ont été mises en oeuvre. Les collectifs citoyens contre la dette se sont invités à une récente séance publique du Conseil général. Ils ont également demandé l’ouverture d’un débat avec les organisations citoyennes mobilisées sur le sujet. Enfin, ils ont rappelé que d’autres démarches étaient possibles comme celle de recourir à des actions judiciaires pour contester le paiement des surcoûts liés à la dérive des taux d’intérêts, cette façon de procéder permettant d’une part de remettre en cause les pratiques bancaires et le système de financement sur les marchés financiers qui pénalisent les collectivités locales et d’autre part de pouvoir prétendre à l’annulation du remboursement de ces emprunts. 

       Plus de 80 collectivités françaises ont ainsi déjà empruntées la voie du recours judiciaire contre la seule banque Dexia sur la question des emprunts structurés, comme par exemple le Conseil général de Seine Saint-Denis en 2011 qui avait assigné celle-ci au tribunal Civil à propos de onze de ses prêts toxiques (avec un rendu du tribunal de Grande Instance de Nanterre en 2013 qui a annulé le remboursement de trois d’entre eux).

       Cette offensive récente des Collectifs locaux contre la dette publique a suscité une réaction immédiate de la part de l’exécutif du département du Rhône. Contrairement à Michel Mercier, Danielle Chuzeville, nouvelle présidente, a reconnu l’ampleur du problème des prêts toxiques contractés par l’institution qu’elle dirige et elle a annoncé qu’elle portait plainte contre la banque Dexia

       Le 2 mai, les collectifs du Lyonnais ont salué cette décision qu’ils jugent nécessaire mais cependant insuffisante, du fait notamment que nul ne sache comment les citoyens qui le demandent seront désormais associés au suivi du dossier de cette dette départementale, à commencer par ce recours contre Dexia.

    Notes

    [1] Le Conseil général du Rhône avait jusque là entériné son choix de ne pas remettre en cause les pratiques bancaires, indiquant vouloir négocier avec les banques "en veillant – selon les propos de l’ancien Président Michel Mercier - à toute opportunité de marché qui permettrait, à un coût correct de réduire progressivement les risques de dérives des coupons à payer en transformant les formules de taux existant en des formules présentant un risque moindre", ce qui constituait une acceptation implicite d’une part que le financement des collectivités dépendent du marché, d’autre part qu’il faut payer les banques pour éviter le piège de la dette toxique sans connaître le surcoût et enfin qu’il est possible de les payer pour échanger un "risque avéré" contre un "risque moindre" non précisé.

    Lire sur:



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    Benoît Barvin

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    Pensées pour nous-mêmes:

    (L'ENFANT QUI EST EN TOI
    NE LE FAIS PAS DORMIR)


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    LONG RÉCIT AU LONG COURS (1/1)
    pcc Benoît Barvin
    et Blanche Baptiste


    ANGÉLUS 
    ou 
    LES SECRETS DE L’IMPALPABLE 


    PREMIÈRE PARTIE 

       « Est-ce pour son aspect extérieur que l’on aime quelqu’un ou est-on attiré par lui pour la générosité de son âme ? » 


       Rares sont ceux qui entendirent parler de ce personnage qui passa sa vie à courir après un rêve fou, et qui finit sa vie terrestre dans le lieu de son enfance, tantôt adulé par ses congénères qui voyaient en lui un être aux pouvoirs quasi divins, tantôt honni et détruit par eux, sans qu’on sache quelle était la part de vérité ou de jalousie qui s’attachait à ces sentiments et sans que, d’ailleurs, ceux qui le haïssaient avancent une quelconque explication rationnelle à cette étrange haine. 

       Les quelques personnes qui avaient eu commerce avec le personnage dont nous allons retracer l’histoire furent donc contraintes de mettre cette connaissance sous le boisseau, sous peine de reconnaître qu’elles avaient été induites en erreur, trahies mais aussi qu’elles étaient finalement responsables de cet aveuglement dans lequel entrait une bonne part d’orgueil, de fatuité et de blasphème... 


    CHAPITRE 1 

       Ma mémoire tactile remonte à mes tout premiers instants, et je me souviens que je me trouvais à mon aise sur ce tas de linge élimé qui avait au moins l’avantage de m’épargner, pour l’heure, le rêche des langes dont ces femmes allaient m’emmailloter, une fois accomplis les gestes d’usage auprès de l’accouchée. 

       La transition entre le liquide utérin et l’air ambiant m’avait fait l’effet d’un manège de foire qui vous précipite, à votre plus grand effroi mais aussi plus grande jubilation, d’un milieu à un autre. J’avais baigné pendant neuf mois dans une ambiance océane et ouatée dont j’avais pu sentir les contours, d’autant mieux que je partageais le site avec un congénère, ce qui multipliait les contacts, les glissements, les enchevêtrements de membres, en un ballet aquatique tiède et sécurisant. 

       Là, par contre, sur cette corbeille, l’air était vif, la gifle de la lumière vigoureuse. La réalité vous assaillait par tous les pores de la peau et ma petite cervelle avait bien du mal à sélectionner tous ces messages. Elle avait cependant eu le temps de noter les longues et étreignantes vagues utérines, puis le passage enveloppant des muqueuses vaginales, si douces que j’en jubilais encore. 

       Des mains fraîches m’avaient ensuite saisi, des mains dont la texture était bien différente des textures amniotiques que j’avais connues jusqu’à alors. C’étaient des mains rugueuses de lavandière, fripées par les séjours prolongés dans l’eau des lavoirs et durcies de cals provenant des travaux des champs. 

       Et juste avant tout cela, j’allais oublier de le mentionner, si désireux de le gommer à jamais, il y avait eu un contact piquant, râpeux, autour de mon crâne, de mes épaules, de mon corps : c’était celui de la frontière entre les deux mondes, le sexe pileux de ma mère dont je ne goûterais jamais plus rien d’autre que cet étau d’émeri. Je serais également privé à jamais de la sensation du sein maternel contre ma joue, du sein sous mes petites mains si affamées de palper de la douceur. 

    ***

       De la naissance de son dernier enfant, la mère Galin se serait souvenue toute sa vie si elle avait survécu à ses couches, tant le bébé lui parut d’une beauté inattendue et inouïe par sa délicatesse, au milieu d’une telle rudesse de vie. 

       Chez les Galin, en effet, depuis des générations, l’existence était non seulement misérable mais encore alourdie par diverses tares dont ne manquaient pas d’hériter les rejetons. Les affections dont ils souffraient touchaient essentiellement leur épiderme et parfois aussi leur ossature. 

       C’est ainsi qu’on avait vu naître dans cette famille des bossus, des pieds bots et des tordus de toutes sortes. Mais le pire ne résidait pas dans ces malformations du squelette. Le pire, c’était cette malédiction qui semblait les poursuivre depuis la fameuse épidémie de gale qui avait infesté les contrées les plus reculées, il y avait de cela plus de cinq siècles. 

       Cette épidémie leur avait d’ailleurs valu leur patronyme, chose qu’ils ignoraient, persuadés que leur nom faisait référence au fier coq gaulois, ainsi que l’avait dit le Père Grangeais à la jeune Camille Galin, qui avait eu le privilège de suivre quelques classes chez les Soeurs Bénédictines de la Charité. 

       Pour les Galin donc, il était clair et incontestable que leur apparence n’avait rien à voir avec une quelconque tare héréditaire, rien à voir avec une prédisposition congénitale à contracter tel ou tel microbe, parasite ou champignon. Elle était pour eux la conséquence d’une dure vie de labeurs, exposée aux intempéries les plus variées : sécheresse estivale, vents glacés, neige mordante, humidité des mortes saisons et vapeurs corrosives de la manufacture de textiles où travaillait presque toute la famille. 

       C’était en somme le lot de tous les habitants du bourg que d’être ainsi soumis à la morsure cisaillante de l’eau gelée, aux gifles cinglantes des giboulées ou à la cuisson anesthésiante du soleil. 

       Les Galin étaient simplement un peu plus marqués que les autres par le sceau des saisons et venaient au monde déjà abîmés, mâchés par on ne sait quel coup du sort, car au fléau qu’avait connu leurs ancêtres était venue s’ajouter une ribambelle de nouvelles épidémies et d’affections de peau toutes plus horribles les unes que les autres, comme le pityriasis, le lupus, la pellagre, l’érysipèle, la teigne, la plupart du temps fort contagieuses. 

       Là encore, pouvaient-ils se dire, qui alentour aurait pu se vanter de n’avoir pas sur le corps, le visage ou les mains, soit la cicatrice laissée par un anthrax, soit la peau grêlée par des restes de varicelle ou de variole très fréquentes à l’époque? 

       Leur apparence ne choquait donc pas grand monde car ils vivaient au milieu de physiques âpres, rugueux qui, au fil des ans, n’échappaient pas à la dégénérescence en raison d’une consanguinité de mauvais aloi. La famille Galin avait l’avantage d’être préparée à cette décrépitude contre laquelle les gens de leur condition ne pouvaient pas de toute façon se prémunir. Ainsi chacun d’entre eux parvenait à se consoler de cette infortune, puisqu’en fin de compte c’était le lot de tous. 

       Cela gênait cependant les filles qui avaient bien du mal à trouver à se marier, mais qui finissaient tout de même par rencontrer, lors des foires aux bestiaux ou des fêtes votives, plus laid et plus repoussant qu’elles. 

       Mis à part ces eczémas, ces impétigos et autres papules, elles avaient un visage régulier, un corps bien fait et ne souffraient pas comme les garçons de la famille de difformités osseuses. 

       Ainsi l’époux qui avait, en raison de son travail, lui aussi les mains calleuses, ne sentait-il pas, en touchant de ses doigts anesthésiés par les cals et par l’épaisseur de la couche cornée, les chairs granuleuses de sa compagne. 

       Il en allait de même pour les corps burinés par les éléments, de sorte que les attouchements, les caresses, les lentes et sensuelles approches n’avaient pas lieu d’être, et l’on allait droit au but, sûrs de trouver là des parties tendres, si tant est que celles-ci aient été épargnées par les chancres et les bubons. 

       De cela, évidemment, les habitants du bourg ne parlaient pas car les choses sexuelles étaient toujours tues, enfouies sous des tombereaux de secrets dus à une rigueur toute puritaine, les grandes guerres religieuses étant encore dans toutes les mémoires... Le seul à connaître leur véritable infortune était le médecin et encore lui cachait-on bien des choses car ces bougres ne se laissaient pas ausculter comme il l’aurait fallu. Et les Galin plus que tout autre.

    (A Suivre)

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    (Cette image de propagande assurant 
    que le travail dans les mines d'or
    était un vrai paradis ne convainquit personne)


    Des enfants travaillent encore 
    dans les mines d’or
    Mali 

       (...) L’organisation Human Rights Watch a publié un rapport très complet sur le sujet en décembre 2011 en réclamant des actions concrètes. Mais les autorités maliennes ont attaqué cette enquête à une conférence de presse en avril 2013, et ont rejeté les preuves, pourtant accablantes, rendant compte que des enfants travaillaient dans les mines du pays.

       « Le gouvernement du Mali devrait immédiatement prendre des mesures de lutte contre le travail des enfants dans les mines d’or, au lieu de nier son existence. Les déclarations du gouvernement font douter de sa volonté de faire cesser le travail des enfants », affirme Babatunde Olugboji, vice-directeur de programmes à Human Rights Watch. Il continue : « Les autorités du Mali devraient clairement exprimer leur engagement à aider les enfants à abandonner le travail de mineur et à avoir une éducation à la place. »

       Human Rights Watch a mené une recherche sur le terrain dans des mines d’or artisanales à Kéniéba et Kolondiéba en 2011, et a interviewé plus de 150 personnes pour son rapport. Des enfants entre 6 et 17 ans ont expliqué comment ils creusaient des puits, comment ils travaillaient sous terre dans des mines instables, comment ils portaient et écrasaient des minerais lourds, et comment ils utilisaient du mercure pour extraire l’or. C’est un travail dangereux qui est interdit selon la loi internationale et malienne.(...)

       (...) Pourtant lors d’une conférence de presse donnée le 10 avril, les cadres des ministères des mines, de l’intérieur, et de la justice ont exprimé leurs doutes quant à la réalité de cette situation. Le Colonel Allaye Diakité a aussi questionné la méthodologie de Human Rights Watch, émettant certains doutes quant à la source des photos de l’ONG qui montre ces enfants au travail. HRW se défend en affirmant qu’elle a utilisé ses propres photos, ainsi que d’autres provenant de photographes indépendants et qui appuient leur rapport. A noter que la National Broadcasting Corporation (NBC), une chaine de télévision américaine, a récemment montré des images illustrant le même fait de société dans un reportage à la tonalité accablante. Le gouvernement malien avait dans le passé reconnu l’existence de ces pratiques problématiques et avait conçu un plan pour lutter contre cette pratique. (...)


    %%%

    "Mais comment se fait-ce?
    - La Main de Dieu est très pénétrable...
    - Attention au blasphème!
    - P... Si on peut plus rigoler 
    sur la Religion, maintenant..."



    ILLUSTRATION BYHARRY ZELINSKIFOR THE SERIAL TOO MANY GHOSTS. 
    WRITTEN BY PAUL GALLICO. FROM JOHN BULL MAGAZINE, 
    WEEK ENDING 30TH JANUARY, 1960.

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    (Cette batterie solaire servait à...

    Heu... Servait à quoi, déjà?)


    La plus grande batterie au monde 
    de stockage des ENR en préparation
    Japon 

       (...) Depuis Fukushima, le Japon cherche sans relâche à réduire sa dépendance à l’énergie nucléaire. La bonne nouvelle, c’est que ce pays conduit cette démarche tout en refusant le retour aux énergies fossiles les plus polluantes. Le développement des ENR est donc la conséquence de cette politique avisée.

       Dernière initiative en date, la construction d’une immense centrale de batteries à Hokkaido. Avec 60 000 kW.h de capacité de stockage, cet ouvrage gigantesque qui devrait être mis en service à la fin de l’année prochaine, aura la tâche de réguler la distribution d’ENR. Hokkaido, la plus septentrionale des provinces japonaises, connaît un boom dans le solaire et l’éolien depuis l’introduction en juillet 2012 d’un tarif préférentiel garanti pour l’électricité générée de manière responsable. La batterie permettra de stabiliser la fourniture électrique affectée par les conditions climatiques variables.

       La démarche japonaise de développement des ENR s’accélère sur tous les plans. Chaque semaine apporte sont lot d’annonces. Reprise de l’investissement dans le géothermique, lois sur les tarifs préférentiels garantis, nouvelles technologies pour la régulation de la distribution d’électricité ‘propre’ : les bonnes nouvelles se succèdent et redonnent espoir aux défenseurs de l’environnement. (et la France?) (...)


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    Benoît Barvin

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  • °°°
    Pensées pour nous-mêmes:

    (NE PASSE PAS TA VIE
    A CHERCHER LE MAÎTRE)

    °°°
    "J'ai rien programmé, Nom de Diou...
    Y'a qu'cette machine, elle me pompe
    le ciboulot depuis un bon moment..."

    Bientôt une loi pour lutter 
    contre l’obsolescence programmée ?
    KARINE LE LOËT

       (...) Ce mardi (23 avril), le Sénat sera appelé à discuter d’une proposition de loi sur l’obsolescence programmée. En clair, la planification délibérée, par les industriels, de la mort d’un objet. Et ce, afin d’inciter les consommateurs à en acheter un nouveau, plus beau, plus à la mode. Déposée par le sénateur Jean-Vincent Placé (Europe Ecologie – Les Verts) le 13 mars, le texte vise à augmenter la durée de vie des produits. Mais comment donc ? 

       En augmentant graduellement la durée légale de conformité des produits établie par le Code de la consommation de deux ans à cinq ans d’ici à 2016. « La plupart des produits sont fiables pendant au moins cinq ans, les fabricants ne devraient donc pas être particulièrement pénalisés par cette mesure. L’allongement de la durée de garantie peut même constituer un avantage concurrentiel », souligne le texte. La proposition de loi propose aussi une mise à disposition de pièces détachées pendant une période de dix ans et une meilleure information sur les possibilité de recyclage du produit usagé.

       Et si c’était un mythe ? Il était temps. Car la mort planifiée se décline sous de multiples formes, comme le souligne le Centre européen de la consommation (CEC) – une association franco-allemande qui œuvre pour la protection des droits des consommateurs en Europe – dans son étude (PDF). Là, il répertorie les différentes formes d’obsolescence : technique (un appareil tombe en panne et est irréparable), par péremption (des produits alimentaires affichés comme bons à jeter alors qu’ils sont encore consommables), esthétique (c’est la mode qui rend l’objet caduc), ou encore écologique (on envoie au garage sa titine pour une nouvelle voiture qui consomme moins). 

       Conclusions du rapport : pour chaque appareil acheté, le consommateur devrait pouvoir connaître « la durée de vie de l’appareil », « la réparabilité de l’appareil et la durée de disponibilité des pièces détachées et accessoires », « l’impact environnemental du produit » et recevoir « une incitation au recyclage de l’ancien appareil ». Une transparence que promet en partie la proposition de loi de Jean-Vincent Placé.

       Mais responsabiliser les industriels ne fera pas tout. Le citoyen a aussi sa part à accomplir, assurait en novembre dernier dans nos colonnes, Damien Ravé, le fondateur du site Commentreparer.com : « En fin de chaîne, l’acte d’achat est toujours accompli par le consommateur. Il peut évoquer la manipulation, la dissimulation, l’absence de choix, mais est-il prêt à croire qu’il n’a aucune responsabilité dans la qualité des produits qu’il achète ? (…) L’obsolescence programmée est peut-être bien un mythe affirme même l’économiste Alexandre Delaigue On peut expliquer la durée de vie réduite de nos appareils beaucoup plus simplement : par leur faible prix. » (...)



    °°°
    "Qu'est-ce que tu fais?
    - Je m'aère la tête"


    °°°
    "Je cherche des citoyens prêts à m'aider...
    En connaissez-vous?"


    La République
    JANET-LANGE
    (1815-1872)

    La proportionnelle a bon dos. 
    Roger Martelli répond à Jacques Julliard
     Roger Martelli

       (...) Dans le dernier numéro de Marianne, Jacques Julliard se lance dans une diatribe contre Mélenchon et le Front de gauche. « Une stupidité, la VIe République », assène-t-il en titre. Pourquoi ? Parce qu’elle réintroduirait la représentation proportionnelle. Il a tort. Ce qui est stupide est de laisser les institutions en l’état. Ou de penser que l’on peut les améliorer en respectant leur esprit. Jacques Julliard se trompe doublement.

       Il se trompe d’abord sur le constat historique. Ce qui a tué la Quatrième République, ce n’est pas la représentation proportionnelle. Ce sont les guerres coloniales et, plus encore, la guerre froide. Pour une raison toute simple : la guerre froide tend à substituer, au conflit de la droite et de la gauche, celui de l’Est et de l’Ouest. À gauche, le Parti communiste est durablement isolé ; à droite, le parti du général de Gaulle, le Rassemblement du Peuple français, refuse toute alliance avec le « régime des partis ». Or le total des deux partis « hors système » approche alors la moitié du corps électoral. Pour constituer des majorités, il semblait alors qu’il n’y avait pas d’autre solution que de rassembler une partie de la gauche et une partie de la droite. Comment, sur cette base, les majorités peuvent-elles être stables, quel que soit le mode de scrutin ? 

       La République n’a pas souffert d’un mode de représentation qui empêchait la formation de majorité, mais de ce que les majorités du centre tuent la gauche dans ses valeurs et donc dans sa dynamique. De quoi peut mourir la gauche aujourd’hui ? De ce qu’elle se positionne au centre, au nom des contraintes de la « gouvernance ». De quoi peut mourir la République ? De ce que la droite est trop à droite pour la respecter et de ce que la gauche n’est pas assez à gauche pour la défendre.

       Julliard se trompe par ailleurs sur le constat présent. Si la crise est à la fois économique, sociale, politique et morale, c’est que nous subissons les effets d’une trentaine d’années dominées à la fois par la logique économique de l’ultralibéralisme et par la méthode technocratique de la gouvernance. Le pouvoir de décider s’est concentré, la représentation s’est affaiblie, les citoyens se sont sentis écartés. Or c’est l’esprit même des institutions, son présidentialisme et son tropisme bipartisan qui ont généré cette dépossession. 

       Si l’on veut se sortir de la crise, il faut se sortir de cette logique-là. Si la Cinquième République se limitait au changement de mode de scrutin, je comprendrais à la rigueur les doutes qui s’expriment. Mais qui propose de s’en tenir à cela ?

       Le fond de la crise est dans le gouffre qui sépare désormais la société et les institutions politiques. Les citoyens ont le sentiment qu’ils ne sont pas représentés ; ils ont le sentiment que les choses leur échappent de plus en plus. Comment combler ce gouffre ? En améliorant la représentation tout d’abord : en rendant possible une correspondance visible entre les représentants et les représentés, en n’écrasant pas les opinions minoritaires jusqu’à les nier, en déprofessionnalisant la politique, en accélérant la rotation des responsabilités publiques, en élargissant la citoyenneté. Les citoyens se sentent mis à l’écart ? 

       Multiplions les occasions de les associer, de les solliciter, de les impliquer directement, dans l’élaboration de la loi, dans la gestion des biens communs, dans les choix les plus décisifs, nationaux ou supranationaux. Améliorons la représentation et ouvrons la voie à une démocratie d’implication, à la fois politique, économique et sociale. (Les technocrates de Bruxelles sont-ils d'accord?) (...)

    Lire sur:

    °°°
    Luc Desle

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  • @@@
    Pensées pour nous-mêmes:

    (LE CHEMIN DE LA VÉRITÉ
    N'EST PAS DE CE MONDE)

    @@@

    (Parmi cette assemblée se dissimule un homme.
    A toi de le découvrir)


    le Hamas interdit la mixité à l'école 
    dès l'âge de neuf ans 

    GAZA (Territoires palestiniens
       (...) Une loi interdisant aux garçons et aux filles de plus de 9 ans de fréquenter les mêmes écoles dans la bande de Gaza est entrée en vigueur, a annoncé lundi le ministre de l'Education (éducation!) du Hamas, qui contrôle cette région.
       Ce texte, promulgué le 10 février puis approuvé par le conseil législatif du Hamas, est appliqué depuis dimanche, a précisé le ministre Ossama Mazini lors d'une conférence de presse. Un des articles de cette loi "interdit de mélanger les élèves des deux sexes dans les établissement scolaires après l'âge de neuf ans" (pourquoi 9?).
       Le mouvement islamiste Hamas a imposé des lois religieuses conservatrices dont une impose aux jeunes filles d'âge scolaire de revêtir de longues robes traditionnelles ainsi que de porter des foulards sur la têteLa nouvelle loi interdit également de "recevoir des cadeaux ou des aides visant à une normalisation (des relations) avec l'occupation sioniste (Israël)".
       Le Hamas gouverne la bande de Gaza depuis juin 2007, à la suite d'une victoire en janvier 2006 aux dernières élections législatives palestiniennes face au Fatah, du président de l'Autorité palestinienne, qui contrôle une partie de la Cisjordanie occupée. (...)
    @@@

    (Oeil de Dieu cherchant à voir des femmes non voilées...
    Mais dans quel but?)

    Lord of Light


    @@@

    "Comment ça, mon masque 
    n'aurait pas une couleur islamique?"


    Peut-être la fin des décapitations 
    en Arabie saoudite par manque 
    de coupeurs de têtes

       (...) L’Arabie saoudite pourrait (admirons le conditionnel) en finir avec la décapitation par sabre... par manque de coupeurs de têtes, relaye Ahram Online, site web en langue anglaise du quotidien égyptien Al-Ahram, selon des informations publiées par le journal saoudien Al-Youm

       Un comité composé de représentants des ministres de l’Intérieur, de la Justice et de la Santé s’est réuni afin de considérer l'éventuel remplacement de la décapitation par sabre par un peloton d’exécution pour les exécutions publiques. La raison en est essentiellement pratique: un manque de bourreaux disponibles maîtrisant le sabre.

       Selon des sources citées par le quotidien Gulf News«Ils ne sont pas disponibles partout rapidement et dans certaines occasions, des exécutions ont été marquées par la confusion parce que le bourreau était en retard […], provoquant des troubles et le déclenchement de spéculations et rumeurs.»

       L'Arabie saoudite est le pays qui applique la charia de la manière la plus dure. Selon sa stricte interprétation de la loi islamique, le viol, le meurtre, l’apostasie, le vol à mains armées ou le trafic de drogues sont punis par la peine de mort.

       Le comité a affirmé que ce changement, s’il est officiellement entériné, ne violerait pas la charia, autorisant les chefs ou émirs des 13 régions administratives à utiliser la mort par fusillade si nécessaire.

       Amnesty International recense que depuis le début de l’année 2013, 17 personnes ont été exécutées. Le nombre d’exécutions s’élèverait à au moins 82 personnes en 2011 et 2012. Human Rights Watch en a dénombré 69 en 2012. L’Arabie saoudite est le seul pays au monde à pratiquer la décapitation.


    @@@
    Luc Desle

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    Pensées pour nous-mêmes:

    (LE TEMPS N'A PAS DE PASSÉ.
    IL N'EST QUE FUTUR)

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    "Frères Humains, je veux être votre guide!"


    Evolution : 
    "Nous avons besoin de guides"

    PROPOS RECUEILLIS PAR GÉRALD

       / Le Vif/L'Express : Comment les traits liés à la sélection naturelle s'expriment-ils aujourd'hui dans un monde qui a fondamentalement changé ? 

       - Christian de Duve : Je vois le monde en biologiste, pas en philosophe. Mon guide, c'est Charles Darwin. La théorie de la sélection naturelle apporte une illumination permanente sur le monde. Comment la définir ? A partir de formes différentes nées par hasard, c'est l'émergence de celles qui sont le mieux adaptées à survivre et à se reproduire dans les circonstances existantes. Nous sommes le produit de cette sélection naturelle. 

       Nos lointains ancêtres, il y a quelque 100 000 ans, vivaient en petites bandes de 30 à 40 individus, qui avaient comme seuls buts de survivre et de se reproduire. Le premier trait génétique qui va permettre la survie est l'égoïsme de groupe, impliquant une solidarité en son sein. Mais, entre elles, ces bandes se disputaient les meilleurs terrains de chasse, les plantations les plus riches, les endroits les mieux protégés, les femelles les plus désirables. Dès lors ont émergé d'autres traits génétiques, l'hostilité et l'agressivité entre groupes. Ces traits génétiques imprimés dans notre génome n'ont pas beaucoup changé. Aujourd'hui encore, on retrouve le même héritage. Seule la nature des groupes a changé. 

       La sélection naturelle se contente de laisser émerger ceux qui sont le plus capables de le faire. Elle agit dans le présent, ne connaît pas l'avenir, ne prévoit rien. Or vous, moi et nos semblables sommes les seuls êtres vivants à pouvoir agir contre la sélection naturelle et à pouvoir suppléer à ce qu'elle ne fait pas : prévoir les répercussions de certains événements, prendre des décisions en conséquence et agir en fonction de celles-ci. Même au prix d'un mal présent pour un meilleur futur. 

       / L'homme étant le seul à avoir la faculté d'agir contre la sélection naturelle, pourquoi ne s'est-il pas débarrassé des aspects négatifs de celle-ci ? 

       - Corriger ces traits par ingénierie génétique est hors de question pour le moment. Nous n'avons pas les moyens techniques de modifier nos gènes et, même si nous les avions, nous ne saurions pas quel morceau d'ADN enlever et par quel morceau le remplacer. Nous ne pouvons agir qu' « épigénétiquement », en jouant sur ce qui s'ajoute au génétique et éventuellement le supplante mais ne le change pas. Nous pouvons agir par l'éducation. Qui dit éducation dit éducateurs. Qui va éduquer les éducateurs ? Ma conclusion est que nous avons besoin de guides. Un de ces guides est Jésus. Pour moi, Jésus est un homme, comme ces autres guides que sont Bouddha et Confucius. Jésus a aussi été un rebelle, un révolutionnaire, un prophète. Mais son enseignement principal va précisément à l'encontre de nos caractères génétiques. 

       A l'hostilité entre groupes, il substitue l'amour et le pardon. Il s'élève contre la poursuite effrénée du profit, contre l'emploi des armes. Ce message-là est exactement celui dont nous avons besoin. Je l'appelle le message «jésuiste», à l'image des messages bouddhiste et confucianiste, qui lui sont parallèles. Je ne l'appelle pas message chrétien, que je n'aime pas parce que ce terme englobe toute une mythologie. Pour moi, le message de Jésus est celui d'un sage, mais strictement humain. Message que l'on a transformé au cours du temps (une théorie...) .(...)

    Suite sur:


    Christian de Duve EN 6 DATES

       2 octobre 1917 Naissance à Thames-Ditton, en Angleterre. 1941 Diplôme de médecine de l'UCL, diplôme de chimie en 1946. 1960 Lauréat du prix Francqui. 1974 Prix Nobel de physiologie ou de médecine, en compagnie d'Albert Claude et de George Emil Palade, pour sa découverte des lysosomes et des peroxysomes. 2002 Publie A l'écoute du vivant (Odile Jacob) 2009 Génétique du péché originel : le poids du passé sur l'avenir de la vie (Odile Jacob)
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    "Comment ça, j'ai l'air d'une dinde?
    C'est un propos fâcheusement 
    non politiquement correct, attention..."

    Betty Blythe by Kenneth Alexander c.1926 

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    L'austérité nuit gravement à la santé
    Avec Belga

       (...) "Un scénario possible et qui menace les progrès constants faits en matière d'espérance de vie en Europe consisterait à ce que des crises économiques ou sociales soient couplées à des réductions des dépenses de santé", estime l'OMS dans son rapport sur l'Europe, qui porte sur 53 pays. 

       L'organisation souligne aussi que si la situation sanitaire s'est améliorée en Europe, les disparités restent grandes d'un pays à l'autre. 

       En Espagne, pays où l'espérance de vie est la plus élevée en Europe, on vit en moyenne jusqu'à 82,2 ans, alors qu'au Kazakhstan, en bas de l'échelle, l'espérance de vie n'est que de 68,7 ans. 

       Selon l'OMS, l'Europe abrite neuf des dix pays avec l'espérance de vie la plus élevée du monde, même si le continent a les taux plus importants de consommation d'alcool et de tabac. 

       L'augmentation de l'espérance de vie s'explique en partie grâce à la régression de certaines maladies, notamment cardiaques, et l'amélioration des conditions de vie, selon le rapport de l'OMS, publié tous les trois ans. 

       L'espérance de vie varie aussi énormément selon les sexes: elle est de 80 ans en moyenne chez les femmes, et de 72,5 ans chez les hommes. "En 2010, les hommes n'avaient pas atteint l'espérance de vie moyenne des femmes en 1980", selon Ritu Sadana.

       En Belgique, l'espérance de vie à la naissance était de 80,35 ans en 2011 (77,75 ans pour les hommes et 82,85 ans pour les femmes) selon les chiffres du SPF Economie.


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    Benoît Barvin

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  • µµµ
    Pensées pour nous-mêmes:

    (LA TRAVERSÉE DES APPARENCES
    DURE TOUTE UNE VIE)

    µµµ

    "Snif... Tous ces kids... Snif...
    qui ne pourront pas utiliser
    nos nouvelles armes d'assaut...
    Quel gâchis"


    Obama lâché par les sénateurs 
    sur l'interdiction des armes d'assaut

       (...) Après la tuerie qui avait coûté la vie à 20 enfants et six adultes le 14 décembre 2012 dans l'école de Newtown (Connecticut), Barack Obama, avait fait de l’interdiction des armes d’assaut l’une de ses mesures phares.

       Le président américain va pourtant devoir renoncer à ce projet. Les élus démocrates au Sénat ont en effet décidé d’abandonner ce texte. Le chef de la majorité démocrate, Harry Reid, a confirmé, mardi 19 mars, qu’il ne disposait pas du soutien nécessaire à la défense du texte. "À l’heure actuelle, si l’on se réfère aux chiffres les plus optimistes, cette amendement dispose de moins de 40 votes", sur les 100 élus que compte le Sénat, a-t-il déclaré.

       Pour garantir l’adoption des mesures les moins controversées, comme le renforcement des contrôles concernant les antécédents des acheteurs et de nouveaux crédits pour renforcer la sécurité dans les écoles, les sénateurs démocrates ont choisi de scinder les propositions de Barack Obama. Le texte sur l’interdiction des armes d’assaut sera soumis au vote indépendamment sous la forme d’un amendement, qui devrait être rejeté.(...)

       À l’annonce de cet échec, la sénatrice démocrate de Californie, Dianne Feinstein, à l’origine du texte, n’a pas caché sa déception. "Vous savez sur ce sujet, les ennemis sont très puissants, je l’ai su toute ma vie", a-t-elle confié aux journalistes.

       Pour Alan Gottlieb, vice-président exécutif de la Fondation pour le Deuxième amendement (qui garantit le droit de porter des armes) , cette capitulation n’est pas non plus une surprise. Elle s’explique, selon lui, par un simple calcul électoral. "Beaucoup de démocrates ne veulent pas avoir à affronter les prochaines élections en ayant voté pour ça", a-t-il affirmé à l’AFP.

       Le texte controversé aurait interdit dans tout le pays la fabrication, l’important et la vente de 157 modèles de fusils semi-automatiques de type militaire, dits "d’assaut", dont celui utilisé par Adam Lanza, le tueur de la fusillade de Newtown. Seuls sept États et la capitale fédérale Washington interdisent pour l’instant ces armes.

       Malgré ce recul sur l’interdiction des fusils d’assaut, les associations qui militent depuis des années pour le renforcement de la législation affirment qu’elles vont continuer à ce battre. L'une des plus influentes  The Brady Campaign to Prevent Gun Violence, a déclaré dans un communiqué qu’il "gardait espoir dans la série de réformes lancée par le président". (Elle est bien la seule...) (...)


    µµµ

    "Bwana, Ben Sahib, vous z'allez pas m'enfermer
    à Abu Ghraib, hein? Siouplaît...
    - Abu quoi? Je ne sais pas de quoi
    tu parles, petit homme..."


    µµµ

    "Hi, les boys, y'a des z'autochtones qui nous zieutent...
    - Faites comme si de rien n'était...
    - Et s'ils nous font un salut?
    - Vous tirez dans le tas."


    Ces entreprises qui ont prospéré 
    sur le dos de la reconstruction en Irak

       (...) Dix ans après la guerre en Irak, la société américaine de construction, d'ingénierie et de milice privée KBR apparaît comme le grand gagnant des sommes considérables investies par les États-Unis pour reconstruire le pays. Cette ancienne filiale de Halliburton - le géant de l’exploitation pétrolière dirigé jusqu’en 2000 par Dick Cheney, l’un des principaux conseillers du président Georges W. Bush - a reçu depuis 2003 plus de 39 milliards de dollars des autorités américaines, d’après une enquête du quotidien britannique le “Financial Times” publiée lundi 18 mars.

       Contacté par le quotidien britannique, KBR, qui n’a pas nié le montant des sommes, a souligné que la société avait agi “avec honneur et sens du sacrifice dans un environnement hostile”. Le groupe a rappelé qu’il avait servi en Irak un milliard de repas et produit plus de 94 milliards de litres d’eau potable.

       Très loin derrière KBR, deux entités du Koweït - le groupe de logistique Agility Logistic et la compagnie nationale de pétrole Kuwait Petroleum Corporation - occupent la deuxième et troisième place du Top 10 des heureux bénéficiaires du programme de reconstruction.

       Au total, Washington a dépensé pas moins de 138 milliards de dollars en une décennie pour financer la reconstruction et la sécurité en Irak, affirme le "Financial Times", qui a pu éplucher l'ensemble des contrats publics négociés durant cette période. Une somme colossale, qui pourrait l'être davantage. Le quotidien reconnaît, en effet, qu’il était parfois difficile d’identifier certaines sociétés qui se sont donné du mal pour brouiller les pistes en utilisant des noms différents.(...) 

       Des chiffres qui reflètent à quel point l’Irak après l’invasion américaine de 2003 s’est transformé en gros gâteau que se sont partagées quelques sociétés privées. “Aux alentours de 2005 - 2006, il y avait plus d’employés de ces groupes privés que de soldats américains en Irak”, rappelle le "Financial Times".

       “Ces données sont choquantes et rappellent à quel point l’argent des contribuables américains a été mis à contribution dans des projets qui n’ont, au final, pas fait grand chose pour améliorer la situation sur place” (Ça n'est pas possible!!!), a souligné au "Financial Times" Claire McCaskill, une sénatrice américaine du parti démocrate qui milite pour encadrer plus strictement ce type de contrats.

       Car l’utilisation de ces fonds publics par des société privées n’en finit pas de nourrir la polémique aux États-Unis, à l’heure où le pays traque les économies. Fraudes, gaspillages et absence de suivi des contrats : telles sont les conclusions du rapport final de l’inspecteur américain pour la reconstruction en Irak, Stuart Bowen, qui a été soumis au Sénat américain le 6 mars 2013. (...)

       Le général Bowen rappelle, dans ce document, qu’en 2005 les États-Unis dépensaient en moyenne 25 millions de dollars par jour en Irak. Il n’existe pourtant aucune trace écrite de la finalité de ces sommes distribuées aux Irakiens et aux sociétés privées, indique le rapport. Certaines entreprises n’ont pas hésité à surévaluer grossièrement le prix de fournitures livrées à l’armée et aux autorités américaines. Une société basée à Dubaï a ainsi facturé des stocks d’interrupteurs et de matériel de plomberie de 3 000 à 12 000 % plus cher que les prix du marché, souligne Stuart Bowen.

       Le scandale des maltraitances américaines à la prison d’Abu Ghraib fin 2003 a également eu d’importantes conséquences financières, d’après le rapport. Face à l’hostilité de la population locale, les États-Unis ont dû allouer des milliards, prévus initialement à la reconstruction des infrastructures du pays, à la sécurité des militaires.

       Mais le pire, d’après le général Stuart Bowen, est que l’administration américaine ne semble pas avoir appris de l’expérience irakienne. Il n’existe toujours pas d’autorité unique aux États-Unis pour superviser les dépenses publiques liées aux efforts de reconstruction ou d’accompagnement des conflits armés. Une absence qui, d’après le rapport, laisse la porte ouverte à de futurs abus et gaspillages. (Laisser faire le capitalisme qui se règle de lui-même, qu'ils disaient... On voit comment) (...)


    µµµ
    Benoît Barvin

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  • ***
    Pensées pour nous-mêmes:

    (LA LIBERTÉ NE S'USE QUE SI
    L'ON NE S'EN SERT PAS)


    ***
    « Nous n’avons qu’une liberté : 
    la liberté de nous battre 
    pour conquérir la liberté... »

    Henri Jeanson 
    Dialogue du film de Julien Duvivier 
    "La fête à Henriette "



    "Mon corps m'appartient 
    et il n'est l'honneur de personne"

    Yüsra N. M'hiri 

       (...) Depuis lundi 11 mars, des photos circulent sur les réseaux sociaux où Amina, lycéenne concourant pour le bac cette année, s'affiche seins nus, inscrivant sur son torse ce slogan qui a valeur de programme: "Mon corps m'appartient et il n'est l'honneur de personne".

       En quelques jours, la page Facebook [créée le 1er mars], "Femen-Tunisian Fanpage", a collecté plus de 4 000 commentaires. Certains la soutiennent et la défendent avec beaucoup de conviction et d'énergie. D'autres la couvrent d'insultes et la traitent de tous les noms, choqués par son acte, qu'ils qualifient de vulgaire et d'extrémiste. (...)

       Amina ne comprend pas l'indignation de certains : "Nous voyons souvent des hommes torse nu à la plage, cela ne choque personne, alors il en va de même pour nos actions. Ce n'est nullement de la provocation, mais une simple action pour prôner la liberté de la femme, explique-t-elle dans l'émission ''Labes'', samedi 16 mars, sur Ettounissia TV [chaîne privée].

       Et d'ajouter : "On n'enlève pas nos hauts pour des raisons sexuelles, nous les Femen, nous avons le courage de crier haut et fort nos revendications pour libérer la femme."

       Amina se demande pourquoi les Tunisiens s'indignent uniquement face à son corps nu. Elle souhaite que la femme soit vue pour ses idées et non pas seulement pour son corps (y'a du boulot, Amina...) . Elle explique que le corps de la femme n'appartient qu'à elle et à nul autre, ni son père, ni son frère, ni son mari. Il aurait été préférable de s'indigner par rapport à la situation de la femme tunisienne, harcelée, agressée et parfois même violée, pense-t-elle.

       Suite aux différentes attaques, accusations et menaces dont elle ne cesse de faire l'objet, la jeune femme a tenu à s'expliquer sur le fait qu'elle ne souhaite en aucun cas offenser les Tunisiens et Tunisiennes. Son acte vise seulement à défendre les droits de la femme.(...)

       Selon des juristes, la jeune femme risque 6 mois de prison pour atteinte à la pudeur. Sur les réseaux sociaux, elle a été de nombreuses fois menacée de mort, notamment par des internautes proches de la mouvance islamiste. Elle a reçu, jusque là, très peu de soutien de la part des féministes tunisiennes, qui ne comprennent pas forcément son acte, surtout en cette période de combat contre l'obscurantisme rampant.(...)
    Lire la suite sur:

    ***
    "J'aime bien quand vous portez une robe transparente...
    et quand le soleil vient subrepticement par derrière...
    - Ah bon? Et pourquoi?"

    Leslie Langille Benson, The Lovers, 1921

    ***
    « Si tous les cornus d’Europe 
    portaient lampions, ô miséricorde, 
    quelle illumination. »
    Albert Cohen 
    Extrait de "Belle du Seigneur"

    ***
    "Pas besoin d'armes, les gars. Suffit simplement
    que vous disiez que vous venez de la part de l'UE"


    Mac on cyprus bail out. This cartoon by Mac from the Daily Mail

    ***

    CHYPRE :
    Nous ne sommes pas les idiots de l’Europe
    Frixos Dalitis
    Traduction : Alexia Kefalas

       (...) Depuis samedi matin, je sens une énorme colère monter en moi. Ce n'est pas seulement à cause de la taxe sur les comptes en banque (je n'ai pas d'argent à perdre). Mais c'est surtout parce que j'ai l'impression d'avoir été pris pour un imbécile, encore une fois. Je suis, comme n'importe quel citoyen de ce pays, victime d'une arnaque.

       D'un côté, je dois payer les pots cassés par les dirigeants chypriotes et de l'autre, je dois subir le "jeu politique" de nos partenaires européens. Mais, comme le disait le poète Eschyle, "il n'y a pas plus terrible que la colère d'un peuple qui grogne". Sauf que dans notre cas, le peuple a dépassé le stade de la grogne. Même la patience du peuple le plus bienveillant a ses limites. Et quand on les dépasse, la colère déborde et peut tout balayer sur son passage.

       Dans ce cas précis, c'est ce qui va se passer. Tous ensemble, en tant que peuple digne et doué de conscience, nous devons sortir dans la rue et dire avec toute la force de notre âme que nous ne sommes pas des idiots. Nous devons crier de toutes nos forces : "Ca suffit !"(...) 

       Sur le fond, il n'y a pas besoin d'avoir un master en économie pour comprendre ce qui va se passer. La grande majorité des gens sont touchés personnellement. De la mamie qui a réussi tant bien que mal à économiser cinq ou dix mille euros, jusqu'au salarié qui mettait de côté chaque mois un peu d'argent pour que son enfant fasse des études plus tard.

       Et même pour celui qui a des millions en banque, le problème est que, comme il en a "beaucoup", et bien on va lui en prélever un peu. Nous savons très bien ce que cela signifie. Les grands épargnants vont mettre leur argent ailleurs, au grand dam de l'économie locale. Ce qui ne manquera pas de se traduire par de nouveaux licenciements, des faillites de PME… On connaît la suite.

       Mais ce qui ressort de cette affaire, est la faillite de la confiance du peuple envers l'Europe. Ce n'est pas de cette Europe dont nous rêvions, ce n'est pas de cette Europe que nous voulons. Car dans notre Europe, il n'y aurait pas de place pour ce genre de comportement. (...)


    ***
    Benoît Barvin

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  • °°°
    Pensées pour nous-mêmes:

    (LE SOURIRE EST LA PORTE
    DE L’ÂME)

    °°°
    "Tu n'es pas indien?
    - Non, gay...
    - Ouf, tu me rassures..."



    Couple : 
    les amours impossibles

       (...) On connaît la chanson, elle est vieille comme le monde. Deux jeunes gens tombent amoureux mais tout les oppose : leur pays, leur religion, leur clan. Les plus grandes œuvres sont nées de ces tragédies intimes, deL’Iliade à Roméo et Juliette en passant par Heer Ranjha en Inde. Mais que se passe-t-il maintenant que les Etats et la géopolitique s’en mêlent ? Eh bien, on continue à se battre pour s’aimer, et parfois, comme en Inde, on saisit la justice (voir plus bas).

       En Israël (Lire cet article) et aux Etats-Unis (Lire cet article), on en vient à se cacher, on essaie en même temps de mobiliser l’opinion. Les risques peuvent être grands et l’attente longue, comme pour ce couple écartelé entre la Norvège et le Liban qui a dû attendre une quinzaine d’années pour être réuni (Lire cet article). Mais, heureusement, les histoires d’amour ne finissent pas toujours mal. (...)

    (...) (Inde)

       (...) Au début, leur relation était professionnelle : il y a sept ans, la Pakistanaise Masooma Syed et l’Indien Sumedh Rajendran ont créé une résidence d’artistes à New Delhi. Quand ils ont commencé à éprouver des sentiments l’un pour l’autre, ils se sont débrouillés pour passer du temps loin de leur région d’origine, à Manchester, à New York ou au Sri Lanka. C’est là qu’ils ont contracté un mariage bouddhiste, court-circuitant leurs religions respectives. Deux ans plus tard, ils officialisaient leur union par un mariage civil devant un tribunal de New Delhi. Finalement, la femme de Lahore et l’homme du Kerala ont installé leur couple près de New Delhi. “Qu’on se réveille ici ou à Lahore, la vie est la même”, affirme Masooma, 39 ans, qui se sent désormais chez elle. 

       Depuis la création du Pakistan, en 1947, les mariages entre Indiens et Pakistanais ont toujours existé. Ce qui est nouveau, c’est que ces unions ne sont plus étroitement encadrées par la famille ou la communauté. Ces couples qui se rencontrent pendant les vacances, dans une université étrangère, au travail ou même sur la Toile ne se laissent plus décourager par le fait que non seulement ils sont originaires de pays en conflit prolongé mais qu’ils ne partagent ni la même langue, ni le même environnement, ni la même religion. 

       La plupart des couples indo-pakistanais préfèrent pourtant vivre dans des pays tiers, même si un nombre non négligeable d’entre eux choisissent la voie plus difficile en s’installant sur le sous-continent. Cela les amène à se rendre compte que la principale difficulté dans leur vie de couple mixte n’est pas de se faire des amis, de s’adapter à une nouvelle culture ou de gagner la confiance d’une belle-mère. Leur problème, ce sont plutôt les Etats et les implacables régimes de visas en vigueur dans les deux pays, qui ne font aucune concession aux histoires d’amour transfrontalières. (...)



    °°°
    "Si je m'occupe bien de cette réfugiée?
    Que je veux! Elle a droit à une
    nouveau carton chaque semaine..."



    °°°
    "8... 9... 10: Out!"




    (Le méchant banquier de Wall Street 
    venait de se prendre une terrible gauche...
    dans mes rêves, hélas)

    °°°
    Face à Wall Street, 
    finies les gentillesses (?)
    Matthew Yglesias

       (...) La Securities and Exchange Commission (SEC) s’apprête à accueillir un nouveau shérif. Ancienne procureure fédérale du District sud de New York (soit, en gros, Manhattan), Mary Jo White a été choisie fin janvier pour remplacer Mary Shapiro à la tête de la SEC. Et les débats n'ont pas tardé: cette nomination doit-elle être lue comme un signe d'une plus grande sévérité ou, au contraire, d'une plus grande complaisance à l'égard de Wall Street?(...)

       (...) Le problème, c'est que White a perdu son poste de procureure avec l'investiture de George W. Bush, pour entrer dans le privé en tant qu'avocate pénaliste. Et être avocate pénaliste à Manhattan, un emploi socialement respectable et financièrement rémunérateur, cela implique tout un tas de clients issus de Wall Street et une bonne dose de virulence contre une régulation financière gouvernementale jugée trop excessive. (...) 

       (...) Mais au lieu de se demander qui est la «vraie» Mary Jo White et de craindre d'éventuels renvois d'ascenseurs, mieux vaut comprendre que l'impact d'une expérience professionnelle dans le secteur public est plus qu'équivoque. L'ancien Secrétaire du Trésor, Timothy Geithner, avait globalement tous les antécédents professionnels que les anti Wall Street estiment nécessaires chez un régulateur financier. Quasiment toute sa carrière s'était déroulée dans le secteur public et son passage dans le privé n'avait impliqué aucun lien direct avec les grandes institutions financières.(...)

        (...) Jusqu'à présent, on peut dire que l'administration Obama a cherché à ménager la chèvre et le chou. Le président a voulu réviser de fond en comble le système de régulation, et a créé une nouvelle agence fédérale, le Consumer Financial Protection Bureau (CFPB). Mais tout en élaborant les règles de demain, le gouvernement s'est engagé sur la voie du sauvetage et de la réparation du système. Soit beaucoup de renflouages et de souplesse réglementaire, et pas des masses de sanctions.

        L'ère Geithner aura permis de mettre fin à la panique financière, et ce genre d'exploit ne s'obtient pas en bourrant les prisons de patrons de banques. Dans un récent numéro, l'émission Frontline soulignait l'absence remarquable de poursuites pénales fédérales liées à la crise financière. Lanny Breuer, futur ex directeur de la division criminelle du Département de la Justice, y sortait l'excuse pathétique que de tels dossiers sont difficiles à monter. Ce qui est vrai, mais son équipe est loin de s'être foulée pour les monter.

       Avec une nouvelle présidente de la SEC, un nouveau Secrétaire du Trésor, une vacance à la division criminelle et des sénateurs républicains faisant tout leur possible pour dissoudre le CFPB, il est temps pour Obama d'y aller franco.(...)

    Lire l'article sur:


    °°°
    Benoît Barvin

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  • °°°
    Pensées pour nous-mêmes:

    (TES PENSES BUTINENT
    LA BEAUTÉ DU MONDE)

    °°°

    "Ouah! Trop facile la réponse... Je gagne quoi?"

    °°°

    Les éditocrates contresignent 
    l’accord MEDEF-CFDT
     Frédéric Lemaire

       (...) Le 11 janvier, les organisations patronales et trois syndicats (CFDT, CFE-CGC et CFTC) ont conclu un accord sur la prochaine réforme du marché du travail, au terme d’une négociation commencée en octobre dernier. L’enjeu était important, puisque le gouvernement avait annoncé qu’un éventuel accord entre « partenaires sociaux » serait transcrit dans la loi. 

       Dans la presse, la signature de l’accord a été quasi-unanimement acclamée. Pour les habituels prescripteurs d’opinion l’accord serait « gagnant-gagnant », « audacieux », ou encore « une bouffée d’air au dialogue social »… Pourtant le texte est loin de faire l’unanimité, notamment parmi les syndicats .

       Compte tenu de l’importance et de la technicité du texte, un véritable travail d’information aurait été bienvenu, explicitant les subtilités de l’accord et les positions en présence. Mais, c’est hélas coutumier, l’information a cédé le pas au copié-collé des « éléments de langage » du gouvernement ; et aux commentaires, opinions, parti pris des éditocrates, qui, en toute suffisance, s’autoproclament juges de la « démocratie sociale »…

       « Plus de souplesse aux entreprises » et « plus de protection aux salariés », c’étaient les termes du gouvernement pour qualifier la réforme du marché du travail censée résulter des négociations entre organisations patronales et syndicales, lancées le 4 octobre 2012. Cette présentation de la réforme suggère qu’elle opèrerait un équilibre délicat, « gagnant-gagnant », entre les intérêts des entreprises et ceux des salariés – selon des termes (« souplesse », « protection ») qui fleurent bon l’agence de com’.

       Que le gouvernement communique autour d’une de ses initiatives est une chose. Que les médias en reprennent unanimement les « éléments de langage » en est une autre… Car depuis l’AFP jusqu’à Reuters, Libération ou le Figaro, en passant par France Inter, RTL, France Télévisions, c’est la même rengaine : la réforme qui devrait résulter des négociations promet « plus de souplesse aux entreprises, et plus de protection aux salariés » (...) 

       Les éditorialistes, quant à eux, sont unanimes. « Un accord (presque) historique » titre Le Monde, pour qui « l’accord […] a l’imperfection de tous les compromis, mais il est équilibré, gagnant-gagnant » (12 janvier). Même sentence pour Libération, « les Cassandre ne manqueront pas de trouver bien des défauts à ce projet d’accord. Mais elles auront tort. Cette négociation […] apporte une bouffée d’air au dialogue social dans un pays au bord de l’asphyxie » (11 janvier).

       Pour Franz-Olivier Giesbert, du Point, « l’accord […] n’est certes pas parfait, mais il a au moins le mérite de sortir la France du formol social dans lequel elle trempe depuis Mathusalem, avec les résultats que l’on sait en matière de chômage » (10 janvier). Christophe Barbier, directeur de L’Express, étale quant à lui son art de la pédagogie : « la flexibilité, c’est la sécurité ! Il ne faut pas opposer la flexibilité et la sécurité. » (éditorial du 11 janvier sur iTélé).

       Les Échos, moins pédagogues sans doute, exultent : « la clef de ce compromis se trouve du côté de la flexibilité. À tel point qu’au lieu de parler de flexisécurité, il convient d’évoquer la sécuflexibilité. » Se payant, au passage, le gouvernement : « L’ironie est qu’il appartient à la gauche d’avaliser le mot même de flexibilité qu’elle rangeait dans la case de l’ultralibéralisme il y a un an. Mais, après tout, elle récusait également tout problème du coût du travail et toute idée de hausse de la TVA. »(...) 

       Mais Le Monde s’inquiète déjà de la fragilité des acquis de l’accord : « le plus dur est à venir : obtenir des élus socialistes le même respect de la démocratie sociale » (12 janvier). Une démocratie sociale qui a cela de sympathique qu’elle permet à trois syndicats minoritaires en termes de représentativité (au total, 38,7% aux dernières élections prudhommales) d’endosser un accord refusé par deux syndicats majoritaires (au total 49,7% aux dernières élections prudhommales).

       Libération annonce « que les partenaires sociaux, ou au moins une majorité d’entre eux, s’accordent sur une première négociation sociale, attendue depuis des années » (11 janvier). Une majorité dont le quotidien oublie de préciser qu’elle est, en termes de représentativité, minoritaire.

       Même oubli dans le Nouvel Observateur, qui annonce qu’« une majorité de partenaires sociaux a donné un avis positif, vendredi 11 janvier en fin de soirée, sur la signature de l’accord tant attendu sur la sécurisation de l’emploi, actant plus de droits pour les salariés et plus de flexibilité pour les entreprises. »

       Aux syndicats signataires, qui ont permis cet accord si précieux, la presse dresse unanimement des éloges : « les signataires ont courageusement pris le risque de la réforme au lieu de s’accrocher à un statu quo mortifère » explique Le Monde (12 janvier). « MEDEF et CFDT, fins stratèges d’un accord audacieux » titre l’article du Figaro du 13 janvier. Franz-Olivier Giesbert est à deux doigts d’adhérer à la CFDT : « Grâces soient rendues à la CFDT d’avoir fait la preuve, une fois de plus, de son patriotisme et de sa maturité en signant le projet » (Le Point, 10 janvier).

       Ces éloges n’ont d’égal que l’opprobre jeté sur les syndicats qui ont refusé de signer l’accord. Si la CGT s’y oppose, c’est par pur calcul interne croit savoir Le Nouvel Observateur « Le secrétaire général de la CGT, dont la succession a affaibli l’organisation, est soucieux de montrer les muscles. » (11 janvier).

       Pour Giesbert, la CGT et FO « décidemment hors d’âge » refusent l’accord par « logique boutiquière » (11 janvier) ; « C’est encore cet autisme français qui, cadenassant le pays dans l’archaïsme, l’a jusqu’à présent empêché d’accepter les solutions qui s’imposent en matière de compétitivité ou d’emploi. » (10 janvier)

       Pour Le Monde, c’est bien évidemment un mauvais pari : « ce compromis va légitimer le syndicalisme réformiste et le dialogue social, si bien que la stratégie de la CGT et de FO pourrait s’avérer perdante. »

       Dire « non » au projet du patronat n’est semble-t-il pas une option dans le « dialogue social » tel qu’il est conçu par les éditorialistes. « Il faut donc une nouvelle fois constater que la principale organisation syndicale française s’est mise hors du jeu de la négociation quasiment à l’instant où elle a démarré. C’est étrange, et pour tout dire condamnable » (Les Échos, 14 janvier). (...) (Sarko parti - et s'enrichissant - la Droite capitaliste est toujours vivante, la gueuse...)
    lire sur:


    °°°
    "A quoi je sers dans cette page?
    Ben, à faire joli, comme il sied 
    à une femme digne de ce nom..."



    °°°
    -Tu comprends? C'est comme ça qu'il faut
    mettre une moumoute... 
    Tu n'apprendras  jamais, Ma Chérie...
    - Ahem... Tu crois?
    - Oui. Il y a des choses que les femmes ne savent 
    pas faire... C'est inscrit dans les gênes, tu comprends?"


    L'équité salariale ?
    Mamanathome
       (...) Le constat :

       Tous temps de travail confondus, les femmes touchent 27 % de moins que les hommes, selon les données du ministère du travail (2010), 25% selon l'Insee. Cet écart est plus au moins grand selon la catégorie socio-professionnelle. Les inégalités salariales s'expliquent en premier lieu par l'importance du temps partiel féminin. Mais en ne prenant en compte que les salariés à temps complet, les femmes perçoivent toujours 19 % de moins que les hommes. Et même à poste et niveau de qualification équivalents, les femmes gagnent 10 % de moins que les hommes. Un constat appuyé fin février 2010 par une étude de l'Insee sur l'emploi en début de carrière, qui conclut que "pendant leurs six premières années de vie active, les hommes ont des salaires médians supérieurs de 10 % à ceux des femmes". (...)

       Les écarts salariaux s'expliquent principalement par trois facteurs :

       Les stéréotypes et les préjugés sociaux

       La société a longtemps reposé sur une division sexuelle des tâches, les femmes étant cantonnées dans leur rôle de mère et d'épouse au foyer, alors que les hommes occupaient largement le marché du travail. Cette division stéréotypée des rôles sociaux a eu des effets sur les salaires versés aux femmes. Pendant une très longue période, on a estimé qu'un homme, en tant que soutien de famille, devait recevoir un salaire plus élevé que celui d'une femme, considéré comme un revenu d'appoint.

       La ségrégation professionnelle

       Arrivées tardivement sur le marché du travail, les femmes se sont trouvées confinées dans des métiers et des professions qui se situaient dans le prolongement de leur rôle traditionnel de mère et d'épouse et qu'elles étaient pratiquement les seules à occuper. Ces emplois sont caractérisés, par exemple, par les soins donnés aux personnes et nécessitent des qualités dites féminines, telles que l'écoute, la minutie, la disponibilité et la compassion.

       La sous-évaluation des emplois féminins

       Certaines caractéristiques des emplois majoritairement occupés par des femmes sont soit ignorées, soit sous-estimées parce qu'elles sont considérées comme faisant partie des qualités dites féminines. Cette tendance a pour effet de sous-évaluer les salaires de ces emplois. (...)

    Lire sur:

    °°°
    Luc Desle

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