• "Ce coquin de sort faisait rougir les cartomanciennes". Benoît Barvin in "Pensées pensées".

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    Pensées pour nous-mêmes:

    (LA MAIN DU SINGE
    N'EST PAS LA NAGEOIRE DU REQUIN)

    Pcc Jacques Damboise

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    (Miss Beautifulhat à cheval sur les toits de sa demeure)


    (Reblogged from skindeeptales)

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    "Tu es bien?
    - La maison est trop petite pour mes futurs
    fiancés..."





    La crise aux Etats-Unis :
    pourquoi les maisons neuves
    sont de plus en plus grandes

    Hélène Crié-Wiesner

       (...) Un nouveau genre de pavillon est apparu sur le marché, qui fait désormais des ravages dans les quartiers en construction, développé sous diverses appellations par les constructeurs. Cette tendance lourde est en train de transformer le secteur de l’habitat aux Etats-Unis.

       La raison ? Les enfants adultes reviennent vivre chez leurs parents, qui voient aussi rappliquer leurs propres géniteurs. Pour faire face, les pauvres se résignent en s’entassant, mais les plus riches ajoutent des pièces à leur logement. (...)

       La plus connue de ce nouveau type de maison, née en 2011, est le modèle NextGen (prochaine génération) de la société Lennar, qui la présente ainsi sur son site web : « Nous avons été les premiers à reconnaître que nos clients avaient besoin de voir plus grand pour pouvoir partager le coût de leurs emprunts et de leurs dépenses quotidiennes. NextGen est la solution parfaite pour les invités de longue durée, les membres de la famille ou n’importe qui d’autre susceptible d’utiliser au mieux cet espace additionnel composé d’une chambre, d’une petite cuisine et d’un salon. »

       Le constructeur propose la NextGen à la vente dans dix-huit Etats, et indique que ce type de maison a représenté l’an dernier 25% de ses ventes en Arizona. J’ai vérifié : en Caroline du Nord, près de chez moi, la NextGen est aussi très bien placée dans le carnet de commande de la société. (...)

       D’autres constructeurs préfèrent offrir des maisons évolutives, dont la salle de jeu, par exemple, peut être convertie en chambre avec salle de bain. Ce peut être aussi un garage à deux places dont l’une peut aisément être aménagée en studette.

       D’autres encore proposent d’emblée des maisons au « design universel » : couloirs et portes larges, éclairage puissant, aucune marche. Certains prévoient même la place, dans les salles de bain, pour installer des poignées dans les douches et les toilettes, voire des espaces pour un ascenseur intérieur.

       Au cas où, un jour… De toute façon, même si aucun vieux parent ou nouveau petit-enfant ne vient s’y installer, la grande maison sera ainsi plus facile à revendre.

       La radio publique NPR s’est récemment penchée sur ce phénomène sociétal. La bande-annonce du reportage m’avait intriguée : elle clamait que la taille des maisons américaines recommençait à croître, après avoir sérieusement diminué à partir de 2008. (...) 

       Les meilleurs analystes croyaient alors la tendance durable. Bêtement confiante dans la nouvelle frugalité post-crise, j’écrivais en 2009 dans American Ecolo (mon blog précédent sur Rue89) : « Simplicité, vivre mieux avec moins... Personnellement, j’ai l’impression que le changement le plus marquant, celui qui aura à terme l’impact le plus important sur la société américaine, touche à l’évolution de l’idée nationale de la maison. »

       Le New York Times raillait les Américains d’avoir toujours voulu augmenter la taille de leurs possessions : « No, you cannot get up-grade » (approximativement : « Non, vous ne pouvez pas avoir plus grand »). Après la Seconde Guerre mondiale, les soldats démobilisés et leurs familles emménageaient dans des logements de 90 m². Dans les années 70, la taille moyenne des maisons américaines était de 150 m². Dans les années 2000, elle était de 233 m². (...)

       Or, en 2009, les maisons ne se vendaient plus. Leur prix avait dégringolé. Plus elles étaient grosses, moins elles partaient. La revue E-Magazine consacrait un dossier au nouveau phénomène des « little boxes » (surnom des petites maisons tendance), et concluait par ses mots : « Si les McMansions [grandes maisons bâties toutes sur le même modèle, comme des McDo, ndlr] ont été l’emblème des années fric, des décennies 80 et 90, les maisons plus modestes pourraient bien devenir celui d’une génération qui a décidé de ralentir, de considérer l’état des ressources de la planète, et de faire ce qu’il fallait pour les préserver. »

       Eh bien, c’est raté, on avait tout faux. Même si désormais l’envie de paraître et l’attrait du luxe bling bling n’est plus la raison principale pour faire construire des grosses demeures, le résultat est là : les « little boxes » ont perdu les faveurs du public.

       Le Pew Research Center s’est plongé dans les données du dernier recensement : 51 millions d’Américains, soit 16,7% de la population, vit sous un toit abritant au moins deux générations adultes, ou un grand-parent et au moins un membre d’une autre génération. (...)

       L’analyse du Pew révèle une augmentation de 10,5% de la cohabitation multigénérationelle entre 2007 et 2009. Enfin, un sondage conduit en 2012 par un constructeur révèle que 32% des adultes envisagent de partager leur logement, à un moment de leur vie, avec un parent. Un gros constructeur américain, Maracay Homes, a dépensé 4 millions de dollars pour enquêter et attester les tendances démographiques ci-dessus. Il en a conclu que ses architectes devaient désormais prendre en compte le fait que plusieurs générations vivaient désormais, ou allaient vivre, sous le même toit pour faire des économies « C’est la nouvelle normalité. C’est ainsi qu’on vit en période post-récession. »

       Encore faut-il pouvoir se les payer, ces nouvelles maisons élastiques conçues pour assurer le confort de papy, mamie, fifils ou fifilles flanqués de leurs propres rejetons ! (...)

       Les journaux télévisés ne sont pas avares de reportages plus attendris les uns que les autres montrant des familles ainsi élargies vivant les uns sur les autres, se rendant service après un licenciement, une expulsion consécutive à un défaut de remboursement, ou parce que la maison de retraite est inabordable.

       Les gens s’entassent dans des maisons parfois riquiquis, voire dans des caravanes. Certainement ceux-là adoreraient emménager dans une NextGen ou son équivalent. S’ils avaient l’argent pour se la payer. Ou payer n’importe quel autre logement plus grand. (...)


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    "Miroir, gentil miroir, sans me voir,
    dis-moi quelle est la plus belle?"



    Vintage French tinted postcard
    Regina Badet

    (Cette fausse Brune était une vraie Blonde)

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    Luc Desle (avec Jacou Damboise le mauvais z'esprit)
    « "Mieux vaut mourir que périr, clamait ce soldat illettré". Benoît Barvin in "Pensées pensées"."Il vécut une honnête vie d'imbécile, comme des millions de ses concitoyens". Jacques Damboise in "Pensées inconvénientes". »

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