• http://scottbrundage.com/home.html

       Je sais, je n'aurais pas dû. Se laisser à une telle facilité, jouer les Croquignols du langage, ça ne le fait plus. Libé et les journaleux de France et de Navarre s'y sont tous collés. C'est d'ailleurs, certainement, un des exercices les plus courus, que celui de jouer avec le langage. De voir derrière les mots employés, surtout quand il y a une mistake, un secret enfoui. Freud a d'ailleurs été le premier à l'avoir étudié. Lucien Degoy, réalisant un article à propos de "Le mot d’esprit, l’humour, la mort et Freud" de Sarah Kofma, écrit ce qui suit, le 25 janvier 1994: 

      " Freud s’intéresse prioritairement au mot d’esprit. Il montre que dans ce processus le langage est une manière indirecte, détournée de satisfaire des pulsions sexuelles ou des pulsions agressives qui ne peuvent se satisfaire comme telles dans la société en raison des interdits qu’elle véhicule.


       Par exemple ? Cette vieille histoire juive du personnage du pauvre, le « Schronner », qui va quémander de l’argent au banquier riche Rothschild. Le banquier lui en donne et découvre le pauvre, quelque moment après, dans un grand restaurant en train de manger un bon plat de saumon mayonnaise. « Comment oses-tu pleurer misère sur ta femme et tes enfants et te montrer ici », s’indigne-t-il. Et l’autre de répliquer : « Quand je n’ai pas d’argent je ne peux pas manger du saumon, et quand j’en ai, je ne le pourrais pas non plus ? Alors quand puis-je manger du saumon ? »

       La réponse est logique, mais en même temps elle cloche : elle rompt avec la logique ordinaire de la société qui voudrait que le pauvre ne vienne pas dans un restaurant chic. Ce qui fait rire c’est qu’à l’occasion de ce jeu de mot affleure une logique inconsciente qui nous fait plaisir : le pauvre prend en quelque sorte sa revanche sur les interdits en affirmant la satisfaction de sa pulsion (ici l’envie de manger un bon repas). Il obéit à ce que Freud appelle le principe de plaisir par opposition au principe de réalité (la société). Seulement tout cela ne se dit pas directement : il faut le détour par le mot d’esprit pour engendrer le plaisir et le rire."

       
       Suis-je sûr que le jeu de mot de mon titre fonctionne de cette façon? "Illusoire" aurait été plus fin, bien que moins bien compris. Peut-être. Mais le pluriel aurait été oublié. 
       
       Cependant, par son sens même "qui fait illusion, trompeur" avec ses synonymes " apparent, chimérique, faux, fictif, idéal, imaginaire, imaginé, inexistant, inventé, irréalisable, irréel, spécieux, superficiel", l'adjectif se suffit à lui-même. Mais il est moins poseur. Et donc moins visible. Finalement, parfois, un dessin - simple et bien exécuté - vaut mieux qu'un long et prétentieux discours!

    Benoît Barvin.


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  • FREDRIC VARADY (1908/2002)

    Une "party" dans la bonne société. Des hommes et des femmes, bien habillés. Du champagne qui coule à flot. Et, hélas, une des invitées qui a trop bu. Les autres sont toutes de classe et de diamants parées. Sauf celle-ci qui a abusé de cette boisson à bulles que l'on boit avec modération, le petit doigt en l'air. 

    Elle extériorise son plaisir, la malheureuse. Elle perd son self-contrôle, de sorte que son compagnon - ou chevalier servant - est gêné. Comment indique-t-on cette gêne dans ce monde-là? On tripote nerveusement son noeud papillon. Tout en gardant, au bras, la "folle hystérique", qui brame son bonheur, qui doit faire "hips" et autres borborygmes saugrenus. 

    Quant au deuxième homme, peut-être fait-il partie du trio? En tout cas, il ne "fait pas le fier" ainsi que le disent les enfants. Il est guindé, plus que mal dans son costume, lui. Il regarde au loin, comme si un invité quelconque pouvait le sauver de cette greluche qui, à côté de lui, se conduit de manière bien "peuple". Une greluche, certainement, que son ami - ou connaissance - a introduit dans ce monde. 

    Quelle idée a-t-il eu de lui ouvrir sa porte? En tout cas, la gourgandine ne reviendra plus à une de ses partys, renommées comme étant un moment où on est entre soi: dans le Monde, le vrai, celui de la toute puissance que procure la naissance, et la fameuse cuiller d'argent. Pour le moment, il faut faire contre fortune - ahaha - bon coeur. Et, surtout, subtiliser les autres magnums de champagne. Discrètement, cela va sans dire. Pour éviter que cette blondasse ne fasse un plus gros esclandre.
    Parfois, recevoir chez soi la frange soi-disant éduquée de la société, cela ressemble à un beau sacerdoce!

    Benoît Barvin



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  • Astrud Gilberto (1) et Stan Getz: "The girl from Ipanema"


    Garota de Ipanema - The Girl of Ipanema  
    ( http://pascalmaillard.over-blog.com/) 
      Vinícius de Moraes et Tom Jobim, 1958
     
    Olha que coisamais linda,
    mais cheia de graça,
    É ela menina,
    que vem que passa,
    Num doce balanço,
    caminho do mar.
    Moça do corpo dourado,
    do sol de Ipanema,
    O seu balançadoé
    mais que um poema
    É a coisa mais linda
    que eu já vi passar.
    Ah, por que estou tão sozinho ?
    Ah, por que tudo é tão triste ?
    Ah, a beleza que existe
    A beleza que não é só minha,
    Que também passa sozinha. 
    Ah, se ela soubesse
    Que quando ela passa,
    O mundo sorrindo
    Se enche de graça
    E fica mais lindo
    Por causa do amor. 
       Look at this thing,
       most lovely,
       most graceful,
       It's her, the girl
       that comes, that passes,
       with a sweet swinging,
       walking to the sea. Girl of the golden body,
       from the sun of Ipanema,
       Your swaying,
       is more than a poem,
       It's a thing more beautiful,
       than I have ever seen pass by.
      Ah, why am I so alone ?
      Ah, why is everthing so sad ?
     The beauty that exists,
     The beauty that is not mine alone,
     that also passes by on its own.
     Ah, if she only knew
     that when she passes,
     the world smiles
     fills itself with grace,
     and remains more beautiful
     because of love.

    (traduction du brésilien )
    Regarde quelle chose plus belle
    Et pleine de grâce
    Que cette fille
    Qui va et vient,
    Dans un doux balancement, au bord de la mer.           

    Demoiselle au corps doré
    Par le soleil d'ipanema
    Son déhanchement est plus qu'un poème
    C'est la chose la plus belle que j'ai vue passer.

    Ah, pourquoi suis-je si seul,
    Ah, pourquoi tout est si triste,
    Ah, la beauté qui existe,
    La beauté qui n'est pas seulement mienne
    Qui aussi passe seule

    Ah, si elle savait
    Que quand elle passe
    Le monde souriant se remplit de grâce
    Et s'embellit                                                                          
    A cause de l'amour qu'elle inspire.                                   

    (illustration: Wladyslaw Theodor Benda. Daydream)



    ***

       Le texte définitif de la chanson a été inspiré par une jeune fille de 19 ans, Heloisa Eneida Menezes  Pais Pinto — plus connue sous le nom de Helô Pinheiro  — qui vivait à Ipanema, quartier chic de Rio de Janeiro. Elle passait chaque jour pour aller à la plage, devant le bar Veloso (aujourd'hui nommé « Garota de Ipanema ») dont Tom et Vinícius étaient des habitués. Dans le livre Revelação: a verdadeira Garota de Ipanema Vinícius de Moraes la décrit comme :
        « le paradigme de la Carioca à l'état brut : une fille bronzée, entre la fleur et la sirène, pleine de lumière et de grâce mais avec un fond de tristesse, aussi portait-elle en elle, sur le chemin de la mer, le sentiment de ce qui passe, d'une beauté qui n'est pas seulement nôtre — c'est un don de la vie que son bel et mélancolique flux et reflux permanent. » (Wikipédia)

       Cette chanson est, à l'évidence, d'une beauté triste et fragile. Elle résonne en moi avec nostalgie, car elle m'a réconciliée avec les goûts de mon père - qui adorait le jazz - et qui s'est mis à aimer , comme moi, ce mélange entre la samba et le jazz  cool. 

       Il y a dans "Girl from Ipanema", un mélange de tristesse et d'espoir. Tristesse car, à l'époque, même si le Brésil n'est plus sous le boisseau d'une dictature militaire des plus rudes, (celle de Vargas), chacun sait que la transition démocratique sera de courte durée. En effet, une nouveau régime dictatorial va voir le jour de 1964 à 1985... 

       Mais l'espoir sourd de chaque note de cette musique, car les Brésiliens, un des peuples les plus métissé au monde, ont la vie chevillée au corps. L'âme portugaise, frottée aux rythmes sensuels africains et saupoudrée d'une influence jazzy, a donné ce nouveau style dans lequel la scansion se fait à la fois caressante et brutale. Les phrases versifiées sont longues, lénifiantes, - parfois un rien "cucul la praline", puis brutalement elles s'interrompent, donnant au chanteur - et surtout à la chanteuse - cette étrange impression de perdre pied. D'attendre un miracle.


       Astrud Gilberto est la parfaite représentante de cette musique, à la fois "sérieuse comme le plaisir" et gaie comme quelqu'un qui offre son dernier souffle, au nom de l'amour. Remarquez l'espèce de choucroute qu'elle porte, qui se marie admirablement avec la jupe pâle et le corsage sombre, le tout en parfaite harmonie avec le visage aux traits réguliers mais auréolé d'aucun sourire. 
       Quant à Stan Getz, (1927/1991) il suffit qu'il souffle dans son saxo pour qu'immédiatement le temps soit suspendu. Du grand art, vraiment...
    Plus de renseignements et d'ambiance sur le site ci-dessous:

    Blanche Baptiste.

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  • Samuel Taylor Coleridge, né en 1772, mort en 1834, est un poète britannique. 

    Voici ce qu'en dit la fiche que lui ont consacré les éditions Corti, qui l'ont édité en France.
         "Coleridge semble confirmer le mot de Gœthe : "J’appelle classique ce qui est sain et romantique ce qui est malade". Mais n’est-ce pas parce qu’il fut un tempérament essentiellement dispersé, méditatif et fragile qu’il fut aussi l’un des romantiques les plus authentiques ?
        Le laudanum avec lequel il a été soigné dès son adolescence n’a pas fait de lui un grand poète, mais a libéré un subconscient sans lequel assurément n’existeraient ni Kubla Khan ni Le Dit du vieux marin.
         L’échec de ses premières œuvres, la lassitude, la vie familiale, la tentative de désintoxication le conduiront à une crise de folie lors d’un séjour en Italie. Il abandonnera définitivement la poésie pour se consacrer à la spéculation critique et philosophique, où son génie se réfugiera avec l’aide morale et matérielle d’amis mécènes. Il fut l’un des meilleurs connaisseurs de la littérature allemande de cette période.
         L’œuvre de Coleridge est faite essentiellement de textes fragmentaires : parmi les grands projets qu’il caressa, presque tous restèrent à l’état d’utopies ou d’ébauches ; en cela encore, il est proche de certains des plus grands romantiques allemands.  
       Le fragment ne doit plus être considéré comme un inachèvement, un échec, mais plutôt comme une promesse, un signe que l’œuvre parfaite et close est un rêve inatteignable, mais auquel la quête donne sa signification. (c'est moi qui souligne)
       La postérité a ainsi tranché en considérant son œuvre, pourtant inachevée et imparfaite, comme étant utile et éclairante.
         "Coleridge est l’esprit le plus vigoureux de la première génération romantique ; il en est aussi, dans quelques morceaux, le poète le plus exquis" (dixit Cazamian, critique littéraire français de l'époque)."

       Un autre critique a pu dire à son sujet : « Aucun homme de son temps, ni peut-être d’aucun temps, n’a réuni davantage que Coleridge la puissance du raisonnement du philosophe, l’imagination du poète, etc. 

       Et pourtant, il n’y a personne qui, étant doué d’aussi remarquables talents, en ait tiré si peu : 

       le grand défaut de son caractère était le manque de volonté pour mettre ses dons naturels à profit, si bien qu’ayant toujours flottant dans l’esprit de gigantesques projets, il n’a jamais sérieusement essayé d’en exécuter un seul.  (idem que plus haut)

       Ainsi, dès le début de sa carrière, il trouva un libraire généreux qui lui promit trente guinées pour des poèmes qu’il avait récités. Il préféra venir toutes les semaines mendier sans fournir une seule ligne de ces poèmes qu’il n’aurait eu qu’à écrire pour se libérer. »

       L'attitude de Coleridge nous interpelle car elle est une réponse à ces essais de construction du Monde que mettent en forme, à chacune de leur intervention, les innombrables bloggeurs du Net. Autant les idées, les grandes théories, les parcours philosophiques ou politiques - via les esprits en surexcitation  - abondent, autant, lorsque le bloggeur est face à son écran blanc comme la neige, le courage peut faire défaut. C'est en tout cas ce que je ressens à chaque fois que, saisi d'un jaillissement créatif, je me lève en urgence de mon lit pour rallumer mon portable afin d'y inscrire des phrases miraculeuses.

       Miraculeuses, elles le sont souvent, puisque nées d'un demi-sommeil. Avant de plonger dans les doux bras de Morphée, mon esprit se déprend enfin de toutes les idées, faits, nouvelles gluantes et, avant de s'endormir, le voilà qui m'envoie ses flèches de Parques: à savoir une théorie tellement incroyable, unique, inouïe, même, que me voilà contraint de me lever, de secouer ce corps déjà assoupi, heureux de ne plus me maintenir debout, et me voilà en train de pianoter fébrilement sur des touches qui n'en peuvent mais.

       Bien sûr, après quelques dizaines de minutes où mes pensées se bousculent, arrive l'instant fatidique: celui où les mots se font rares, imprécis, l'idée ayant présidé au texte - pourtant d'une intelligence fulgurante dans cet espace intermédiaire et trompeur qui sépare le réel du bon gros sommeil de bébé -, voilà que cette idée perd de sa consistance, me semble un rien tirée par les cheveux et, pour finir, me voilà sur le point de tout effacer, pris soudain d'une rage enfantine - mélange d'orgueil bafoué et de crise d'hystérie. Car n'est pas Coleridge qui veut! Ni Stendhal, ni Camus, ni BHL - heu, là, j'exagère quand même.
       Bref, ayant compris à présent que j'avais pris des vessies pour des lanternes, me voilà contraint de faire marche arrière. Mais j'ai du texte à produire. Je m'étais engagé à écrire un article par jour! Alors?

       Alors, me ressouvenant de ce bon vieux Coleridge - désolé mais, quand je suis fatigué, je perds momentanément le sens de la bienséance -, me ressouvenant donc du poète, je me dis que, après tout, un fragment de paragraphes valent témoignage de ma quête. Celle du texte ultime où, enfin, je délivrerai au Monde une doctrine auprès de laquelle toutes celles qui se sont succédées, depuis que l'Homme est Homme - et sa compagne itou - ne vaudra même pas une roupie de sansonnet.

       Le coeur apaisé, l'orgueil calmé et l'esprit au repos, je peux alors signer mon texte et aller me coucher, avec le sentiment du devoir accompli. 

     


    ( Gaston Lagaffe - de Franquin (c) Dupuis -, me semble être l'image emblématique du bloggeur qui retourne bien vite au dodo en débranchant vite fait son cerveau un peu trop fertile!)

    Vincent Desle

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  • "Tu as vu comme mon épilation a bien marché?"

       L'humour érotique, surtout celui des années soixante, tourne souvent autour de la sensualité. Celle-ci est toujours le fait de la Femme, éternelle tentatrice, blonde jusqu'au bout des seins, un peu nunuche, mais très libre de son corps. C'est évidemment aux Etats-Unis et dans Playboy notamment, que cette vision - aujourd'hui peu politiquement correcte - est développée et que sont construites toutes les "blagounettes". Les hommes sont des éternels enfants, langue pendante, à l'image du loup de Tex Avery et leur compagne, de magnifiques odalisques à la chair appétissante. L'illustration que j'ai mise en début d'article est signée Sokol.

       Erich Sokol  (1933/2003) "était probablement l'artiste le plus doué qui a jamais travaillé pour le magazine Playboy. Il possédait un œil aiguisé pour tous les éléments de son dessin - il veillait à construire une bonne composition, des silhouettes au trait délié et sensuel, ajoutant une harmonie de couleurs franches, le tout avec une organisation intéressante et un sens précis de la lumière et de l'obscurité.".

       Voici ce que dit un excellent site  que je vous conseille, (http://www.animationarchive.org/ ), de ce dessinateur sexy, site qui recense les nombreux illustrateurs de presse qui ont sévi, des années cinquante jusqu'à nos jours. Le petit texte introductif n'a pas tort en parlant d'un dessin fignolé, d'une esthétique précise, et surtout d'une couleur soignée, avec un réel sens esthétique. 

       Sokol n'a pas l'humour gras. Il préfère œuvrer dans l'humour décalé, avec des femmes, certes offertes, mais un rien coquines, prêtes dirait-on à se rebeller si jamais les grosses mains du futur compagnon osent se poser sur elles sans leur consentement. Cet humour érotique, de bon aloi, cherche avant tout à éveiller un discret sourire, tout en se régalant des formes toujours somptueuses des modèles féminins. 

       Et, comme la plupart du temps dans Playboy, l'homme n'est aucunement mis en valeur. Il ressemble plutôt à Tantale qui, face à une soif de sensualité, doit se contenter de regarder  et d'entendre le bruit de la source qui pourrait le désaltérer.
       
       D'autres dessins d'Erich Sokol viendront, de temps à autres, caresser les mirettes des amateurs de rondeurs lascives. Promis...

       En France, un autre dessinateur a également travaillé dans le même esprit, mais pas tout à fait avec la même qualité de dessin... L'ayant découvert très tôt, j'ai cependant gardé pour lui les yeux de Chimène car son esprit gaulois me plaît assez. C'est la raison pour laquelle je joins à ce texte un dessin de Lassalvy, dont je parlerai dans un prochain papier.





       Pour ceux que ça intéresse, un second lien vers un site qui s'intéresse lui-aussi, aux illustrateurs. Un site où on peut faire son marché... (http://illustrationart.blogspot.com/)

    Benoît Barvin



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  •    
      Rien que pour se faire plaisir, le générique de début de "Chapeau melon et bottes de cuir". 

       Je sais, je ne suis pas le premier - et ne serai pas le dernier  - à le mettre sur un blog. Mais, que voulez-vous, la réunion de la classe et du charme, c'est une denrée rare, n'est-ce pas?  (remember: "casse-toi pov'con" et comparez. Décidément, nos amis Anglais ont gagné la bataille finale).

       John Steed et Madame Peel! Deux splendides personnages qui sont entrés dans la légende télévisuelle. A jamais. Avec leur univers de meurtres distingués commis avec élégance, d'humour exclusivement britannique et de prouesses télégéniques.

       Ah ces gros plans au travers de miroirs, de fenêtres ou ces nombreux, et uniques à l'époque, plongées et contre-plongées excentriques!  Sans compter une saison au Noir et Blanc somptueux, avant d'enchaîner avec celle en couleurs Kodachrome qui n'ont pas pris une ride.

       Sans parler, bien évidemment, des intrigues à la fois terriblement construites, encagées même dans des assassinats se succédant sur un rythme de métronome, le tout saupoudré par la relation intime du couple d'enquêteurs. Chacun ayant son lieu de vie, mais n'hésitant pas à habiter, ou chez l'un, ou chez l'autre, mais sans aucune espèce d'ostentation. 

       Pas besoin d'avoir du nu, ici, puisque les regards se cherchent, les lèvres se frôlent, les répliques se sirotent. En résumé, une série sensuelle, presque érotique, sans en avoir l'air. Le summum de la Britain touch.

       "Chapeau melon et bottes - hum... - de cuir" est toujours un must de la création de série, où les moues mutines d'Emma donnent à chaque adolescent l'idée même du Paradis Terrestre. Quant à Steed, ne pensons-nous pas, toujours: "Quelle chance il a ce vieux! Qu'il en profite, surtout. Sinon...".

       Au final, des moments de pure jubilation,  une extase presque parfaite, via une Madeleine proustienne dont ni le goût, ni la saveur n'ont perdu de leur éclat. Une gourmandise idéale en ces temps où la morosité  ambiante et la bêtise crasse nous scient ce qui nous sert de postérieur...

    http://www.youtube.com/user/jimmyredproductions



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  •    Etrange comme écrire tous les jours est un arasement de nos valeurs les plus profondes. 

    Il faut à chaque fois trouver un sujet - ou plusieurs - et, dans l'urgence, tenter de cadrer les différentes implications que cela suppose. Parler de politique, par exemple, et des derniers sautillements sémantiques du résident actuel de l'Elysée, ou des propos tenus par tel ou tel activiste de la médiasphère est un exercice à haut risque. 

       Dur de trouver le bon angle d'attaque pour tenter de définir une pensée personnelle, de ne pas se laisser aller, comme CSP (http://comite-de-salut-public.blogspot.com/), à traiter un acteur de ce théâtre de guignol de "flaque de vomi froid". Certes, le plaisir de l'auteur est évident et l'amusement du lecteur également, mais cracher sur les adversaires politiques - qu'ils soient dans le milieu politique, judiciaire ou dans les médias -, outre que cela fait penser au détestable "Casse-toi pauvre con", n'amène rien de vraiment transcendant. 

       Je sais que la violence des formules était, dans la Troisième  République, presque une institution.  
       Evoquant Emile Loubet et son épouse, Clémenceau, au verbe haut, disait notamment : « Ce couple de petits bourgeois incultes et sans éducation installés à l’Elysée, quelle pitié ! » En guise d’oraison funèbre, Jaurès n’était guère mieux traité : « Voilà ce que c’était, Jaurès… Un dangereux imbécile. Je le répète, son assassinat fut une chance pour la France. » Il qualifiait Edouard Herriot, Président du Conseil, de « Bouse de vache » et Gambetta, lui aussi Président du Conseil et Ministre, de « Barbe à poux » (http://savatier.blog.lemonde.fr)

       Le but, pourtant, dans ces papiers virtuels, n'est pas tant de se faire plaisir, me semble-t-il, que de mettre en mots les tenants et aboutissants de Ceux qui nous gouvernent. Chercher les points de jonction, traquer les fissures dans des dicours ou des poses bien trop lisses, tenter de décrypter les faits et actions, non pas avec l'émotion en bandoulière, mais en cherchant ce qui se cache derrière - s'il y a lieu. 

       Bref, les billets de réflexions sont avant tout des petits bouts d'éclairage de la sphère publique, avec les moyens du bord. Il faut aller à la chasse aux informations sur un Net pantagruélique - et souvent maelstrom de contradictions tonitruantes. Comprendre - ou tenter de - ce qui donne - à nos yeux - le "La" dans un événement, une déclaration, un acte, un posture.

       Après avoir déposé ses borborigmes sur son blog, l'infortuné blogueur n'a souvent d'autres attentes que celles des réactions d'une blogosphère cruelle, un rien "chien fou", qui lui échappe complètement et noie ses efforts dans une litanie de commentaires qui, eux, le plus souvent, ne font pas dans la dentelle intellectuelle. C'est le jeu, bien sûr, mais cependant parfois un rien éreintant, il faut bien l'avouer.
       Arasement des valeurs, écrivais-je plus haut... Oui, mais également renversement des dites valeurs établies, des certitudes de nos dirigeants, des innombrables mépris avec lesquels on cajôle les peuples - mal - gouvernés.

       Alors cet arasement, au final, n'est qu'un moindre mal au vu du résultat: un bouillonnement effervescent dont sortira, un jour, une nouvelle manière de s'occuper de la sphère politique. C'est mon souhait et je le partage.

    ***

    Pour finir, la petite pensée du jour:

    "Si vous voulez savoir la valeur de l'argent, essayez donc d'en emprunter". 

    Benjamin Franklin.


    Benoît Barvin



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  • (Vous voulez dire que nous avons filmé toute cette scène de la bataille de Gettysburg avec vous dans le champ?!)

    "Ah français politiquement désastreux et absurdes, toujours ennemis des leurs, et des meilleurs des leurs, entichés toujours des polichinelles de partout ! qui ne pleurnichent jamais que sur leurs ennemis ! et les pires ! C’est dur de défendre les français ! Je vous admire et je m’admire."
    Louis-Ferdinand Céline, Lettre à Albert Naud du 16 mai 1948.

    Oui, je sais, citer Céline, aujourd'hui plus que hier, semble-t-il, n'est pas de bon goût. Le politiquement correct n'aime pas Céline. Le romancier, oui, peut-être, à la rigueur - puisqu'il est encore enseigné au Lycée - mais surtout pas le polémiste, le citoyen et, bien sûr, l'antisémite névrosé. 
    J'avoue avoir du mal à lire "Voyage au bout de la nuit" et autres oeuvres céliniennes. "Bagatelles pour un massacre", du moins les extraits que j'ai eu sous les yeux, m'ont laissé un goût détestable dans la bouche. Cependant je comprends d'où Céline parlait - du moins ai-je cette étrange croyance -, d'un lieu d'où il ne supportait pas la médiocrité contemporaine. Ce qu'il en a tiré, comme pensée politique, n'est pas ma tasse de thé. Mais certaines de ses réflexions - comme chez tout adversaire - sont frappées au coin d'un bon sens que je partage. 
    Etonnantes relations entre les anti et les pros, qui finissent toujours - surtout dans les extrêmes - par se retrouver.
    Qui, aimant ce pays, et regardant son histoire contemporaine, n'est pas saisi par l'évident désastre d'un personnel politique lâche et indigent? Entrainant avec eux leurs concitoyens de toutes origines. Oublieux de ce fameux "vivre ensemble", qui a pétri cette Nation tout au cours de son existence - avec de nombreux cahots, c'est vrai, mais en gardant souvent la tête haute. Et puis, cette haine lente mais constante de soi, ce mépris pour ses propres œuvres et l'adoration de tout ce qui vient d'ailleurs, de l'étranger - anglo-saxon, surtout -, brisant le socle commun - chèrement acquis - et se comportant en constants laudateurs du Maître. En lobbyistes de l'Autre, pourvu qu'il ne soit pas Français. Chacun, dans les Hautes Sphères, jouant à dénigrer la langue, l'histoire, le sol, Gauche et Droite unis dans le fameux baiser de la mort. Pour une politique de l'entrisme, pour une attitude revendiquée de collaboration. 
    Alors, ne pas approuver Céline, dans ses remarques de mysanthropes - les seuls individus qui, au fond, aiment réellement le Genre Humain - désolé, mais cela n'est pas ma tasse de thé. 
    Du moins est-ce ce que je crois. Mais je me trompe peut-être. Qui sait? Cela demandera de prochains développements, évidemment. Soyez patients.

    Benoît Barvin
    
    	

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  • DORMEZ, NOUS LE VOULONS, DORMEZ

       Quelques pensées d'Alphonse Allais (1854/1905) journaliste et humoriste Français. Tiens, moi qui croyais que le second état était inclus dans le premier... 
       Reconnu pour sa plume acerbe et son humour absurde, il a fait partie du mouvement Fumiste, dirigea la revue "Le Chat Noir" et est également scientifique, qualité moins connue. Livre indispensable sur lui: François Caradec, Alphonse Allais, Fayard, Paris, 1997.
       Il nous laisse de nombreux contes et des traits d'esprits, dont voici un échantillon.

    «Il vaut mieux être cocu que veuf : il y a moins de formalités !»

    «Et Jean tua Madeleine. Ce fut à peu près vers cette époque que Madeleine perdit l'habitude de tromper Jean.» 

    «Ventre affamé n'a point d'oreilles, mais il a un sacré nez !» 

    «Impossible de vous dire mon âge, il change tout le temps.»

    «La mort est un manque de savoir-vivre.» 

    «Les cimetières sont remplis de gens irremplaçables.» 

    «On est prié de ne pas claquer l'apôtre»


    Pour ceux que cela intéresserait, voici l'adresse du blog qui parle de l'auteur.






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  • Voici quelques pensées de Pierre Dac - 1893/1975 - qui, étonnamment, résonnent agréablement à mes oreilles quand j'entends certains discours politiques et que je vois les emplâtres qui les articulent...

    - L'imbécile prétentieux est celui qui se croit plus intelligent que ceux qui sont aussi bêtes que lui.
    - Ceux qui ne savent rien en savent toujours autant que ceux qui n'en savent pas plus qu'eux.

    - Ce n'est pas parce que l'on n'a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule.

    Et je ne résiste pas au plaisir de citer la lettre pour devenir Président de la République, évidemment:

    Lettre à adresser à M. le préfet de police pour solliciter
    une place de Président de la République

            Monsieur le Préfet,

    Ayant appris d'une manière fortuite, quoique fort honorable, qu'il y aurait prochainement une place vacante à la Présidence de la République, j'ai l'honneur, par la présente, de solliciter de votre haute bienveillance, l'octroi de cette place que je me sens capable de remplir à votre entière satisfaction et au mieux des intérêts de votre maison.

        Je tiens à votre disposition un "curriculum vitae" détaillé ainsi que les certificats des maisons qui m'ont employé, d'où je suis parti de mon plein gré et libre de tout engagement.

        Je vous signale, à toutes fins utiles, que je possède un habit, une jaquette, un complet croisé et que je porte avec une certaine désinvolture le chapeau claque, le bicorne et la chéchia.

        Je vous serais fort obligé de bien vouloir me fixer un prochain rendez-vous afin que nous puissions débattre des conditions.

        En l'attente d'une prompte réponse, je vous prie d'agréer, Monsieur le Préfet, ainsi que votre dame, l'assurance de ma parfaite considération sans préjudice de mes salutations distinguées et de mes civilités empressées.

        (signature et adresse)

      Je recommande évidemment l'Os à Moelle chez Omnibus, (première mouture de 1938 à 1940, deuxième mouture de 1964 à 1966) où l'homme de bon goût trouvera ses petits - et ses petites. - en tout bien tout honneur, bien entendu. 
    Les feuilletons radiophoniques - Malheur aux barbus, par exemple - en association avec l'excellentissime Francis Blanche, sont aussi à compulser. Ainsi que ses chansons et monologues et ses romans loufoques, toujours parus chez Omnibus.

    Terminons par une des pensées les plus connues:
      
    En politique, parler pour ne rien dire et ne rien dire pour parler sont les deux principes majeurs de ceux qui feraient mieux de la fermer avant de l'ouvrir.

    Ce sera tout pour aujourd'hui...
    Benoît Barvin

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