• "Ce sinistre prisonnier fut exécuté car il démoralisait ses collègues". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes".

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    Pensées pour nous-mêmes:

    (LAISSE PASSER LA COLÈRE SANS
    L'INVITER CHEZ TOI)


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    LONG RÉCIT AU LONG COURS (1/58)
    pcc Benoît Barvin et Blanche Baptiste 

       Dans son carnet, Angélus explique les raisons de ses recherches qu'il savait, déjà, vouées à l'échec.

    ANGÉLUS 
    ou 
    LES SECRETS DE L’IMPALPABLE



       Adèle apprit, en rentrant au couvent, que le feu avait repris soudainement, dans le séchoir. Il avait fallu s’écarter, des poutres tombaient. Le corps d’Angélus s’était embrasé comme une torche. Tout le monde avait pris peur et s’était éloigné en se signant, comme si la scène quelques instants auparavant miraculeuse, était redevenue diabolique.

       Le soir même, la jeune femme prenait la diligence et quittait définitivement Fontseranne. Elle emmenait dans son bagage ce vieux cahier parcheminé, les fioles et une once de cendre fine qu’elle était retourné prélever dans les décombres encore fumants, là où était tombé Angélus.

       Elle descendit vers la mer d’Espagne, prit le chemin de fer.

       Les paysages défilaient. De temps à autre, elle laissait s’envoler par la fenêtre de son compartiment une pincée de cendre. Les voyageurs qui faisaient route avec elle se demandaient à quel rituel se livrait cette jeune femme au sourire angélique, qui tantôt semait de la poudre aux quatre vents, tantôt en portait une pincée à ses lèvres, religieusement, eût-on dit.

       Une fois franchie la frontière, elle alla jusqu’à Barcelone et acheta un billet pour effectuer la traversée vers Mallorque. Prit-elle le bateau ; renonça-t-elle à ce voyage au dernier moment ? Nul ne le sait, car personne ne put ensuite retrouver sa trace. Ni vers Palma, ni ailleurs.

       Peut-être changea-t-elle d’identité, ou bien de pays. Sa famille, qui faisait partie des « de Lavégende » et qui avaient des appuis haut placés partout en Europe, ne put retrouver sa trace. Adèle s’était comme volatilisée.

       Pourtant, bien des pistes auraient pu les aider dans leurs investigations. Ne trouvait-on pas, en ce début de siècle, des parfumeurs qui surent mettre au point des crèmes remarquables ; des chimistes qui inventèrent des matières textiles de synthèse aussi douces et légères que la soie ? Il est curieux de voir qu’ils égalèrent en cela Angélus. On peut se demander si ce fût par l’effet du hasard, ou si quelqu’un ne leur avait pas transmis les recettes contenues dans le cahier de cet étrange magicien ? Toujours est-il qu’ils en firent commerce et que fortune s’ensuivit. Personne ne pensa que leur savoir venait de plus grand qu’eux et qu’il y avait là un mystère à éclaircir.

       De même, des êtres partirent aux quatre coins du monde pour panser les plaies semées par les guerres et aussi pour aider dans les léproseries. Là-bas, ils soignèrent et soulagèrent leurs frères. Certains y firent des prodiges. On racontait que, dans des contrées reculées de l’Inde, des hommes avaient su redonner apparence humaine aux plus touchés. Ils leur dédiaient leur vie, inventaient des recettes miraculeuses, fabriquaient des onguents qui soulageaient leur peau de bien des maux. Ils ne recherchaient pas la beauté mais parvenaient à donner du bien-être, là où il y avait malaise et souffrance.

       D’où tiraient-ils leur force tous ces êtres remarquables ? Se peut-il qu’ils aient été inspirés de près ou de loin par les découvertes d’Angélus de Fontseranne ? 

    ***

       Une chose est avérée. Angélus marqua pendant un temps, à l’insu de tous, les consciences.

       Fontseranne, après son passage, ne fut plus un bourg terne, enkysté et refermé sur lui-même et sur des principes sclérosants. Contre toute attente, certains jeunes gens dont les neveux et nièces d’Angélus, montrèrent des dispositions pour les études, pour la philosophie notamment et pour les sciences de la nature. Ils finirent par prendre goût pour tout ce qui recélait fragilité et finesse. Des échoppes s’ouvrirent où ils travaillaient avec talent le cuir, les tissus et les métaux précieux. Bien sûr, pour d’autres, cette métamorphose prit du temps, mais il est certain que le bourg connut, avant 1914 et la disparition de tous ses jeunes soldats, deux décennies florissantes.

    ***

       Elaine, pour sa part, se sentait fautive, et de la mort de la mère Supérieure et de celle d’Angélus. Il lui fallut bien des jours pour recouvrer le repos de son âme. Elle fut aidée en cela par le père Grangeais auquel elle se confessa. Le religieux, commotionné par la fin tragique de Camille, par les forces déchaînées de cette funeste Saint-Jean et par la transfiguration de l’apothicaire, avait connu après ces événements une espèce de conversion intérieure qui l’avait amené du jour au lendemain à ne plus se juger ni à juger les autres. La contrition n’était soudain plus de mise et le pardon du Seigneur devenait une évidence quotidienne. Aussi vit-il en Elaine, non pas une personne condamnable mais une future moniale pleine de bonté, de charité et débarrassée enfin de l’aiguillon de la vengeance. Celle-là même qui avait empoisonné l’existence du petit Jean, jusqu’à en faire ce tortionnaire de l’ombre que l’on sait.

       Elaine resta donc au couvent où elle apprit à épurer sa foi. Quelques années plus tard, on lui confia la tâche de diriger la communauté, ce dont elle s’acquitta avec ferveur, grâce et intelligence, pansant les plaies de l’âme des Fontserannais mieux que ne l’avaient fait autrefois les onguents maléfiques distillés par les mains vengeresses d’Angélus.



       Ce dernier resta peu dans les mémoires. Seule perdura de lui la vision que les villageois en avaient eu lors de l’incendie : celle d’un ange qui, soudain, leur serait venu du ciel pour leur faire toucher du doigt une réalité qui jusqu’alors leur avait échappée.

       Mais comme il est dit dans le langage populaire, les anges souvent ne font que passer, et le silence plein de sagesse et de compassion qui accompagne leur venue, touche uniquement les êtres dont les sens sont déjà en éveil et dont le cœur est prêt à accueillir l’impalpable.

    FIN

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    (Niqab transparent appelé encore "jihad nikah")


    (PS: traduit pauvrement en "déshabillé coquin" dans
    le sordide occident)

    TUNISIE
    La prostitution halal des tunisiennes en Syrie

       (...) François Hollande va se rendre les 4 et 5 juillet en Tunisie. Il devrait rencontrer les trois patrons provisoires de la Tunisie, le président de la république, le chef du gouvernement et le président de l'Assemblée constituante. 

       La visite de Hollande sera scrutée car le soutien apporté au président déchu Ben Ali par Nicolas Sarkozy qui, lors de sa visite officielle de 2008, avait salué « les progrès de la démocratie », n'a pas été entièrement oublié ni par les partis au pouvoir ni par ceux de l’opposition. Tout comme ils ne sont prêts pas encore d’oublier les propositions de service de Michelle Alliot-Marie, alors ministre de l’Intérieur, pour mater la révolte. 

       Actuellement, la presse tunisienne, ne cesse de traiter d’un sujet qui fait couler beaucoup d’encre, celui de l’engouement de certaines filles pour le Jihad du Nikah en Syrie. Un grand nombre de tunisiennes qui sont parties en Syrie dans le cadre du “djihad du nikah” ont exprimé leur volonté de quitter les champs de bataille et de regagner leur pays. Ces dernières ont peur d’être tuées par des djihadistes.

       Ces filles viennent pour la plupart des quartiers populaires de la périphérie des grandes villes tunisiennes où elles ont été recrutées pour aller satisfaire les pulsions sexuelles des jihadistes en Syrie. Plusieurs combattant(e)s tunisien(ne)s viennent de France, d’Allemagne et surtout de Belgique.

      Le «jihad nikah» est une forme de prostitution légalisée (ou «halalisée») par certains extrémistes religieux au nom de la nécessaire contribution à la guerre sainte.

       Il est proposé aux djihadistes tunisiennes de se soumettre au «mariage» en s’offrant aux pauvres soldats jihadistes sur le front, pour «les soulager et leur redonner des forces afin qu’ils puissent vaincre l’ennemi». Cette forme de jihad est appelé «jihad du nikah» (de mariage).JP


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    "Comment ça, ça manque de femme dans l'Empire aussi?
    Et moi, alors?
    - Vous, c'est pas pareil, Maître, vous avez une barbe"

    Star Wars : Irvin Kershner, réalisateur de L'Empire contre-attaque




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    "In God we trust... 
    et également aux chaînes d'infos pourries, évidemment"


    IN GOD WE TRUST | Art Studio Susa

    Comment les chaînes d’infos 
    terrorisent les États-Unis (Alternet)
    Murtaza HUSSAIN

       (...) Pourquoi des milliers de morts par balle chaque année peuvent être acceptés sans effort comme le « prix de la liberté », alors qu’un seul attentat appelle à la suspension des libertés civiles?

       À la suite de l’attentat du marathon de Boston, et pendant l’imposante chasse à l’homme par la police de l’auteur présumé, Dzhokhar Tsarnaev de 19 ans, le journaliste de la NBC David Gregory aurait dit aux téléspectateurs de la TV américaine : "Il s’agit d’un nouvel état de terreur auquel le pays doit s’habituer." Etant donnée la couverture hyperbolique, hors d’haleine, fournie par NBC, CNN, et beaucoup d’autres chaînes d’infos pendant la traque de Tsarnaev, il n’est nullement surprenant d’entendre Gregory faire un tel commentaire. Que ce soit dans un contexte de divertissement ou d’information (distinction qui a été rendue de plus en plus floue par les chaînes TV), la peur et l’hystérie rendent toujours convaincantes les contre-informations si on en voit.

       Cependant, il faut se poser la question devant l’affirmation de Gregory : pourquoi les Étatsuniens – dont le pays possède l’armée la plus puissante de l’histoire de l’humanité et qui dépense plus pour sa défense que l’ensemble des 13 pays suivants – devraient se résigner à vivre "dans un état de terreur" ? Les actions d’un ado révolté et de son frère aîné, assurément abominables, peuvent-elles suffire à terroriser au point de paralyser une super puissance militaire et contraindre les Étatsuniens à renoncer à leurs droits et libertés consacrés par leur Constitution ?

       Depuis le début, la couverture par les médias de l’establishment de l’attentat de Boston et de ses conséquences a été caractérisée par une combinaison d’hystérie et d’inepties. Depuis les rapports initiaux de la police qui cherchait "un homme à la peau sombre" jusqu’à la déclaration complètement erronée et encore inexpliquée du "Day One", qui affirmait qu’un suspect était effectivement détenu, le téléspectateur moyen de Fox, CBS ou MSNBC aura été de loin moins bien informé par la couverture des TV, que s’il s’était complètement abstenu d’infos TV durant la crise.

       Après plusieurs heures de reportages pour leurs millions de téléspectateurs crédules sur des "faits" qui ensuite sont devenus à peine plus que des rumeurs sans fondement, Chris Cuomo de CNN a admis : "OK. Maintenant, vous savez, nous ne savons pas ce qui est exact ou non à ce sujet." On pourrait espérer une telle honnêteté de la part d’une chaîne majeure d’information avant et non après un reportage sur une affaire aussi majeure. Malheureusement le contraire fut vrai.(...)

       (...) Bien que la propagation rapide de rumeurs, l’hyperbole et les insinuations servent très peu à informer et éclairer les millions de personnes qui comptent sur les télés pour s’informer, tout cela fonctionne très bien pour générer l’hystérie et une peur généralisée. C’est moins le résultat d’une grande conspiration que de la simple économie de marché. Tout au long de la crise, les indices d’écoute des grandes stations d’information ont bondi - explosant jusqu’à 194 % des moyennes normales pour CNN et moins, mais de manière importante, pour Fox News et MSBNC.

       Pour une industrie basée sur la publicité, où ces indices d’écoute sont les porteurs normaux de succès et de viabilité commerciale, l’attentat de Boston a fourni un coup de fouet majeur. Dans cet éclairage, on voit diminuer nettement la propension à éviter les commérages salaces et la spéculation – choses qui devraient déclencher inévitablement une grande peur parmi les téléspectateurs démunis de leurs propres moyens d’évaluation des événements  La peur et l’incertitude peuvent être mauvaises pour la population en général ainsi que pour le bon fonctionnement d’une démocratie saine. Mais elles sont indéniablement bonnes pour engendrer de plus grandes et plus lucratives audiences pour les chaines d’infos. Dans le paysage oligarchique des médias, où l’on constate à la fois des barrières élevées aux entrées et des pressions sur les acteurs en présence, les organes d’infos télé ont toutes les raisons de continuer à pousser jusqu’à l’hystérie si cela signifie une plus grande audience. Comme l’a montré leur couverture hyperbolique de la crise de Boston, ils ont peu d’hésitation à le faire quand l’occasion se produit.(...)

       Alors que le terrorisme violent est sans aucun doute réel, il est utile de rappeler quelques données statistiques de base sur le niveau de la menace qu’il représente pour le citoyen moyen. Dans leur rapport de 2010 pour Foreign Affairs, John Mueller et Mark G. Stewart ont fait une analyse comparative du terrorisme par rapport à d’autres causes potentielles de décès pour les Américains. Ce que les résultats montrent, c’est que l’Étatsunien moyen, sur base annuelle, est plus susceptible d’être tué par un de ses appareils électroménagers, par la noyade dans une baignoire, ou dans un accident de voiture impliquant un cerf, que d’être tué dans une attaque terroriste. Sans parler de la menace de la criminalité violente ordinaire, qui pose un danger plus grand que celui de la violence terroriste, criminalité ordinaire qui continue à exploser dans tout le pays.

       Néanmoins, en raison de la couverture médiatique en grande partie déséquilibrée et sensationnaliste, les Étatsuniens ont été plus disposés à se séparer de leurs droits et libertés en réponse aux menaces perçues venant du terrorisme, que des menaces des crimes ordinaires. Vu sous cet angle, il est plus facile comprendre comment de dizaines de milliers de décès par balle tous les ans peuvent être acceptés sans broncher comme le "prix de la liberté", alors qu’un seul attentat peut susciter des appels à la suspension des libertés civiles accordées aux citoyens par la Constitution américaine.(...)

       (...) Il y a les millions d’Étasuniens qui sont régulièrement victimes des médias auxquels ils accordent leur confiance pour obtenir des informations, mais qui, au lieu de cela, voient leurs plus profondes peurs manipulées dans un but financier. À côté de ceux-là, la couverture de l’attentat de Boston a produit un autre type de victime, unique, des médias.

       Le 18 avril, le lycéen de 17 ans Salah Barhoum s’est réveillé pour trouver son portrait en première page du New York Post. La une suggérait qu’il était en fait l’auteur de l’attentat du Marathon de Boston. Le chaos en tous sens et l’hystérie provoquée par la désignation des médias d’un informe « suspect à la peau brune » avait conduit les forums Internet à faire circuler le visage (à peau brune) de Barthoum comme une menace potentielle – chose que le New York Post n’a pas hésité à reprendre comme un fait pour gagner un scoop historique. L’allégation s’est révélée totalement infondée, Barhoum était simplement un spectateur innocent que la police de Boston n’a jamais considéré comme un suspect dans le crime. Néanmoins, le mal était fait.

       Tout en reconnaissant son innocence, le New York Post a refusé de s’excuser pour l’atteinte à la réputation et pour le danger potentiel qu’ils ont causé à Barhoum en l’identifiant faussement comme l’auteur d’un crime qui a provoqué la colère et la peur de tout le pays. Dans son compte rendu des jours suivant son implication erronée par une chaîne d’info importante, Barhoum s’est décrit courant terrorisé de son domicile à son école après avoir vu un homme qu’il pensait le poursuivre. De ses propres mots, il disait de son avenir : « Je vais avoir la frousse d’aller à l’école. Sur les plans professionnels et familiaux, tout va être effrayant ». A bien des égards, c’est encore un individu dont la vie a été terrifiée par un organe majeur de presse, sauf qu’aujourd’hui c’est à cause des actes de ces médias que les craintes de l’étudiant sont tout à fait fondées.(...)

       Murtaza Hussain est un écrivain et analyste basé à Toronto, axé sur les questions liées à la politique du Moyen-Orient.
      Traduit de l’anglais par JP G. pour Investig’Action

    [1]NdT : « Tabacco Moment » fait référence aux risques encourus suite aux poursuites légales que l’industrie du tabac US a subies durant les années 1990.


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    Luc Desle
    « "Lobotomisée, cette Démocratie s'était vendue au plus offrant". Benoît Barvin in "Pensées pensées"."Le roi de la baballe était un bon chienchien à son cluclub". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet". »

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