• "Cet homme, qui était un vendu, n'achetait rien". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet"

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    Pensées pour nous-mêmes:

    (LE CHEMIN DE LA SAGESSE
    N'EST PAS UNE AUTOROUTE)

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    "Allez, Empatman, sus aux tricheurs aux stéroïdes!
    - Tu as raison, Tapetman, je dirais même plus...
    Heu... T'as dit quoi, déjà, avant?
    - Toi et tes boissons désénergisantes..."


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    "Comment ça, je ne peux pas faire de cyclisme?"



    Les médias complices 
    de l'imposture Armstrong
    Ed Smith 
    New Statesman

       (...) Même si vous détestez le sport, que vous ne supportez pas les confessions intimes des vedettes et que vous n'appréciez guère Oprah Winfrey, ne passez pas à côté de l'histoire de Lance Amstrong. C'est une véritable fable qui en dit long sur le pouvoir de la célébrité et la complicité des médias. Une histoire certes déprimante mais d'utilité publique.

       Commençons par laisser de côté la complaisance, pour ne pas dire la complicité, des autorités du cyclisme. Et concentrons-nous sur le rôle joué par les médias dans la vaste supercherie Armstrong. La plupart des journalistes spécialisés dans le cyclisme savaient qu'il était impossible qu'Armstrong roule aussi vite. Mais non seulement la grande majorité des journalistes est restée silencieuse, mais elle a également contraint au silence les quelques valeureux journalistes comme David Walsh pour qui avaient suffisamment de courage pour dénoncer la conspiration Armstrong. [En 1999 Walsh, le chef de service sport du Sunday Times aurait accusé Armstrong d'usage de produits dopants. Le Sunday Times, visé par une plainte d'Armstrong pour diffamation, a dû verser plus de 360.000 euros au coureur].

       Les cyclistes n'ont pas non plus hésité à faire taire sans ménagement les voix qui s'élevaient au sein du peloton en les accusant de cracher dans la soupe. Les journalistes des grands médias ont utilisé les mêmes méthodes en ostracisant les quelques journalistes qui osaient remettre en question le statu quo.

       Et ces soi-disant experts méritent aujourd'hui un réquisitoire. Les journalistes qui étaient censés en savoir plus sur le cyclisme que quiconque se sont montrés incapables d'écrire la moindre ligne sur une vérité qu'ils ne pouvaient ignorer. Mais le dopage était-il vraiment une évidence à l'époque ? Oui indubitablement. Même si les journalistes choisissaient délibérément d'ignorer les rumeurs persistantes et de fermer les yeux sur le partenariat d'Armstrong avec le docteur Michele Ferrario, véritable maître ès dopage, un simple calcul aurait pu les dessiller. Le Tour de France de 1998 fut un véritable festival de dopage où l'équipe qui était en tête fut exclue pour abus épique de substances illégales. Le Tour de 1999, le premier Tour d'Amstrong fut baptisé le Tour du renouveau, avec la promesse d'une nouvelle saison sans dopage, un nouveau départ. Et pourtant, Armstrong a rapidement fait des prodiges en atteignant des vitesses inédites.(...)

       Et donc pour la presse le calcul fut simple : soit Armstrong était une force de la nature, le plus grand athlète qu'on ait jamais connu, ou alors c'était un tricheur. Ils ont choisi de s'accrocher à la première possibilité. Mais il y a pire encore. Tout le monde savait qu'Armstrong n'était pas un athlète hors pair. Avant son cancer, alors qu'il était au top de sa forme physique, il n'avait jamais fait de miracles au Tour de France. Et sa VO2 max n'avait rien d'exceptionnel, comparée à celle des plus grands grimpeurs de l'histoire du Tour. Dans certains sports, où les compétences et la technique peuvent primer sur les capacités physiques, il est possible de progresser alors que votre carrière est déjà bien avancée. Mais c'est infiniment plus difficile (du moins sans dopage) en cyclisme. C'est un peu comme la bosse des maths, certains ne l'auront jamais.

       Alors pourquoi la presse, à quelques exceptions notables, a montré si peu d'appétence pour la vérité ? Parce que la presse a besoin de vedettes, et surtout d'Armstrong. Il leur fallait des citations de Lance, un peu de matière inédite pour agrémenter leur copie et peut-être le privilège d'un tête à tête avec le grand homme.

       Et Armstrong, en grand gourou de la communication, était véritablement sans pitié dans sa division du monde en deux camps: on était avec lui ou contre lui, ami ou ennemi, bienveillant ou "fouille-merde" (pour reprendre son expression). Certains vieux amis journalistes de David Walsh avaient fini par refuser de partager une voiture avec lui parce qu'Armstrong faisait la liste de ceux qui voyageaient avec le "fouille-merde" et refusait ensuite de leur parler.

       A qui la faute alors? Les journalistes spécialisés ont à moitié raison d'accuser leurs patrons et les éditeurs qui exigeaient leur quota habituel de citations, d'interviews et de mini-scoops. Les journalistes peuvent arguer qu'ils ne faisaient que donner une interprétation réduite de leurs obligations professionnelles. (nouvelle définition du "je ne mens pas tout à fait par omission c'est ça y ressemble"?) (...)

    Lire sur:


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    "Le premier qui me touche...
    Je le bute!"


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    "Alors, Gomme Za, on bradique 
    des z'attouchements suspectes?
    - Mais... J'embrassais seulement mon épouse...
    - On dit za, on dit za...
    Mais ON MENT, Mein Freund!
    ON MENT!"

    "Ilsa la louve SS avec Dyanne Thorne


    Allemagne: 
    polémique après le dérapage sexiste 
    du chef du parti libéral

       (...) Ces quelques minutes auraient pu rester «off», comme on dit dans le jargon journalistique. La journaliste allemande Laura Himmelreich, correspondante politique à Berlin de l'hebdomadaire hambourgeois Stern, a d'abord choisi de garder le silence. Un an après avoir dû repousser les avances de Rainer Brüderle, président du groupe FDP (libéraux) au Bundestag, lors d'une interview, elle a finalement décidé de raconter la façon dont le candidat du FDP aux élections fédérales de septembre prochain s'est comporté avec elle:

       «Le regard de Brüderle se pose sur mes seins. "Vous pouvez bien remplir une Dirndl [1]." Au cours de notre entretien, il attrape ma main et l'embrasse. "J'aimerais que vous m'inscriviez sur votre carnet de bal". "Monsieur Brüderle", dis-je, "vous êtes un homme politique, je suis journaliste." "Mais les hommes politiques font fondre toutes les journalistes", dit-il. Je dis: "Je trouve qu'il est mieux que nous nous comportions ici de façon professionnelle." "Au final nous ne sommes tous que des humains."»

       La publication de ce passage dans le portrait de Rainer Brüderle qu'a écrit Laura  Himmelreich a provoqué une vague de réactions à la fois dans la presse et au sein de la sphère politique, mais aussi sur Twitter, où des dizaines d'Allemandes s'expriment sur le sexisme au quotidien sous le hashtag (oups, mot-dièse!) #aufschrei (cri), rejointes ces dernières heures par des anglophones (#outcry en anglais) et même des francophones.

       Au-delà de l'attitude de Rainer Brüderle, c'est bien sûr la question du sexisme dans la sphère politique qui est posée. Comme l'explique la député au Bundestag Elke Ferner (SPD) – qui est également à la tête d'un groupe de travail qui veille au respect de l'égalité des sexes au sein du parti – dans une interview au quotidien de gauche Die Tageszeitung, cette affaire lève le voile sur un milieu toujours empreint de machisme:

       «C'était vraiment pire il y a 20 ans. Le dénigrement fonctionne aujourd'hui d'une façon plus subtile. Comme quand le niveau sonore augmente lors d'une session plénière quand c'est une femme qui monte à la tribune ou quand des députés font des apartés qui n'ont rien à voir avec la situation. Le sexisme ne s'exprime plus d'une manière si ouverte au Parlement, car chacun sait que ce n'est pas politiquement correct.»

       Soucieuse de ne pas attiser les tensions au sein de sa coalition noire-jaune (CDU/CSU-FDP) à l'approche des élections fédérales, Angela Merkel ne s'est pas exprimée directement sur ce sujet mais par l'intermédiaire d'un de ses porte-paroles, comme le rapporte Der Spiegel: «La chancelière défend évidemment un contact humain professionnel et respectueux en politique, tout comme entre politiciens et représentants des médias. (ouah, la phrase qui tue...) »

    1] Comme nous vous l'expliquions récemment sur Slate.fr, la Dirndl est cette robe folklorique très décolletée que portent les Bavaroises.
    Lire sur: 


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    Luc Desle
    « "L'heure tournait, le derviche aussi". Benoît Barvin in "Pensées pensées"."Les petites souris, transformées en valets par la Bonne Fée, comprirent ce qu'était la Lutte des Classes chez les Humains". Benoît Barvin in "Pensées pensées". »

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