• "Ce voleur d'idées était évidemment un philosophe mondain". Jacques Damboise in "Pensées contraintes".

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    Pensées pour nous-mêmes:

    (METS TON FARDEAU EN

    ÉQUILIBRE SUR TES ÉPAULES)

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    "Qu'est-ce que tu lis?

    - L'Origine du Monde.

    - C'est bien?

    - Slurp, ouais..."

    erosart:

    Feodor Rojankovski (1891-1970)

    From Francoise or the Pleasures of Marriage, Aisles roses, S.D. (1937).

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    huffingtonpost.fr

    « Une écriture imitant Duras »,

    « des personnages copiés de Françoise Sagan »,

    un libraire chambre le livre de Madame Bolloré

       Un bon libraire, c’est un libraire qui essaie de s’intéresser à tous les livres qu’il vend. Difficile au vu de la pléthore de livres en tout genre qui sortent chaque semaine. Pourtant certains s’attachent à leur rôle de conseiller. Et, au gré des pages qu’ils dévorent, certains libraires n’ont pas peur de baliser le sentier des lecteurs par des petits post-it’s judicieusement placés sur la couverture, colorés, joyeux.


       Gérard fait partie de ces libraires passionnés. À la tête d’une librairie réputée de Bayonne, la Librairie de la Rue en Pente, ce dévoreur de livres est généralement de bons conseils pour mettre l’eau à la bouche et donner l’envie de lire tel ou tel livre… ou alors de passer son chemin.

       C’est ce qu’il s’est passé le jour où il a fini le livre d’Anaïs Jeanneret. De sa plume bien trempée, Gérard a décidé de se lâcher dans une critique bien sentie. « Anaïs Jeanneret n’a pas de chance. Elle a pourtant tenté de mettre tous les atouts de son côté : écriture imitant Marguerite Duras, personnages copiés sur ceux de Françoise Sagan […] avec de-ci de-là une touche de social pour faire peuple peut-être ». Délicieusement coupable et assassine, la critique ne s’arrête pas là, épinglant des personnages si stéréotypés qu’on n’y croit pas un seul instant. (...)

       (...) Bien sûr, on entend déjà les avocats du diable dire : « Mais s’il n’a pas aimé ce livre, qu’il passe son tour, ce libraire. Et, par-dessus tout, qu’il laisse cette Anaïs tranquille. » Sauf que Gérard, adepte comme il se doit et comme sa fonction l’exige de lire ce qu’il se dit sur l’actualité littéraire, a sans doute été pris d’une poussée d’urticaire en voyant les critiques mirifiques dédiées à cet ouvrage qu’il a pourtant si peu apprécié. Et, au vu de certaines critiques circulant sur le net, il est loin d’être le seul.

       Et Gérard a vite compris pourquoi en apprenant qu’Anaïs Jeanneret, au-delà de l’écrivaine, était loin d’être une inconnue puisque femme d’un puissant homme médiatique. On vous le donne en mille : Vincent Bolloré. Oui oui, vous savez ce bulldozer qui a défiguré Canal + ces derniers mois pour en faire un joli chien-chien à son mai-maître. Et en 2007, Télérama révélait déjà que Vincent Bolloré aimait bien partager son pouvoir avec sa famille, comme Anaïs (de formation artistique avant de mener sa « brillante » carrière d’écrivaine) qui était régulièrement consultée pour choisir« les sujets des pages Economie et les titres de une de Direct soir » bien souvent en accord avec la pensée de son mari.

       Bref, la manipulation médiatique, ça les connaît et il n’en a pas fallu plus pour mettre la puce à l’oreille de notre brave libraire qui évoque un système de « renvoi de l’ascenseur », de sponsoring, notes de complaisance à l’appui (un peu à la façon d’Allociné). Gérard qui conclut d’ailleurs sa critique ainsi, en prenant le contre-pied du début de sa prose : « Mais Anaïs Jeanneret a de la chance, elle est l’épouse de Vincent Bolloré, le fossoyeur de l’esprit Canal […], copain (et voisin) d’Arnaud Lagardère, propriétaire de Paris Match, Elle, Europe 1 et les critiques dans ces médias ont beaucoup aimé le roman.  Allez savoir pourquoi… » Trois points de suspension qui ne semblent pourtant ne laisser aucun doute dans la tête du libraire qui, avec un autre post-it, conclut : « Vous avez économisé 16 € ».

       Et les internautes semblent partager cet avis, l’« humble » avis photographié par un Twittos a été repartagé des centaines de fois. Après tout, tous les goûts sont dans la nature, mais quand le bon goût est médiatiquement forcé, sans doute faut-il réagir.

    https://branchesculture.com/category/livres/

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    Benoît Barvin

    « "Mon ami le Djihadiste me demanda si son projet d'attentat était crédible". Jacques Damboise in "Pensées inconsistantes"."Il marchait sur les mains, pour faire son malin". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet". »

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