• "Blanche Neige avait souvent le bout des tétons gelés". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

    ***
    Pensées pour nous-mêmes:

    (CONNAIS-TU LA COULEUR DE TON ÂME?)

    ***
    Nouveau court récit au long cours (7)

    LE LIBÉRÉ 
    DU 
    CLUB MAD

       Le Club Mad est à l'image de la société occidentale, c'est du moins ce que prétend Daniel, l'observateur...


       Les planches du ponton se mettent à vibrer doucement, le faisceau d’une lampe électrique balaie l’embarcadère. Il reconnaît Rachel.
       Rachel, qui, d’un accord tacite, s’est placée sous sa protection, et que sa présence a bien réconfortée, surtout quand elle a vu que son amie de Paris n’était pas à l’arrivage de ce soir. Personne n’a pu la renseigner et il a fallu joindre la France, se reconnecter avec le monde, pour apprendre que l’amie en question s’était tout bonnement brisé la cheville en quittant son appart’.

       Il va donc passer cette semaine près de cette jeune femme dont il ne sait rien, tout en ayant deviné l’essentiel de ce qui la préoccupe. Elle va faire partie du monde qu’il va disséquer

       - Tu ne dors pas, petite fille ?

       - Impossible avec tout ce tintouin. Tout à l’heure, ne trouvant pas le sommeil, je suis passée à votre case mais vous dormiez. Je vous envie, avec un tel vacarme ! Ils sont fous à lier !

       - Sitôt allongé, j’ai sombré. J’ai cette faculté de pouvoir me déconnecter du réel pour autant que le manque de sommeil soit trop fort. C’est une chance. Et puis, comme tu peux le constater, j’ai besoin de très peu d’heures de sommeil. Depuis toujours, c’est ainsi. Alors je me lève et je médite. Et toi, qu’as-tu fait de ton insomnie ?

       - Je suis descendue jusqu’au bar. Des centaines de jeunes s’agitaient en cadence sous la direction d’un blondinet au visage chafouin qui les incitait à se défouler un maximum. D’autres épongeaient leur sueur au bar. L’Accueil était encore ouvert. J’allais demander quand est-ce que tout ce raffut finirait, lorsque le Captain du Club qui rôdait par là, s’est enquis de mon état.

       - Ne vous affolez pas. On va mettre en sourdine à une heure dernier carat. Après on continuera au night et vous n’entendrez plus rien. En attendant vous devriez vous amuser. C’est la fête à Corfou !

       J’ai regardé ma montre. Encore une demi-heure à attendre. J’ai tourné les talons et suis allée visiter les autres secteurs pour évaluer les décibels audibles au fin fond du camp et voir si je ne serais pas mieux là-bas. Du coup, je suis passée près des bureaux de la Caisse. Des éclats de voix fusaient de derrière les fenêtres grillagées mais ouvertes.

       - Le boss ne va pas être content : dépenses moyennes au bar pour la semaine écoulée, à peine quatre cent cinquante euros par personne ! Quant à la boutique, ce n’est pas un record…

       Je n’ai pas compris la suite. D’après l’intonation de la comptable, elle n’avait pas l’air de trouver la recette fameuse, alors que pour moi c’est déjà énorme. Comment dépenser autant en boissons alors que vin, bière, sodas sont à discrétion au restaurant ? En plus il s’agit d’une moyenne, ce qui veut dire que certains ont dû claquer six cents euros facile. Le prix du séjour à cette saison. C’est dingue ! Ce système est fou !

       - Entre nous, Rachel, il y a pire ailleurs. Aux Baléares par exemple, certains fanas de boîte de nuit arrivent à claquer cinq cents euros pour une bouteille de champagne. Le mieux, c’est de passer à côté de toutes ces aberrations. Tu es là pour te nettoyer de tous ces calculs, crois-moi.

       - Pas facile quand tout nous ramène à ces histoires de profit… Enfin, bref ! Tout au fond du Village, des cases sont au calme. Je vais demander à changer.

       - Je te le déconseille. C’est plein de moustiques et il y avait la dernière fois que je suis venu une discothèque grecque en plein air qui ouvrait vers une heure du mat’. Je ne te parle pas de ceux qui reviennent bourrés du night-club et qui frappent à toutes les cases… La presqu’île reste la plus confortable. Il suffit de veiller jusqu’à ce que le bar ferme, en venant ici par exemple, ou en allant un peu plus dans les terres en marchant. Si tu veux, on ira s’y balader, tu verras, c’est plus sauvage.

       - Il y a autre chose… Quand je suis revenue à ma case, il n’y avait plus de bruit, mais le sol tremblait dans un grondement sourd, comme le feraient les pulsations d’un cœur qui bat.

       - Ce sont certainement les enceintes du night-club qui donnent un peu trop.

       - Non, cela vient d’en dessous. Tellement que j’ai voulu vous réveiller cette fois, mais vous étiez déjà ici. … Venez là sur les rochers. … Vous ne sentez pas les vibrations ?

       - Effectivement, c’est incroyable ! Sur le ponton de bois on ne les ressent pas du tout. 

       - Je vous assure que dans les cases, c’est intenable. Pire que les boum-boum de l’animation.

       - Bien, pour cette nuit on va trouver une solution et demain on ira réclamer deux autres cases. Si tu me prêtes une de tes barrettes, j’ouvre le cadenas de cette guérite et on sera les mieux logés du Village… Tiens, voilà déjà deux matelas… En plus, il fait super bon. Même pas besoin de couvertures. Ca t’ira ?

       Daniel sent que l’angoisse de Rachel se dissipe.

       - Idéal ! Un peu fou comme truc tout de même d’aller faire des milliers de kilomètres pour se retrouver dans un Club où la seule chose qui nous convienne, c’est d’être là au dessus de ces vaguelettes, à la belle étoile. Il doit y avoir quelque chose qui cloche

       - Disons que les responsables des Villages de cases devraient réviser leur formule, rien que pour satisfaire les deux pèlerins nostalgiques que nous sommes. Je vais en parler au chef du Club. Pour sûr il en tiendra compte !

       Rachel se met à rire. Elle s’allonge sur le matelas. Sa main se pose sur le bras de Daniel. Il ne sait plus qui il est, ni son âge. Il est avec une peau douce, un brin d’humanité et il est bien. Il sent du désir pour ce jeune corps qui est là étendu près de lui. Il constate et s’en tient là.

    ***
    (A Suivre)

    ***
    (Homme très pieux maniant le sabre et
    le... hem... le goupillon)


    http://nuclearbummer.tumblr.com/post/65829145302


    ***

    "La guerre? 
    Moi je m'y prépare depuis que je suis mariée
    avec ce  type!"


    vintagegal:
    Joan Crawford in Strait-Jacket (1964)

    ABLE ARCHER 83: 
    LA PEUR D'UNE CRISE NUCLÉAIRE
     QUI A MIS FIN À LA GUERRE FROIDE
    Laszlo Perelstein

       (...) Il y a quelques mois, les autorités britanniques ont rendu public un discours écrit par Elizabeth II en mars 1983, censé être prononcé en cas de Troisième Guerre mondiale. A l’époque, la guerre froide battait son plein et la reine d’Angleterre avait demandé à son gouvernement de travailler sur une possible guerre nucléaire.

       Un tel désastre aurait bien pu se produire au vu de l’exercice de tir nucléaire Able Archer auquel se sont livrés le Royaume-Uni et les Etats-Unis et dont on vous parlait sur Slate en mai 2013. Des documents déclassifiés obtenus par le Nuclear information service révèlent que l’URSS a mal interprété l’exercice et cru à une réelle menace.

       Encore peu connu du grand public il y a quelques années, l’opération Able Archer est un exercice militaire de l’Otan plus provocant que les exercices précédents. Il a notamment impliqué le déplacement de 40.000 troupes vers l’Europe de l’Ouest.

       Des documents mis en ligne en mai dernier par les archives de la NSA révélaient déjà que l’opération avait poussé le Secrétaire général soviétique en place, Iouri Andropov, à ordonner la plus importante opération de renseignement jamais effectuée en temps de paix: l’Opération RYAN. Leur mission? S’assurer de ne pas être en face d’une situation de Raketno-Yadernoye Napadenie, le nom de code d’une attaque nucléaire occidentale préventive, que les Soviétiques redoutaient tant.

       Au fur et à mesure que l’exercice prend place, la tension internationale se fait ressentir. Le 1er septembre 1983, un Boieng 747 de Korean Airlines pénètre par erreur dans l’espace aérien russe. Les Soviétiques décident alors de l’abattre, tuant les 269 personnes à bord. Des preuves suggèrent qu’ils l’auraient en fait pris pour un appareil de surveillance américain, présent plus tôt dans la zone.

       En outre, le gouvernement russe avait également déployé «des unités aériennes soviétiques stationnées en Allemagne de l’Est et en Pologne placées en état d’alerte maximum ainsi que le déploiement de forces de frappe nucléaires», selon un rapport de la CIA.

       La crise s’aggrave à tel point que Sir Robert Armstrong, secrétaire de cabinet de Margaret Thatcher, informé par un agent double russe, avertit la Première ministre que le déplacement des troupes soviétiques n'est pas un exercice militaire, puisqu'il se déroule notamment «en période d’importantes vacances soviétiques».

       Pour Paul Dibb, ancient directeur du Comité mixte du renseignement australien, la situation était bien pire qu’en 1962 à Cuba:

       «Cuba était indubitablement une crise intense avec de très hauts enjeux, mais les deux côtés savaient qu’ils étaient en situation de crise et ils avaient chacun les mêmes faits à disposition. Able Archer aurait pu déclencher la catastrophe ultime involontaire, et avec de promptes capacités de frappes nucléaires du côté soviétique comme américain des ordres de magnitudes plus importants qu’en 1962.»

       D’après The Guardian, les renseignements britanniques rédigent alors une note suggérant «à l’Otan d’informer l’Union soviétique de l’exercice». Convaincu par la note et les arguments de l’agent double russe qui avait informé Thatcher, le président Ronal Reagan pousse l’esprit de détente qui conduira à la fin de la guerre froide entre les Etats-Unis et l’URSS. (...)



    ***
    "Ah... Comme ça, une femme est incapable de bricoler...
    J't'en ficherais, moi, de tes idées à la c..."





    ***
    Benoît Barvin
    « "Chaque fois qu'il prononçait le mot Capitalisme, sa bouche se remplissait d'aphtes". Benoît Barvin in "Pensées pensées"."Ils ne s'aimaient pas assez pour se détester". Benoît Barvin in "Pensées pensées". »

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :