• "Avec cette paire de ciseaux, mon fils fut à deux doigts de les perdre". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet".

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    Pensées pour nous-mêmes:

    (LE MAÎTRE EST LE PÈRE

    DE TOUS LES DISCIPLES)

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    (La Femme aphasique avait du mal

    à se faire comprendre)

    http://slimgrape.tumblr.com/

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    "Des Femmes? Où ça?"

    http://slimgrape.tumblr.com/

     

    Ellen Pao et le procès en sexisme

    de la Silicon Valley

    Camille Polloni | Journaliste 

       Depuis mardi (3 mars) et pour les quatre à six prochaines semaines, le tribunal de San Francisco examine un dossier qui régale la presse de la côte Ouest américaine. Ellen Pao, PDG de Reddit depuis fin 2014, poursuit son ancien employeur qu’elle accuse de sexisme.

       De 2005 à 2012, cette juriste travaille pour le fonds de capital-investissementKleiner Perkins Caufield & Byers (KPCB), installé à Menlo Park – la ville de Facebook –, en plein cœur de la Silicon Valley. L’entreprise est considérée comme l’un des principaux financeurs de l’innovation dans la région. Mais les accusations d’Ellen Pao mettent à mal son image : elle dit avoir été écartée puis poussée vers la sortie parce qu’elle est une femme et réclame 16 millions de dollars (14 millions d’euros). KPCB invoque de son côté un problème de compétences.

       Le procès devra trancher entre ces deux versions incompatibles, résumées par USA Today : « Kleiner Perkins est-elle une méritocratie, où les meilleurs et les plus brillants disputent à d’autres fleurons de la Silicon Valley le privilège d’investir dans les entreprises les plus prometteuses ? Ou est-ce un club de mecs étriqué et exclusif, où l’arrogance et l’autorité de rigueur pour les hommes sonnent le glas de la carrière des femmes ? » (...)

       Les premiers instants d’audience posent une ambiance bien lourdingue. « Féroce », écrit Re/code : « L’avocat de la plaignante commence par relater quelques épisodes révélateurs de certains soucis avec le genre, en affirmant que : Ajit Nazre, un associé, s’est invité sans prévenir, en peignoir, dans une chambre d’hôtel occupée par des employées ; Randy Komisar, un autre associé, a offert à Pao un livre de poésie érotique et de dessins de nus ; un troisième, Chi-Hua Chien, lui a dit que “les femmes tuent le buzz”. »

       Ellen Pao aurait notamment été écartée d’un dîner avec l’ancien vice-président des Etats-Unis, Al Gore, auquel n’ont assisté que des hommes, et n’aurait pas obtenu les promotions qu’elle méritait. Le cadre qui l’a recruté aurait tenu ce discours en prétendant « analyser les facteurs de réussite » : « Si on regarde Bezos, ou [le fondateur de Netscape Marc] Andreessen, [le cofondateur de Yahoo] David Filo, les fondateurs de Google, ce sont tous des hommes blancs, fans d’informatique, qui ont abandonné Harvard ou Stanford et n’ont absolument aucune vie sociale. »

       La défense rétorque, en substance, qu’Ellen Pao a été recrutée pour des tâches relevant du secrétariat, que le pouvoir lui est monté à la tête et qu’elle l’a toujours joué perso. Des histoires intimes de liaison se greffent à l’ensemble, Ellen Pao ayant supposément mal vécu sa rupture avec l’un des associés.

       Le témoignage d’une autre salariée de l’entreprise, Trae Vassallo, qui a déposé plainte pour harcèlement sexuel contre le même homme, vient renforcer les arguments des deux camps : un sérieux problème de sexisme dans le cabinet, pour le camp de Pao, ou bien une tentative coordonnée de déstabiliser le management, pour ses adversaires. (...)

       Ces débats au tribunal coïncident avec le discours prononcé par Hillary Clinton, mardi, sur le manque de diversité dans la Silicon Valley. La candidate démocrate pressentie à la prochaine présidentielle a regretté que les femmes soient sous-représentées parmi les cadres, les investisseurs, les ingénieurs et les développeurs de la région, tout en gagnant moins que leurs homologues masculins : « Alors que 60% des diplômés du supérieur sont désormais des femmes, elles sont seulement 18% dans les filières d’informatique. C’était le double dans les années 80. Nous régressons dans un domaine censé se projeter vers l’avenir. Nous ne pouvons pas nous permettre de gâcher tout ce talent. »

       Cette problématique est en train de faire son apparition dans le débat public américain. Le Huffington Post a même un tag pour ça : « Women in Silicon Valley ». (...)

       Un rapport publié ce mois-ci chiffre le « gâchis » évoqué par Hillary Clinton : dans la Silicon Valley, les hommes ayant une licence gagnent presque 61% de plus que les femmes titulaires du même diplôme. Une différence de 35 000 dollars (31 000 euros) en moyenne. Une autre étude, citée par le Guardian, avance que seulement 11% des cadres dirigeants dans ces entreprises sont des femmes.

       Fin janvier, le magazine Newsweek a abordé la question en choisissant une couverture choc et adroite : « Ce que la Silicon Valley pense des femmes », qui met en scène une femme dont la robe rouge est soulevée par le curseur d’une souris. « Si vous googlez “Silicon Valley” et “culture de vestiaire de foot”, vous trouverez des dizaines d’articles de presse, de billets de blogs, des laïus, des lettres, des vidéos et des tweets qui rapportent des menaces, des blagues sexistes et de la misogynie ordinaire, des documents sur les pratiques discriminatoires de recrutement et de licenciement, des procès pour harcèlement sexuel et un système de rémunération qui favorise les hommes jeunes et pénalise les femmes. »

       Pour le New York Times, l’issue du procès Pao pourrait résonner bien au-delà du cabinet concerné : « L’établissement de sa responsabilité validerait les reproches adressés par les femmes au monde de la high-tech ; un échec fournirait des arguments à ceux qui considèrent que les questions de genre sont surinvesties. »

       Fallait-il le rappeler ? Les secteurs les plus « branchés » ne sont pas à l’abri du sexisme le plus traditionnel.

    http://rue89.nouvelobs.com/2015/02/26/ellen-pao-proces-sexisme-silicon-valley-257926

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    Benoît Barvin

    « "Dans un coin de son cerveau il gardait toujours, dans la journée, un rêve pour tenir le coup." Luc Desle in "Pensées pensées"."Mal conçu, ce show soufflait le chaud et l'effroi". Jacques Damboise in "Pensées à contre-pet". »

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