• "Depuis longtemps Dieu s'était fait porter pâle". Jacques Damboise in "Pensées à contre pet".

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    Pensées pour nous-mêmes:

    (TOUTE MORT COMMENCE

    PAR UN LÂCHE RENONCEMENT)

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    (De l'art d'apprivoiser l'électeur lapinesque)

    https://atomic-chronoscaph.tumblr.com/post/184299553508

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    https://twitter.com/allanbarte/status/1085806372812402689

    Du maintien de l’ordre

    à une situation de guerre

       Cette fois ci la France est au top dans ce glissement du maintien de l’ordre à celui d’une situation de guerre. Lorsque l’on parle de militarisation du maintien de l’ordre, ce n’est pas seulement en France mais aussi à l’international : où il y a un effacement progressif de la frontière entre une opération de conflit et une opération pour le contrôle d’une manifestation.

       De plus en plus on verra les mêmes moyens affectés à ces deux types de missions, pourtant, si différentes en leur déroulement et finalité. Que ce soit les chars pour gérer les révoltes en Afrique du sud, ou la troupe armée utilisée au rétablissement de l’ordre à Baltimore ; à Paris ou le Général Bruno le Ray, sur France Info le 15 mars 2019 martialement disait « ça peut aller jusqu’à l’ouverture du feu » concernant l’implication des soldats français contre les gilets jaunes ; Il y aura de plus en plus souvent des chars, des balles en caoutchouc tirées, des flashball dit non-létals, des blessés graves et des morts. Il y a donc un contexte mondial qui progressivement gère une guerre et une situation sociale de manière quasi identique à l’intérieur d’un territoire national.

       Si les ultras riches ont gagné la guerre économique contre les masses laborieuses, il faut maintenant la gagner de manière militaire, afin d’asseoir leur pouvoir sans partage pour 1000 ans...

       La notion de défense intérieure est utilisée pour développer un état policier qui génère un essor considérable dans le secteur économique des services de sécurité et leurs équipements, au point qu’on peut parler d’une course aux armements dans laquelle ces armes sont pointées vers l’intérieur. La peur est payante et la quiétude renforcée aux frontières est invoquée face au terrorisme, mais avant tout face au péril de foules revendicatrices et haineuses dixit macron... Le complexe militaro-sécuritaire ainsi qualifié devient le bras séculier d’une oligarchie monétaire et politique qui doit se barricader derrière de hauts murs, entourés d’escouades de gros bras, se déplacer en voitures blindées, créer des systèmes d’espionnages pour surveiller le peuple versatile, créer des listings de citoyens classés à risques, et pourquoi pas prochainement des puces implantées mouchardant tous nos déplacements. La reconnaissance faciale fait fureur en Asie, où maintenant il est possible par des apparatchiks au service de l’état profond de donner des notes et appréciations de « bons citoyens », qui permettent soit d’obtenir des avantages ou de gros-gros inconvénient.

       La sécurisation, il faudrait mieux parler d’insécurisation militarisée, est justifiée par les rivalités potentielles entre puissances et par les menaces immédiates, potentielles ou imaginaires[1] : Du changement climatique, des migrations, de la raréfaction des ressources, du terrorisme, des mutations sociales, de la pauvreté grandissante et de la main mise des 1% sur le monde. On parle donc partout de politique de défense, de sécurité et de menaces extérieures et intérieures. « L’irruption du mot « guerre » dans le quotidien sécuritaire intérieur tend à accélérer une mutation vers l’effacement de la ligne de séparation entre tâches policières et tâches militaires, entre champs de batailles et manifestations, entre paix et guerre ». (Alain Joxe).[2]

       La convergence catastrophique du néolibéralisme, du dumping social, du militarisme et du changement climatique qui se développe sous nos yeux, fait que l’empilement de ces catastrophes provoquent des crises, des mouvements sociaux relayés par Internet, de plus en plus difficiles à gérer par le pouvoir en place, qui bascule mais s’accroche à ses passe-droits ; un peu la fin du 18eme siècle et la chute de la royauté et de ses privilèges, sauf que ! Ceux d’aujourd’hui sont 1000 fois plus puissants et efficaces. Je l’écris souvent : ils ne reculeront devant rien, et comme c’est parti, avec ces forces de l’ordre qui ne sont qu’un ordre au service de l’élite, et bien, que la soldatesque s’en mêle et tire dans le tas, verra certainement un concert de louanges à l’efficacité chantée par les ânes utiles du système.

       Les conflits ne peuvent pas être compris aujourd’hui indépendamment du capitalisme mondialisé en crise. À la différence du passé, les armées étatiques des puissances ne s’affrontent désormais rarement sur des champs de bataille. Les conflits contemporains ressemblent plus aux guerres coloniales du passé, des guerres livrées par des États et leurs armées contre des peuples autochtones pour leur voler leurs ressources et leur force de travail. Les puissances coloniales n’avaient aucun intérêt pour l’existence de ceux qui subissaient le joug : elles cherchaient simplement à les amadouer, à en faire des instruments passifs pour les besoins et les bénéfices de leurs gouvernants métropolitains et s’ils se révoltaient et bien... Ils les exterminaient[3]

       D’ailleurs il est assez savoureux de savoir que les pires flics dans les manifs, ceux de la BAC, et bien leur fondateur fut un nommé Pierre Bolotte, un flic du cabinet du préfet d’Alger, qui en pleine bataille de cette ville développa un « savoir faire » par le biais des brigades d’intervention nord africaines, puis envoyé en Guadeloupe en 1967, il donna l’ordre de tirer sur la foule qui eu pour résultat 8 morts. Devenue préfet de la Seine saint Denis, il créa la BAC, d’esprit colonial...

       Et ces forces de l’ordre que l’on peut qualifier de paramilitaires se sont fait les dents ces 20 dernières années dans les « banlieues » avec les résultats que l’on connaît. Ils ont aussi été les 1er en 1995 à recevoir dans leur paquetage les 1er flashball... Et spécificité française unique, le LBD40 est devenu l’arme indispensable des polices anti émeutes. Il est démontré que cette arme peut blesser gravement et tuer, mais que nenni, tous les ministres de l’intérieur depuis Sarko, encense cet instrument de guerre afin de rétablir l’ordre.

       Alors, qu’un Didier Lallemand, dernier en date, nommé préfet de police de Paris ne soit pas du même tonneau que son digne prédécesseur de la guerre d’Algerie, m’étonnerais fortement. C’est lui qui impliqua l’armée en mars, lui qui promut la technique de nasser, et les tirs à gogo avec des armes létales sur les manifestants. Ce genre d’individu en bon zélé transformera à la moindre occasion, histoire de faire pèter l’autorité une manifestation tranquille en bataille des rues digne de l’entrée des chars dans Budapest en 56. Magyars à l’assaut qu’ils criaient...Avant d’être écrasés.

       Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Mais leurs baisers au loin les suivent.
    Il est d'autres soldats en ville. Et la nuit montent les civils. Ce fut en avril à cinq heures, au petit jour que dans ton cœur, un dragon plongea son couteau... Est-ce ainsi que les hommes vivent ?
     Pas !

    Cet article est inspiré suite au visionnage de cette vidéo : Gilets Jaunes, une répression d'Etat

    https://www.youtube.com/watch?v=3MjuoDpKLfI

    Chanson : Est-ce ainsi que les hommes vivent de Bernard Lavilliers


    [2] Alain Joxe, Les guerres de l’empire global, Spéculations financières, guerres robotiques, résistance démocratique, La Découverte, Paris, 2012.

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    Luc Desle

    « "Dans le chas de cette aiguille, passa une méchante méchante petite souris". Jacques Damboise in "Pensées de plein air"."J'aurais tellement eu envie d'effacer le sourire méprisant de la Mort sur ses satanées lèvres". Jacques Damboise in "Pensées à contre pet". »

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