• "Ce tueur en série aimait la chair bien saignante". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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    Pensées pour nous-mêmes:

    (LA SAGESSE N'EST PAS UNE ACTION)
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    Nouveau court récit au long cours (5)

    LE LIBÉRÉ
    DU
    CLUB MAD

       La visite du "nouveau" club se poursuit, avec son lot de désillusions...


       Côté détails pratiques, le restaurant est tel qu’il l’avait connu, avec ses terrasses ombragées, ses points de vue romantiques sur la mer, ses abris de style provençaux qui offrent des buffets très variés. A y regarder vite, la nourriture semble aussi fraîche et naturelle qu’autrefois. Mais là encore, tout n’est qu’artifice, art de l’accommodation de produits pour la plupart surgelés. Tout le monde étant habitué à ce genre de matières premières, personne n’y trouve à redire car le tout est présenté somptueusement et fleure bon l’authentique artificiel, fumet indécelable aux papilles non averties. Les ex G.O. sont discrets à moins que ce ne soit leurs effectifs qui aient diminué. Ils passent inaperçus et ont certainement droit à des pauses comme a le droit d’y prétendre tout salarié dans la norme.

       Rachel, visiblement, n’est pas venu là pour se faire draguer, contrairement aux autres filles qui se trouvaient à leur table. Elle, aura l’avantage de ne pas essuyer de déception, car vus les gars qui tentent leur chance, il serait bien étonnant que ces demoiselles apprécient à long terme ces rentre-dedans grossiers. Ce style de rapports n’est pas nouveau. Notons simplement que les personnages ressemblent à des pantins manipulés par on ne sait quelle instance qui leur dicterait un schéma de comportement à suivre coûte que coûte, comme dans cette émission à succès de l’époque, Lost Story, si ses souvenirs sont exacts. Rachel échappe à cette règle.

       - J’ai envie de monter à ma case, Daniel. J’en ai un peu assez d’être à table. Ensuite j’irai à la plage. Vous restez là ?

       - Je vais monter moi aussi, mais avant, je veux faire le tour du propriétaire.

       Il achève un morceau de pastèque. Les jeunes autour plaisantent entre eux. Ils parlent plus fort que de raison comme s’ils étaient sourds. Ils mangent sans prendre le temps d’être à ce qu’ils font. Ils consomment sans conscience.

       Plus ça va, moins Daniel se sent à sa place. Il vit en constant décalage. Ce n’est pas une question d’âge ou de jeunesse. C’est l’état d’esprit qui ne correspond plus à ce dont il rêve. Leurs rêveries, le monde virtuel auquel ils aspirent, sont aux antipodes de ses imaginaires.

       En sortant du restaurant il est surpris de croiser Rachel.

       - Vous avez changé d’avis ? Pas de sieste ?

       - Je dormirai ce soir. Je préfère visiter le Village avec vous.

       Bien sûr, il n’y voit aucun inconvénient, au contraire. Il lui dit juste que pour sa part, il préfère la tutoyer.

       Ils partent vers la discothèque. Au détour d’un chemin ils croisent le chef du Village qui sort de sa villa. Il a un rapide coup d’œil vers la main de Daniel, histoire de vérifier s’il porte bien la marque de fabrique.

       - Vous avez l’œil du Maître !

       Le ton de Daniel est un peu sarcastique. Il ajoute pour le rassurer.

       - On visite les lieux... Votre logement est vraiment super… La plus belle vue…

       Le chef du Village ne sait que répondre à ce compliment qui pourrait aussi bien être un reproche. Il s’éloigne en hochant la tête et Daniel a l’intime conviction que le petit homme le trouve louche, un client pas comme les autres, du style envoyé spécial, testeur du Gault et Millau, espion mandaté par les instances supérieures de la grande direction.

       Par ici on domine l’autre baie, du côté d’Ipsos, en un à-pic qui vous donne envie de plonger.

       - La discothèque est juste là. Personnellement je n’y suis jamais allé danser bien que la terrasse soit très agréable. Le son y est beaucoup trop fort, même en extérieur.

       A l’intérieur, c’est toujours le même aspect rustique de vieille grange. Les jeunes n’appréciaient pas tellement ce décor et Daniel est étonné qu’ils n’aient rien modifié. Rachel est ressortie ; elle n’aime pas l’odeur confinée du tabac froid

       - Daniel, venez voir. Il y a un ponton tout en bas.

       - Oui, c’est celui de la voile. C’est un endroit très calme, surtout quand il n’y a pas du tout de vent comme aujourd’hui. Les bateaux ne sortent pas et le coin est désert.

       - J’ai bien envie d’y aller.

       - Rien de plus simple, il suffit de passer aux cases et de descendre par un escalier à flanc de falaise. J’en profiterai pour faire un tour de ski nautique.

       - Ca risque d’être drôle ?

       - Il y a des chances. Cela fait un bail que je n’en ai pas fait.

    (A Suivre)


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    "Chabadaba... heu...
    - Da...
    - Ah, oui, da..."



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    (Lunette fabriquée spécialement pour le chef indien
    "N'a-Qu'un-Oeil-Mais-C'est-Le-Bon")



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    (Je compris - à des petits riens - 
    que mon contact n'avait pas
    une grande confiance en moi)


    Get Carter (1971) - Michael Caine

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    (Le planteur d'arbres en pleine action,
    même par mauvais temps)


    Stanley Hall Brooklyn, New York, August 31, 1954.

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    (Intellectuel faisant le guignol, 
    avant de s'entamer sérieusement la chair
     avec cette paire de ciseaux, mal maîtrisés)



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    Jacques Damboise
    « "Cette tapette sous un crâne tuait les mouches du politiquement correct". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes"."Chaque fois qu'il prononçait le mot Capitalisme, sa bouche se remplissait d'aphtes". Benoît Barvin in "Pensées pensées". »

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