• "Ce type avait une tête à claque de plus que lui". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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    Pensées pour nous-mêmes:

    (TU N'ES PAS OBLIGÉ
    DE NE PAS PENSER)

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    Long Texte au long cours (2/13). 
    Blanche Baptiste

       Les souvenirs de Lucie n'arrangent pas son quotidien, tout entier tourné vers sa fille handicapée...

    HAUTES DILUTIONS



       Pendant la nuit, des rêves sont venus troubler son sommeil. Plusieurs se sont ainsi succédé, comme des flashs qui soudain éclairent une situation. 

       D’abord, elle a vu sa mère qui partait à confesse. Elle ne portait plus le deuil mais une longue robe crème, en dentelle. Elle était très belle, légèrement maquillée. Le curé Ferréol avait deux œillères noires sur le visage. Dans le confessionnal situé en plein air, sur la place du village, Josefa lui a avoué ses dernières fautes : 

       - Ce jour-là, je lui en ai voulu plus que d’habitude. Vous savez, mon Père, tout ce que j’ai enduré en plus de vingt-cinq ans. Ses mensonges, je ne les supportais plus. Alors, je suis rentrée au mas en vélo, pendant la pause. Je suis allée dans son bureau et sur sa table, il y avait une lettre, avec écrit dessus : « pour Angel ». Je me suis dit que j’allais le tuer. 

       Lucie se réveille. Elle est en train de tout mélanger. Oui, sa mère est bien venue la voir pendant la petite pause de l’après-midi. Elle est montée aux nouvelles, pour savoir ce qu’elle avait et pourquoi le père était aussi énervé. C’est tout ce dont elle se souvient. Bien après, Josefa lui avait raconté qu’au retour, dans les vignes, elle s’était arrangée pour parler à ce Tonio. Oh, elle avait vite compris, bien qu’il ne lui ait rien avoué, qui il était en vérité. Elle voyait bien que c’était un brave garçon qui cherchait juste à comprendre, lui aussi. Elle ne lui en voulait pas. De son côté, il avait dû avoir son lot de souffrance. 

       Mais alors, celui à qui elle ne pardonnait pas c’était Pedro. Il n’était plus dans son assiette depuis que son fils était arrivé sur le domaine. Elle le soupçonnait des pires cachotteries, elle se mettait à douter plus que jamais de tout ce qu’il lui avait juré concernant cette femme, cette Rosita, qu’elle l’avait trompé, qu’il n’avait pas reconnu l’enfant, que c’était un mensonge, que cet Angel n’était pas de lui. Josefa avait fini par le croire sans le croire, avec ce goût tenace de poison qui envenime chaque jour qui passe. 

    *** 

      Lucie se lève et va s’allonger sur le sofa. C’est en fait toujours les mêmes questions qui reviennent et c’est à se demander si elles ont vraiment de l’importance et s’il est nécessaire d’y trouver des réponses. Ou alors, il faut prendre cela comme un jeu, comme une énigme dont la résolution vous fera plaisir mais ne vous touchera pas. 

       Elle peut essayer. Que risque-t-elle ? 

       Tonio, dans la salle d’attente de l’hôpital, lui avait un peu parlé de Rosita. Elle était morte d’un cancer du poumon et de la gorge, six mois auparavant. Elle fumait énormément. Elle avait fait venir Angel à son chevet et, comme elle ne pouvait plus parler, elle lui avait écrit un petit mot sur un bout de papier. 

       « Je t’ai fait un mensonge dans ma vie. Je t’ai dit que ton vrai père était mort mais ce n’était pas vrai. Il est certainement encore vivant. » 

       Sur le coup, cela ne lui avait fait ni chaud, ni froid. Puis, l’idée avait commencé à le miner. Et pourquoi avait-elle menti ? Qui était ce père que l’on voulait lui cacher en le faisant passer pour mort ? Enfin, toutes ces questions que les humains se posent et qui leur pourrissent l’existence. 

       Tonio lui avait alors dit qu’il allait repartir dès que le sort de Mirales serait fixé. Il avait fait une erreur en venant. C’était ridicule de vouloir se pencher comme cela sur un passé qui ne pouvait que lui échapper. 

       - Alors, mon père a une fois de plus gagné, avait rétorqué Lucie avec colère. Il ne voulait plus que je te fréquente. J’en viens à penser qu’il a fait exprès de boire de ce poison pour que tu t’en ailles, pour que tu prenne peur. 

       - Tu dis n’importe quoi ! Tu devrais te calmer. 

       La porte de la salle s’était ouverte, le spécialiste en blouse blanche était venu les voir. 

       - Il ne passera pas la nuit. On ne peut que soulager ses douleurs. On va lui donner une chambre. Vous êtes ses enfants ? 

       Tonio n’avait pas répondu. 

       - Je suis sa fille. Je vais prévenir le reste de la famille. 

       La mère n’avait pas voulu se déplacer. Pépita était en congé et le frère aîné ne pouvait arriver que le lendemain en fin de journée. 

       Lucie passa donc cette nuit-là auprès de son père avec Tonio à ses côtés pour la soutenir. L’agonie était terrible et Lucie se mit à regretter tout ce qu’elle avait pu dire sur Pedro. Ce dernier répétait dans des râles atroces qu’il ne voulait pas mourir, que ce salaud de Marcel allait être content, la Josefa et tout le monde aussi. Quel bon débarras ! 

       C’était insupportable et à maintes reprises, elle était sortie pleurer dans le couloir. Tonio réalisait qu’il ne ressentait rien du tout. Ni pour Mirales, ni pour Lucie. Cette histoire lui était finalement étrangère. 

       Après, il y avait eu l’enquête, menée rondement par les gendarmes de Thuir. Monsieur Delmas, le propriétaire, était venu spécialement d’Espagne. Il était préférable pour tous que la thèse de l’accident soit reconnue. La veuve continuerait à s’occuper de l’intendance du manoir, et toucherait une rente à vie, versée par la compagnie d’assurances qui gérait le domaine. Quant aux vendanges en cours et à l’exploitation future des terres, le second, Marcel, était tout à fait capable de les mener à bien. 

       Dans la foulée, l’enterrement avait eu lieu. Discret. 

       Trois gars du village avaient été embauchés pour compléter l’équipe des vendangeurs. Tonio avait préféré repartir. Et depuis plus de nouvelles. 

       Certains avaient bien accusé Marcel d’avoir empoisonné le régisseur, mais comment le prouver ? Tonio avait témoigné. Tout penchait pour l’accident. Josefa semblait revivre. Et Lucie s’étiolait. 

       Puis, au laboratoire où elle était entrée après ses études de laborantine, elle avait fait des rencontres. Et au cours d’une soirée, un homme qui avaient les yeux et les cheveux plus noirs que les autres lui avait donné l’illusion de l’amour. Il y avait eu le mariage et la venue d’Aurore. 

       C’est vite résumé une suite d’événements, tout ce quotidien qui est pourtant si long à supporter. 

    ***
    (A Suivre)

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    (Cette joyeuse camaraderie se briserait d'un coup
    lorsqu'un des protagonistes de cette image
    avouerait être un traître poilu)


    Beetle Bailey

    Bradley Manning 
    dans une tentative ultime 
    pour obtenir le rejet de l’accusation 
    d’« aide à l’ennemi » 
    (The Guardian)
    Ed PILKINGTON

       (...) L’équipe de la défense représentant Bradley Manning, le soldat américain qui a divulgué de grandes quantités de secrets d’Etat à WikiLeaks, a fait une dernière tentative pour convaincre la juge présidant la cour martiale de rejeter l’accusation la plus grave portée contre lui : celle d’avoir « aidé l’ennemi ».

       L’avocat de Manning, David Coombs, a déclaré que condamner le soldat d’une infraction aussi grave créerait un « précédent lourd de conséquences ». Cela placerait la société américaine « sur une pente très glissante, qui, au fond, punirait les gens pour transmettre des informations à la presse ».

       S’adressant à la juge dans le tribunal militaire de Fort Meade, Coombs a affirmé « que personne n’avait été poursuivi en vertu de ce type de raisonnement : qu’un individu, pour avoir donné des informations à une organisation journalistique, serait ensuite soumis à «une charge d’« aide à l’ennemi ». La condamnation pour un tel délit porterait « un coup fatal à tout lanceur d’alerte ou toute personne qui voudrait sortir des informations » (C'est bien le but...).

       Les commentaires de l’avocat ont été enregistrés par Freedom of the Press Foundation (la fondation pour la liberté de la presse), qui emploie des sténographes pendant le procès de Manning comme un moyen pour contourner le niveau élevé de secret officiel qui entoure le procès.

       L’accusation d’« aide à l’ennemi » est devenue la bataille phare dans le procès de Manning, bataille menée par le gouvernement US, déterminé à punir sévèrement les dénonciateurs officiels, contre les défenseurs de la liberté d’information. Selon les termes de l’accusation, Manning est accusé d’avoir donné des renseignements précieux à Oussama Ben Laden, al-Qaïda et à ses groupes affiliés simplement par le fait d’avoir fuité des documents qui ont été ensuite publiés par WikiLeaks sur Internet.

       Dans une autre accusation en vertu de la Loi sur l’Espionnage de 1917, le soldat est accusé d’avoir « illégalement et sans raison » provoqué la publication de renseignements sur Internet alors qu’il savait qu’ils seraient ainsi « accessibles à l’ennemi ».

       Les groupes de défense des droits humains se concentrent désormais sur l’accusation «d’aide à l’ennemi » considérée comme une menace pour la liberté d’expression en Amérique. Plus tôt cette semaine, Amnesty International a tourné en dérision en qualifiant de « ridicule » l’affirmation selon laquelle en fuitant des informations à une organisation de presse, un individu pourrait être coupable d’avoir aidé al-Qaïda.

       Dans sa fougueuse plaidoirie, Coombs a déclaré au tribunal que l’accusation avait totalement échoué à démontrer que Manning avait une « réelle connaissance » que la transmission des documents à WikiLeaks profiterait à al-Qaïda. Il a affirmé que les dialogues par internet entre Manning et l’ancien pirate informatique Adrian Lamo, avant son arrestation, indiquent le contraire : « que ses intentions étaient de sortir ces informations pour stimuler des réformes et susciter des débats ».

       Coombs a rappelé au tribunal qu’« aider l’ennemi » était passible de la peine de mort, et bien que le ministère public ne recherche pas la peine capitale pour Manning, le soldat risque la prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle. Pour le déclarer coupable d’une infraction aussi grave, plaide Coombs, le gouvernement devra apporter des preuves hautement convaincantes que Manning avait une « réelle connaissance» qu’il donnait des renseignements à al-Qaïda.

       Mais, assène Coombs, le gouvernement ne possède pas de telles preuves. « Le gouvernement n’a rien sauf peut-être que Manning aurait été négligeant en donnant des informations à WikiLeaks, et que l’ennemi aurait pu y avoir accès. Mais il n’y a aucune preuve présentée par le gouvernement qui montre une réelle connaissance ».

       S’exprimant au nom du gouvernement, la capitaine Angel Overgaard a dit ironiquement que « ce serait bien que nous ayons une confession filmée » de Manning avouant qu’il savait qu’il fuitait des documents disponibles pour al-Qaïda. « Nous n’avons pas cela dans cette affaire ».

       Mais le procureur a dit que le gouvernement avait présenté au tribunal « une montagne de preuves circonstancielles… qui montre effectivement que l’accusé savait qu’en publiant des informations, qu’en fuitant des informations à WikiLeaks et de les avoir publiées sur Internet, qu’elles iraient, en fait, jusqu’à al-Qaïda. »

       La colonelle Denise Lind, la juge présidant seule le procès en l’absence d’un jury, a répété une question qui a déjà été soulevée lors des audiences du pré-procès. « Cela fait-il une différence que ce soit WikiLeaks ou tout autre organisation de presse – le New York Times, le Washington Post ou le Wall Street Journal ? »

      Overgaard a consulté en petit comité ses collègues procureurs avant de réponde : « Non, il n’y en a pas. Cela ne ferait potentiellement aucune différence ».

       Overgaard a déclaré que dans cette affaire, Manning était un analyste du renseignement formé et en tant que tel « savait exactement ce qu’il faisait ». Elle a ajouté : « Manning est différent d’un fantassin ou d’un chauffeur de camion parce qu’il a eu toute la formation. Et c’était son travail. Il connaissait précisément les conséquences de ses actes ».

       La juge a indiqué qu’elle se prononcera plus tard cette semaine sur la requête de la défense demandant que l’accusation « d’aide à l’ennemi » soit rejetée.

    Traduction : Romane

    Source: http://www.guardian.co.uk/world/2013/jul/16/bradley-manning-aiding-ene...




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    "Comment ça, ce n'est pas un salut militaire
    convenable? Vous voulez peut-être m'apprendre
    mon métier, c'est ça?"

    comics_captain_marvel_1

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    "M'Man... Si tu m'laissais dormir, 
    pour une fois...
    - Mais c'est pour ton bien...
    - La-pollution-j'm'en-fous!
    JE VEUX ROMPICH!"


    Mesurer la pollution avec son smartphone
    WINEKE DE BOER

       Grâce aux recherches de scientifiques de l'université de Leyde, il est désormais possible de mesurer la concentration de particules fines dans l'air avec un téléphone portable. Les chercheurs ont conçu un appareil en plastique, simple en apparence, qui peut se fixer sur l'objectif de la caméra d'un iPhone. Il permet de repérer les “couleurs” des particules fines : issues des gaz d'échappement, des rejets industriels ou encore de l'incinération des déchets, celles-ci changent en effet la composition des couleurs du jour, chaque type de particules fines laissant une “empreinte” unique.

       La semaine dernière, des milliers de personnes dans le pays sont sorties pour mesurer la qualité de l'air avec leurs smartphones équipés de ce capteur – à la fin de la journée, on avait rassemblé près de 5 000 mesures. Dans le même temps, les scientifiques utilisaient des spectromètres professionnels pour effectuer les mêmes mesures. Plus précises, ces données vont servir de références.

       “Le but est de déterminer si ces téléphones peuvent réaliser des mesures fiables”, explique Frans Snik, astronome et chef du groupe de recherche. “Notre rêve serait de développer un réseau à l'échelle européenne, voire mondiale.” Les premiers résultats de cette expérience devraient être présentés vers la fin de l'été. (...)


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    Benoît Barvin
    « "Ce policier aveugle eut du mal à attraper le voleur paralytique". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet"."La fille du bord de mer nageait en eaux troubles". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet". »

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