• ***

    Pensées pour nous-mêmes:

    (LA HAINE NE FAIT POUSSER

    QUE DES FLEURS VÉNÉNEUSES)

    ***

    À PROPOS DE NICEJEAN VIGOBORIS KAUFMAN1930GIF

    ***

    https://www.artsper.com/fr/oeuvres-d-art-contemporain/edition/176530/le-chat-confucius

    Le débat en peau de chagrin

       La farce ne cesse de tourner en rond chez Macron. Notre bon Freluquet réunit les intellectuels du pays, un échantillon représentatif, trié sur le volet de soixante cerveaux incontestables afin d’évoquer l’avenir de la nation en apportant une pierre de plus au Grand Débat. C’est à noter du reste, en agissant ainsi, notre cher escamoteur en chef sous-entend implicitement que toutes les contributions précédentes, arrivées en nombre ne sont que la roupie de sansonnet puisque émanant de la plèbe, de ces gueux sans culture ni réflexion réelle.

       Cette posture n’a d’ailleurs rien de surprenant dans un système qui ne peut imaginer que le peuple a son mot à dire. La confiscation de la parole est la pierre angulaire de cette représentation confiscatoire qui n’a d’autre but que d’écarter des allées du pouvoir les ouvriers, les minorités, les paysans, les pauvres et tous ceux qui peuvent faire tâche dans cette assemblée de bourgeois propres sur eux.

       Mais la plaisanterie est poussée plus loin encore. Nos bons intellectuels estampillés doivent poser une question et une seule au terme d’une intervention limitée à deux minutes. À quoi sert d’interroger des gens à la pensée complexe s’ils ne peuvent la développer. Avec Freluquet les dissertions devront désormais prendre le format Twitter 144 caractères et pas un plus dans la prochaine réforme du Baccalauréat !

       Pire encore, nos bons maîtres doivent naturellement fournir leur contribution avant que de se rendre à la cérémonie officielle. La liberté d’expression a certainement des limites quand on s’adresse au Seigneur des lieux. Tout doit être sous contrôle, le chef ne veut pas une seule note discordante dans la célébration de sa gloire. Des experts lui prépareront des réponses brillantes afin de briller une fois encore devant des caméras, toujours plus braquées sur cet artiste de l’entourloupe.

       Quant au débat, comment peut-il exister sans controverse, sans réponse, sans confrontation d’idées ? Un seul a toujours le dernier mot. C’est de l’omniscience y compris devant les esprits les plus brillants du pays qui ne sont pas en mesure d’enchérir sur la parole du guide suprême. La jeunesse de notre artiste explique sans doute cette hypertrophie de sa personnalité. Il se permet d’écraser tout sur son passage sans le moindre complexe.

       Faut-il lui rappeler que le Peuple est souverain ? Nous n’avons plus aucun doute sur la suite de cette incroyable pantomime. Des citoyens sont tirés au sort pour participer eux-aussi à condition d’être propres sur eux et conformes par la magie d’une sélection qui relève de l’écrémage. La procédure n’a aucune raison de laisser place à la moindre surprise. Il convient de tout contrôler pour que les moutons demeurent bons à tondre. Le tirage au sort demeure la règle, les thèmes sont fixés, la parole doit se limiter dans le cadre fixé par le grand Manitou.

       Curieusement tout ce cirque faussement démocratique me hérisse le poil. La tonte risque de devenir de plus en plus délicate pour celui qui use à l’excès de tous les anesthésiants possibles. Quand toutes les contributions seront centralisées, moulinées par des logiciels évanescents. La synthèse sera donc sous le seul contrôle du pouvoir. Qui ira contester les choix dans ce barnum d’une tempête dans tous les crânes ?

       La suite ne permet aucun espoir, aucune attente sérieuse. Freluquet a repris la main en trompant tout un pays. Il peut leurrer les gogos, gruger les naïfs, manipuler les médias, dévaluer les intellectuels, briser les rebelles, casser tous les désirs de justice sociale, il n’en restera pas moins un Président dévalué, déconsidéré, déclassé, destitué aux yeux de tous ceux qui ne se laissent pas prendre dans ce filet aux ficelles trop grosses pour être honnêtes. Après le mépris, la tromperie la plus massive que ce pays n’ait jamais connue. Bravo l’artiste !

       Facticement sien.

    https://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/le-debat-en-peau-de-chagrin-213606

    ***

    Benoît Barvin


    votre commentaire
  • $$$

    Pensées pour nous-mêmes:

    (À CONSTANTE FILOUTERIE

    COMBAT INCESSANT)

    $$$

    "Qu'est-ce que tu as encore?

    - Rien... Je pense simplement à mes rêves

    qui chaque jour sont un peu plus piétinés..."

    Brumes d'automne, 1929

    http://littleplasticthings.tumblr.com/

    $$$

    http://www.lefigaro.fr/culture/2017/05/08/03004-20170508ARTFIG00115-macron-

    president-les-dessinateurs-ne-lui-accordent-pas-d-etat-de-grace.php

    L’ivresse décime

       Pour dire qu’elle souffre, une partie du pays s’expose, tous les samedis depuis 18 semaines, aux énucléations, amputations, fractures, plaies, gazages, matraquages, gardes à vue, procès expéditifs, emprisonnements. La majorité des citoyens la soutient, en dépit d’un autre matraquage, incessant par des « grands » médias qui ont lâché leurs chiens. Les animateurs, éditorialistes, politologues, « philosophes » (sic) aboient. L’un dit que l’armée devrait tirer, l’autre qu’il faut mettre les meneurs jaunes en état d’arrestation.

       Les mauvaises langues racontent que, rentré précipitamment de La Mongie, Macron a engueulé Castaner (qui lui conseillait d’enlever ses après-skis). « Et toi, ferme ta braguette » aurait-il répliqué sèchement avant de faire filmer une réunion de crise où, livide, les traits durcis, il a averti chacun qu’en matière de gestion du problème, « on n’y est pas »

       Traduisez, non pas « Il faut céder à ceux qui ont faim », mais « Il faut taper plus fort sur Jojo, les analphabètes-alcooliques-fainéants-fouteurs-de-bordel qui ne sont rien et qui nous les gonflent avec leur histoire de fin de mois ». Bref, il faut remplir les prisons et les hôpitaux. Les morgues, peut-être.

       Edouard Philippe, qui pense que son heure approche (Macron étant fini), se pencha sur Nicole Belloubet (défaite comme si elle venait de se découvrir dans un miroir) pour lui chuchoter un petit poème irrévérencieux qui résumait le désarroi macronien :

       « Le Fouquet’s, symbole de la République
        Est incendié par les CRS.
       Brigitte, la muse érotique
       Est restée seule sur le tire-fesse ».

       Théophraste R. Auteur du mémoire (en cours) : « Le méprisant de la République peut-il finir en prison ? » et du pamphlet (déchiré et poubellisé dès le premier chapitre) : « Le jour où la foule haineuse s’empara de Mussolini ».

    https://www.legrandsoir.info/

     

    $$$

    Benoît Barvin


    votre commentaire
  • @@@

    Pensées pour nous-mêmes:

    (L'AMOUR EST UN 

    AGITATEUR D'HORMONES)

    @@@

    (Scientifique bouillonnant d'idées)

    https://ello.co/ugdtg/post/6rplrudgrjjhi6phkrultw

    @@@

    "Cindy! Tu t'es encore couchée à pas d'heure!"

    Shalom Harlow wearing Christian Lacroix Corset shot by Irving Penn for Vogue Dec. 1995

    (via fairyhaunt)

    @@@

    "Tu paries que je peux te faire craquer?"

    Pietro Rotari, Ragazza con il libro

    (via juniperneedles)

    @@@

    Nadine Estrella


    votre commentaire
  • ùùù

    Pensées pour nous-mêmes:

    (TON MARQUEUR D'AMOUR

    EST UN BAISER)

    ùùù

    (Entraînement en noir pour voir rouge... ou jaune)

    https://infinite-paradox.tumblr.com/post/183412743090

    ùùù

    https://isis7628.skyrock.com/3034607153-Le-BON-AIR-C-la-vie-La-vie-

    C-l-Oxygene-l-Oxygene-C-les-arbres-les.html

    Environnement:

    La voix des arbres

       C’est un fait : les arbres ne parlent pas, ou tout du moins nous ne les entendons pas. Pourtant, en Europe et notamment en Pologne et en Roumanie où se situent encore par endroit des forêts dites primaires (parmi les dernières du continent), certains ont décidé de donner une voix aux arbres, jusqu’alors silencieuses victimes de la déforestation.

       Rappelons qu’une forêt primaire, aussi appelée forêt vierge, est une zone forestière qui n’a en aucune façon été modifiée ou exploitée par l’homme.  En 2018, un groupe de chercheurs de l’université Humboldt de Berlin s’est lancé dans un projet pharaonique : recenser et cartographier l’ensemble des zones forestières d’Europe pouvant encore être considérées comme forêt primaire. Le constat de leur étude est sans appel : seulement 0,7% des forêts européennes répond à cette définition, soit 1,4Mha répartis entre 32 pays. Les zones de forêt vierge du continent sont donc extrêmement morcelées et on les retrouve principalement en Europe du Nord (0,9Mha) et en Europe de l’Est (0,2Mha). 

       À leur grand regret, les scientifiques ont également constaté que ces forêts primaires sont très mal protégées. Pourtant, elles représentent un véritable refuge pour nombre d’espèces animales et végétales qui ne peuvent se développer que dans ces réservoirs naturels exceptionnels. Ainsi, dans certains pays, l’abattage illégal des arbres menace aujourd’hui des écosystèmes pourtant centenaires. 

       Parmi les forêts primaires d’Europe, la plus emblématique est sans doute celle de Bialowieza située entre la Pologne et la Biélorussie et qui abrite en son sein les tous derniers bisons d’Europe. Classée sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, cette forêt subit néanmoins un abattage massif, notamment des essences d’épicéa qui représentent 30% des arbres de Bialowieza, à cause de la présence d’une espèce invasive d’insecte : le scolyte.

       Les autorités accusent les colonies de scolytes de s’attaquer aux arbres fragilisés, mais aussi aux arbres dits sains, justifiant ainsi la coupe de centaines d’arbres attaqués ou non par cet insecte. Les associations de protection de l’environnement dénoncent ces actions et considèrent que les coupes sanitaires sont en réalité un prétexte pour pouvoir dépasser les quotas d'abattage prévus par la législation européenne. Selon de nombreux experts, la forêt est tout à fait capable de se défendre elle-même, comme elle l’a très bien fait sans l’intervention de l’homme pendant près de 10 000 ans.

       L’abattage quasi-systématique des épicéas menaçant l’équilibre de la forêt et pouvant à terme entrainer la disparition de plusieurs espèces animales comme végétales, sept ONG se sont réunies en coalition pour faire entendre la voix des arbres et empêcher la destruction de ce patrimoine naturel inestimable en alertant les autorités européennes. 

       Suite à de longues investigations, l’Union Européenne a donné raison aux ONG en concluant que la gestion de la forêt de Bialowieza par Varsovie allait à l’encontre du droit européen. Il aura néanmoins fallu que L’Europe brandisse la menace de sanctions financières pour que la Pologne arrête de dépasser les quotas de coupes fixés par Bruxelles. 

       Alors qu’en Pologne, le problème de protection de la forêt primaire venait principalement du gouvernement, en Roumanie c’est l’abattage clandestin des arbres qui pose problème. Face à cette déforestation, le gouvernement Roumain se montre bien impuissant et n’arrive pas à protéger efficacement les forêts qui couvrent son territoire, y compris la zone de forêt vierge de la chaîne des Carpates qui se retrouve victime de coupes illégales. Dans le pays se sont près de 3 hectares de forêt qui disparaissent toutes les heures. 

    Pour pallier l’impuissance des autorités et pour tenter d’enrayer la déforestation, l’ONG Agent Green a décidé d’agir en donnant une voix aux arbres… au sens propre ! C’est notamment ce que rapporte le magazine GEO dans un article publié récemmentsur son site internet. 

       Agent Green a développé Screaming Tree,un petit boîtier qui s’attache à la cime des arbres et qui leur permet « d’appeler à l’aide ». Autonome en énergie grâce à un mini panneau solaire, le système est capable de détecter et reconnaître le bruit d’une tronçonneuse dans un rayon de 20 mètres et de transmettre via une connexion 3G un signal d’alerte aux autorités afin qu’elles puissent intervenir et empêcher la coupe. 

       Si Agent Green ne communique pas sur le coût de ces boîtiers, l’ONG cherche actuellement à récolter des dons pour en fabriquer davantage et pouvoir étendre un véritable réseau d’alerte sur l’ensemble des forêts roumaines et pourquoi pas à d’autres zones forestières d’Europe.

    https://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/environnement-la-voix-des-arbres-213511

    ùùù

    Benoît Barvin


    votre commentaire
  • xxx

    Pensées pour nous-mêmes:

    (LE BEAU NE VARIE PAS,

    CONTRAIREMENT AU LAID)

    xxx

    "Succombons à la gourmandise avant

    qu'on n'en multiplie les taxes"

     nostalgic-random-thoughts

    Astrid Berges-Frisbey.

    xxx

    https://www.scoop.it/topic/docpresseesj/p/4105261501/2019/02/07/quand-les-inrocks-effacent-le-logo-canada-goose-de-la-chere-parka-de-raphael-glucksmann?utm_medium=social&utm_source=twitter

    Un autre Macron est possible. 

    Pierre Rimbert

       Il a 39 ans, des diplômes clinquants, un regard habité et des envies de changement. Entouré de jeunes chefs d’entreprise et de « porteurs de causes » issus de la « société civile », il lance un « mouvement politique » destiné à « sauver les démocraties libérales »menacées par l’« insurrection populiste ». Parce que c’est notre projet, exhorte-t-il, « à nous, désormais, de marcher ».

       Après la formation de M. Emmanuel Macron, voici Place publique, fondée en novembre par l’essayiste Raphaël Glucksmann. L’un domine le centre droit ; l’autre investit le centre gauche, où la désintégration du Parti socialiste laisse un vide et des classes moyennes cultivées désemparées. D’où va-t-on désormais proclamer que rien ne va plus et qu’il faut tout changer — sauf l’essentiel : les structures économiques et sociales ? Avec Les Enfants du vide (Allary Éditions), livre-manifeste publié cet automne, Glucksmann a d’un coup comblé la béance. De L’Obs à L’Humanité en passant par Mediapart, on s’arrache l’homme providentiel. Il est chez lui sur France Inter, louangé permanent au Monde, en «une » de Libération, en couverture de Politis. 

       Des personnalités socialistes, écologistes ou communistes projettent sur son visage souriant leurs aspirations ravalées. Glucksmann a compris que son public cible n’aimait rien tant que battre sa coulpe, triturer sa mauvaise conscience, ruminer ses échecs et y remédier au moyen de recettes toujours identiques, mais ripolinées aux couleurs du jour — le vert, en l’occurrence. Cela tombe bien : Raphaël, qui s’est souvent trompé, met en scène confessions et conversion. À L’Obs (4 octobre 2018), il confie : « Je dois réapprendre à m’oublier. » Ambitieux programme.

       Lui qui fut tour à tour admirateur de M. Nicolas Sarkozy en 2008, animateur de la revue néoconservatrice Le Meilleur des mondes, conseiller du président géorgien néolibéral et atlantiste Mikheïl Saakachvili, lui qui admettait volontiers : « Ça ne m’a jamais fait vibrer de manifester pour les retraites » (M Le magazine du Monde, 22 mars 2014) et se déclarait au printemps 2017 « fier » de l’élection de M. Macron, revendique à présent Occupy Wall Street et dit « nous » quand il parle de la gauche. 

       « On a zappé complètement la question sociale », admet-il. « Mon logiciel de pensée a contribué à former l’impasse dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui » (Mediapart, 14 novembre 2018). La mise à jour dudit «logiciel » copie-colle les constats effectués depuis des lustres par ceux que combattait hier Raphaël« On voit les entreprises multinationales refuser les lois des nations et chercher à leur imposer les leurs. On voit les banques sauvées par l’argent public maquiller leurs comptes et cacher leurs fonds dans des paradis fiscaux. » À tout cela s’ajoute la menace d’un anéantissement de la planète par le réchauffement climatique.

       Alors, que faire ? Contre « les anciennes idéologies, les vieux partis, les antiques structures», contre les inégalités et le gaz carbonique, Glucksmann propose plus de participation citoyenne, plus d’écologie, plus d’Europe. « Nous assumons l’horizon d’une République européenne », écrit-il. Des « porteurs de causes » aussi frétillants que MM. Valéry Giscard d’Estaing, François Bayrou, Daniel Cohn-Bendit et Bernard-Henri Lévy ânonnent les éléments de ce credo depuis bientôt quatre décennies. Les papys du vide ont trouvé leur héritier.

    Source : Le Monde diplomatique, Pierre Rimbert, décembre 2018

    xxx

    Benoît Barvin


    votre commentaire
  • ***

    Pensées pour nous-mêmes:

    (DIEU QU'EST TRISTE

    CETTE MORNE PEINE!)

    ***

    discotracker:

    ***

    https://www.pinterest.fr/pin/466896686359089171/?lp=true

    La Chine présente

    et muette dans le monde

        La Chine est largement présente dans le monde, non seulement à travers ses produits exportés et sa puissance économique, mais aussi comme un pays présents sur les mers et les terres du monde, investissant en Afrique, achetant des ports de l’Asie à l’Europe, et même des vignobles bordelais. Mais la Chine sait-elle qui elle est ? Peut-être pas et c’est cette thèse que développe avec subtilité Jean-François Billeter dans un petit livre paru aux éditions Allia et intitulé Chine trois fois muette. Autrement dit, la Chine est puissante mais elle ne dit pas qui elle est tout simplement parce qu’elle ne sait pas qui elle est et ne veut pas le savoir. C’est notamment un sujet d’inquiétude pour l’opinion occidentale et même les autorités diplomatiques pourtant bien renseignées depuis des décennies. L’auteur nous invite alors à comprendre comment la Chine en est arrivée là dans un livre réédité dont l’intérêt est resté intact.

       Jean-François Billeter propose un regard historique global en remontant six siècles en arrière, au moment de la Renaissance, lorsque le capitalisme, le commerce et les industries commencent à émerger. Il se produit, dit-il, une réaction en chaîne dont la puissance n’a jamais décliné et dont la fin n’est pas encore à l’ordre du jour. Cette réaction repose sur la raison économique, sur la rationalisation des forces productives des travailleurs puis de l’énergie naturelle. N’ayant pas conscience des mécanismes cachés gouvernant cette réaction, les peuples et leurs dirigeants ne peuvent pas la stopper ni même la ralentir. Cette analyse n’emprunte pas au matérialisme de Marx mais à une thèse chère à Ellul, celle de la ruse de la technique qui suit son cours de manière autonome. Les hommes se servent de la machine, certes, mais ils sont aussi asservis par la machine. Et s’ils le sont, ce n’est pas à leur corps défendant mais en acceptant librement les règles du jeu valables dans un cadre déterminé, celui de la réaction, de l’enchainement des causes et des effets. La liberté n’est pas annulée mais restreinte (p. 14)

       Cette réaction en chaîne s’est déroulée en plusieurs phases avec une étape décisive entre la fin du XIXe siècle et la guerre de 1914, lorsque la raison économique organise l’industrialisation à marche forcée, avec comme épicentre les nations occidentales, le Japon et des répercussions en Chine. Ce progrès mécanique a des effets destructeurs sur la vie sociale, avilissement, exploitation, misère, révoltes, mouvements de masse. En Europe, les Etats-nations ont alors placé leur industrie au service la guerre, en essayant d’arbitrer les ambitions économiques tout en gérant les masses ouvrières avec des méthodes de diversion, montant les peuples les uns contre les autres pour éviter que les classes exploitées ne se retournent contre les maîtres d’ouvrage du système économique et politique.

       Ces grandes tendances se sont soldées par un désastre. La raison économique qui en vérité est une raison technique qui a produit aussi bien l’industrie de guerre que l’holocauste perpétré par les nazis. Selon Billeter, en ne considérant que les causes morales et le mal absolu des nazis, nous nous dispensons d’analyser les causes matérielles et techniques ayant abouti à ces événements tragiques ; il cite Primo Levi pour qui l’industrie des armes et celle des camps ont des ressorts similaires. A l’Est, la révolution russe a balayé le système impérial et ses féodalités pour mettre en place un régime lancé lui aussi dans la réaction en chaine du monde industriel et des Etats bureaucratiques.

       Ces rappels historiques permettent à l’auteur de situer le cours historique récent de la Chine qui a emprunté des chemins de traverse. La Chine n’était pas beaucoup industrialisée au début du XXe siècle. Les tensions du pays après 1945 furent captées par Mao qui installa un nouveau régime en 1949. Le pouvoir a nationalisé les banques et capté les biens financiers et industriels accumulés par la bourgeoisie de Shanghai depuis les années 20 (dans le contexte de la république de Chine issue de la révolution de 1911 mais gouvernée encore à l’ancienne). Après 1949, Un appareil d’Etat se met en place, instaurant une nouvelle classe d’administrateurs et bureaucrates issus de la révolution, de l’appareil du parti, et devenus relativement « gourmands » en biens issus du commerce et de l’industrie.

       En 1957, la crise sociale est telle que Mao doit prendre les devants et procéder à des mesures drastiques. Entre autre faire taire les opposants, les rééduquer dans les camps ou bien les neutraliser, mettre au pas les lettrés et les intellectuels. Et un objectif majeur, installer en Chine une industrie. Le grand bond en avant a créé une famine, prolétarisé les paysans et déclassé les lettrés. Le processus appartient à l’ère des machines dont le principe est de créer de l’homogène, du standard. La révolution culturelle complète le processus. Les étudiants deviennent les bons soldats de la machine industrielle communiste.

        Depuis 1979, la Chine est entrée dans la phase ultime des machines, construisant l’économie la plus dynamique de la planète. En revanche, elle serait devenue muette sur trois points ainsi énumérés par Billeter ; elle ne parle pas de son présent, ni de son histoire récente et encore moins de son passé pris sur une échelle de plusieurs siècles voire millénaires. La Chine a des possibilités et des moyens pour regarder son présent et jeter un regard éclairé et critique sur son histoire récente.

       Si elle ne le fait pas, c’est parce que les autorités contrôlent la presse qui certes, raconte les faits dans l’actualité, mais ne doit pas se lancer dans des interprétations sur les événements et les évolutions récentes du pays. L’opinion est considérée comme un grain de sable perturbant la machine économique et bureaucratique. L’interprétation de la situation du pays est réservé au parti qui seul, se réserve de dire comment il faut se regarder et agir pour le bien commun. Au final, « la Chine rêve de son passé mais elle est devenue un pays sans mémoire » ; elle use de néologismes calqués sur les notions européennes ce qui empêche le pays de retrouver le sens de son histoire et sa culture ancestrale.

       L’auteur conclut son étude en se demandant si les Chinois parviendront à dompter la réaction en chaîne industrielle, technique et économique en jouant sur les anciens ressorts encore présents ; ou en revanche s’ils foncent dans la solution finale de la machine en se rendant la tâche nécessaire de conversion plus difficile que dans d’autres contrées du monde. Pour le dire en vocables germaniques des années 30, la Chine retrouvera-t-elle sa Kultur pour ne pas aller dans le mur de la Zivilisation  ?

       La réponse à cette question nous est dévoilée par les intentions affichées de Mr Xi, sa conquête des mers et ses projets de nouvelles routes de la soie. La Chine a visiblement les réflexes de l’empire-machine qui veut respirer, non pas avec une conquête militaire mais une croissance économique réalisée avec et dans le monde. Au lieu de se voir à travers son histoire pour se regarder comme une autre civilisation riche en culture face à d’autres civilisations, la Chine muette a fini par parler aux autres civilisations et se faire voir comme une puissante machine.

       Quelque part, elle est notre miroir négatif car nous, Européens, avons quelques soucis avec la bureaucratisation soutenue par les européistes et la mise en place d’une machine européenne qui pourrait elle aussi renier son passé. En Chine, on dit à l’intellectuel qui réfléchit sur le passé : ferme ta gueule ! En Europe, ce ne sera pas le cas mais nous ne sommes pas à l’abri du : cause toujours tu m’intéresses ! Adressé à l’encontre du philosophe historien.

    https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/la-chine-presente-et-muette-dans-213453

    ***

    Luc Desle


    votre commentaire
  • ***

    Pensées pour nous-mêmes:

    (CHAQUE HOMME

    EST UNE FEMME EN DEVENIR)

    ***

    "Alors tu sais ce que je lui ai dit?"

    http://thisobscuredesireforbeauty.tumblr.com/

    ***

    (L'homme-caméléon avait raté son déguisement)

    Warren Hull in: The Green Hornet Strikes Again! (Dir. J. P. McGowan 1940).

    http://thisobscuredesireforbeauty.tumblr.com/

    ***

    "Mâââ...Krrronnn.... Ahahaha!!!"

    Lon Chaney in: The Phantom Of The Opera (Dir. Rupert Julian, Uncredited:

    Lon Chaney, Ernst Laemmle, Edward Sedgwick, 1925).

    ***

    Nadine Estrella


    votre commentaire
  • @@@

    Pensées pour nous-mêmes:

    (LE ROI N'EST PAS TON COUSIN

    NI TON OBLIGÉ)

    @@@

    "Tu sais que le 8 c'était la journée de la fem...

    - Je sais"

    http://themaninthegreenshirt.tumblr.com/post/182456888060

    @@@

    https://www.journaldugeek.com/dossier/dossier-dystopie/

    Le Monde qui nous attend.

     Chris Hedges

       Les élites dirigeantes ne sont que trop conscientes du fait que les piliers du pouvoir américain sont en voie de pourrissement. Ils savent que la délocalisation de l’industrie des États-Unis et la paupérisation de plus de la moitié de la population sont irréversibles. Le « shutdown » [arrêt des activités gouvernementales] autodestructeur du gouvernement n’a été qu’une des nombreuses menaces contre l’efficacité de l’administration de l’État. La dégradation des routes, des ponts et du transport public compliquent le commerce et les communications. Grâce aux réductions massives de l’impôt sur les sociétés consenties par l’administration Trump, le déficit de l’État explose, atteignant maintenant près de mille milliards de dollars et ne pourra pas être résorbé. La captation du système financier par les spéculateurs mondiaux entraîne, tôt ou tard, un nouvel effondrement financier.

       Le dysfonctionnement des institutions démocratiques, qui vomissent des escrocs comme Donald Trump et considèrent comme solutions de rechange des politiciens ineptes inféodés à des multinationales comme Joe Biden et Nancy Pelosi, scelle dans la pierre une nouvelle forme d’autoritarisme. L’érosion des piliers de l’État, y compris du corps diplomatique et des agences de régulation, fait de la force armée brutale la seule réponse aux conflits extérieurs et attise des guerres interminables et stériles.

       La décadence interne est tout aussi inquiétante que le pourrissement visible. Il y a au sein de toutes les classes sociales une perte de confiance dans le gouvernement, une frustration généralisée, un sentiment de marasme et de traquenard, une certaine amertume face aux promesses non tenues et aux espoirs déçus, et une telle fusion entre réalité et fiction que les discours tant publics que politiques ne sont plus ancrés dans la réalité.

        La mystique indispensable au pouvoir a été pulvérisée d’une part par l’isolement de la nation par ses alliés traditionnels et d’autre part par son incapacité à formuler des politiques rationnelles et à long terme, en particulier face à la catastrophe environnementale. « Une société devient totalitaire lorsque sa structure devient manifestement artificielle », a écrit George Orwell. « Ce qui veut dire quand sa classe dirigeante ne tient plus son rôle, mais ne réussit à s’accrocher au pouvoir que par la force ou la fraude ». Nos élites ont épuisé la fraude. Il ne leur reste que la force.

       Les États-Unis sont comme un animal blessé qui rugit et se débat dans son agonie. La bête peut encore causer de terribles dommages, mais elle ne guérira pas. Ce sont les derniers jours d’agonie de l’Empire Américain. Le coup fatal sera porté quand le dollar ne sera plus la monnaie de réserve mondiale, processus déjà en cours. Le dollar va dégringoler, déclenchant une dépression sévère et conduisant à une exigence de retrait immédiat des forces armées à l’étranger.

       Seth A. Klarman, qui dirige les fonds spéculatifs du Groupe Baupost, lequel gère environ 27 milliards de dollars, vient d’adresser à ses investisseurs une lettre de 22 pages qui donne à réfléchir. Il y fait remarquer que le ratio dette nationale/production intérieure brute de 2008 à 2017 a dépassé les 100 % et se rapproche de celui de la France, du Canada, de la Grande-Bretagne et de l’Espagne. Cette crise de la dette pourrait bien faire « germer » la prochaine crise financière, tel est son avertissement. Il dénonce la détérioration de la « cohésion sociale » dans le monde entier, et ajoute : « on ne peut pas continuer comme si de rien n’était au milieu de manifestations constantes, d’émeutes, de fermetures d’entreprises et de tensions sociales croissantes ».

       « Il n’y a pas moyen de savoir quel est le seuil de la dette à ne pas franchir, mais l’Amérique atteindra inévitablement un point d’inflexion au-delà duquel le marché de la dette, devenu soudain sceptique, refusera de continuer de prêter à des taux supportables », écrit-il. « Quand une telle crise frappera, il sera probablement trop tard pour remettre de l’ordre dans la maison ».

       Les élites dirigeantes, inquiètes de l’effondrement financier imminent, se bousculent pour renforcer des formes de contrôle juridiques et économiques afin de contrecarrer ce qu’elles redoutent, c’est à dire la généralisation de l’agitation sociale dont on peut voir les formes naissantes dans les grèves des enseignants américains et dans les manifestations des « gilets jaunes » en France.

       Les élites au pouvoir reconnaissent que l’idéologie en vigueur du néolibéralisme a perdu de son crédit auprès de la sphère politique. Voilà qui oblige les élites à des alliances peu recommandables avec les néofascistes, qui aux États-Unis sont représentés par la droite Chrétienne. Ce fascisme christianisé comble rapidement le vide idéologique de Trump. Il est incarné par des personnalités telles que Mike Pence, Mike Pompeo, Brett Kavanaugh et Betsy DeVoss.

       Dans sa forme la plus virulente, celle qui s’exprimera à partir du moment où la crise économique sera déclarée, le fascisme Chrétien va chercher à purger la société de celles et ceux qui sont qualifié.es de déviants sociaux, notamment les immigrants, les musulmans, les artistes et les intellectuels « humanistes laïques », les féministes, les homosexuels, les amérindiens et les criminels – en grande partie pauvres et de couleur – sur la foi d’une interprétation pervertie et hérétique de la Bible. L’avortement sera illégal. La peine de mort sera requise pour un large éventail de crimes. L’éducation sera dominée par une vision suprémaciste blanche de l’histoire, l’endoctrinement, l’enseignement du créationnisme ou « dessein divin ». Robert E. Lee, Joseph McCarthy et Richard Nixon feront partie du panthéon des nouveaux héros américains. L’État présentera la majorité blanche comme étant la victime.

       Comme toute forme de totalitarisme, ce fascisme chrétien se pare d’une sorte de piété hypocrite, et promet un renouveau tant moral que physique. La dégradation de la culture de masse, celle qui célèbre le sadisme sexuel, la violence brutale et le dysfonctionnement individuel, ses fléaux de dépendance aux opiacés, de suicide, de jeu et d’alcoolisme, ainsi que le chaos social et le dysfonctionnement du pouvoir, donneront de la crédibilité à la promesse des fascistes chrétiens d’un retour à une pureté « chrétienne ». Toutes les libertés civiles seront étouffées par le manteau de cette piété.

       Inhérente à toute idéologie totalitaire se trouve une inquisition permanente contre des groupes qui seraient clandestins et sinistres, et qui sont tenus pour responsables du déclin du pays. Les théories du complot, qui caractérisent déjà la vision du monde selon Trump, vont proliférer. La rhétorique du pouvoir en place va ébranler la population, passant de la défense de l’individualisme et des libertés personnelles à l’appel à une soumission abjecte auprès de ceux qui se réclament de la parole de la nation et de Dieu, du caractère sacré de la vie à la défense de la peine de mort, de la violence policière et militaire sans frein, de l’amour et la compassion à la peur de passer pour hérétique ou traître.

    https://www.journaldugeek.com/dossier/dossier-dystopie/2/

     

       On glorifiera une hyper-masculinité grotesque. La violence sera reconnue comme le mécanisme pour purifier du mal la société et le Mal. On niera ou on déformera les faits. Les mensonges deviendront des vérités. Le langage politique relèvera de la dissonance cognitive. Plus le pays déclinera, plus la paranoïa et la folie collective se répandront. Tous ces éléments sont déjà présents, sous diverses formes, au sein de notre culture et de notre démocratie défaillante. Ils vont s’affirmer à mesure que le pays périclite et que la peste totalitaire se répand.

       Comme dans tous les États en déliquescence, les oligarques en place se retrancheront dans des enceintes fortifiées, dont un grand nombre est déjà en préparation, où ils auront accès à des services de base, tels que soins, éducation, eau, électricité, sécurité, services auxquels le reste de la population n’aura pas accès. Le gouvernement central sera réduit à sa plus simple expression – à savoir sécurité intérieure et extérieure, et recouvrement des impôts. La vie de la plupart des citoyens sera paralysée par une extrême pauvreté. Tous les services essentiels autrefois assurés par l’État, qu’il s’agisse des services publics ou des services de base de la police seront privatisés, et auront un coût inaccessible aux personnes sans moyens. Les ordures s’empileront dans les rues. La criminalité explosera. Le réseau électrique et les systèmes d’alimentation en eau – décrépits, mal entretenus et gérés par des entreprises – connaîtront de nombreux épisodes de coupure.

       Les media deviendront franchement orwelliens, débattant à l’infini d’un avenir radieux et faisant comme si l’Amérique restait une superpuissance. Aux vraies informations se substitueront des commérages politiques – une déformation déjà bien avancée – tout en insistant sur le fait que le pays est en phase de reprise économique ou sur le point d’y entrer. Ils refuseront de s’attaquer à l’aggravation toujours croissante des inégalités sociales, de la détérioration du milieu politique et de l’environnement, et des débâcles militaires. Ils auront pour rôle premier de maintenir l’illusion auprès d’un public atomisé, rivé sur ses écrans, dont l’attention sera détournée de la déroute en cours et ne verra dans la détresse générale qu’un malheur personnel.

       La dissidence aura d’autant plus de mal à se faire entendre que les critiques sont censurés et désignés comme responsable du déclin. Il y aura une prolifération de groupes et de crimes haineux tacitement autorisés et cautionnés par l’État. Les fusillades collectives seront monnaie courante. Les plus faibles – particulièrement les enfants, les femmes, les handicapés, les malades et les personnes âgées – seront exploités, abandonnés ou maltraités. Les forts auront tous les pouvoirs.

       Il y aura toujours moyen de se faire de l’argent. Les entreprises vendront tout et n’importe quoi du moment qu’il y a profit – sécurité, stocks alimentaires rares, combustibles fossiles, eau, électricité, éducation, soins médicaux, transports – forçant les citoyens à s’endetter de plus en plus jusqu’à ce que leurs maigres biens soient saisis quand ils ne pourront pas rembourser. La population carcérale, déjà la plus importante au monde, va encore augmenter, tout comme un nombre croissant de citoyens devra porter un bracelet électronique 24 heures sur 24. Les grandes entreprises ne paieront pas d’impôt sur le revenu, ou au mieux une taxe symbolique. Elles seront au-dessus des lois, et pourront maltraiter et sous-payer les travailleurs tout comme elles pourront polluer l’environnement sans contrôle ni contrainte.

       A mesure que l’inégalité des revenus se creusera, les géants financiers comme Jeff Bezos, qui pèse 140 milliards de dollars, deviendront de de plus en plus des esclavagistes modernes. Ils présideront des empires financiers, dont les employés appauvris vivront dans des camping-cars et des caravanes délabrés tout en trimant 12 heures par jour dans de vastes entrepôts mal ventilés. Ces employés, qui ne percevront que des gages de subsistance, seront constamment enregistrés, surveillés et contrôlés par des appareils numériques. Ils seront virés quand les conditions de travail pénalisantes auront affecté leur santé. Pour de nombreux employés d’Amazon, le futur, c’est maintenant.

       Le travail sera une forme de servage pour tous excepté pour les élites supérieures et les dirigeants. Jeffrey Pfeffer, dans son livre « Dying for a Paycheck : How Modern Management Harms Employee Health and Company Performance – and What We Can Do About It » (Mourir pour une fiche de paie : comment la gouvernance actuelle altère la santé des employés et les résultats de l’entreprise – et ce qu’on peut y faire), cite un sondage dans lequel 61 % des employés déclarent que le stress au travail les a rendus malades, et 7 % ont déclaré avoir dû être hospitalisés en conséquence. Le stress du surmenage au travail, écrit-il, peut causer 120 000 morts chaque année aux États-Unis. En Chine, on estime qu’un million de personnes meurent chaque année de surmenage.

       Voilà le monde que nous préparent les élites : il s’agit de nous dépouiller de nos libertés par la mise en place de mécanismes juridiques et de forces de sécurité intérieure.

       Nous aussi, nous devons commencer à nous préparer à cette dystopie [Une dystopie est un récit de fiction dépeignant une société imaginaire organisée de telle façon qu’elle empêche ses membres d’atteindre le bonheur. Une dystopie peut également être considérée, entre autres, comme une utopie qui vire au cauchemar et conduit donc à une contre-utopie], non seulement pour assurer notre survie, mais aussi pour construire des mécanismes qui permettront de l’atténuer et essayer de renverser le pouvoir totalitaire que nos élites espèrent exercer. Alexander Hertzen, qui, il y a un siècle, expliquait à un groupe anarchiste comment renverser le Tsar de Russie, et leur rappelait qu’il était de leur devoir de ne pas sauver un système à l’agonie, mais de le remplacer : « Nous pensons être les médecins, alors que nous sommes la maladie ».

       Tout effort pour réformer le système américain est en fait une capitulation. Aucun progressiste du Parti Démocrate ne va se lever, prendre le contrôle du Parti et nous sauver. Il n’y a qu’un seul parti au pouvoir, le parti des grandes entreprises. Il est possible qu’il s’engage dans des guéguerres intestines et fratricides, comme il l’a fait lors du récent shutdown du gouvernement. Il peut se chamailler autour du pouvoir et des rapines qui l’accompagnent. Il peut s’habiller d’un emballage de tolérance au sujet des femmes, des droits des LGBT et de la dignité des personnes de couleur, mais il n’y a aucune divergence sur les fondamentaux : la guerre, la sécurité intérieure, et la domination des grandes entreprises.

       Il nous faut entrer dans la désobéissance civile organisée et nous engager dans des formes de non-coopération afin d’affaiblir le pouvoir de ces grandes entreprises. Nous devons avoir recours, comme en France, à une instabilité sociale généralisée et dans la durée pour contrer le dessein de nos grands patrons. Nous devons nous libérer de notre dépendance aux grandes entreprises afin de bâtir des communautés solidaires indépendantes et des formes de pouvoir alternatives. Nous serons d’autant plus libres que notre besoin des grandes entreprises diminue. Cela sera vrai dans tous les aspects de notre vie, y compris la production alimentaire, l’éducation, le journalisme, l’expression artistique et le travail. La vie devra être communautaire, car personne, à moins de faire partie de l’élite au pouvoir, n’aura les ressources nécessaires pour survivre seul.

       Plus longtemps nous prétendrons que ce monde dystopique n’est pas près d’arriver, plus nous serons pris au dépourvu et désemparés quand il sera là. L’objectif de l’élite au pouvoir est de divertir, de nous effrayer et de nous rendre passifs pendant qu’ils construisent leurs structures draconiennes d’oppression ancrées dans cette sombre réalité. C’est à nous qu’il revient de mesurer nos pouvoirs. Le nôtre, contre le leur. Et même si nous ne pouvons pas changer le fond des choses, nous pouvons au moins créer des enclaves autonomes dans lesquelles nous pourrons approcher la liberté. C’est à nous d’entretenir les braises ardentes d’un monde basé sur l’entraide, plutôt que sur l’exploitation réciproque. Et étant donné ce qui nous attend, c’est cela qui sera une victoire.

    Source : Truthdig, Chris Hedges, 28-01-2019

    Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

    @@@

    Luc Desle


    votre commentaire
  • ***

    Pensées pour nous-mêmes:

    (TOUTE CONSCIENCE

    EST EXPLORATION

    JUBILATOIRE DU PASSÉ)

    ***

    "Oups!"

    (via crap-userrname16)

    ***

    http://www.lefigaro.fr/culture/2017/05/08/03004-20170508ARTFIG00115-macron-

    president-les-dessinateurs-ne-lui-accordent-pas-d-etat-de-grace.php

    Le sabre du méprisant Macron

       Macron était le 7 mars, dans les Alpes-de-Haute-Provence, vraisemblablement dans l’arrière-salle du café du Commerce, si l’on en croit ce qu’il a osé sortir (tout fiérot, applaudi par les pochtrons) à une jeune agricultrice qui dénonçait la répression contre les écolos et les Gilets jaunes.

       En résumé (voir la vidéo) : « Vous critiquez les policiers, mais vous serez bien contente de les appeler le jour où vous aurez affaire à un assaillant ou à un terroriste ».

       Bref, la police de Macron est là pour nous matraquer et pour nous défendre. Elle a endossé l’habit de Joseph Prudhomme, un héros ridicule d’une comédie d’Henri Monnier, qui, recevant un sabre, s’écria : «  Ce sabre est le plus beau jour de ma vie. Je jure de m’en servir pour défendre les Institutions et au besoin pour les combattre ».

       Théophraste R. Auteur de la sainte pièce de théâtre (à paraître) : « L’homme qui dénonça le prêtre pédophile, mais qui sera bien content qu’il vienne lui donner l’extrême-onction », du petit livre comique spécial 8 mars (en cours d’écriture) : « Le mari qui battait sa femme et lui offrait parfois des fleurs » et du fabliau (presque fini) : «  Emile Louis, on le critique, mais on était bien contents qu’il conduise le bus le soir pour rentrer chez nous ».

    https://www.legrandsoir.info/

     

    ***

    Benoît Barvin


    votre commentaire
  • %%%

    Pensées pour nous-mêmes:

    (VIVRE NÉCESSITE 

    UNE CERTAINE CONSTANCE)

    %%%

    "Dis, Chérie, si on se mariait et...

    Mais pourquoi ça te fait rire?"

    http://dicaprio-diaries.tumblr.com/archive

    %%%

    (Ce trio infernal l'était surtout quand il buvait)

    istitutofemminile:

    Top sensation 1968

    %%%

    "Tu ne m'aimes plus, allez, je le sais bien...

    - Ahaha... Mais non, ma Chérie. De toute façon,

    je ne t'ai jamais aimé, alors, hein?"

    gatabella:

    Hedy Lamarr, Crossroads, 1942

    %%%

    Nadine Estrella


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique